‹ Cours de botanique (volume 2)Chapitre 2 sur 65 · Tome II. I · texte numérisé non relu

Tome II. I

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a ORGikN£8 REPRODUCTEURS.

qu^t visiHes j soit paf «ne simple oblitératîofl^ans les ca^ beaucoup plus nombreux où elles sont enchâssées, dans la texture même des carpelles.

Pendant que les organes vraiment sexuels disparaissent aîpsi.après qu'ils ont rempli leur rôle, les ovules fécondés ont pris une vie qui leur est propre j ils attirent les sucs nourriciers et se développeat ^vec leur tégument immédiat, savoir, la partie foliacée des carpelles : on donne le nom de /rw/V(fructus ) an corps qui résulte des ovules transformés en graines par la fécondation des carpelles qui les entourent, les contiennent et ks nourrissent, et de toutes les parties de la fleur qui, en adhérant avec les carpelles, semblent phis ou moins exactement former partie intégrante de tout cet appareil. Ainsi, tandis que dans le langage ordinaire , on a beaucoup restreint le sens du mot, en prenant l'babitude de ne donner ce nodai qu'aux fruits charnus; dans le langage botanique, au contraire, on a étendu le sens de ce terme à plusieurs organes originairement étrangers à son essence. Les ovules fécondés portent particulièrement le nom âe graines (seminai)^ et Tensemble de leurs enveloppes reçoit collectivement le nom.de p^r/earpû (pericarpium), terme qui ne convient qu'imparfaitement à un organe qui n'est pas autour du fruit, mais qui fait partie intégrante du fruit.

L'étude du fruit, considéré dans son ensemble, porte le nom de carpologie.

Tous ceux qui se sont occupés de botanique savent que c'est à Gœrtner qu'on doit les premières descriptions exactes des fruits et des graines des plantes, et que c'est à Bernard et A. L. De Jussieu qu'on a dû de faire les premiers comprendre toute l'importance des caractères cçir-

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OBGANES Bfi'PBOBUGTBUBS* ^

|)oIogiqiies dans la classification des végétaux^ Dès-lors plasieurs botanistes distingués ont tôuftaé leurs regards vers la carpologie, et quelques-uns, tels queL. C. Richard, Corréa et Gsertnerfib^oDt beaucoup concouru à son développement. Deux causes ont cependant contribué principaletselit à rendre l'étude du péricarpe difficile et embrouillée plus qu'elle n'aurait dû l'être; savoir: !.• que pendant longtemps on n'a étudié cet organe que lorsqu'il avait atteint sa: maturité, et que, par- conséquent, on n'a point pu juget du véritable rôle des parties dont il est composé , vu que plusieurs d'entre elles se sont oblitérées ou développées, ou collées ensemble pendant la maturation ; a.*» cju'on l'a, ainsi que la plupart des organes floraux, considéré coinme un organe unique divisible en parties distinctes , tandis qu'il est toujours pins vrai et plus avantageux pour la clarté Ae considérer d'abord tes organes élémentaires en eux-mêmes, puis les résultats de leurs diverses aggrégations. Nous ne dîsotis donc point, avec un botaniste moderne (a), foe la fieuT 7^ à jamais qu'un ovaire, et que les petites bolées distinctes ^ fixées sur le même réceptacle, ne sont que des portions d'un péricarpe unique^ tuais lious affirmons au contraire que la fleur présente ordinairement plusieurs carpelles, qui sont tantôt séparés et tantôt réunis eli un seul corps. PoUr éviter ces causes d'ambiguité, après avoir* j comme nous l'avons fait plus haut^ examiné le péricarpe dans son état d'ovaire et dans ses rapports avec les parties florales proprement dites, nous considérerons ici, dans leur état d'isolement et de

simplicité , les parties élémentaires dont le péricarpe se

(a^ Mîrb. , Phys. ii p. Saa , et dans un article inséré dans les Axin. des Se. nat. , en octobre i895. ^

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4 ORGANES BBPRODUCTBVRS.

compose; puis iious examinerons les conséquences de leur réunion, d^abord entre elles, puis avec les organes voisins.

Je suppose , dans toute cette description du péricarpe, qu'on a présent à l'esprit tout ce que j*ai dit dans le chapitre précédent à l'occasion de la fleur, et en particulier sur le pistil. Je prie instamment ceux qui voudraient lire le chapitre du fruit, de ne le faire qu'après avoir lu celui qui précède.

ARTICLE IL

JDes Carpelles considérés i dans té£at (f isolement

les uns des autres.

