Tome //. Il
l62 ORGANES JIB PROD UC TEU BS.
admettant cette dernière hypothèse, le fait n'a point en» core été observé dans les détails.
* ARTICLE X
Algues^
De même que dans l'article précédent fai parlé, sous le nom collectif de champignons, de toutes les cryptogames 3e nature fongueuse, de même ici je réunirai sous le nom d'algues toutes les plantes cellulaires et aquatiques : je ne prétends point donner cette définition comme une dassification rigoureuse; mais les discussions qu'entraînerait tout essai de vraie classification me mèneraient beaucoup au-delà des bornes de cet ouvrage, et le sens dans leqnd jts prends ici les algues, quoique très* vague, suffit pour mon but actuel. En considérant ces plantes d'une manière collective, sous le rapport delà fécondation, on voit que si elles en sont douées, elles doivent avcnr leurs appareils fécondateurs organisés d'une manière particulière; ou bien il faut que leur pollen, ou tout au-inoins leur fovilla, puisse parvenir aux ovules au travers de l'eau : c'est peut-être ce qui a lieu dans les characées ; ou bien que la matière Secondante soit renfermée dans les mêmes cavités que les ovtiles, ou versée dans ces cavités par des canaux particuliers , ce qui, peut*-être, est le cas des thalassiophytes et des con* ferves; et même, en admettait que pbsicurs groupes d'algues sont doués d'organes fructificateirs diverseomit conformés, il en est d'autres dans lesquels la plus scmpup leusé investigation n'a' pu faire découvrir aucun vestige d'organes sexuels, Vt qui ne paraissent se reproduire que par simple division : tels sont les batrachospermées et les diatomées.
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OBGANES BEPRODUGTfiUBS. l63
Nous aUons passer en revue ces divers groupes, sans prétendre, nous le répétons, donner ici une classification méthodique des algues.
Ceux qui désirer<Hit étudier ce sujet avec plus de détail, consulteront avec fruit les ouvrages de Maller, de Hedwig, et surtout ceux de Vaucher, de Bory-Saint-Vincent, d'Âgardh, de Lymgbye et de Fries.
S !•'. Cbaracées.
Les characées, quoique composées du seul genre chara^ présentent une organisation si remarquable, qu'on ne peut encore affirmer quelle est leur véritable place dans Tordre naturel. J'ai parlé ailleurs (Lîv. n,QiSp. IV, art. 6) de la structure de leur tige ; il me reste à faire connaître celle de leurs fleurs et de leurs fruits.Schmiedel (i), Hedwîg(2), Martius (3) et Vaucher (4) les ont bien fait connaître, et, quoique différant d'opinion en quelques points, ils s'écartent fort peu les uns des autres sur les faits.
Sur le côté le plus intérieur des rameaux verticillés des chara, on voit naître à chaque nœud deux petits corps qui paraissent étrelesoi^anessexuels> l'un de ces corps, situé un peu au-dessous et latéralement, parait l'appareil mâle, car il disparaît de bonne heure; l'autre, entouré à sa base de trois à quatre petits rameaux , paraît l'organe femelle, car il persiste assez long-temps après Tautre, et reproduit un nouvel individu.
(i) SdiCDiedeLicon. et anal. part, i, p. 53|t« i4*
(2) Thfor. gekier. emend. « p. ao8^ pi. o4 ^^ 3S*
(3) Uberden bau und die natur der charen. acad. wbs. zu mûn chore i8i5. mit kupf. 3.
(4) Mém, SUT les charagnes dans les mém. de la soo. deGenéye.- "Tol. I(i8)i), p. 170, avec ipl.
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l64 ORGA.NIES REPRODUCTEURS.
L'appareil mfile ou Tanthère est un disque rouge, réticulé, bordé d'une membrane blanche, transparente, formée de cellules dont les cloisons sont distinctes. Lorsqu'on coupe ce corpô en travers, on le voit rempli : i.* de filets cloisonnés et transparens, que Vaucher considère comme analogues aux corps adducteurs des mousses; 2.^ de corpuscules ovoïdes remplis de la matière rouge qui- colore le disque ; cette matière en sort lorsqu'on presse la membrane qui la contient et s'étend sur l'eau. Hedwig et Vaucher considèrent ces corps comme les grains du pollen , et la matière qu*ils renferment comme la/bwV/a.
Les objections faites contre cette opinion,sont : i .* qu'on n'a point encore vu Panthère s'ouvrir pour donner passage aux globules ; mais Hedwig répond que cette sortie, ou dumoins celle de Xdifovilla, peut avoir Ueu par des pores imperceptibles; 2.* que cette fleuraison ayant lieu dans l'eau, on ne conçoit pas comment Xàfonlla arrive à l'organe femelle : mais M. Vaucher explique cette anomalie par la nature à^ ctXVà fovitla , qui est résineuse et non miscible à l'eau.
