‹ Cours d’anatomie et de physiologie humaines.- 2è édChapitre 27 sur 27 · Ï16US6S · texte numérisé non relu

Ï16US6S

La sensibilité rétinienne est loin d’être la meme sur tous les points.

Au lieu précis où le nerf optique, entré dans le globe oculaire, s’épanouit pour former la rétine, une portion de cette membrane, large en tous sens de quelques milli-

mètres, est absolument aveugle. L est le punctum caecum ou point aveugle. Quand l’image vient à tomber en ce point, elle n’est pas perçue. Si, fermant l’œil gauche, on fixe avec le droit la croix blanche de la figure ci-dessous et que, s’étant d’abord éloigné du livre, on s’en rapproche ensuite lentement, il viendra un instant où le cercle blanc de droite ne sera plus perçu : c’est qu’à cette dis-

FiG. 56.

tance du livre l’image de ce cercle se peint sur le point aveugle. En deçà ou au delà, on voit à la fois la croix et le cercle.

En revanche, un autre point de la rétine, placé à son

Fig. 57: — Le fond de l’œil. — c, rétine ; d, point aveugle ; e, taclie jaune.

LA VUE

centre jouit d’une exquise sensibilité : c’est \atache jaune, large à peine de 1 millimètre .Ce point est le seul organe delà vision distincte. Quand nous regardons un paysage, ensemble est confusément perçu; mais la seule portion que nous en voyons nettement est celle qui se peint sur la tache jaune. Quand nous regardons un livre, quelques mots seulement sont clairement vus, ceux dont l’image tombe sur la tache jaune. De là la nécessité àopromener le regard, pour recevoir successivement sur ce champ si étroit les images que l’on veut percevoir nettement.

En quittant les deux rétines, les nerfs optiques se dirigent directement en arrière, pénètrent dans le crâne par "un trou pratiqué au fond de chaque orbite et convergent l’un vers l’autre ; parvenus à quelque distance de la base du cerveau, ils se rejoignent et entrecroisent leurs fibres, une partie du nerf droit passant à gauche et une partie du nerf gauche passant à droite. Se divisant de nouveau, ils atteignent le cerveau, où ils pénètrent pour atteindre les centres optiques.

Théorie de la vision. — Cette théorie est celle de la chambre obscure des physiciens. Étant donné un objet situé en face de l’objectif oculaire, une image de cet objet renversée et très petite vient se peindre sur l’écran nerveux qui tapisse le fond de l’œil. Cette image est alors perçue et transmise au centre cérébral par le nerf optique.

Ici deux questions se posent : 1° Pourquoi voyons-nous un objet droit, du moment que notre rétine le perçoit renversé? 2° Comment avec deux yeux, c’est-à-dire aven deux images, ne voyons-nous pourtant qu’un objet ?

On a essayé de répondre à la première de ces questions en disant que notre œil reporte chaque point de l’objet à l’extrémité du rayon émané de ce point, et que par

cela même il le redresse. Il nous paraît plutôt que la question en elle-même n’a point de sens. Elle repose sur ce qu’on pourrait nommer une erreur d’anthropomorphisme ; elle suppose, en quelque sorte, dans le cerveau un être vivant, regardant l’image rétinienne renversée et la redressant pour son propre usage. C’est oublier que le phénomène de perception n’est point un phénomène matériel, ne relève pas des lois physiques, et que dans cet ordre de faits tout psychiques, il n’y a ni haut ni bas, ni droit ni renversé. Étant donnée une image bien et dûment physique, optique, comment l’intelligence, ayant le cerveau pour organe, la perçoit-elle, en a-t-elle conscience ? C’est là le mystère des mystères : c’est le passage du physique à l’intellectuel, quela science est impuissante à expliquer. Mais, étant donnée cette image, il est tout aussi aisé, ou, si l’on préfère, tout aussi malaisé de comprendre que le cerveau la conçoive droite que renversée. L’un ne s’explique pas mieux que l’autre, et l’on touche ici du doigt l’abîme qui sépare l’opération purement physico-chimique de la sensation, du phénomène psychique de la perception.

Quant à la seconde question, on n’y peut répondre qu’en invoquant l’accoutumance. Nos deux rétines sont parfaitement symétriques, comme le sont tous les organes doubles. Dès lors un objet, placé à une distance convenable, provoque la formation de deux images absolument semblables, peintes sur des points absolument symétriques. L’expérience nous a appris qu’en ce cas, les deux images doivent être rapportées à un seul objet. Il suffit de déranger quelque peu la symétrie des points frappés parles images, pour cela, de pousserlégèrement du doigt l’un des deux yeux, pour voir double : c’est que dans ce cas les images ne se peignent plus sur les

LA VUE

points symétriques. Peut-être l’entre-croisementdes nerfs optiques 1 est-il pour quelque chose dans ce fait curieux de la vision simple binoculaire.