Les carpelles, avons-nous dit en parlant du pistil, sont les organes femelles des plantes, le plus souvent verticillés au centre de la fleur, et^qui, tantôt libres, tantôt soudés, forment le pistil pendant la fleuraison, et après elle le fruit.

Chaque carpelle peut être considéré comme une feuille pliée ou couri)ée longitudinalement sur elle-même; si nous l'examinons dans sa texture propre, nous trouverons que le carpelle, comme la feuille, est composé de trois parties qui constituent réellement une enveloppe unique, savoir :

1,0 Sa surface externe, qui représente la face inférieure de la feuille, est une espèce de cuticule séparable dans un grand nombre de fruits (tels que la pêche), et existant dans tous : Richard a donné à cette membrane le nom diépi" ca/pe(epicarpium); elle porte fréquemment, comme la surface inférieure de la feuille, des poils, des glandes et des stomates, et offre, dans la plupart des cas, une analogie assez prononcée avec la partie de la feuille qui lui correspond.

2.<>Sa surface interne, qui représente la face supérieure de la feuille, est une membrane à laquelle Richard a donné

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OBGANES BSPftOPVGTBUBS. 5

le nom d'endocarpe (endocsLr^pmm) ; sa position interne, le mettant à l'abri de l'air et de la lumière, fait que sa consistance diffère plus que l'épicarpe de la partie correspondante de la feuille. Tantôt l'endocarpe se présente sous la forme d'une membrane fine et foUacéè, et même verdâtre, comme dans le pois; tantôt sous celle d'une membrane fine, pâle, et, pour ainsi dire, étiolée, comme dans Tasclépîade; tantôt cette membrane dévient plus épaisse, et quelquefois même dure et osseuse, comme dans la pêcbe, et alors elle forme le noyau du carpelle. Tous les états intermédiaires entre ceux que je^îens de désigner, se présentent dans l'examen des fruits des végétàur.

3,* Entre l'épicarpe et l'endocarpe, se trouve le plexus des fibres des vaisseaux et du tissu cellulaire , qui constitue le corps même de la feuille ou du carpelle, et représente le mésopbjlle de la feuille. Ce plexus a reçu le nom de méso» earpe ( mesocarpîum ) ; quelquefois il est fort épais, fort charnu , comme dansla pêche ou la cerise , et alors on lui a quelquefois donné le nom de.5arcoca/pe,ou,plus commodément, deci5fl/>(caro) du fruit. Quelquefois il est épais, mais d'une consistance sèche et fibreuse, et alors on lui a donné le nom particulier de hrou, comme dans Famande. Quelquefois il arrive que 1 epicarpe- et Tendocarpe s'écartent pendant leur végétation , et laissent entre eux une lacune ou cavité aérienne, dans laquelle on observe 'encore les traces des fibres du mésocarpé ; cette organisation, rare et singulière, ^sl bien visible dans le cysticapnos afrkana{i). Quelquefois il est encore distinct, mais moins épais et de consistance plus foliacée, comme dans les haricots ou les pois. Quelquefois, enfin, il est tellement mince, qu'on ne

(i) Gœrlo. f ru et., 'pi. ii5. Hopk. FI. anom. frontisp.

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6 PBQ4NJ$S QBP^QPUGfl{UB8,

peuf le difftiqgoer facilement de la membrane extérieure et iptérieqre,.oa, en d'autçes termes ^ de l'épicarpe ou de l'encbcarpe ; mais , quelqu'aipinci qu'il soit, on est toujours forcé d'en admettre l'existence, puisque c'est ce plexus d^ vaisseauip qui peut seul opérer la nutrition de l'organe; il en est de ce cas comme des feuilles, lesquelles, quelque minces qu'on les suppose, ont bien un plexus vasculaire çitué entre les deux surfaces.

De même que nous avons vu, en parlant des feuilles, qu'à moins qu'elles ne soient conversa «a membranes parieuses, ce plexus est 4'iKitant plus mince qu il y a plus de stomates*! de même, parmi lesi carpelles, nous trouvons trois états particuliers du mésocarpe liés avec la •tructure de l'épicarpe : ainsi tantôt la feuille carpellaire est membraneuse, presque scarieuse, et alors l'épicarpe n'a point de stomates , l'endocarpe peu ou point de chair, comme dans l'amaranthe; tantôt lepicarpe a des stomates , et l'endocarpe a la consistance foliacée ordinaire, comme dans le pois; tantôt l'épicarpe n'a point de stomates, et l'endocarpe devient épais et charnu, comme dans les feuilles grasses : c'est ce qu'on voit dans la pêche et dans les autres fruits charnus.

