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CHAPITRE VI

Des Organes de la Reproduction dans les Végétaux cryptogames.

ARTICLES

Généralités»

JL/Èt qu'on a commencé à étudier avec quelque soin la stnictare de la fleur et du fruit des végétaux, on les a immédiatement divisés sous ce rapport en deux grandes classes îles phanérogames, dont nous avons parlé jusqu'ici, elles cryptogames, dont nous avons à nous occuper dans ce chapitre.

Quelques naturalisles, frappés de Textrême différence de ces deux classes, et croyant que toutes les plantes qui ne présentent pas une fleur conformée comme dans les végétaux ordinaires n'avaient réellement point de fleur, et se reproduisaient par de simples germes non fécondés, ont «donné collectivement à ces plantes les noms à^agames pu Sinemhryonéesi d'autres, frappés de ce que leurs corps reproducteurs étaient conformés sans cotylédons apparens, les ont désignées sous le nom Sacotylédones. Quelques-uns, admettant l'existence , dans ces plantes, des organes fécondateurs, mais reconnaissant leurs différences d'avec ceux des phanérogames, les ont nommées œthéogames. n en est enfin, tels que Gaertner et Borckhausen, qui les ont désignées sous le nom à^ aphrodites, fo\xr fiiire entendre

120 ORGANBS |VBPBODUCT£D BS*

qu'elles ont , il est vrai , des graines fécondées , mais que le liquide fécondateur n'a point d'appareil propre et est sécrété par les mêmes organes , où dans les mêmes cavités que celles où Ton trouve les ovules.

Mais tous ces termes , quoiqu'admis les uns ou les autres par des naturalistes distingués, sont d'un emploi moins général que celui de cryptogamçs, que Linné avait très-heureusement donné à cette classe de plantes, et qui convient particulièrement à notre but actuel. Ce terme signifie que leurs noces sont cachées, et il indique que dans les végétaux dont nous parlons, les organes fructificateurs ne sont point visibles à l'œil nu. Linné suppose doâc eomûae un fait l'existence de ces organes et la réalité d'une fécondation dans ces plaûtes. Peut-être , sous ce rapport , va-t-il, au moins pour plusieurs , un peu au-delà de ce qui est donné par l'observation.

Le nom d'agames, qui affirme la non-existence des organes fructificateurs et l'absence de toute fécondation, va probablement aussi trop loin dans le sens opposé.

Peut-être un jour*devra-t-on diviser les végétaux qui nous occupent en deux séries , i .** les cryptogames proprement dites où la fécondation s'opère, quoiqu'avec des organes peu ou point visibles à la vue simple, et 2.** les" vraies agaraes , qui n'auraient point de fécondation ; mais si, dans l'état actuel de la science, on. peut bien affirmer que la première de ces deux classes existé réellement, il serait encore imprudent d'affirmer qu'il y a de véritables agames. En effet , il y a loin de conclure de ce que nous ne voyons , pas un organe, à ce que cet organe n'existe pas , et même de oe qu'il n'existe j^as hàbifeellemetit, à ce qu'il n'texislé jamais. On conçoit, en ctfët , s^ns peirfe , t.* que Poi'gane

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ORftAN£S BBPR0DUCTBVB8. 191

jG^ndateur pourrait avoir échappé et échapper encore à nos microscopes, et se découvrir eopite; 2.^ que si la même cavité renfermait le germe à féconder et le liquide fécondateur , nous pourrions ne point voir d'appareil sexuel , et cependant ia fécondation existerait; 3.* que de même que parmi les phanérogames il en est qui se reproduisent avec et sans fécondation , il peut arriver dans les cryptogames, que les deux modes de reproduction y existent aussi , mais que la reproductit>n sans fécondation y soit la plus fréquente.

Les détails dans lesquels nous entrerons sur les diverses familles de cryptogames, tendront à prouver que ces divers motifs de doute existent dans plusieurs cas; \e regarde comme impossible dans l'état actuel des choses, et d'affirmer qu'il y a des plantes absolument dépourvues de fécondation, et d'affirmer que toutes en sont douées. J'admets donc le mot de cryptogames dans ce sens, qu'il désigne les végétaux dont la fructification est obscure on peut-être nulle.

La drcoostance qui a le plus retardé la découverte des organes sexuels des cryptogames*, c'est que, pendant long-temps , on n'a étudié ces plantes qu'à l'époque de leur maturité; or il est clair qu'à cette époque on ne devait pas plus y trouver les organes mâles qu'on ne trouve les étamînes des plantes phanérogames , lorsque leurs graines sont mûres. C'çst le célèbre Hedwig qui a fait le premier cette remarque si simple, et qui a su trouver les organes mâles de plusieurs cryptogames, en lès cherchant à l'époque où l'on devait les apercevoir, c'est-à-dire long-temps avant leur maturité.

Une seconde difficulté, qui contribue encore à ^é-

123 OR6ANB8 BEPR0DUGTBVR8.

pandre du doute sur la structure des cryptogames, c'est que plusieurs d'eutre elles paraissent douées à-la-fois des deux modes de reproduction; ainsi plusieurs mousses et plusieurs hépatiques présentent, et des corps reproducteurs qui, étant précédés d'un appareil fécondateur, doivent être considérés comme des graines, et d'autres qui semblent être de véritables bulbilles. Si la distinction de ces deux classes de corps est si difficile dans certains végétaux phanérogames, on conçoit combien la difficulté doit aller ici en augmentant, vu la petitesse des organes et là presque impossibilité d'y appliquer les lois de l'analogie.

En effet, ce qui est le plus remarquable parmi les. cryptogames, c'est que les familles de cette classe comparées entre elles diffèrent beaucoup plus que les familles des phanérogames, et que les plus voisines d'entre elles présentent des diversités qui sembleraient annoncer une différence totale de nature : lès lois de la symétrie qui nous ont si puissamment aidé à découvrir la vraie nature des organes dans les phanérogames, ne peuvent s'appliquer ici que dans des cas rares et incertains, ce qui nous oblige à étudier chaque famille en particulier , sans pouvoir tir,er de cet examen des lois générales sur la classe entière. Cette même circonstance se retrouve dans le règne animal; à mesure qu'on y descend vers les classes inférieures de l'organisation , on y trouve moins de symétrie et des différences plus prononcées. Les animaux vertébrés ^ comme les végétaux dicotylédones, présentent des lois, bien plus faciles à. généraliser que les zoophytes ou les cryptogames.

Toutes les cryptogames sont douées de corps qui ser*

ORAANBS BBPBODUCTBUES. is5

vent à reproduire l'espèce à la manière des graines. On leur a donné les noms de spores ou de gongyles^ noms qui doivent être considérés comme provisoires. En effet, lorsgu'il sera bien démontré que ces corps ont été fécon* dés à la manière des phanéroganes, on devra lenr donner le nom de graines, et si Ton venait à prouver qu'ils ne sont point fécondés du tout, ils prendraient celui de bulbilles;les noms de sporçs et de gongyles sont donc des termes de prudence et des hommages rendus à cet esprit de doute philosophique si important dans la recherche de la vérité, et si bien appliqué dans un sujet aussi obscur que celui qui nous occupe.

Dans la plupart des cryptogames, et peut-être dans tous ces végétaux , les spores sont enfermés dans une vésicule on capsule membraneuse, à laquelle on a sou« vent donné le nom de sporange ( sporangium ) : on retrouve cette organisation depuis les fougères jusqu'aux algues , et elle semble Vun des caractères bonstans des cryptogames ; ces sporangium sont quelquefois si petits, qu'on les a pris pour de simples graines; et Terreur est d'autant plus facile , qu'ils semblent germer lorsqu'on les met en terre : ailleurs on les a confondus avec les globules du pollen ou les enveloppes de la matière fécondante, et dans ce cas on s'est trouvé entraîné à transposer le rôle des deux classes d'oi^anes sexuels.

Le moyen- le plus sûr d'éviter cette dernière erreur, plus facile qu'on ne le croirait à cause de la petitesse des objets, est d'observer la série des phénomènes au-moins autant que leur forme. Le rôle des organes mâles est borné à l'époque de la fécondation, et il est d'observation dans tous les végétaux bien connus, que les étamines se

ftétrissent après l'émission du pollen , et tombent d'-ellesraêmes au bout d'un temps ordinairement assez court ; les organes feinelles au contraire qui ont reçu la fécondatiÔD, commencent alors une nouvelle série de phénomènes ; ils grandissent , prennent de la consistance et de l'opacité j et annoncent par là leur véritable natvre. Ce système simple, et fondé à-la-fois sur l'observation et le raisonnement , nous servira pour reconnaître la nature des diverses poussières qu'on observe dans les cryptogames : la plus fugace sera considérée comme organe mate , la plus durable comme organe femelle.

Nous allons suivre la structure des différentes familles de cryptogames, en évitant pour chacune d'elles les détails minutieux , et en nous bornant à ce qu'eUes offrent d'un peu général , quant à la structure de leurs organes reproducteurs ; et quoique nous penchions vers l'opinion générale, que la fécondation a réellement lieu dans h plupart de ces familles, nous ne dissimuleras afncua des motifs de doute qui peuvent infirmer cette opinion, persuadés que ces doutes , exposés avec franchise, sont des moyens de parvenir à la vérité.

ARTICLE II

Equisétacées,

Nous avonsvu(V.I.",p. sSo), en parlant de la structure des equisétacées, que leurs rameaux, et les écailles dont la réunion forme leurs gaines, sont verticiUés autour de l'axe. Cette même disposition se retrouve dans les organes de leur fructification. Les tiges des prèles , et souvent aussi leurs principaux rameaux, se terminent par un -épi ovoïde ou conique, composé d'écaiUes verticillées; chacune de ces

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OACAKEâ B£PBODUCT£UR€. X%5t

écdîties est un disque à cinq, six ou sept angles, et porte par son centre sur un support à-peu«près cylindrique. De$ bords inférieurs du disque se prolongent, en-dessous , cinqà sept cornets blaqchâtres qui s'ouvrent par mie fente longitudinaledu côté intérieur, c'est-à-dire le plus voisin du pédicelle. Il sort par cette fente, à Vépoquede la maturité, des globules qui, reçus sur du papier et examinés à Tceil nu, offrent une sorte de mouvement spontané assez singulier.