Notion du relief. — Elle est due à la fusion des deux images. L’objet envisagé n’étant presque jamais dans la même situation par rapport aux deux yeux, les deux images sont toujours très légèrement différentes : de là une sorte d’effort, cérébral pour vaincre cette discordance, effort qui nous révèle la perspective, le relief. Il suftîtde fermer un œil, de supprimer l’une des images, pourvoir les objets à plat, sans saillie.

Notion de la distance. — Elle est due en partie à la notion du relief : de deux poteaux placés l’un devant l’autre, nous ne pouvons pas, avec un seul œil, distinguer lequel est le plus éloigné : les deux yeux sont-ils ouverts, nous percevons immédiatement la différence des distancesqui nous séparent de chacun. Mais la notion de la distance est due surtout à la connaissance antérieure que nous avons des dimensions réelles d’un objet, et à la comparaison de ces dimensions avec celles de l’image. L’aveuglené auquel on rend la vue ne saurait donc avoir cette notion: il voit tous les objets appliqués à plat sur son œil. Ainsi encore le petit enfant tend les bras vers la lune, essaye de la saisir.

Notion de la forme. — Elle se tire le plus souvent de la sensation de couleur. L’expérience du tact nous a laborieusement appris qu’à tel mode d’éclairage, à telle combinaison d’ombres et de la lumière, correspond telle disposition de la surface des objets. Il faut ajouter que la perspective, c’est-à-dire les dimensions relatives de chaque partie de l’image rétinienne, contribue au moins autant que la couleur à nous révéler les formes des objets.

Notion des couleurs. —Ceci est un fait irréductible, qui

n’a point d’explication. La rétine est organisée de façon que les rayons différents dont se compose la lumière blanche l’impressionnent diversement, et c’est cette différence dans la sensation qui constitué la notion même des couleurs. Lorsqueles sept rayons composants frappent ensemble la rétine, la sensation est celle que nous nommons sensation de lumière blanche. La rétine perçoit, outre ces huit couleurs, (violet, indigo, bleu, vert, jaune, orangé, rouge et blanc) toutes les teintes intermédiaires, lesquelles sont au nombre de plusieurs dizaines de mille. — Certains yeux sont aveugles à telle ou telle couleur, tout en percevant clairement les autres: cette infirmité porte le nom de daltonisme.

Notion de mouvement ou de repos. — Lorsque, notre •œil étant d’ailleurs immobile, l’image d’un objet se meut sur notre rétine, nous concluons que l’objet se meut lui-même en sens inverse. C’est là une conclusion que "nous a apprise l’expérience.

Durée de la sensation visuelle. — Lorsqu’une image s’est peinte sur la rétine, elle persiste encore pendant 4/10 es de seconde après que l’objet a disparu. De là il résulte que si les images se succèdent à un intervalle de moins de 4/10 es de seconde, elles se confondent en une sensation continue. Ainsi un charbon ardent que l’on fait tourner rapidement, donne à l’œil l’image d’un cercle de feu. Ainsi encore un disque peint de diverses couleurs, lorsqu’on lui imprime une rotation rapide, nous donne la sensation que produirait le mélange de ces couleurs.

Irradiation. —- Les images fortement lumineuses impressionnent par irradiation les points de la rétine voisins de ceux qu’elles occupent. Il en résulte que de deux objets

LA. VUE

d’égale dimension, mais inégalement éclairés, le plus clair

Fig. 58.

paraît plus grand. Des deux cercles que voici, le blanc semble plus grand, bien qu’il soit égal à l’autre.

pecaut. — Anatomie.

TABLE DES MATIÈRES

Avertissement.... ..,...........

LEÇON PREMIÈRE (résumé), — Les éléments anatomiques. . Sommaire : Décomposition de l’organisme en organes, tissus et cellules, description et vie de la cellule. Tableau d’ensemble de la physiologie cellulaire.

LEÇON II (résumé). — Squelette. Articulations.. ...

Sommaire : Description générale du squelette. Mécanisme des leviers osseux. Structure des os. Classification des articulations ; leur distribution générale.