Les fruits comparés entre eux à leur maturité, offrent dî-f vers genres d'adhérence on d'indépendance du mésocarpe; ainsi, quelquefois, le mésocarpe adhère fortement à l'endo- •carpe, comme dans les pêches-pavies ou les haricots; ailleurs il s'en sépare sans peine, comme dans les pêches ou dans le brou du noyer, ou dans les gousses de \entada{;x\ chez lesquels il se détache, naturellement ou facilement,

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(a) DC. , Mëm, leg. , pi. 63 , f, lo , 1 1 .

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OKGANESv REPRODUCTEURS. *

ea restant coUé avec Téptcarpe. L'adhérence du mésooarpe avec l'épicarpe est également assez variable : ainsi Fépi* carpe se détache facilement dans la pèche, difficilement dans la cerise.

Les feuilles qui format les carpelles se présentent sous plusieurs systèmes différons ; ainsi elles peuvent être :

I.* Cocffbées en forme de cylindre aminci aux deux extrémités, et ayant les deux bords affleurant l'un à l'autre et le dos arrondi, comme dans le coichicum (3),ie delphinium (/Ç) ^ le atercuUa (5) , etc. ;

2.* Courbées en forme de cornet, de manière à ce que les bords s'approchent vers le bas, erqtte k partie supérieure reste béante, comme Aaa&Vastrocarpus, rfaellébore, Xisopyrum ^6), etc.;

3.* Pliées sur leur nervure moyenne, de manière que les bords s'affleurent l'un l'autre en formant une ligne Ion- ^tudinale, coms^ dans le pois, le haricot (7);

4.* Que les feuilles soient courbées ou pliées, leurs deux bords séffiinifêres peuvent sc/replier à Tintérieur plus t)u moins, de manière à diviser l'intérieur du carpelle par des demi-cloisens ou des cloisons longitudinales*, par exemple, dans les astragales (8);

5.» La nervure dorsale du carpelle ou moyenne de la feuille peut être repoussée à Tintérieur, de manière à y former une saillie qui tend aussi à diviser le carpelle en

■ U *»» " < T II ». j ■> I ■ " ■'■ "

(3) GœrtD. fr. i, t. 18.

(5) Roxb., pi. corom. i, t. 34 > ^5.

(6) Gaertn. fr. 1, t. 65.

f7) Ihid.y fr. 2, t. i52.

(8; lhid,,t, 154.

8 ORGANES BKPaODUCTBUBS.

deux loges longitudioales, comme dans les oxytropis{^: Ces divers modes de plicature ou de courbure de la feuille correspondent, comme il est facile de s'ien convaincre, avec les modes déjà décrits plus haut d'enroulement ou de' plissement des feuilles dans le bourgeon. Lorsque les carpelles sont formés par une feuille pliée en long sur elle-même, les deux faces latérales peuvent être, ou planes, comme dans le spartium janccumy ou plus ou moins convies , comme dans le haricot, le crotalaria ou pliées à angle plus ou moins ouvert, coocJûnaison qui n'a généralement lieu que par la pression des organes voisins. La hgne. formée parle rapprochement des deux bords de la feuille, et qui représente assez bien une suture, a été nommée Muture séminîfère^ parce que c'est sur son bord interne que les graines sont d'ordinaire attachées , ou suture ventrale^ parce qu'elle est opposée au dos du carpelle. Lorsque le carpelle^est formé par une feuille <:ourbée longitudinalement, il ne présente que cette suture seule , et reçoit alors Te nom particulier à^ follicule (folliculus). On lui donne celui de coque (cocca) quand l'ouverture de la suture a lieu avec élasticité.

Lorsque le carpelle est formé par une feuille pliée sur la nervure moyenne , il arrive fréquemment qu'à la n^aturité il se détermine une déhiscence le long de cette nervure; cette nervure a reçu de là le nom de suture dorsale^ et on le lui donne par analogie, même dans les cas où elle ne s'ouvre pas, pourvu que la nervure y soit bien prononcée; mais il faut remarquer que cette suture est la rupture d'un organe par déhiscence naturelle,

(9) DC. , Astr. , pi. 7.