Lorsqu'on les soumet à Texamen microscopique , ainsi que l'a hit d'abord Duhamel (i^), p^is avec bien plu$ de soin Hedwjg (2), on ne tarde pas à reconnaître que chacuq de ces globules est for<né, i.* d'un corps vert centra), globuleox et compact, et 3.* de deux lames dilatées à leurs deux extrémités en petites massues, placées en croix par le milieu , à la base du corps vert , et s'enroulant en spirde autour de lui; ces deux lames, ou ces quatre demi-lames, sont recouvertes!, surtout vers leurs extrémités renflées., de petits corpuscules roux ou bruns* Ellf^s sont douées d'un mouvement hygroscopique très -prononcé; elles s'enroulent autouc du corps vert lorsqu'elles sont humides, se déroulent lorsqu'elles se sèchent, et sembleut évidemment servir à disperser les corps verts hors des cornets qui les renferment. Cette description d'Hedwiç e$t entièrement conïîrmée par M. Vau^her (3). Quel est le rôle de ces divers orgaues?

Hedwig pense que Iq globule vert est un ovaire, et que

. les lames élastiques sont des étamines dont lé polle^ est

représenté par la poussière qui est adhérente à leur sur-

(i) Phys. des Arb. 2 , p. 288 , pi. lo, f. 27^. ^

(a) Th(»or. fruct. emend. , p> 82 9 pi. i, 2.

(3) Monographie des Prèles , m-4**« Genève, 1822, p. i8.

196 ORGAIIBS RlPRODUCTÈUftS.

face. M. Vaucher adopte aussi cette opinion , et elle a été admise par presque tous les naturalistes , comme l'ex* pression de la vérité , quoiqu'elle ne laisse pas d'offrir encore quelques difficultés. Que le globule vert soit un vrai pistil, c'est ce qu'Hedwîg paraît confirmer, en assurant que, dans sa jeunesse, il présente une petite pointe qui disparait ensuite, et qui lui parait un stigmate. Mais cet ovaire est-il muni à l'intérieur d'une cavité qui renferme plusieurs graines, comme Hedwig parait le croire? MM. Agardh (4) et Vaucher infirment cette opinion par l'observation suivante : ils ont vu, et le dernier m'a fait voir, que si l'on plonge ces globules (5) dans l'eau , et qu'après les avoir fait ainsi gonfler, on les pose sur de la terre humide, le globule s'alonge, puis se ramifie et reproduit une jeune plante. Ce globule donne d'abord oteiissance à des filets cloisonnés et confervoïdes assez analogues à ceux qu'on observe dans le développement des graines des mousses, et dont nous parlerons plus tard.

Le globule vert est donc un organe reproducteur; mais ce peut être, ou un fruit monosperme, ou un simple tubercule analogue aux bulbilles. Cette dernière opinion semblerait confirmée par ceci , que dans son développement la partie foliacée ne parait point sortir d'un tégument, comme cela a lieu dans les graines, mais que le grain luimême semble se dilater.

Quant aux lames élastiques, on ne peut pas démontrer formellement leur nature; en les comparant à des étamines, ce que leur position générale semble autoriser, il faut avouer

qu'on a négligé plusieurs circonstances : i .• on n'a aucun

(4) Mém. mus. d'Hist. nat. de Paris, 9, p. a83.

(5) Mon. dt Prèles, pi. 1, a, 5. M^m, mus. 10, p. 429.

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ORGAMMS RBPBODUGTlVBfi. I37

exemple d'étamines élastiques et qui persistent sans s*oblilérer, jusqu'à la maturité du fruit; 2.* on n'a aucun exemple de pollen situé sous forme de globules à la surface externe des filets; 3.o si les lames sont des filets, et leurs parties reaflées des anthères, il est au-moins singulier que sur quatre de ces anthères il j en ait deux situées du côté du globule ou n'est pas la pointe qu'on suppose être le stigmate. Dans cet état de choses, je conserve beaucoup de doutes sur la réalité du rôle attribué aux lames élastique;}, et je serais presque disposé à les considérer comme de simples élatères analogues à ceux des hépauques , et destioés seulement à la dispersion des globules verts; et si ces globules verts sont de véritables fruits , et non des tubercules , on pourrait supposer que la matière fécondante est renfermée avec eux dans le cornet ou follicule d'où on les voit sortir. -0

J'admets ces doutes afin d'engager les observateurs, i.<> à disséquer ces follicules long-temps avant leur maturité, pour voir s'ils offrent alors quelque chose d'analogue à un pollen, et 2.® de rechercher si, à l'époque du premier développement des globules verts , on peut apercevoir la rupture de quelques tégumeos, ou si, avant leur maturité, on peut y découvrir une cavité et des ovules.

ARTICLE III

Marsiléacées ou Rhizospermes.

Les marsiléacées sont de toutes les cryptogames celles où l'on distingue avec le plus de facilité les organes sexuels. La plupart ont leurs parties de la fructification enfermées dans une espèce d'involucre clos, qui parait divisé en plusieurs loges , ou renfermer plusieurs cavités dii^

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laS ORGAVES RBPRODUGTEUBS.

tÎQCtes. On en compte quatre dans la piluiaire, si bien décrite par Bernard de Jussieu (i), et un plus grand nombre dans le marsîlea, que le même botaniste a décrit sous le nom de lemma (2) ; dans chacune de ces loges ou cavités distinctes, on trouve des antbères sessiles uniloculaircs , qui contiennent un pollen jaune et globuleux, et des pistils aussi sessiles, formés d'une ovaire ovoïde sartponté d'un petit stigntiate ; ces ovaires se changent en un fruit monosperme et indéhiscent. A la germination, la ^graine donne naissance d'abord à une radicule et une feuille ; puis le nombre des unes et des autres s'accroît , et elles finissent par former un petit faisceau de radicules et de feuilles. Bernard de Jussieu n'hésite point à les considérer comme des mooocotyléclones voisines des fougères, à cause de l'enroulement en crosse des feuilles à leur naissance. Le salvihia, observé par Hedwig (S) , présente aussi un involucre clos, qui renferme des organes mâles filiformes entourant un ovaire solitaire surmonté d'un stigmate sessile, et enfermant plusieurs graines. M. Vaucher (4) a décrit le mode de germination de ces graines, et a prouv^ , de la manière la plus positive, qu'elles reproduisent la plante. Ces trois genres sont spécialement organisés pour vivre dans l'eau ou les lieux inondés, puisque les organes des deux sexes sont renfermés dans une même enveloppe close, de sorte que le pollen peut tomber immédiatement sur les stigmates. \Jazolla, que

(i) Mém. acad. se. de Paris, 1739, p. a56, pi. n. (a) iiirf., 1740» p- 370, pi. i5.

(3) Théor, fr. crypt. emend. , p. io4, t. 8, f. 1— 5.

(4) Ann. mas. d'Hist nat. de Parii, vol. 18^ pi. ai, n.« y.

Digffized by VaOOglC

OBGANBS BEPRODVGTBURS. IS9

M. Robert Brown (5) rapporte à la même famille, dififêre des autres genres , parce que les fleurs mâles et femelles soDtcoDteuues dans desinvolucres différens; on ne conçoit pas bien encore , d'après les descriptions publiées, comment sa fécondation peut s*opérer.

ARTICLE IV

Fougères

Les fougères ont été quelquefois désignées sous le nom de plantes dorsifères ou éptphyllospermes , en faisant allusion à Fun de leurs caractères les plus saillâns, savoir, que leurs fructj^cations naissent en général sur le dos des organes foliacés ; ceux-ci peuvent être considérés, pu comme de vraies feuilles qui, par une structure propre à cette fa«mille, portent les organes fructificateurs, ou comme des pédoncules bordés de Umbes foliacés.

En faveur de la première opinion, on peut alléguer que ces organes foUacés ne sont pas toujours fructifères, et que quelques fougères portent des fructifications en épi, qui semblent distinctes des feuillet; que celles-ci offrent absolument la structure et l'usage des vraies feuilles , et sont en particulier munies de stomates; qu'il est enfin quelques plantes phanérogames, telles que \t polycardia, où Von retrouve une structure un peu analogue.

On peut dire, en faveur de la seconde opinion, que les feuilles sans fructification doivent cet état à un avortement analogue à celui des pédoncules transformés en vrille ou en épine; que les prétendus épis de cettaines fougères ne sont que des pédoncules non bordés ) que

(5) Prodr. fl.' Nov.-Holl. , p. 166, Gen. Tcxn. » pi. 10. Tom, II. g

]50 OieAlfBS ABPAODUCTBITBS^

certaines phanérogames , tels que Yurtica^memiranaeea^ ou le paspalum mmibranaceum ^. offrent des pédoncules bordés d'bne m^ière analogue; que si les pétioles peuvent être bordés d*un limbe foliacé muni de stomates, les pé«> doncules peuvent bien offrir la même sing.ularité ^ et qu'enfin les exemples de phanérogames à fleurs épiphylles sont' tous douteux lorsqu'on les examine de près.