D'autres ont pensé : les uns , que cet appareil ou disque rouge était une espèce de vessie natatoire; les autres, qu'elle est un appareil renfermant un genre particulier de semences; mais la fugacité de cet organe, son apparition au moment où l'autre appareil se développe, ont engagé presque tous les naturalistes à regarder le Risque rouge comme une véritable anthère, dans laquelle il resterait à découvrir la manière dont Xd^fovilla peut s'échapper.
L'appareil femelle se compoSe : i .• de trois à quatre rameaux très-courts qui l'entourent à sa base et lui forment comme une espèce d'involucre; 2.* d'un corps ovoïde
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ORGANES RBPBODUCT£UB». l65
marqué de cinq à six stries disposées en spirales réguL'ères, renfermant un noyau vert et opaque, et surmonté de cinq à six Jobes, dont chacun est situé au sommet d'une des $lries. M. Vaucber considère ces lobes comme des stigmates. Hedwig les regarde comme les prolongemens d'uu calice adhérent, et dit avoir remarqué vers leur centre un point saillant, qu'il considère comme le vrai stigmate. Cette dernière opinion me parait plus vraisemblable , en ce qu'elle s'accorde , d'un côté avec la position des stries, de l'autre avec l'unité du noyau central.
Celui-ci est rempli d'une multitude de petits globules de grandeur différente, qu'Hedwig et Martius considèrent comme des spores ou des graines, mais que Vaucber nie être des graines, saQS rien affirmer sur leur nature.
Cet observateur a vu et m'a fait voir que, lorsqu'on ojet dans l'eau l'appareil entier que nous venons de décrire, il s'ouvre à son sommet en cinq dents, et qu'il en sort un filet cylindrique qui est la tige d'un nouvel individu , et de la base-^uquel se prolonge une radicule entourée de petites fibrilles radicale» (5); il n'est donc pas douteux que le noyau central de cet appareil nç soit un corps çeprodùcteur. Mais est-ce uu fruit monosperme, comme Vaucber , semble le croire? est-ce un fruit qui renfermerait plusieurs graines, dont une seulement se développerait à la germination? C'est ce qui reste à éclaircir par dc pouyelles observations. ^
5 2. Thalassiophytes.
Je désigne , avec Lamouroux, sous le nom de tbatassiopbytes toutes les algues marines décrites sous les noms de
(5} Voy. IVIém. delà soc. tlç Genève, p. 17^, pi. 1, Cg. i— 3^
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l6G ORGANES RBPBODVCTEUHS.
fucus, de ceramium et diulva, et qui sont habitantes de la mer. Pour faire comprendre leur système reproducteur, je prendrai quelques exemples choisis dans divers groupes. "Le fucus vesiculosus (i) présente, à Pextrémité de ses ramifications, des espèces de renflemens ovoïdes; ce ne sont point des tubercules saillans, mais de simples dilatations du tissa : la superficie de cette partie ainsi dilatée, offre des espèces de pores ronds, disposés avec quelque régularité. Lorsqu'à l'époque de la fructification on coupe cette partie dilatée de la fronde, on voit qu'elle est formée à l'intérieur dbn tissu cellulaire très-gonflé par un mucus aqueux fort abondant, et d'une consistance différente du suc du reste de la plante. Sous chacun des pores de la surface, on trouve une masse arrondie (2) qui semble formée de filets cloisonnés , transparéns (3) et entrecroisés les uns dans les autres, comme une espèce de feutre grossier : ces masses, vues à l'œil simple, ne ressemblent pas mal, en miniature, à la coque hérissée d'une châtaigne. Si on les coupe en travers , on trouve dans leur intérieur un grand nombre de corps ovoïdes (4)j membraneux, qui, à la maturité', paraissent isolés du reste du tissu , et destinés à sortir d'eux-mêmes hors de la coque par les pores de la surface. Ces corps ovoïdes, placés sous le microscope, paraissent ponctués , et cette apparence est due à ce qu'ils renferment un grand nombre de petits globules; plusieurs fois, en observant cette plante fraîche (5) sous le micros-
(i) Stackh. ner brit. , pi. a , 6. Lyngb. hydr. dan. . pi. i, f. i.
(a) Voy. pi. 2 , f. 5. e.
{3) Jbid,,f. 5.f,
{/i)Ibid.,î.5. g.