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OfiGANES BBPROOUCTSURS. 9

tandis que la première est la désunion de deux portions agglutinées ensemble; les carpelles formés par des feuilles pliées en long^ et qui ont par-conséquent deux ^sùtnres^ portent le nom générique de gousse (legumcn). Il est quelques familles, telles que les renonculacées, où Texis* tence de la suture dorsale est û peu prononcée, qu'on voit dans des genres voisins^ des carpelles qu'on peut presque à volonté rapporter aux follicules ou aux gousses.

Lorsque les carpelles sont alongés, que leurs valves sçnt planes ou à-peu-près planes , et que les graines sont situées à une distance un peu considérable , il arrive alors fréquemment deux phénomènes qui modifient leur état ordinaire-, quelquefois les portions du carpelle qui se trouvent entr^ les graines , se collent ensemble par des espèces de soudures naturelles, oU par deâ développemens de tissa cellulaire qui forment entre les graines des espèces de fausses cloisons : c'est ce qui constitue les gousses dites multiloculaires , ou à loges transversales, par exemple, dans le clitona (10). Ailleurs la portion du carpelle située entre les graines, se développe moins que celle qui est autour des graines , et alors la gousse offre ça et là des dilatations et des rétrécissemens assez prononcés. Ces divers états des gousses à loges ou articles transversaux s'expriment collectivement, en les nommant carpelles ou gousses lomentacées. Quelquefois les deux phénomènes arrivent à-la-foîs , et tendent à se confondre , par exemple, dans le sophora (i i^.

Les carpelles ont quelquefois un thécaphore ou sup* port qui est à la feuille carpellaire ce que le pétiole est

(10) Gaertn. fr. 2, t. 149.

(11) Ibid. , fig. du sophora tomenlo^a.

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10 ORGANBS BBPRODUCTEURS.

à la fenille. Ce théoaphore est très-visible dans le piaca, \t glottidium, le coIu£ea(^i^)j et plusieurs antres legumi^ neoses; fl faut observer que ce pédicelle du fruit est souvent tordu ea spirale , d'oà résulte que le carpelle se pré* sente alors dans une position contraire à la position naturelle. La suture séminifère se trouve , par suite de cette torsion, située du côté extérieur, et la suture dorsale du côté intérieur;

Le point d'oà le style prenait son origine, quelle que soit d'ailleurs sa place, est considéré cooMae le sommet anatomique de l'ovaire' carpellaire; dans le {dus grand nombre des cas, ce point est bien situé à la sommité aj^parente du fruit ; ainsi , par exemple, dans le pois ou le piedd'alouette, le style part du bout de l'ovaire; mais il est des plantes dans, lesquelles la suture ventrale est trèscourte, et la suture dorsale très-bombée, d'où résidte une position latérale du sommet' anatomique , par exemple, dans les genres rubfiSy fragaria , potentilla (i3),etc.

Le style se dessèche ou tombe le plus souvent après la fécondation ; mais il persiste, quelquefois en totalité ou aamoins par sa base, soit sans changer de forme, soit en s'alongeant , soit en s'endurcissant de manière à former au sommet de l'ovaire une pointe plus ou moins prononcée : par exemple, dans le dry as ( 1 4) et le clematis ( 1 5), il forme une longue arête barbue; dans plusieurs ^««^(i 6), une

(12) Gaeitn. fruc?;. a , t,\^,

(i3) Ibid, fr. I, t. 73 , fig. du comarum.

(ii)Jhid., t. 74.

(i5) Jbid,

(16) Ibid.

OBGANES BEPBaDUGTBUBS, 11

Itrete sans barbe; daos les trigonelles (17), et quelques renoncules (18), une arête presqu'épineuse, etc. Quelquefois les denx stjks placentaires sont séparés , et il en résulte des ovaires terminés par deux pointes ou des styles carpellaires bifides, comme 9 par exemple , dans certaines euphorbes.

La manière diverse dont les carpelles se comportent à répoque de la maturité, détermine entre eux de grandes différences. Les uns ne s'ouvrent point naturellement, et sont dits i^déhiseens ; les autres, qu'on nomme déhiscens, s'oavrent pat des systèmes très-divers.

Les carpelles indéhiscens sont de deux sortes: i.^les nos de nature sèche, scarieuse , osseuse ou membraneuse, ont 'très-peu de sucs, peu ou point de stomates, et ne renferment que deux ovules dont un avorte , le plus souvent avant la maturité. Dans ces carpelles , la graine est souvent soudée avec le péricarpe , ou celui-ci est si bien moulé sur elle saus y adhérer, que ces deux corps semblent se confondre : c'est ce qui leur a fait donner le nom de graines nues (19), terme très-inexact, et qu'on peut remplacer par celui dé fruits ou de carpelles pseudospermes^ les sutures, et même la suture ventrale, y sont très-peu déterminées, souvent réduites à une simple petite nervure ou plicature, quelquefois à-peine visibles. A la maturité, ces carpelles, détachés du pédoncule, se sèment sans s'ouvrir; la graine qui est dans l'intérieur

(17) GaertQ. fra, t. i5a.