C'est peut-être pour né pas trancher cette%question que plusieurs botanistes ont donné aux feuilles des fougères le nom vague de frondes y comme pour dire qu'elles ont la nature foliacée, sans être absolument assimilables aux feuilles ordinaires*

Quoi qu'il en soit du terme qu'on préférera pour ces feuilles-pédoncules ou ces pédoncules-foliacés^nous remarquerons que la position de ces organes sur la tige est semblable à celle des feuilles, et quils peuvent de même être divisés en pétiole et en limbe muni de nerviires et de parenchyme. Quoique leur limbe soit souvent trés-divisé, il n'y a jamais d'articulation entre ses parties, et il doit toujours être assipiilé à celui des feuilles simples.

En général, celles de ces frondes qui ne portent point de fructification, comme par exemple les feuilles dites stériles des osmunda (i), sont grandes et foliacées dans, toute le^ir étendue. Cette apparence se retrouve dans toutes celles qui portent nn nombre modéré d'orgaoes fructifilcateurs, par ei^emple les polypodes, les pteris. Mais lorsque le nombre de ces organes est très-grand , alors le limbe foliacé diminue, et semble disparaître ^ couvert ou étouffé par le développement des fruits : c'est ce qu'on

(ij L«m. ill. , pi. 865.

CABANES RCPRODUCTBUr.S. .lîîl

Toit claireœcDt dans plusieurs acrostiches ; et ea suivant des analogies qui laissent peu de doute ^ m arrive à com» •prendre que I(f$ fougères dîtes en épi, comme les ophioglosSes , ne doivent cette apparence qu'à un avortetoent plus habituel et plus complet du limbe foliacé. Remarquons encore que dans les cas où les organes fructificateurs sont modérément dispersés sur les frondes, celles-ci pouvant encore remplir les fonctions physiologiques de vraies feuilles, peuvent être toutes fertiles , comme les polypodes^ les pieris^ etc., tandis que si les organes fructificateurs sont accumulés en assez grand nombre sur celrtaines frondes, pour leur ôter toute fonction de feuilles, il faut alors qu'il y ait sur la même tige d'autres frondes dites stérifes , qui puissent jouer entièrement le rôle de* feuilles; c'est ce qu'on voit dans les osmunda, les ophioglossum , etc. Les frondes de toutes ou presque toutes (2) les fougères, sont roulées dans leur jeunesse en vernation circinale, ou , eu d'autres termes > roulées en crosse ou en volute du sommet à la base; cette disposition, analogue à -ce qu'on observe dans les droséracées et les cycadées, se remarque^ non-seulement sur la disposition de la nervure moyenne de la feuille, mais sur chacun de ses lobes partiels. Il en résulte qu'au moment de l'épanouissement, la surface supérieure est partout extérieure, et que la surface infériedr|i est protégée par cet enroulementé

Lorsqu'çn analyse les fougères sous le microscope, à cette époque de leur vie (3), on trouve j le long de la côte moyenne , de petits corps ovoïdes , pédicellés ,cu8 , épars,

(a) Hedw. Thcor. , pi. 5 , f. a , 3:

(3) Hediprig. Theor. fruct, ed, i , pi. 5, 6 et 7.

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l32 ORGANJES B£ PRODU GTEU ES. '

qu'Hedwig considère comme les étamines, et sur la partie du limbe qui est replié ou roulé, ou remarque d'autres corps plus nombreux, cachés sous une membrane propre. Ces derniers sont, sans aucun doute, les rudimens des jeunes fruits ; car on peut suivre leur développement jusqu'à la maturité.

Quant aux premiers, l'opinion d'Hedwig repose sur les motifs suivans : i .* ils ne se trouvent qu'à une époque fort antérieure à la maturité , et disparaissent Uentôt après : c'est le propre des organes mâles des végétaux ; 2.^ leur forme let leur apparence sont assez analogues à celles des organes mâles ordinaires ; 3.® si l'on ne leur attribuait pas ce rôle, on serait bien embarrassé pour leur

en assigner aucun autre.

On objecte en réponse a cesargumens: i .* que ces corps n'ont encore été vus que dans un petit nombre de fou* gères, et. paraissent manquer dans quelques-unes; 2.* que leur position est assez indéterminée et très-différente de celle des organes femelles , deux circonstances contradictoires avec le rôle qu'on leur attribue; 3.«que les organes femelles étant recouverts d'une membrane, on -ne voit pas par quelle voie la fécondation peut s'opérer; 4.* que les observateurs n'ont pas encore aperçu^ l'explosion bu la déhiscence des organes qu'Hedwig considère comme mâles ;%5.**que rien ne paraît \ùner le rôle de style ni de stigmate dans ceux qu'il regarde comme f^nelles.

En opposition à l'opinion d'Hedwig, quelques naturalistes ont pensé que les capsules des fougères étaient des sortes de fleurs bisexuelles. Maratti a été le premier (4)

(4) DcverdflorumexUtentidinplantisdorsiferis, Ronukf 1760.

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OBOANES EEPBODUCTBUBS. l35

qui a soutenu lopiDion de l'hermaphroditisme des fleurs de fougères, maïs sans s'expliquer bien clairement sur le rôie des organes. HîU et OEder ont cru que Panneau des sporanges était Forgane qui renfermait le fluide féconda" leur. Kodreuter a attribué le rôle d*étamine à Pinvolucre ou tégument écailleux des groupes de capsules. Gœrtner et M.Mirbelont soutenu que chacun des globules qui doivent se transformer en capsules, contient dans sa jeunesse le fluide fécondateur et les ovulesrsi Cette opinion se fonde, non sur des observations directes, qui seraient impossibles, mais sur la seule analogie des fougères avec les marsiléacées, et sur la nécessité présumée d'une fécondation. J^ecker et quelques anciens ont nié la fécondation des fougères, mais sans donner aucune preuve valable de cette opinion, que Necker a même soutenue par des faits reconnus faux aujourd'hui par tous les observateurs. Gleicbeu a pris pour organes mâles les pores ou stomates qui existent dans toutes les plantes vasculaires, mais qu'il avait Yus pour la première fois dans les fougères.

Enfin, M. JBernhardi a exposé (5) une nouvelle opinion sur la nature des organes sexuels des fougères : il pense que les organes mâles sont de petits corps d'apparence glanduleuse, sessiles sur de petites écailles qu'on observe à la surface supérieure des feuilles d^s fougères ; que les ovaires

Voyez la Tëimpression de ce livre très-rare, publié en 1798, à GœttÎDgeii» par M. Hupcr, qui Ta accompagné d'un mémoire fort complet sur les opinions des auteurs ^ relativement à la fructification des fougères.

(5) Dans le Journal de Schrader pour la Botanique , 1801 , vol. V, p. I, pi. I, et dans les Annales de Botanique de Kœnig et Sîms, vol. I, p. 107, pi. I.

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^34 ou G A .NES RliPIlOOCCTJSUQS*

.des organes femelles situés en groupe à la face inférieure 4e lafèuille, ont i3es espèces de styles qui traversent le tissa 4e la feuille, et viennent aboutir à des pores situés du côté supérieur , et qui jouent le rôle de stigmate ; à Tappui de cette opiniop, il fait remarquer que les points qu'il suppose des globules de pollen sont situés à rextrémité de vabseaux qui paraissent plus forts , et par^conséquent plus importans que leurs voisins; que les écailles sont d-abord d'un brun jaur pâtre, pui$ pâles, et tombent d'elles-mêmes, comme les anthères ordinaires; qu'enfin les globules du pollen peuvent glisser Ip long de la face supérieure de la feuille jusques aux points qui paraissent remplir la fonction de stigmates. M. Bembardi trouve des espèces où les organes qu'il regarde comme mâles, sont situés sur des feuilles différentes*: telles sont, par exemple, les onoclea s£ruthiopt&^ ris et crispa, dont les feuilles stériles sont, selon lui, des feuilles mâles; mais dans le plus grand nombre des genres observés, tels que les pàlypodium , polystichum y cya» thea, davallia^ a'splenium, etc., les organes mâles SOnt sur les mêmes feuilles que les capsules.

Les théories d'Hedwig et de Bernhardi sont pour le moment Içs seules ^uî me paraissent mériter l'attention des savàn$; mais je n'oserais, dans l'état actuel des d}servations, fien prononcer sur h préférence qu'on doit donner à l'une d'elles: celle de Bernhardi présente, il est vrai, moins d'objections;mais les faits sur lesquels elle repose sont coimus sur un si petit nombre d'espèces, et ont été même observés avec si peu de détails dans ceux où on les a décrits, qu'il me paraîtrait prématuré de les adopter sans ^es vérifications nouvelles. J'ose engager les cryplogamistes à s'y livrer et à explorer le rôle, soit des organes qu'Hed-

wig prenait pour organes mâleSi soit de ceux que Bernhardi a décrits sons le mêipe nom. Il faudrait rechercher en particuUer : i.* si les pores appelés stigmates par Berqjiardi sont bien distincts des stomates; 2.* comment les organes mâles sont conformés dans les fougères en épi et daos les trichomanés, où la position ^des organe femelles est si différente de celle des autres genres.

Quoi qu'il efl soit , dès que la feuiUe des fougères est développée, les organes mâles (et je parle ici collectivement dans le sens des deux hypothèses) disparaissent, et les organes femelles commencent à croître. On les voit soulever graduellement, puis rompre à la maturité la pellicule qui les recouvre; les groupes portent en latin le nom de sori, et leur tégument celui Sindusium; la disposition des groupes ^ur le limbe ou les bords de la feuille, l'existence ou la forme de Xindusiujn, sont les caractères principaux d'où ]'on a déduit la classification des fougères; évitant ces détails étrangers à notre but, nous examinerons les corps dont ces groupes se composent.

Ces corps, vus à leur maturité, sont de couleur brune ou rousse , de forme arrondie ou rçniforme , munii* d'un court pédicelle. On leur a doni)é le nom de capsules, ou plus exactement celui de sporanges ^ ils sont le plus sou* vent bordés d'un anneau élastique (6) qui s'ouvre de dedans en dehc^'s, et détermine la défaiscence de la cavité; dans quelques fougères anomales (7)ranneau manque, et la débiscence a lieu par une rupture tranversale : presque

(6) Voy. Hedw. ûl.Jilicçs, presque toutes les. planches. Swartt, 4^05 Schrad. Journ. , vol. Y, part, a » pi. i et s , et presque tout«s lei planches modernes de {oujg;ères.

