PART. II. INST. XXIV
Mais heureusement pour nous , nous avons une étoile brillante pour nous guider. Marie , dit saint Bernard , par la clarté et la lumière de ses exemples , nous montre la route que nous devons tenir ; par sa bienveillante protection , elle nous console et nous ranime , et par sa puissance, elle nous soutient et nous aide à gagner heureusement le port. Ce beau nom de Marie nous marque donc tout à la fois et Bon amour et son pouvoir. Aussi , après le nom de Jésus , ce doux nom d2 Marie doit être pour nous le plus vénérable , le plus cher et le plus solide fondement de notre espérance.
L'Eglise enfln nous fait appeler Marie du titre glorieux de Mère de Dieu , pour trois raisons principales.
1" D'abord pour nous faire professer qu'elle est vraiment Mère de Dieu , et pour lui revendiquer un titre que les hérétiques lui contesieiit et que l'impie Nestorius tenta contre toute raison de lui ravir. Comme je vous l'ai dit en expliquant le Credo, Marie doit être appelée et proclamée vraie Mère de Dieu ; parce qu'elle a conçu et enfanté Jésus-Christ qui est Dieu et homme tout ensemble. Il est bien vrai qu'elle n'a pas engendré la divinité ; mais qu'importe ? Les autres mères n'engendrent pas non plus l'âme qui est la partie principale de leurs enfants, puisqu'elle est créée immédiatement de Dieu; et cependant elles sont bien véritablement les mères de la personne qu'elles conçoivent et qu'elles enfantent, et qrn est composée d'une âme et d'un corps. 11 en est de même de la sainte Vierge , quoiqu'elle n'ait pas engendré la Divinité , elle ne cesse pas pour cela d'être Mère de Dieu , puisqu'elle a porté dans son sein une personne composée de deux natures, la nature divine et la nature humaine. Sainte Elisal^eth fut la première qui reconnut et proclama cette vérité ; puisqa'après les paroles que j'ai expliquées , elle ajoute aussitôt : Undè hoc viihî, ut veniat mater Domîni mei ad me (Luc. i, Û3), et d'où me vient cet honneur que la Mère de mon Seigneur vienne me visiter ?
2* Pour nous rendre Marie propice et favorable , puisque rien ne la gloriOe plus que ce nom de Mère de Dieu. Cette dignité est si sublime par elle-même , que saint Thomas ne craint pas d'avancer qu'elle touche à la divinité, et que c'est en quelque sorte une dignité inflnie : car , plus le Fils est grand , plus la mère est élevée ; or la grandeur de Jésus-Christ étant inflnie , qui peut douter que la dignité el la grandeur de Marie sa Mère ne soient aussi en quelque sorte infinies ? Ce n'est pas là une pieuse exagération , mais une vérité évidei^tc et rigouieuse, puisque la chair adorable de Jésus, à laquelle