(18) Ihid.^t, 4,

(19) Voy. Pollini , Elem. di Botan. , v. i, f. 22, B , où Ton voit 1^ dissection d'un grain de blé, de manière à y dislinguer le>pericarpe , le spcrmodcrme et ramandc.

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12 ORGANES REPBODirtTEURS.

germe sans en sortir, et comme elle est ordinairement soU' taire, cette germination se fait sans difficulté. C'est à cette classe de fmits qu'appartiennent les suirans, savoir :

Uutricule (ntriculus), qui se dit des fruits où le carpelle est membraneux, et n'adhère pas à la graine; par exemple, dans l'amarantfae (20).

La noix (nux), où le carpelle est osseux ou pierreux , et n'adhère pas à la graine; par exemple, dans l'acajou (21).

Le caryopse (caryopsis), où le carpelle adhère intimement avec la graine; par exemple, dans le froment.

2 .• Il est d'autres carpelles indéhiscens qui ont le mésocarpe plus ou moins développé et charnu; parmi les plantes à carpelles solitaires par avortement ou isolés les uns des autres, on ne trouve de ces carpelles charnus que parmi ceux qui sont naturellement à deux ou à une graine ; les uns sont de nature charnue avec l'endocarpe membra* neux : tels sont, par exemple, les petits carpelles arron* dis, qui, par leur réunion sur un axe commun, forment le fruit de la ronce ou de la framboise; les autres ont le mésocarpe charnu avec l'endocarpe osseux : on leur donne le nom de drupe (drupa) : tels sont les fruits du détar et du géoffrasa (22) parmi les légumineuses; des pruuiers, des. cerisiers et des pêchers parmi les rosacées; il en est enfin dont le mésocarpe est fibreux et l'endocarpe osseux : tels sont lés fruits de l'amandier. Il faut observer que dans ces deux dernières classes , l'endocarpe conserve la forme originelle propre aux gousses ; car, tandis que l'éplcarpe et le mésocarpe y sont tout-à-fait continus et indéhiscens,

(20) Gaertn. fr. a", t. 128.

(2i) ibid.f I. t. 40.

(22) Horoh. et Bonpl. pi. équin. 2 , t. ipo.

ORGANES REPBODUCTEUBS. l5

le noyau présente deux sutures et deux valves, eomme les gousses, et tend à s'ouvrir ^ au-moins à Fépoque de la germination , et quelquefois plus tôt. Dans tous les carpelles charnus, l'épicarpe et le mésocarpe se détruisent par putréfaction ou macération, et la graine, revêtue de l'endocarpe, soit membraneux, 3oit osseux, se sème et germe, comme dans les fruits pseudospermes.

Il ne faut pas confondre avec la chair, qui est le développement à l'état aqueux ou charnu du mésocarpe, hpuipe (pulpa) du fruit; celle-ci ne se trouve que dans l'intérieur du carpelle : ainsi, par exemple, la gousse de la cassia/ls' tula (aS) est sèche, et renferm.e dans nntérienr uoe véri^ table pulpe; cette p^lpe n'est point un organe proprement dit, mais c'est une sécrétion d^Fendocarpe, du placenta*, du cordon ombilical,, ou de la surface de la graine. U est probable que nous confondons sous ce nom de pulpe <|es matières diverses sécrétées par des organes différens; ainsi , je serais porté à croire que la pulpe acre et acerbe du sopJiora provient d'un organe différent de celui qui produit iâ pulpe douce et laxative de la casse, etc.

Les carpelles défaiscens peuvent s'ouvrir d'après plusieurs systèmes ; le cas le plus simple est celui où les deux bords de la feuille carpellaire se désunissent au point de leur soudure, et s'ouvrent en long, comme dans les follicules; tantôt cette déhiscence a heu dans toute la longueur, comme dans Xasclepias (24), tantôt vers le sommet seulement, comme dans le trolUus (a5).

Un second cas très-fréquent, c'est celui où la déhis-

(23) Gaertn. fr. , pi. 117.