(7) Voy. S-vrartï 1, e. , pi. a.

l36 OBGANBS ABPBOD^CTEVR».

toutes les fougères ont leur capsule à une seule 1(^ ; on là trouve divisée en plusieurs loges dans le myriotheca (8)«

Dç cette cavité sort, à l'époque de la déhiscence, un petit nuage de poussière ; celle-ci est composée des graines ou spores; ce sont de petits corpuscules ordinairement arrondis et d'un roux brui^; lorsqu'on en- saupoudre ou une éponge ou de la terre humide, on les voit évidemment germer et reproduire l'espèce qui leur a donné naissance. M. Lyndsay (9) est le premier qui ait décrit la germination des fougères; dès-lors MM. Sprengel et Mirbel en ont observé quelques périodes; M. Macvicar l'a décrite et figurée avec soin (10), et dans tous les jardins botaniques on sème aujourd'hui les fougères presqu'aussi facilement que les phanérogames.

La graine ou spore des fougères donne naissance laté* ralement à un corps Vert, d'abord presque cylindracé, puis épanoui en limbe foliacé, dépourvu de nervures, fort semblable aux feuilles de certaines hépatiques j et qu'on peut considérer comme le cotylédon des fougères, ainsi que Bernard de Jussieu paraît l'avoir fait, puisqu'il classait les fougères parmi les monocotylédones (11); ce cotylédon finit quelquefois par être échancré à son sommet , quelquefois il entoure la base de la plante, de manière que les frondes suivantes paraissent naître de son centre. Il pousse fréquemment des radicules, soit de son bord, soit de sa face inférieure, et finit par se détruire, comme le

(8) Voy. Swarts 1. c. , pi. a.

(9) Trans. Lin. «oc. Lond. a , p. gS.

(lo)ObserT. on the germ. of the Filices, in trans. of ihe Roy. soc. of Edimb. 18a 4» atcc une planche.

(11) Mém. aead. »c. de Paris , ^l^^r P* 3^

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OBfiANBS BJSPB0DUCTBUB8. lin

foDtles cotylédons des plantes phanérogames. II ne manque, pour Vassimilation complète de ces organes avec les coty* lédons, que de s'assorer si les parties foliacées sortent d'un tégament ou sont un simfple prolongement du globule. L'extrême petitesse de ce corps n'a pas encore permis de s'en assurer; mais l'analogie de cette germination avec celle des mousses chez lesquelles Hedwig assure avoir vu la rupture du tournent, doit faire croire qu'on l'observera aussi chez les fougères.

Il est des fougères qu'on appelle vivipares, parce qu'on voit naître de jeunes individus sur les bords de leurs feuilles et du centre de leurs groupes de fructifications. Ce phénomène peut être assimilé ou au développement des embryons du bryophyllum^ OU à la germination dans le péricarpe qui s'observe chez certaines cuscutes, etc.; peut-être ces deux assimilations sont^elles vraies chacune dans certains cas particuliers? Les fougères où ces phénomènes ont lieu» et qui méritent d'être observées, sont les darea, Vasplc" nium hulhiferum^ Yasplenium ramosum , le cyathea hulbifera, etC

ARTICLE V

Lycopodiacëes.

La famille des lycopodiacées, quoique peu nombreuse en espèces, est une de celles dont la structure est la plus difficile à comprendre. La diversité des organes qu'on trouve, soit réunis, soit séparés dans les divers groupes de la famille, est la principale difficulté qu'on rencontre dans cette étude*

La seule espèce qu'on puisse regarder comme suffisam-

l38 ORGANBS RBPRODUGTBUBS.

ment connue , est le lycopodium denticulatum , trës4)ien décrit par M.Brûtero(i), et figuré par M. Salt8bury(2)dans les transactions linnéennes; cette espèce, jointe au /;^c<)po^ dium helveticum (3), forme un genre ou une section particulière, à laquelle le nom de diplostachyum ^ proposé par Beauvois(4), pourra être conservé, quoique lé caractère en soit peu exact. Ces deux espèces offrent deux sortes d'épis sur la même plante , ou un seul épi qui renferme deux sortes d'organes à l'aisselle des bractées. On trouve dans le haut de ces épis des corps (5) un peu crustacés, réniformes, bivalves , pleins d'une poussière anguleuse, jaunâtre ou orangée. M. Brotero pense que cet organe est une anthère pleine de* pollen, et il affirme l'avoir semé sans en avoir jamais vu germer aucun grain. Beauvois adopte la même opinion. Dans le bas des épis, ou sur des ^is plus courts, portés sur le même pied ,* on trouve aux aisselles des bractées d'autres corps qui sont aussi crustacés, mais qui s'ouvrent en quatre lobes (6) et contiennent quatre globules jaunâtres, légèrement chagrinés, et marqués à leur base de trois côtes saillantes (7) ; ce^ globules sonî des graines ; car, au milieu d'un grand nombre qui ont avorté, MM. Brotero et Salisbury en ont vu germer quelques-

(f) TranjS. Lia. jspc. Lond. 5| p. 16a.

(a) Ihid, la , p. 365.

. (3) DC. , FI. fr., cd. 3, T. o, p. 576.

(4) Prod. «thfiog., p. 104. .

(ô) Skli^b. Trans. Lin. sop. la , pi. ig»

(6) MM. Brotero et B^uTois disent trois loges et trois grajoe^. M. Salisbary et moi en avons toujours yq quatre. Voy. Salisb. 1. c, pi. 19, f. 8,9, 10.

(7) Salisb, 1. c, pi. 19, f. II, la, i|.

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OftGAKES heprodugteurs. i59

«loes : par-conséquent la coque à quatre lobes qui les reu^ fermait est un ovaire. Le stigmate de cet ovaire est , selon M.Brotero, représenté par une raye pelincide et transversale, placée au sommet (8); on pourrait attribuer le même rôle à la petite protubérance centrale qui surmonte cette ligne.

A répoque de la germination (9) on voit la jeune plante sortir de la' graine par le côté; sa radicule est simple, perpendiculaire; sa ptumule s'élève verticalement et se termine par deux feuilles opposées, à l'aisselle desquelles naissent deux branches. Dans riçtérieur de Ja graine il reste un corps huileux adhérent à l'embryon, que M. Brotero* nomme vUellus,elq^ me parait être le véritable cotylédon; les deux feuilles opposées, que MM. Brotero et Salisbury nomment cotylédons, représentent à mes yeux des feuilles primordiales. Le changement dans le rôle assigné à ces organes me paraît suffisamment autorisé, soit parce que le vitellus est un organe à-peu-près imaginaire, soit parce qu'il est impossible d'assimiler le lycopode aux dicotylédones.

Des faits connus* sur le lycopodium denticulatum , on peut conclure facilement, i.* que dans •le lycopdh dium selaginoides (lo), OU la section des selaginella, les coques bivalves qu'Hedwig a décrites pour l'organe femelle sont l'organe mâle, et les coques quadrivalves et réuiformes qu'Hedwig a décrites pour mâles, sont l'o/gane femelle; 2.* qu'il en est de même des sections ap^ pelées par Beauvois gymnogynum et stachygynandrum , quoique leur structure soit moins bien étudiée; mais quel

(8) Salist). î. c. , pi, 19, f. 9. a. a,

(0) Ibid, , f. 1—5.

(fo; Hedw. Thcor. fr. çmend.^ pi. 9, f. 9— iS.

]4o OEGANBS IIBPRODUCTJSURS.

est le ràle des coques qu'on observe dans les lycopodes qui composent les sections dites p/ànaniies^ lycopodium etj75/7r7/»i7iparBeauYois;c^est-à-dire dans toutes les lycopodiacéesoùFon ne connaît qu'une seule classe d'organes. BeauYois les considère toujours comme mâles, et regarde les femelles comme inconnues. Linné regardait aussi la poussière de ces coques comme analogue au pollen, à cause de sa nature inflammable. Cette opinion semblerait confirmée par l'extrême analogie que Ton observe entre les coques bivalves de la section des plananthes(i i), corn- «parées avec celles des sélaginelles, que l'analogie nous force à reconnaître pour mâles; l'opinion contraire a été soutenue par. Hedwig; mais pour l'étayer.il a été obligé d'admettre pour les organes mâles de ces plantes des espèces de boùi^eons foliacés, qui ne ressemblqpt à aucune fleur mâle connue. J'admets donc avec peu dé doute que les coques bivalves des plànanthes et des lycopodfs de Beauvois sont des organes mâles dont nous ne connaissops pas les femelles; mais je suis beaucoup, plus incertain sur la nature des coques à trois valves du psîlotum, quoique les globules qui y sont contenus paraissent renfermer plutôt une fovilla qu'un embryon.

J'ai retroiivé deux organes analogues à ceux des lyco- ^des dans le genre ist>ëtès (12), qu'on pourrait définir par le nom de lycopode aquatique. Ayant eu occasion, pend&nt mon séjour à Montpellier, d'observer cette plante vivante, j'en donne ci-joint, pi. 56 et 57, une figure assez complète. Les feuilles naissent d'une espèce de tige

(11) Voy. Hcdw. Thcor. , pi. 9, f. 7Ct 17.

(la) DC, FI. fr., dd.3, y. a, p. 596.

