‹ Cours d'instructions familièresChapitre 27 sur 70 · PART. II. INST. XXIV · texte numérisé non relu

PART. II. INST. XXIV

de pécheur , cet humble aveu de nos misères , bien loin de nous aliéner le cœur de Marie , ne peut qu'exciter en notre faveur sa compassion et sa miséricorde , puisqu'elle s'appelle el se fait gloire d'être d'une manière spéciale le refuge, l'avocate , la mère des pécheurs, et qu'elle les aime avec une bonté et une tendresse de mère. La raison en est que c'est en quelque sorte aux pécheurs , qu'elle se reconnaît redevable du privilège et de la grandeur de sa maternité divine. En elTet cette maternité n'a pas d'autre fondement que l'incarnaiion du Verbe divin; mais s'il n'y avait pas eu dans le monde des pécheurs ayant besoin d'une rédemption divine , le Verbe ne se serait peut-être pas incarné , il ne serait pas devenu son Fils et elle ne serait pas devenue la Mère de Dieu. Notre misère et notre qualité de pécheur furent donc l'heureuse occasion de sa grandeur. Ne devra-t-elle donc pas nous regarder avec un œil de bonté et s'intéresser vivement à nous ?

Remarquons d'ailleurs qu'il est question ici des pécheurs qui veulent par son intercession changer, et de pécheurs devenir justes , de méchants devenir saints , et non de ceux qui s'obstinent dans leur péché et qui n'offrent quelques hommages à Marie que dans l'intention criminelle et perverse de se procurer l'impunité dansleurs crimes. Ce serait là une tin abominable ; ce ne serait plus confiance , mais présomption.

Elle est la mère des pécheurs à la vérité , mais de ceux seulement qui veulent se convertir , selon la révélation qu'elle fit elle-même à sainte Brigite : Mater pcccatorum se emendare volentium. Excitons-nous donc à la douleur et au regret si nous sommes dans l'état du péché , et ayons un vrai désir d'en sortir , prenons-en les moyens, et nous éprouverons qu'elle est véritablement notre mère.

Enfin l'Eglise nous fait ajouter : Maintenant et à L'iieure de notre mort^ pour nous apprendre que nous avons continuellement besoin du secours de Marie. Nunc , c'est-à-dire , pendant tout le cours de notre vie , étant couverts de misères , pleins de faiblesses, sujets à tant de fautes et exposés à tant de dangers. Mais surtout in hord morlis ; parce que c'est alors que nous couronsles plus grands dangers ; c'est alors le temps décisif pour notre éternité , le temps enfiii où le démon redouble ses efforts pour nous perdre ; c'est donc alors que nous avons un plus pressant besoin du secours et de la protection de Marie.

Mais comme nous ignorons si à ce moment extrême nous serons capables de la prier, nous de^^ens le fa»ve maintenant pour cette

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