(5) Ibtd , f. 5.^,1. ^
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OBGAI^ESREPRODUCTKURS. 1G7
cope, j'ai ^u ces sporaoges s'ouvrir par uae de leurs ex* trémités : il en sort un mucus visqueux plus pesant que Teau, gui tombe au fond du porte-objet, et entraine avec lut les grains qui y sont noyés , et qui, à cause de leur opacité, étaient visibles dans le cfporange avant son ouverture. Il a été évident pour moi, dès i8o5, époque ou j'ai présenté mes observations à l'Institut (6^, que ces grains étaient des spores ou des graines; et il me parait hors de doute « que les jeunes plantes de c.e fucus, dont M. Martius a fait connaître le développement (7) , provenaient de ces grains, quoiqu'il ne les distingue pas clairement des sporanges ovoïdes qui les renferment.
Maïs ces grains reproducteurs ont-ils été fécondés? Cette question est encore très-obscure* Réaumur a pris pour lés étamines des fucus certains filets (8) cloisonnés, diaphanes, qui naissent par petites houpes sur les fucus serratuSf vesiculosus , etc. ; mais ces filets me paraissent de simples productions analogues à des poils; en effet, I.** leur texture n'annonce rien qui rappelle la structure d'une anthère, et Ton n'y aperçoit ni pollen ni fovilla; a.* on ne les trouve que sur un petit,nombre d'espèces, et 3.o dans celles même qui en sont douées, ils sont éparssur la surface presqu'entière et durent pendant toute l'année^ deux cîr-
(6) Ce mémoire n^a jamais été imprimé, parce que j'avais toujours espéré le compléter, en allant de nouveau séjourner quelques mois sur les côtes de FOcéan ^ mais j'en ai inséré quelques résnl^ tats très-abrégés dans les descriptions de la Flore française , ei ('Institut avait ordonné son impression dans les mémoires des sa vans étrangers.
(•j) DeFucî vesiculosiortu. 181 5, pi. i, f. i — 10.
{S) Voy.pl.6o,f. 5. <i.
l68 ORGANES BEPRODUCTfiURS.
coustauccs qui De sont pas compatibles avec l'idée de les considérer comme des étamines. Corréa a 'présenté (9) une opinion beaucoup plus vraisemblable, en admettant que la fécondation de ces plantes est opérée parle mucus visqueux qui entoure les massée hérissées; mais Cette opinion est peut-être impossible à démontrer d'une ma* nîêre directe.
Quoi qu'il en soit, tous les fucus dont la fronde se dilate à l'époque delà fructification , rentrent avec de légères nuances dans la description que je viens de donner. La germination d'une autre des espèces de ce groupe , \e fucus canaliculatus y a été observée par Stackbouse (10), mais sans désigner formellement le corps dont il a vu le développement.
11 est un autre ordre de fuci:^ dans lesquels il nait, à l'époque de la fructification , des tubercules latéraux : ces tubercules «e percent à leur sommet par un pore arrondi^ et j'ai vu, dans le fucus confervoides observé frais, les sporanges sortir par jets intermittens hors de ce pore; ces sporanges ne diffèrent nullement de ceux du fucus vesi' culosus} mais on ne trouve dans le tubercule où ils sont nichés rien qui rappelle ni les masses hérissées ni même le mucus tisqueux dont j'ai parlé plus haut. C'est là ma principale objection contre la théorie de Corréa; et si l'on Voulait absolument admettre un liquide fécondateur, il faudrait dire que c*est celui qui se trouve avec les spores dans les sporanges; car c'est le seul qu'on observe dans toutes les thalassiophytes. hefucus pinnatifidus ne diffère
(9) Trans. Lio. soc. Lond.
( 10) Nereïs brit. app. , pi. E. u.* 4-
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ORGANES B£PBODUGT£URS. 169
de ceux que je viens de mentioDoer qu'en ce que les sporanges sont pyriformes au-lieu d'être ovoïdes. La fructification des ceramium offre peu de différence d'avec celle des fucus à tubercules latéraux; mais je ne l'ai pas assez étudiée pour oser la décrire. Quant aux ulves marines, elles ne m'ont paru différer des fucus qu'en ce que leurs sporanges 9 qui sont ovoïdes et parfaitement semblables à ceux des/iicus vesiculosus et corifçrvoides j naissent 'par paquets dans le tissu de la fronde (11)9 et que celle-ci n'étant point percée, ils ne peuvent en sortir que par la des* truction ipême du tissu : c'est ainsi que §e forment les trous assez réguliers qju'on observe fréquemment dans les vieilles espèces ^ulva (12)/
Il résulte de ces descriptions que toutes les thalassiopbytes présentent d|^ spores enfermés dans un sporange membraneux; qu'elles y sonf noyées dans un liquide visqueux qui, à la maturité, les entraîne au fond de l'eau, et sert jprobablement à les fixer aux rochers. A leur germination , ces spores se développent en formant une petite coupe plus ou moins régulière qui disparait dans la plu* part, mais qu'on retrouve, par exemple, dans \q fucus loreus (^i3)j à un ^ge avancé. Les sporanges sont réunis plusieurs ensemble ou nichés dans le tissu de la feuille, comme chez les ulva et chez certams fucus, ou dans des tubercules latéraux, comme dans les autres fucus et les ceramium; ils sortent, ou par la destruction du tissu (tt^a), ou par des pores réguliers et préparés d'avance (Jucus\ »
(11) Lyngb. hydr. dan., pi. 6, f, A. a.