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ORGANES RBPRODUCT^VfiS. l4l

charnue et souterraine, un peu anabgue à celle des plantes bulbeuses. Chacune d'elles porte à son aisselle un organe fructificatear ou une fleur qui lui est adhérente ; dans celles du bord, ou celles qu'on peut considérer comme les inférieures (i3), on trouve un corps membraneux indéhiscent, abrité par une petite lame foliacée, surmonté par un filet, divisé à l'intérieur en trois compartimens par de petites colonnes transversales et renfermant une cinquantaine environ de globules sphériques , marqués à leur base de trois côtes saillantes , comme les graines du lycopodium denticulatum, A l'aisselle des feuilles centrales (i4) on trouve d'autres corps très-semblables aux précédeus, mais qui sont divisés à l'intérieur encomparti-^ mens plus nombreux, et qui renferment une poussière impalpable, d'abord blanche, puis noire.

Si i'avais pu faire germer l'une ou l'autre des deux poussières que je viens de décrire » l'histoire de l'isoëtès serait complètement éclalrde; mais ayant quitté Montpellier avant d'y être parvenu , je reste dans le doute sur la nature de ces deux organes. D'un côté, l'extrême similitude extérieure des globules à trois côtes, avec les corps que Brotero a vus germer , m^eogage à les considérer comme des graines ; mais je les ai toujours trouvés vides à l'époque de la maturité, ce qui semblerait indiquer qu'ils sont de nature mâle; de plus, la poussière des capsules centrales, qui devient brune et opaque à la maturité, semblerait mieux représenter des graines. J'engage ies botanistes des pays où vit l'isoëtès et en particulier ceux

(i3) PI. 56, f. a; pi. 5?, fig. 6— 14.

(i4) Ihid.^ et pi. 57, f. i5— ^4.,

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l4s , ORGANES REPROSUCTBURSw

de Montpellier, à multiplier les essais pour faire germer l'une ou l'autre de ces deux poussières.

Gaertner (i5), et quelques autres naturalistes, ont considéré les lycopodiacées comme dépourvues de sexe et douées de deux sortes de graines : c'est encore la germination qui doit confirmer ou détruire cette opinion peu vraisemblable , il est vrai , mais qui mérite d'être examinée , à raison de son illustre auteur, dont les botavistes ont Fbabitude de respecter les opinions.

ARTICLE VL

Mousses.

Les mousses sont plu* éloignées des végétaux phanérogames que les familles précédentes , puisqu'elles manquent de vaisseaux et de stomates; elles offrent cependant des rapports assez curieux avec ces végétaux , par leurs organes fructificateurâ ; ceux-cî, grâces à la laborieuse sagacité d'Hedwig ^ sont mieux connus que dans aucune autre famille de cryptogames. Cet habile observateur a tellement étendu le champ de nos connaissances à Végafd des jnousses , que, négligeant les opinions anciennes, je me bornerai à exposer celles d'Hedwig , et à examiner seulement les objections et les doutes postérieurs aux travaux de ce savant. --

Les organes fructificateurs des mousses sont renfermés dans des espèces de bourgeons situés tantôt au sommet des jets, tantôt latéralement, quelquefois à la base même

(i5) De fruct. inir. i, p. «t.

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0B0AN9S BBPBODUCTBVBS. 1^5

de ces îets : ceux qui- sont réellement terminaux paraissent quelquefois latéraux , à cause de Talongement du jet qui s'opère après la fleuraison. Ces bourgeons, on étoiles, ou capitules, car leur apparence peut leur faire donner ces divers noms, sont formés de feuilles embriquées sans ordre, et dont le nombre ne parait pas déterminé. Cette enveloppe a reçu le nom de perichœtium , lorsqu'elle se trouve à la base des fruits pédicellés des mousses, ou, en d'autres termes, autour des organes femelles, et le nom de péngone^ lorsqu'elle entoure les org^ines mâles. Ces deux termes, quoiqu'assez généralement admis, me pa« raissent reposer sur des idées peu exactes-, en effet) il me paraît évident que ces feuilles constituent un même organe; et les cas assez fréquens où elles recouvrent à-la-fois des organes mâles et femelles, suffiraient pour le démontrer-, il y a plus : quand il serait vrai que toujours les or-» ganes des deux sexes sont séparés , ce qui est faux, on ne serait pas plus autorisé à donner deux noms à leurs tégumens, qu'on n'a cru devoir le faire pour le calice ou l'involucre des deux sexes des phanérogames dioîques. Si l'on ne doit admettre qu'un seul nom pour des organes aussi évidemment ideiitiques, celui àt perichœtium doit être rejeté, puisqu'il fait évidemment allusion à l'existence des soies ou pédoncules des urnes, et serait faux pour le sexe mâle-, c^xiï^àQ périgone est moins inexact, mais il offre encore tine grave objection. ;

Ce terme, déjà admis pour les plantes phanérogames, suppose que le bourgeon floral des mousses est une fleur simple, et c'est en effet l'opinion d'Hedwig et de presque tous les muscologues. D'autres. ont pensé, etBridel, tout en admettant l'opnion d'Hedwig, paraît sentir le poids de

l44 ORGANES REPRODUCTEURS.

l'opinioD contraire ; d'autres , dis-je, oDt pensé que le bourgeon floral des mousses est un véritable capitule formé de plusieurs fleurs : je le comparerais volontiers à la structure de la fleur composée des euphorbes. Les feuilles qui entourent les organes génitaux me paraissent un véritable involucre à plusieurs folioles, et renfermant tantôt des fleurs mâles ) tantôt des fleurs femelles, plus rarement les deux sexes réunis.

Les feuilles de Tinvolucre, ou les bractées des mousses, diffèrent des feuilles ordinaires à*peu*près comme les bractées des .phanérogames , soit par leur grandeur, soit parleur forme, soit même par leur couleur; souvent eUes manquent de nervure moyenne, quand les autres feuilles en sont munies (i). Ailleurs, elles se prolongent en une longue soie qui manque aux feuilles ordinaires; quelquefois celles des deux sexes (a), ou celles de rangs différens, août un peu différentes entre eHes; mais ces folioles ne sont jamais verticiltées comme dans les périgones ou les calices, et toujours embriquées comme dans les involucres*

Dans ces capitules, quel que soit le sexe des organes génitaux qu'ils renferment, on trouve clés filets cloisonnés simples, et en nombre indéterminé. Hedwig leur adonné ,1e nom de paraphyses^ ils sont le plus souvent cylindriques, et plus longs que les organes génitaux : on en tt'onve qui sont insensiblement épaissis vers le sommet (3), et d'autres abruptement dilatés en une massue ovoïde ou

(i) Hedw. Thcor. emend. , pi. lo, f. 6; pi. ii, f. 5.

(a) /^id.,1. c.,pl. i5, f. 4, ^.

(3) Ibid, , pi. 10, f. 3 , 4; pi. II, f. 4 ; pi. i3, f. 4.

ORGANES BBPKODUCtJBUB^; i/g

globuleuse (4). Ces ptraphyses naissent d'orainaire trèsprès de la base des organes génitaux. On les ^ comparés aux nectaires des fleurs, mais dans ce sens vague, donné jadis au mot nectaire, d'organe présent dans la fleur et dont Je rôle n'est pas connu, je serais tenté de lés assiœiler auxpetittes paillettes qu'on trouve dans les involutres des euphorbes, et de les regarder, ou comme des bractéoles, ou ^omme les rudimens d'une véritable périgone. Cesparapbyses persistent assez long-temps sans changea de forme, et sans émettre aucun produit. Leur rôle dans l'acte de la fructification, est toùt-à-fait inconnu.

Les organes mâles des mousses se trouvent mêlés entré tes paraphyses en nombre indétetminé; ils composent en entier les capitules mâles des espèces dioïques ou monoïques, et entourent les organes femelles dans les capitules hermaphrodites. Chacun d'eux se compose d'un filet trèscourt, et quelquefois à-peine visible, et d'une bourse ou anthère ovoïde ou oblongue : cette bourse n'offre aucune trace de suture, et son intérieur est à une seule loge;* le sommet présente un point glanduleux, par lequel, à la maturité, la loge s'ouvre, et l'on en voit jailh'r, par jets d'ordinaire întermittens (5), un liquide visqueux. Peut-être ce liquide représenté-t-il la fo villa contenue dans les graines du pollen? peut-être les globules polliniques sont-ils ici comme noyés dans un liquide particulier ? Ce liquide, aussi bien que l'enSemble des organes mâles, est d'une couleur verdâtre; après sa sortie, la bourse à demi^-desséchéé prend une teinte jaunâtre ou roussâtre, et l'organisation

(4) Hedw. L c. , pi. II, f. 9, lo.

(5) Uid., pi. 10, f, 7 d; pi. ,i; f. 6, Tonte Ih

lo

l/fS ORGAiNSÀ B£PRODVCTJBUaS;

cellulaire y €St visibW au micrpecope, sous la forme dé réseau (6). Dans ud petit nombre de mousses, tdles, pat exemple, <}ue le $phagnunp palustre, Paolhère est grosse, ovoïde^ et portée sur un fil^t assez long (y). - Les organes femelles des mousses coasidérés à F^poque 4e la fleuraiftoo, c«mposeal entièrement certains capitules dits fleurs, femelles y cl^ trouvent vers le ceittro de ceux dits fleurs hermaphrodites. Dans Tuii et l'antrt cas, leur nombre est variable de 3 à 4 jusqu'à 8 ou lo^ mais ()uel que Soit ce nombre^ il n'y a presque jamais qu'un de ces orga* nés qui parvienne à l'état de fruk(8); les autres avortent, et sont ^jetés ktéralemfiat sons £orme d'écaillés entremêlées avec les parapbyses.