(24) Ibià,

(25) /ôi<i.,pl. Il 8.

l4 ORGANES REPRODUCTEURS.

cence a lieu par 1& suture ventrale) et par la nermre oti suture dorsale, comme cela a lieu daus les gousses de la plupart des légumineuses*

Mais il arrire quelquefois que les deux sutures sont tellement cohérentes ensemble, qu'elles ne peuvent s'ou« yrk'y alors, si la gousse renferme plusieurs graines, la sortie a lieu par l'un des «deux systèmes suivans; ou bien lorsque le fruit est uniloculaire , chacune des valves se fend en long sur le milieu de sa surface, ce qui forme deuxrup^ tures longitudinales : c'est ce qui a Ueu dans ta gousse de Vœmatoxy Ion (^26)1 OU bien lorsque le fruit est, comme je l'ai expliqué plus haut, divisé en loges transversales, il se fait une rupture en travers le long de la cloison ou de letranglement qui sépare les loges, et chacune de celles-ci (qui prend alors le nom S article)^ se trouve séparée des autres^ et transformée pdur ainsi dire en un fruit pseudosperme ; elle va, sans s'ouvrir, semer isolément la graine qu'elle renferme; et ici se présentent encore deux cas: tantôt, comme dansles hedysarées, chaque article emporte avec lui les deux sutures tout entières(27);tantôt, comm« dans plusieurs miroosées, les sutures persistent, et les loges s'en séparent en même-temps qu'elles se séparent les unes dés autres (28).

Dans tous ces cas, la déhiscence a évidemment pour résultat de permettre aux graines, lorsqu'elles sont nombreuses dans le même carpelle, de se disperser pour se Jemer séparément.

Nous avons déjà dit que les graines sont attachées, ou au bord intérieur de la feuille carpellaire, et par-consé-

(26) Voy. pi. 38, f. 3.

(ii7) Gaertn. £ruct.> pi. i55.

(a8) DC. , Mém. lëg. ^ pl. 6a^ G3.

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OBGANES B£PBODVCT£URS« l5

quent le loDg de la suture Yeotrale, ou à la base, ou au sommet du carpelle ; mais toujours latéralement et réelle* meut vers le bas ou vers le haut de la suture ventrale ; ces trois positions ne diffèrent donc qu'en ceci, que dans le premier cas , dies naissent tout du long de la suture, dans le second seulement vers sa base, dans le troisième seulement vers le sommet. Dans tous les cas, la portion delà fmlle carpellaire, de laquelle les graines prennent naissance, a reçu le nom de placenta ou de placentaire ' ( placenta , placentarium ) .

Le pJacenta est ordinairement une espèce de bourrelet épais, composé de tissu cellulaire spiyngieox, et traversé par deux ordres de fibres : les unes qui viennent du pédicule, conduisent -les sucs nourriciers; les autres, qui viennent du style, ont apporté la liqueur fécondante aux ovules, et ont ordinairement disparu au moment où le fruit est formé. Ces deux ordres ^e vaisseaux se subdivisent en autant de filets qu'il y a d'ovules , et un filet de cbac^ espèce péiiètre dans la grairie ; celle-ci tient au placenta par un cordon de longueur et deiorme variable, qu'on appelle cordon ombilical ^ funicule ou podospermej ce cordon, à l'époque de la fleuraison , était composé d'un filet venant du cordon pistiilaire , et d'un autre venalit du cordon nourricier ; le premier disparaît d'ordinaire bientôt après la fécondation. Il est des cas très-rares où les^ deux filets, dont la réunion compose à l'ordinaire le funincule, se trouvent complètement distincts; ainsi, dans les staticés (29) , le filet nourricier part du bas de l'ovaire , le filet fécondateur de son sommet , et l'un et l'autre arrivent distincts à la graine.

(29) PI.59, «g. i3.

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l6 OntïANES nBPR0DrCTEUR8.<

Le placenta est peu prononcé au, moment de la fleurai' son; il grandit ensuite et se remplit de sucs; la graine les absorbe pendi^t sa maturation; d'où résulte qu'à l'époque de la maturité, le placenta est comme desséché, flasque, et a l'apparence d'une jnoelle ancienne ; plus le placenta est grand relativement aux graines, plus il peut servir à nourrir celles-ci ; aussi a-t-on remarqué qne lorsque les fruits ont un grand placenta, comme le cobœa^ on peut les couper long-temps avant leur maturité , sans nuire à la maturation des graines, qui tirent alors de ce réservoir les sucs qui leur sont nécessaires, tandis que dans les péricarpes à placenta menu, les graines ne peuvent mûrir dès que les fruits ont été détachée de la plante. Lorsque les placentas sont desséchés, il arrive quelquefois qu'à la maturité dufruit,ils se détachent naturellement de la fem'lle carpellaire qui leur a donné naissance (3o).