(la) Gmel. hist. fuc, pi. 3i, 33.
(i3) Lyngb. hydr. dan., pi. la. A.
IJO ORGANES REPRODtJCTEURS.
Dans toutes ces plantes, il arrire fréquemment que les spores germent dans les sporanges ou dans les cavités qui renferment les sporanges; et l'on distingue assez bien, même i la vue simple, ces développemens des thalassiophytes vivipares (i4) comparés à leurs ramifications ordinaires.
^ 3* GonIerv6s«
Lesconferves, et je prends ici ce terme dans le sens sous lequel M. Vaucher Ta employé, habitent toutes dans Teau douce. Malgré leurs ressemblances extérieures, elles présentent beaucoup de diversités dans leur reproduction. Je vais les indiquer rapidement, en prenant pour guide l'excellent ouvrage de M. Vaucher (t) , qui le premier a fait connaître les divers modes de la. reproduction de ces êtres singuliers. Il est impossible de leur assigner de caractères généraux, et nous ne pouvons les décrire, qu'en suivant successivement les principales formes de ce groupe.
Les vaucheries (2), ou ectospermes de Vaucher,
('i4) Lyngb hjdr. dan. , pi. 3, f. B.
( I ) Histoire des conferyes d'eaa douce, i toI . în-4^. Genève, 1 8o3 .
(a) M, Vaucher avait primitivement ( Journ. de Physique , 1801 ) éublises groupes , sans leur donner de nom : appelé à les mentionner comme genres , en i8o!2 ( bull. philen. } , j'ai donné le nom de vaucheriak celui dans lequel il avait, pour la première fois, découvert les graines. L'année suivante, M. Vaucher, en publiant son grand ouvrage, crut devoir, par modestie sans doute, désigner ce genre sous le nom à^ectosperma ; les auteurs subséqncns ont tous conservé le nom primitif qui rappelle cehii de rinventeur. Quelques-uns ÇNees act. nat. cur. 1823} ayant divisé le genre en deux, ont donné à l'un le nom de vauckeria, à l'autre celui d'^ectosperma.
ORGANES BBPRODUCTBURS. I7I
offrent, Si Tépoque de leur fructification , des tubercules sessiles pédicdlés, tantôt solitaires, tantôt géminés, quelquefois réunis plusieurs ensemble sur un pédoncule. Ces corps se séparent naturellement de la plante, et M. Vau* cfaer(3)les a rus germer : k cette époque, ils poussent ordinairement m filet vert, et semblable à la plante qui leur a donné naissance; plus rarement un autre filet nait au côté opposé. On ne voit point le corps s'ouvrir pour donner naissance à ces filets ; de sorte qu'on peut aussi bien les considérer comme des bdbilles que comme des graines. M. Vaucher a encore observé, dans la plupart des espèces de ce genre, de petites massues (4) ou de petits crochets (5) , desquels il a vu sortir une poussière fine et verdâtre : il les considère comme des organes maies; mais il reconnaît qu'on ne peot itvoir k ce sujet aucune preuve bien directe.
Les zygnèmes (6) , ou conjuguées de Vaucher (7) , présentent une organisation beaucoup plus compliquée ; à l'époque de leur fructification, leurs filets se rappro* chent deux à (feux : il s'établit d'un filet à l'autre des
(3) Vauch. 1. c. , pi. a et 3 , f. 4 cl 8.
(4) /5ia.,pl. 3,f. 10.
(5) lèiiL ,pl. a,f. a, 6, 7.
{G} J'avais, dans la Flore française , conservé à ce genre le nom de conferva , parce qu'il est le seul auqael ce nom , par son éty» mologie, soit applicable , etqaele mot de conjugata ëtant adjectif , ne peut être un nom de genre ; d'antres ont applique le nom de conferva k une partie des polyspermes de Vaucher : pour évi* ter toule ambiguité , je pense qu^il convient de laisser le nom do conferves à la tribu , et de donner aux conjuguées te nom de zy^ gnema, proposé par M. Agardh.