Chaque organe est sessile ou presqnesessile. A Vépoqne de la fleuraisou, on j distingue un ovaire ordinairement Qvoïde et d'un rouge bn», un style filiforme et de même couleur , et un stigmate un peu évasé, et béant à l'époque de la fécondation. Tout cet appareil est enveloppé par un* tégument membraneux qui, après la flenraisoo, est soulevé par l'alongement du pédieelle du fruit , se rompt par la base,, et a reçu le nom de coiffe (calyptra), ï cause de l'apparence qu'il prend à cette époque. Hedwig consi(^re la. coiffe comme la corolle desmonsses*, et cette comp^ai&on est soutenable, pourvu qu'on ne la considère quei coiiQtfAe une manière abrégée d'indiquer que c^est un tégument intime de la fleur; inai^dans l'opinion on était cet auteur que le capitule des mousses est une fleur

(Ô) Hedw. L c, pLii, f. lo^pl. i3, /. 4-.

(7) Ibid. , pi. 14.

(8j /Awi.,pl. i3,f.3.

Digiti

ÔÂGANES BEPRODUCT^UBS. ll^']

simple^ ce ten&e de cofoOe élàit contradk^ire avec sa propre tfaédrîe-, car chaque orgaûe fetnelle a M coiffe propre^ et dans ce ^il app6}»t las flcfors bépmapfarodites y il frikiir dire que b corolle était située eio-dedans des étanises* Ces cUfiEcmkés n'existent peint lor^n'on (Jcmsidère les capitules des mousses comme des fleurs aggtégées^ La coiffe est le tégument de chacnne des fleurs fenSeUes, et pourrait être assimilée oo ati j^rigone des Ûeurs monochlamydées, ou à l'uscéole des carex^ qui en* toure immédiatement l'otaîre. Mais toutes ces analogies sont trop dovleuses pour s'y arrêter*, et autant il est convenable de prendre le nom général de Forgaoe quand l^JeiJiîté est bieii dénoBtrée y autant il convînt de garder les bonis particuliers, brsque kur ^relation anatomique avec les autres oi^anes reste douteuse-, c'est d'après ce^ motifs que je pens^ phls convafiable de conserver dès sa jeunesse au tégument dont liouaparlona h nom de coiffe, qoeto^vs les botanistes ké donnent, quand son dévfloppemeBi €fs4 plus â'Vaffeé.

Après lafl^araiffdn^ k coiffe, soulevée, comme je Tai dit plus baiit> par l'atoiigemeni du pédieelle, se rompt en ttavers^ptès de sabaâe', quelquefois, comme dans le sphagîumpaiusim (9), bipwtie inférteufre de la coiffe ,^ perèiste à la base du ftuîfiy Sons la ferme <]^ane petite coupe i 1er plus souv^M» c^e base n'est pas visible, çt- ht cotffe reste pkoée comme un éteignoif au sommet du fruit, et tombe àFapproeb« de la maturité. Tantôt lé grossiss^ent du fruit la force à ^ rclopre latéralement , tantôt le pédi* àelie se courbé au sommet, de manière que le fruit est

(it)) Hédw. l. c. , pi. i 5 , f . 1, e è.

)4S OUGANëS B£PR0DUCX£UBS^

pendant, et que la coiffe tombe d'eUe-même. Cette eoiffe? est toujours à cette époque membraneuse et demi-dessé'^ chée, ce qui tient à ce qu'elle n'a plus de commwucation organique avec la plante; elle est presque toujours lisse; quelquefois elle porte des poils qui paraissent être les débris des paraphysçs soudés avec elle; ces poils sont dirigés du côté supérieur 4ans XoUgotrichum et Xçrûctrichum (lo) dirigés du côté inférieur dans hpolytri" ckum (^ii). «

Le pédicelle, qui était si court à l'époque de la fleurai-* son , qu'on pouvait à-peine le di;stinguer , s'alonge pendant la maturité, au point d'acquérir une dimension souvent plus longue que la tige : c'est un véritable thécaphore; il est grêle, simple, cylindrique, de consistance ferme, et composé de tissu cellulaire serré et alongé; on lui doune le nom àe pédîce/le ou de soie (seta).

TJume (theca) qui termine le pédicelle, est le véritable péricarpe; sa forme est le plus souvent ovoïde, quelquefois ou amincie, ou renflée à la base, ou* un peu bossue latéralement. Elle sWvreà sa maturité p^r une véritable déhîscence circulaire qui a lieu près de son sommet; la partie supérieure, qui ressemble à un couvercle de marmite, a reçu le nom d^ opercule (operculiuD ); il est un peu aplati sur les bords, et relevé en cône vers le centre.

Après 1% chute de Popercule, on voit que le bord interne de l'urne est muni d'une ou deux membranes termi-^ minéçs en dents régulières; ces membranes portent le nom àe péristome (peristoma), parce qu'elles entourent

(lo) Hed^. fund. i, pi. i6, 17.

(n) Hedw. spec. musc. , pJ. a i , fund. musc, i, pi* 7^ 9, n, et-c.-

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0RGAx\£6 RBPRODUGTEUH5. \^r^

en effet TonverKire de Fume. Le péristome, lorsqn il n'y en aquhin, ou le péristome extérieur,' lorsqu'il y en a deux, est très*remarquable par ses diversités de forme et parleur régularité; dans un petit nombre de cas, il ne perte point de dents , par exemple dans le gymnostomum (i 2) ; le plus souvent il est hotàé de dents ou de cils; et ces dents sont toujours égales entre elles et ad nombre de quatre, ou de l'un de ses multiples, quatre dans le tetraphis (i3), huit dans le splachimm (14)9 seize dans le grimmia (i 5),, trente-deux, quarante-buit, ou soixantequatre dans divers polytrics. Dans plusieurs cas, chaque dent est à moitié divisée par une fissure, comme dans les dicrûnum (16); et dans les cas même où la fissure n'a pas lieu , on en aperçoit les traces sous la forme de stries ou de raies longitudinales. On pourrait croire que le nombre des dents est peut-être assez grand dans l'état normal, et qu'elles se présentent soudées deux à deux , txois à trois , quatre à quatre, etc., d'où résulterait tous les nombres apparens inférieurs. Le péristome interne n'existe' que dans une partie des mousses ; il est plus membraneux : son bord est divisé eti huit, seize* ou trente-deux dents; celles-ci sont plus souvent inégales et irréguliéres que celles du péristome externe. ' . Dans quelques genres, tels que -^ le polytric (17), les

(la) fiedw. spec.) pi. i — 4*

(i3) Ihid., pi. 7.

(i4) là. fund., pi. 14. •

(ï5) là, stirp. crjpt. , pi. 38.

(16) a;., pi. I, a6, etc.

(17^ /A fund. I, pi. 7, 9, ii> i3.

]$0 ORGANES BEPRaDUCTJ&UBS.

^omiûités des deats du péristome sont toutes soudées à |ii)e jx^r^bf^e tiapsy^r^ffl^ tepdua çpQnnft la peau d'û&e prisse dp tanAomr ^m? l'entrée de Tufoe ♦ cette n^mbrane por^e le nom ^épiphr&^me $ lorsqu'elle existe, las griiîaes pe peqve^it sortir qu'epti:^ les d^nts du péristome. DW| presqfie ^o^s les aiitres genres, cie^ dents sont libres et douées dV^ înouvemeat hygroscppique très -prononcé^ p]]^s §e cpur()ept eQrdedaps lorsq^'elies sont hofiiectées , ef ^prdehors lorsqu'elles sont sèdifti; au moyen de c^ mouvement, ellçs servent, sqit à soufever.Vppefcuk, soi^ % ù^çilkçv h dispersion des graiies.

h0 centre de l'uHae est occupé par un a^e vertical ippelé çalumelUij qui part de la };mse , et ta |itieifldre la sonimite de l'opercule auquel il porte probablement la nourriture; cette oolumelle est tantôt cylindrique, tantôt ^n peu renflée dans le milieu, ik sommité s'oblitèf e à l'époque de Js^ ebute de l'opercule:

Les graines ou spores sont tréa-nombr^nses, attaobées, çeloù Hedwig , aux parois de l'urne, et nop à la c<4umelle. Elles sont très-petite», rousses ou brimes àieup maturité, ^ forme globuleuse ou arrondie, fledwfg a vu germer celles de plusieurs espèces (18)2 d'après sa description y le tégument se rompt, et la jeune pkntnle pr^çén^e à sa iiais$2(^oe un filet deseenflant , qu'on peut pr^pdre pour une radicule et un corps cyUndracé cloisonné^ qui paraît être une sorte de cotylédon : Tl se développe ensuite des espèces de feuilles primordiales çylindriacéeii^t ifan^ées, dont le nombre est indéterminé; ces feufllès durent fort tard dans certaines espèces, telles que Ifi pKascj^m cpnfer- ' ": l *' ' ' ■' ' ■' " " S I nv. ' i ' u . :\ y\ *

(18) Hcdw. 1. c. , pi, 16, f. 9, 10.

QROANES REPRODUCTEURS. l5\

pi)i4esy OÙ dles se préseptent en effet sous la forme de brins qm ne ressemblent pas mal à des cooferves cloisonnées. M. DnimtDond (19), .qui a observa depuis Heciwtg la germination des mousses , assure que ces filets coQferrolfdes pénétrent en terre, et forment les racines.

Cette théorie de la reproduction des mousses que je viens d'exposer d'après Hedwig , quoiqu'universellement admise anjonnTbui, ne Ta pas été sans oontradiction : les un j ont commencé à nier les faits sur lesquels on est maintenant le pins d'accord; dTautres, en admettant la structure des organes, ont nié leur emploi, plus ce me sembk d'après des opinions généples sur l'absence des sexes dans lea cryptogames que d'après Fexaineti réel des feits. La principale objection positive a été , qu'il est dîfBdle de concevoir corameût la fleur femelle, revêtue de sa coiffe, peut être atteinte par la matière émise par les anthères et surtout dans les capitules dioîques ; mais rien n'empêche d'admettre, et plusieurs ont dît avoir vu, qu'à cette époque la coiffe est un peu béante au sommet, ou Von peut croire au-moins qu'elles quelque communication directe avec le stigmate. On a dit encore que le mode de fécondation décrit ci-dessus était impossible dans les mousses aquatiques; mais Hedwig a fait remarquer que lorsqu'elles fleurissent, ce qui est assez rare, les sommilés^ s'élèvent à cette époque au-dessus de l'eau.