Lorsque les placentas sont situés le long de la suture ventrale, ils sont très-évidemment doubles; il en est de même lorsqu'ils sont réduits à la base, ou au sommet; car, comme nous Pavons dit, ce sont encore les deux mêmes organes , mais beaucoup plus courts qu'à l'ordinaire. Puisque les placentas d'un carpelle sont nécessairement doubles, et qife chacun d'eux a, dans l'état régulier, un droit égal à porter des graines , il en résulte , i .• que le nombre naturel des graines d'un carpelle doit être pair toutes les fois qu'il n'y a point d'avortement ; mais ces graines sont rarement placées exactement à une hauteur égale le long de chaque suture; elles sont au contraire situées alternativement;

(3o) Serait-ce un phénonléiif de ce genre qui a pu tromper Willdenow , au, point de lui faire prendre les placentas du- mo/iodynands pour ses graines* VoyesKceuig. Ano. bdik

OBGAIIS6 BSPBODUGTBCBS; I7

cette disposition alterDatiye est très-évidente dans les gousses et les follicules alongés; mais lorsque le carpelle est assez court pour ne présenter qu'un oTule sur chaque placenta, il se présente quelques cas qui méritent d'être indiqués :

1.** Les deux ovules peuvent naître, comme dans les carpelles alongés, l'un au-dessus de l'autre , à une distance assez grande pour venir tous deux à maturité : c'est ce qui arrive dans les gousses des légumineuses dispermes, et alors les deux graines sont sensiblement horizontales.

2.0 Ces deux ovules alternatifs som quelquefois telle» ment rapprochés, que l'un d'eux avorte, et l'antre parvient seul à maturité *, dans ce cas , il arrive , ou que c'e^ le supérieur qui avorte, et alors l'inférieur trouvant plus de place vide vers le haut du carpelle, prend une position dressée ; ou c'est Tinférieur qui avorte, et alors l'ovule supérieur trouvant plus de place vide dans le bas du carpelle , prend une position pendante. U est très-probable que c'est à cette double cause qu'il faut rapporter la diversité de direction des graines des renonculacées monospermes, qui sont ou ascendantes ou pendantes^ tandis que celles des renonculacées polyspermes sont horizontales : si l'on venait à trouver une renoùcule ou une clématite dont le carpelle présentât les deux ovulejs venus à maturité, ces ovules seraient ou horizontaux, ou l'un ascendant, l'autre pendant.

■ 3.* Les deux ovules peuvent être très-rapprochés ou vers le bas ou vers le haut du fruit; danSs ce cas, il est très-fréquent qu'il en avorte un, et c'est de cette manière que se forment les carpelles monospermes des composées et des dipsacées. Mais, lorsque de loin en loin on a trouvé

Tom. II, 2

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l8 ORGANES REPRODUCTEURS.

use composée dont le fruit offrait deux ovules, on a vu que ces deux oTuIes sont tous deux asceudans j et il est vraisemUable que, lorsqu'on les trouvera dans une dipsacée, ils seront tous deux pendans.

Toutes les fois qu'un carpelle renferme plusieurs graines, celles-ci sont libres et non soudées avec la surface interne du carpdle; mais lorsque celui-ci ne renferme qu'une seule graine , celle-ci est tantôt libre , comme dans les utricules d'amaranthacées, ou soudée par sa sur&ce entfère avec la feuille carpellaire, comme dans les fruits des graminées; abrs celle-ci se confond tellement avec le tégument propre de la graine, qu'il semble ne plus exister: c'est dans ce cas qu'on avait dit jadis que les graines étaient naes} mais il n'y a jamais de graines dépourvues réelle^ ment de péricarpe. En effet, le style prend nécessairement naissance du péricarpe et non de la graine, et par-conséquent tout c»rgane d'où on a vu, à l'époque de la fleuraison, naître le style où le stigmate, est un vrai péricarpe, queUe que soit son apparence. •

Les graines peuvent paraître nues par trois causes : ou par la soudure intime de la graine avec le carpelle, comme dans les graminées; on parce que, comme dans certaines léontices (3i)'Oit le slateria, la graine, en grandissant rapidement y rompt la feuille carpellaire et se trouve mise à découvert; ou parce que, comme dans les résédas (Sa), les feuilles carpellaires ne se re|)liant pas complètement sur elles-mêïnes, laissent leur extrémité béante, et par- Conséquent les graines à nu. Mais on voit qu'aucun de ces cas ne répond exactement à ce • qu'on entendait par le

(3i) Brown trans. Lin. soc. la, pi. 7.