(7; Hist. conf. , pi. 4—8,
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I7fi ORGANES REPRODUCTBITRS.
espèces de tubercules creux, qui forment des passages transversaux. Une matière fine décodeur verte, disposée en étoile, en spirale, ou en masse, passe des cellules de Tun des filets dans celles de Tautre : on voit alors ou cette matière s'agglomérer dans chaque loge en globule, ou, ce qui est plus probable, un globule inaperçiè auparavant, grossit à la suite de cette opération peut-être prolifique-, ce globule se transforme en un corps ovoïde ^ sort de la loge parla rupture de ses cloisons. Ce corps, observé avec soin par M. VauCher (8), s'ouvre, à l'époque de la germination, en deux valves, et il en sort un filet déjà très-semblable à la plante qui lui a donné naissance. Au récit de ce phénomène remarquable, déjà observé par Muller1[9) et Coquebert (lo) dans quelques espèces, mais (ftfi M. Vaucher ^ étendu au gefive entier et mieux analysé; au récit, dis-je, de ce singulier phénomène, il e$t difficile de ne pas croire que ces corps reproducteurs sont de véritables graines , et que la matière verte a joué le rôle de pollen; cet accouplement de deux filets est même si remarquable, que, bien qu'on n'ait pu observer encore dans ces êtres aucuQ mouvement , on serait facilement tenté de les placer dans le règne animal.
Les chantransies ( 1 1 ) , ou polyspermes de Vaucher (12), présentent un troisième mode de fructification; les entré-
es) Hist. conf. , pi. 4, f. 5; pi. 6, f. 4.
(9) Nov. act. pelropol. 1785, part. 3.
(10) Bull, philom. , n.o 3o.
(11) Je preods ce mot dans le même sens qne je Pai employé dans la Flore française , c'est-à-dire en considérant le çonfeivn fluuiatilis de Linné , comme type du g^nxc.
(la) Ilist. conf., pi. 10.
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ORGANES RBPRODUGTBtRS. I73
nœuds des ces conferves se renflent légèrement à l^époqne delà fructification; et par la destruction du tissu, il sort de chacun d'eux une multitude de globules ovoïdes. M. Vaucher les a vu pousser m par une de leurs extrémités, ou plus rarement par les deux (i'3) , un filet cloisonné semblable à la plante-mère; quelquefois cette sorte de germination s'opère sans que les globules sortent de leur loge; et c'est ce qui me fait penser que les prolifères de Vau^ cher ne diffèrent pas essentiellement de ses polyspermes.
Ces trois modes de reproduction de conferves sont -les seuls où l'on puisse reconnaître un appareil analogue à une véritable fructification. Dans les autres genres, on ne voit, ce me semble , qu'une simple division, mais qui se présente sous des formes très-variées, et que je ne ferai qu'indiquer.
Ainsi, dans Fhydrodyction (14)9 chaque filet partiel, qui forme un des côtés des aréoles pentagones dont le sac entier se compose; chaque filet partiel, dis* je, se sépare, se renfle , et forme un sac semblable à celui dont il faisait partie, sans qu'on puisse y distinguer rien qui puisse être assimilé a une graine.
Dans les batrachospermes (i5), de petits bourgeons formés dès leur première apparition , comme les nœuds de la plante-mère , se détachent , se développent et reproduisent un nouvel individu d'une manière plus analogue à la reproductioi^par bulbille qu'à toute autre.
Dans les diatouSes (16) , le filet se rompt sans cesse en
(i3) Voy^ pi. 10, 1. 3.
(i4} Vauch. , Hist. conf. » pi. 9.
(i5} Ibid., pi. II.
(16) Ljngb. hydr. dan. , pi. 6ï, 6a.
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travers par des dehiscences rectilignes; et chaque frag- Hieot, qui d'abord semblait simple, aj^>arait double oa multiple, et se sous-divise de même par des ruptures transversales. ^
Les oscillatoires de Vaucber (17) ne diffèrent peutêtre pas de ce mode de division , et comme elles offrent une sorte de mouvement qui parait indépendant des causes externes , elles ont été placées par la plupart des naturalistes dans le règne animal. Nous touchons donc ici à la limite des denx règnes organisés, et nous n'y apercevons pks d'autre mode de reproduction qu'une simple division.
(17) Hist. conf.y pi. i5.
OBGAIIES AGGBSSOIBBS. \']i