M. de Beauvoîs a soutenu que toute la reproduction des mousses s'exécutait dans l'urne seule, se fondant en partie sur le très-petit nombre de mousSes chez lesquelles on D a pas encore aperçu les organes mâles. Il pensait que,

(ig) Trans. Lin. soc. Lont^. i3, p. 2^.

1^9 ORGANES BEPBODUCTEURS*

]es graines dïïedwig étaient le poUen, et que les vi;aîes graines étaient remfermées danslacohmelle. On a objecté ^ cette théorie Timprobabilité de trouver le poUea à la ^eme époque que les graines mures, si parfaitement semblable à elles pour la forme et la grandeur et en quantité ^i immense; on a surtout répondu par la germination de pes prétendus grains de pollen. Enfin M. Robert Brown parait avoir trqiayé la cause de Tillusion de M. de Beauvois ; lorsqu'on coqpe l'qrne en travers, Iç scalpel entraine atec lyi quelques graines dans la coluçielle,e|c6soj)t elles qu'on y avait çri^ logées;; mai^ lorsqu'on coupe la cobimelle, ou f n long ou après l'avoir complètement isolée , on tfy trouve plus que du tissu cellulaire dépourvu de graines.

Outre la reproduction sexuelle qi^e nous venons de décrire,, les mousses se propagent encore par des jets qui naissent des troncs, s'enracinent, et finissent par former des individus isolés. Ce mode de propagation est assez commun dans les mousses aquatiques, ou celles des lieui^ |rès-humides qui fleurissent rarement.

ARTICLE VIL

Hépatiques,

Lafamillç des hépatique^, quoique bien naturelle , pré-i jente des formes trop disparates pour qu'il soit commode delà décrire d'une manière collective; il sera plus clair de parler successivement du petit nombre de genres qui la composent, en commençant par cçux qu^ ont le plusi ^e rapports ayeç les mousses.

Les jongermannes, qui forment le gçnre le plus nombreux de cette famille, ont été malheureusement décrites par Linné, qui a désigné leur fruit sous le pom d'anthère j^

Digiti

et confondu sons le nom de fleurs femelles les vraies fleurs mâles et les gemmules. Schroidel a le premier (i) éclaircî ce sujet difficile ; Hedwîg (2) a confirmé et étendu ses observations, et M. Hooker (3) leur a donné un nouveau poids dans son excellente Monographie.

Les joogermannes sont toutes monoïques; les fleurs mâles (4) se présentent sous la forme d'anthères blan* châtres, solitaires, sessiles ou presque sessiles , ovales on ovées , composées d'une membrane fine et réticulée, pleines de pollen, et situées le long des nervures Ses feuilles, ou plus rarement éparses sur le disque* Hooker les a fait con-r naître dans plus de quarante espèces de ce genre (5). Ces anthères sont ordinairement nues, quelquefois entourées par quelques feuilles analogues à un involocre ou à un périgone. Les fleuri femelles (6) naissent dans des situations très-di verses; elles sont presque toujours entourées par un périgone ou calyce foliacé ou membraneux , sessile sur la tige ou. la feuille, et le plus souvent d'une seule pièce, tubuleux et un peu denté au sommet (7) : cet organe ne manque que dans un très-petit nombre, telles que X^sjujigermannia concinnata el hook€ri(9i)\ on le trouve \ ■ I ■ . ■ j

(1) Diss. de jQDgermanniae caractère, 1760, (a) ^h^or. froct. prypt.felr. 1797, p. i54*-i7it (3) British Jungermannîae. 1816, i toI. in-4'°» ^? pl^mclies* (4; Hedw. Theor., pi. 17, f. a, pi. a'a^f. 3; pi. 24, f. a.

(5) Voy. Mon. des Jongerm. brit. , pi. 5,6, 7, 8, 10, i3, 18, ai, 22, 23, a4, 25,29,31,33,34; 36, 37, 38, 40, 4^,44» 49 1 5i, 55,57, 6i*, 63^69,70, 73,75,78,81,8a.

(6) Voyc» Hedw. Theor. , pi, 17, a5, et toutes le» pi. de Hooker brit. jung.

(7) Hook. L c. , pi. 4 , i3 , 18 , 37, 47» 53 , 67, 58, 61, 63, ctc,

(8) Ibid., pi. 3 et 54.

l54 ORGANES RErR01>ITCTBURS«

double dans le$ /ungenrtannia. iyeiiiî et hiternic^ (g). Chaque calice reafenne de trois à quatre, fasqu'à dix pntils linéaires , très<emblables à ceax des mousses , et recouf verts de même par uae coifïe : celle*<i diffère de celle des mousses en ce qu'elle se rompt par It sommet; que parconséqueut elle n'est point souleTée avec k fruit , et forme uue espèce de cupule membraneuse k ia base du pédoncule, lequel, comme dans les motTBses, est peu ou point visible à la fleuraison, et s'alooge beaucoup et très^apidement à Fapproclie de la maturité; ce pédoncule est presque toufours de couleur 1)lancbatre, de consistance délicate, et formé de cellules trés-alongées; l'urne ou capsule est globuleuse, brune, toujours dépourvue d^opercule, et ouverte à sa maturité en quatre (lo) valves étalées; elle renlerme uu grand nombre de graines attachées à des filets ou lamelles linéaires, élastiques, trèsiygroscopiques, ronlés en hélice, et le plus souvent de couleur brune : on les nomme é/a^ tères} leur rôle parait être de sçrvir \ la dispersion des semences ; celles-ci sont sphériques , brunes, opaques^ Hedwig a vu celles dnjitngermannâa epiphylla (i i) pousser à leur germination une radicule simple et se dilatep en feuille par ia partie sup é ri e ur e*

Outre ces graines, les jongermannes ont encore presque toutes des sortes de gemmes ou de bulbilles qui servent à les reproduire : il paraît même que les cçrps réunis en tête serrée au sommef des feuilles de. quelques espèces ,

(9) H<K»k.,pl.77, 78.

(10) Quelquefois ea huit, diaprés M. Weber. Hist. musc. hep. prod. Kil., i8i5 , p. 11.

(il) Hcdw. Theor. , pi. aS , f. 5;.

OBGANES REPRODUCTEUBS. l55

telles que \q jungermannia nemorosa {\q) ^ etqo'Hedwig a coDsidéreç conune àts flçurs mâles, ne 60Dt*aiilre chose que des^tm^s d^ bulbilleâ*

Les marçiifMU'a^iS) ae différent ^s jongennamies, qo^t à la fFqctificatioD, qqe par les cifOODStaoces suivantes : i.* les anthères, quoiqa*assez semblables pomr leur forme à c^Hes des joqgermannes , sont revoies et CQtnme r^oli^rem^t nicbées daos un disque orbiculftire , à-pen-près plaoe, légèrement sinueux, et porté sur uo long pédoncule (j4)î ^^ les fleurs femelleç, organisée^ comme celles des jongermannes, sont sessUes à la Cace inf&r rleured'uh disqne étoile et pédoncule, et dirigées en en^bas; les papsoles ne s^ouilrept que par 1^ sonpmati en dents peu pro^joncées (^5), et les élatèr^s aoct plus grélçs; 3.» enfin les bulbilles sont plus fréquens, et réunis dans d^ espèces de cupules ses^jles { 1 6>

Daps le^ anthoceros, les organes màlçs sont, sckw Çfedwîg (17), des anthères ovoïdes, légèrement pédiceli lées , réunies trois ou quatre ensemble ^n points épars sur le disque de la feoille^ d'abord cachées sous une pel* Ucule qui se roropf , 0t forme autour d*euî Uno espèce de périgone. Les fleurs, femelles (18) naissent aassi sur le disque dç la feuille : elles se présentent d'abord sous la Corme de cdne , le percent par le sommet et eo gardent le^

(12) Hcdif. TbeoT. , pi. 17, , f . 2, 3, 4 , 5. (i3)' Sofamit délie, et anal. , p. 4i» pi* 9* (i4) Hcdw. Theor. , pi. a6, f. 2, et pi. a»?, f. 5. (i5) /fcûi.,pl. 2,6,ï. 5,6, 7,pl.a8,f. 3-7. .

(16) Ibiâ. , pi. 27, f. I.

(17) y^jJ. , pi. 29, 1. a^7.

(18) Ibid, , pi. 29 , f, 2, 3 , 8 , 9, et pi. 3o, f. y^S,

Digiti

l56 \ ORGANES REPRODUCTEURS.

débris a leur base , sous forme de gaine ; elles ofïreuteDsuhe une capsule alongée, bivalve, qui s'ouvre loDgitudinale' ment, et présente alors un fil isolé situé dans Faxe de ce fruit. Les graines sont spbérfques, un peu bérissées, et munies de lames comprimées, qui paraissent jouer le rôle d'élalères.

Les targionia ne présentent qu'une capsule globuleuse entourée d'un périgone; les graines y sont dépouvùes Jélatères. M. Sprengel (19) pense que les organes mâles sont des corpuscules épars sur la membrane située autour * de la fleur femelle, et qui se flétrissent avant la maturité du fruit.