LEÇON III (résumé). — Le tube digestif.,.

Sommaire: Considérations générales. Bouche et dents. Pharynx. Œsophage. Estomac.

LEÇON IV (résumé). — Le tube digestif (suite)..••

Sommaire: L’intestin grêle : sa structure. Le gros intestin : sa structure. Les glandes salivaires. Le foie et la bile. Le pancréas.

LEÇON V (résumé). — La Digestion...

Sommaire : Objet de la digestion. Double rôle de 1 alimentation. Classification des aliments. Phénomènes digestifs: mastication, insalivation, déglutition, digestion stomacale,

digestion intestinale.

TABLE DES MATIÈRES

LEÇON VI (modèle de leçon). — L’appareil respiratoire. La

RESPIRATION

Sommaire : Respiration. Nécessité de l’oxygène. L’homme la puise surtout dans le milieu atmosphérique.

1° Appareil respiratoire. — Comme quoi cet appareil est nécessaire aux organismes complexes. Arbre respiratoire : trachée, bronches, vésicules.

Cage thoracique : colonne vertébrale, sternum, côtes, muscles intercostaux, diaphragme.

Plèvre. Description des deux feuillets de la plèvre. Cavité pleurale. Comment la plèvre rend le poumon solidaire de la cage thoracique. Rôle de la pression atmosphérique.

2° Oscillations du thorax. — Inspiration et expiration : mouvements du diaphragme.

Caractère réflexe de ces oscillations.

Capacité des poumons. Air résidual. Quantité de l’air qui entre et sort à chaque mouvement respiratoire ; nombre de ces mouvements par minute. Chiffre de la quantité . d’air respiré par vingt-quatre heures.

Soupir. Rire. Sanglot. Bâillement. Toux. Effort,

3° Phénomènes chimiques. — Arbre sanguin parallèle à l’arbre respiratoire. Réseau capillaire. Étendue de la surface pulmonaire, et étendue de ce réseau.

Que la respiration est une combustion. Oxydation du carbone et de l’hydrogène afm de produire de la chaleur et du mouvement. Formation d’acide carbonique et de Vapeur d’eau.

Rôle du sang : il n’est qu’un simple véhicule. La vésicule pulmonaire est le lieu des échanges gazeux.

Que la véritable respiration a pour siège, non les poumons, mais l’intimité des tissus.

Chiffre de l’oxygène absorbé et de l’acide carbonique expiré. Asphyxie : triple mécanisme de l’asphyxie.

LEÇON VII (résumé). — La voix. La parole .

Sommaire : Considérations générales. Description du larynx. Mécanisme de la phonation. Caractères du son vocal. La parole : les consonnes, les Voyelles. Le mutisme.

TABLE DES MATIÈRES

LEÇON VIII (résume). — Le sang. Le coeur.. 93

Sommaire : Rôle du sang. Sa composition. Le cœur. Schéma de la circulation. Structure du cœur. Son fonctionnement.

LEÇON IX (résumé). — Vaisseaux sanguins. Vaisseaux lymphatiques .... 105

Sommaire : Vaisseaux sanguins : artères, capillaires, Veinés (tableau d’ensemble). Vaisseaux lymphatiques et lymphe.

LEÇON X (modèle de leçon). — Nutrition. Absorption.. Cua- 117 leur...

Sommaire : 1° Absorption.

a) pulmonaire. Dissolution de l’oxygène dans la muqueuse des vésicules, puis passage de ce gaz dans le globule sanguin.

b) intestinale. Osmose et dialyse. Passage des peptones et des graisses à travers la muqueuse de l’intestin.

2° Nutrition et chaleur. — Circulation continue de matière à travers l’organisme. Que le but de celte circulation est de réparer les pertes occasionnées par les dépenses de force, soit chaleur, soit travail. -

- Nutrition des cellules. Tableau de la vie et de la nutrition cellulaires.

Ce cireulus de matière vient du règne végétal et aboutit au règne minéral.

L’oxydation source de la force. Identité de l’organisme vivant et de la machine à feu.

Étude de la chaleur organique. Invariabilité (37°). Oscillations pathologiques (fièvre).

Indépendance de l’animal à sang chaud par rapport av climat ambiant. ;

Limites de la résistance :

a), au froid : températures polaires, nécessité de l’exercice et d’une alimentation spéciale, mort par le froid.

TABLE DES MATIÈRES

b) à la chaleur : chaleur sèche, chaleur humide. Expériences de Banks, de Deiaroche, de Berger.