Enfin les nccia ne présentent pour fruit, selon Hedwig, que des espèces de capsules univalves enfoncées ou immergées dans Ja feuille , surmontées par un petit filet qui semble un style , et renfermant plusieurs ovules dépourvus d'élatères. Les organes mâles sont, selon le même auteur, de petits points blancbâtres, sessiles, épars sur la feuille, vers le bord de ^^s expansions (20). Mais lé mode de reproduction de ces deux derniers genres mérite un nouvel examen, surtout en ce qui tient aux organes mâles. ' . •

Ici se termine la série des végétaux cryptogames où l*on peut reconnaître des Sexes avec un certain degré de précision. Dans les familles suivantes , nous ne trouverons plus d'organes qu'on puisse , avec quelque vraisemblance^ considérercomme des organes mâles, et û la fécondation y a lieu, il est probable que le fluide fécondateur y est renfermé

(19) Bull, philom*, n.» 5a , p. 37, pi. a , f. a. (ao) Hedw. Tfaéor. , pi. 3 1.

OBGAIVES REPnODUCTEUnSrf lÔ^

daDS les mêpies cavités que les ovules, sans avoir d'appareil qui lui soit propre.

ARTICLE VIII

LicKens,

Les licbeus, copsidérés sous le rapport de la fructification, présentent tous des espèces de disques ou de tubercules qui ont recule nom commun Sapothecia^ et auxquels ojo donne les noms de scutelles, de lirelles\ etc., etc. , etc., lorsqu'on veut désigner leurs formes particulières. Tous ces apotfaèques renferment à leur maturité un nojau qui parait le véritable fruit^ et dans lequel. on trouve des corps ovoïdes ou giobuleu:^, opaques, noirâtres, qui paraissent être les corpuscules reproducteurs (i); on ne les a.cepen^ dant jamais vu germer, et ce n'est que par une analogie très-vraisemblable à*la-vérité, mais non par une observa-^ tion directe , qu'on assimile ces corpuscules aux graines ou aux spores.

Une fois ce point admb presqu'universellement , on s'est demandé si ces corps avaient été fécondés , et si l'oti pou-^ vait attribuer lerôle d'organe mâle à quelque partie connue des lichens. Les uns ont pensé que certaines efflprescences farineuses qu'on observe dans diverses places des lichens étaient des amas de pollen ; d'autres ont cru que des pa-» quets presque globuleux, de matière pulvérulent^, amassés à l'extrémité de certains lobes du lhallus(2), remplissaient cette fonction. Quelques-uns l'ont attribuée à des espèces de cavités creusées dans le thallus (3) , et où l'on dît avoir

( 1 ) Hedw. Theor. , pi. Sa / f . 3—6.

(») Ihid., pi. 33, fig. 7,8,9.

(3) Ihid, , pi. 3?, f. 1. a^ pi, 33, f. u

byC^OOgk

l5& ORGANBS hEPBODUCTJEURS.

trouvé me nMtrère polUûiforaoe. Ancclfiê de! ces^optnions n'est fondée sur des preuves oi> mêmes âeê prôbabtStés suffisantes , et Ton peut objecter contre toutes ces théories que le plus grand nombre des lichens manque de ces organes auxquels on voudrait attribuer une fonction aussi importante, et que, pat-conséquent, il est plus probable que ces efflorescences, ces capitules ou ces vernies propres à certaines espèces , sont relatives à des usagés moins généraux. M. Cassini d montré que les globules amassés vers les extrémités de la feuille de la physcia ter^lla étaîenf sosceptibles de reproduire un nouvel individu (4)9 et i! est vraisemblable qvi^on doit les considérer comme des bdbillcOs, et tp^ les globules analogue^ à ceûx-ci Asm d'antres espèces sont de la même nature.

Ceux qui, en reconnaissant la vérité de Ces observations, persistent à admettre la fécondation dans les lichens, ont été réduits à stipposer, ou que te pollen était produit par le bord même 3es scutelles, qui est ordinairement roulé en dedans à l'époque du premier développement de Cet organe, qu'on doit supposer celui de la fleuraison ; ou que la matière fécondante est renfermée dans les cavitésf du noyau avec tes ovules. Il est évident que rien ne peut démontrer ni la vérité ni la fausseté de ces opinions, fondées, non sûr ^observation, mais sur la théorie de lanalogie: si eHes sont vraies, les corpuscules supposés reproducteurs des lichens, seraient de véritables graines.

D'autres ne voulant admettre que ce qu'iï est possible de voir, et niant peut-être imprudemment l'existence de ce l]ui ne tombe pas sous les sens, ont prononcé sans hésiter

(4) Bull, philohi. Mai i8ao. Opùsc* phyt, 3^ p. 3g i.

OBGÀNB6 REPROOUCTlSVltS. ' l59

(^ les bchelissoDl dépoonrua; d*orgapes mâles et de fecocdaMifc', CD ooD^qoence les nos les ont nommés agames, d'ffittre» atan^hres, ceiixK;i i^embryonés, ceux-là acotylédooes; mûa tous ont été évideomiéàt gtddés par une by- |M>tliè8e^ |a ooD^cxislence de la féçondatioik Si cette opi* Bkm est ^raie, les corpnscKles repiodiictevur» seraient de irérilaUes b«U»Ues.

Comme je ne confiais MCua mocif pour rejeter où poni appuyer i^use ou l'autre des deux théories que je viens d!iii^uer , )e per^sie à pesser que dans le doute ^ il conykal de conserver h ce& ocHrpuscuies unnom qui soit, si )*ese parler ainst^ totalement neutre; ceux de spor^ ou ÀegQJogyles entité proposés: dana ee biH et me paraissent ba plus fdûâosophiqiies^eiar ib n'affirment rien au*delà de de ce c|uî parcâl conmu

ARTICLE IX

Champignons»

1a vaste fiuiâUe des champignons présente des formes èi rméesy que je sortirai» comjirfèteinént des bornes de cet i»nrrage si je voulais teaier de les décrire : jekîsserài donc dasofaament de eâté, poor les renvoyer aux descriptions" partiediièfe» cbs genres ^ les ^eussio^ sur les limites de la famille, celles relatives k sa #vi^on en tribus et enf genres^ et même les defcriptloos qui n'auraient pour résultats que de faire commère des formes extraordinaires/ àuts pouvoir rien dire ni de leur rôle anatomique ni dé ïe»r fonction ph y siol o gique^ . Je me bornerai à dire que tous les champignons , en prenant ce terme dans le sens" fe plus étendu que les- classificateurs lui aient assigné y offrent à leur maturité des corps gUboleux^ colorés y et

l6o ORGANES REPRODUCTEURS*

qu'on regarde comme des corpuscules reproducteurs, oa qu'en d'autres termes onidéslgne sous les noms de spores ou de gongyles. Ces spores sont placés très-diversement, daos diverses tribus : tantôt renfermés dans le corps même du champignon, comme dans les vesses-de-loup et les trujQfes ; tantôt situés à U surface, comme dans les clavaires; tantôt entre les lamelles, comnve dans les agarics ou dans les tubes des bolets, etc., etc. Ces corpsr sont considérés comme reproducteurs, quoiqu'on ne les ait jamais vu germer. On les observe dans deux étatà : tantôt, comme dans les agarics , ils paraissent sous la forme d'une poussière impalpable, qui se détache à la maturité de la membrane qui les produit et qu'on appelle hymenium s dans ce cas ils paraissent des spores nus(i); tantôt, comme dans les sphœria , on les voit encore renfermés (2) dans une enveloppe menibraneuse qui est un sporangium, et qui se présente le plu? souvent sous la forme d'un globule (3) ou d'un fuseau oblong. Dans lé^ deux cas, les spores ou les sporanges peuvent être, tantôt à sec dans des cavités ou. sur des surfaces non muqueuses, tantôt comme immergées dans des cavités ou sur des surfaces qui sécrètent un mucus particulier; les sporanges, quand ils ne sont pas noyés dans un mucus, sont souvent^ adhé-. rens à des filets cloisonnés (4).

Quant aux organes fécondateurs, le doute le plusabsolu couvre encore leur existence. Bulliard a bien remarqué que dans quelques sphœria il existe, indépendamment des*

( I ) Hedw. Theor., pi. 40, f. 8.

{*) ^^^à. , pi. 37,'f. 7; pi. 38 , f. 5 et 6.

(3) Voy . pi; 60 , f . 1-6 5 fig. 4 , 5 «t 6,

(4) /^ia.,f. i,5et6.

ORGANES REPB0DUGTBUR9. l6l

sporanges dont nous venons de parler, une efflorescence blanche et fugace , qu'A a supposée analogue à un pollen (5). Hedwig a bien cru reconnaître, soit dans les loges des sphœria, soit sur le bord dû chapeau des agarics, etc., des espèces de corps remplis de matière pulvérulente, et qu'il a cru être les organes mâles; mais aucune de ces assertions ne repose sur des observations assez positives ni étendues à un assez grand nombre d'espèces pour qu'il soit possible de leur accorder quelque confiance.

Dira-t-on que le fluide fécondateur est renfermé avec les spores dans*les sporanges ou autour d*eux, dans les cavités quelconques qui les contiennent? Cela peut être; mais ceux qui l'affirment et ceux qui le nient n'en savent pas plus "les uns que les autres. Il serait donc prématuré de donner actuellement la moindre importance à des théo*> ries qui ne reposent sur aucuns faits positifs. En attendant que ceux-ci soient connus, si jamais ils peuvent l'être, nous appellerons spores ou gongjles ces corpuscules fécondés ou non fécondés que nous supposons , par analogie , reproduire les champignons.

La muldplication pratique de Vagaricus campestris, qui s'exécute par le moyen des débris d'anciennes couches, ou de ce qije les jardiniers nomment blanc de ckampi^ gnons^ n*a point encore servi à éclaircir la théorie de la reproduction de des plantes; en effet, dans cette opération grossière, on entasse pêle-mêle et les débris des racines et ceux des chapeaux des anciens champignons, et on peut au-rooins aussi bien croire qu'il s'opère une reproduction par bouture qu'une véritable s^maison : même en

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(5) Bull., champ., pK 468, f. n'A.

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