Que l’origine de notre force n’est autre que la force solaire (chaleur ou lumière).

LEÇON XI (résumé). — Le bilan vital. .. 135

Sommaire: Pertes de l’organisme. Réparation des pertes.

Ration physiologique. Bilan vital. .

LEÇON XII (résumé). — Les sécrétions. La peau . 145

Sommaire : Sécrétions. Tissu épithélial. Glandes en particulier : glandes digestives, glandes lacrymales et larmes, glandes mammaires et lait, reins et urine. — La peau : structure de la peau ; productions de la peau ; fonctions de la peau.

LEÇON XIII (résumé). — La locomotion, i.. 159

Sommaire : La locomotion. Les muscles, structure, contraction. Phénomènes chimiques de la contraction. Distribution générale des muscles. La station bipède. La marche.

La course. La natation.

LEÇON XIV (modèle de leçon). — Le système nerveux. . 169

Sommaire : Le système nerveux est l’organe de la volonté, de la sensibilité et de l’intelligence.

Structure du tissu nerveux. La cellule. La fibre. La cellule est le seul élément actif ; la fibre est purement conductrice.

Aspect général de l’appareil nerveux. Il se compose de trois parties : une partie centrale, ou axe cérébro-spinal ; une partie périphérique, destinée à recevoir les sensations ou à impressionner les muscles ; une partie conductrice, les nerfs, qui relie les deux premières. Comparaison de cet appareil avec un réseau télégraphique aboutissant à une station centrale. :

Arrangement des deux éléments, cellules et fibres, dans les centres nerveux. Deux substances, la grise et. la blanche. Écorce.grise du cerveau ; axe gris de la moelle.

TABLE DES MATIÈRES. 2

La physiologie du- cerveau.

1° Perception.

2° Volition.

3° Intelligence.

Rapport du volume du cerveàu avec l’étendue de l’intelligence.

La physiologie de la moelle. Mouvement réflexe. Étude du mouvement réflexe. Comment un mouvement primitivement volontaire peut devenir réflexe.

Résultat de l’ablation du cerveau.

Disposition de l’encéphale.

Le cervelet et ses fonctions. Les deux hémisphères cérébraux. Les circonvolutions.

Le cerveau est relié à la moelle et par elle au corps par des conducteurs croisés. Résultats de ce croisement.

La phrénologie. Les localisations cérébrales. Le centre cérébral de la parole.

Disposition de la moelle :

Cordons antérieurs ou moteurs, cordons postérieurs ou sensitifs.

Le grand sympathique. Ses fonctions. Le domaine qu’il régit ^ est hors de l’atteinte de la volonté.

Les nerfs.

Nerfs crâniens. Nerfs mixtes. Mode de naissance des nerfs rachidiens. Les racines des nerfs mixtes.

Il y a deux sortes de sensibilité : la sensibilité générale et la sensibilité spéciale.

Que sait-on sur la nature de l’agent nerveux ?

LEÇON XV (résumé). — Les sensations. Le tact. Le goût.

L’odorat. L’ouie. .....

Sommaire : Mécanisme des sensations. Loi de l’extériorité des sensations.

Le toucher : structure de l’organe du tact. La délicatesse du toucher varie selon les régions. Nature des sensations tactiles.

Le goût : sensations gustatives ; leur siège. Conditions de perception des saveurs.

L’odorat : siège de l’odorat, Sensations olfactives.

232 TABLE DES MATIÈRES

L’ouïe: organe de l’ouïe, mécanisme de l’audition. Les sensations auditives, la surdité.

LEÇON XVI (résumé). — La vue..

Sommaire: La vue. Les annexes de l’œil. Le globe oculaire. Le nerf optique. Théorie de la vision. La notion du relief. La notion des couleurs. La notion de mouvement ou de repos. Durée des sensations visuelles.

édige conformement

È. Burat, professeur de mathémartiqu'es.au lycée Louis-le-Grand Cours de h igonométrie 1 vol. in-16, broché..... i fi 5

Canonville-D eslys, professeur au lycée de métique et d’algèbre. 1 vol. m-d6,.broche

Cours de physiqut

Haraucourt,

D r Elie Pëcaut : Cours d'hygiène, i vol. in- — Cours d’anatomie et dé physiologie humai\

E. Sagnier, rédacteur en chef du Journal dé VAgriculture : C<

d'agriculture. 1 vol. in-16, broché/...... ■ ■ î

— Cours d'horticulture. 1 vol. in-16, broché.... • • -

Page 1