<32) Gsertn. fruct. , pi. 75. Schkuhr. handb. , pi. 129.

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ORGANES REPBODUCTEUltS. ig

terme de graines naes, et qœ le péricarpe existe (m a toujours existé (33).

L'ordre d'après lequel les graines d'an même carpelle mûrissent et se dispersent est d'accord arec les principes exposés ci-dessus. Dans tous les carpelles h placenta alongé ou, ce qui est la même chose, dont les grahies sont situées tout le long delà suture ventrale, ces graines reçoivent la fécondation par des branches du cordon pi»tillsâreqniy aboutissent; celles du sommet la reçoivent avant les antres , et leur mouvement propre d'action vitale commence aussitôt; par-conséquent elles doivent mûrir les premières : c'est ce qu'on voit dans toutes les gousses et les follicules potyspermes; et cotame c'est aussi par le haut que commence la déhiscence des sutures, il s'ensuit que les graines peuvent sortir à mesure à-peu-près qu'elles mûrissent.

Au moment de la sortie des graines, ou peu après, les valves des gousses ( Ton donne ce nom aux deux portions de la fenilte carpelltîre séparées par la déhiscence des sutnres), les valves, dis^e, se tordent, ou en se roulant en crosse à l'extérieur, ou en spirale sur elles-mêiâes, ou par des torsions irrégalières; quelquefois elles conservent, en s'écartant, leur position primitive.

(33) M. Rob. Broi^rn fuiratt tenté ( 4aiis soa Mém. R^T le hmgU ) d'admettre de vraies graines nues dans les conifères , et suppose que la fécondation s'y opère par le micropyle. N'ayant pas eu occasion de revoir des conifères en fleur , depuis la publicialion de oeite opinion, je ne puis l'indiquer ici ^'en pamnt, et sanski discuter; mais j'avQue que jq suis jusqu'ici peu disposé âTad-i mettre «et que je penche davantage pour la manière dont M. Richard a décrit ces organes, et qui est analogue à la structt^re ordinaire des fruits.

âO OHGANES BBPBODUCTBUaS.

Les carpelles portent asssez souvent des crêtes foliacées ou épineuses, ou des tubercules, tantôt sur l'un et l'autre bords de la suture, tantôt sur leurs cotés ou leurs valves; ces particularités, qui ont quelquefois de l'intérêt pour la connaissance de tel ou tel fruit, sont en généra de pei^ d'importance pour la doctrine carpologique.

Tout ce que nous venons de dire dans cet article est applicable :

i.^' Aux carpelles qui sont naturellement isolés les uus des autres dans une même fleur, et qui constituent ce qu'on a nommé un fruit multiple : tels sont les deux follicules des apocinées, les carpelles verticillés des alisma ou des delphinium, les carpelles agglomérés en tête ou on épi des renoncules. En combinant ce que contient cet article et .celui du chapitre précédent, qui parle de leur position générale, il me semble avoir présenté leur histoire complète.

2/ Aux carpelles qui, originairement semblables aux précédens, sont devenus solitaires par l'avortement de ceux qui devaient, Akas le plan normal de la fleur, former un verticille complet, comme les gousses solitaires de la plupart des légumineuses, les follicules solitaires du pied d'alouette. Cette solitude du carpelle, produite par l'avortement de ses voisins, se reconnaît par la position latérale des graines : elles les avait fait confondre avec les fruits formés par la soudure naturelle de plusieurs carpelles. On avait donné à ceux-ci, très-improprement et uniquement à cause de leur apparence extérieure, le nom de fruits simples, quoique ce fussent les plus compliqués, et que ce nom convînt beaucoup mieux à ceux dont nous venons de traiter. Examinons maintenant les résultats de la soudure naturelle des carpelles d'une même fleur.

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OBCANSS BBPBODUGTBVBS. 21

ARTICLE III

Des Carpelles d'une même fèeur soudés ensemble.

Les carpelles provenant d'une même fleur peuvent se souder ensemble, à deux époques très-différentes.

I .* n en est qui naissent parfaitement libres et distincts , mais assez voisins pour que, s'ils deviennent charnus, ils puissent, en approchant de leur maturité, se souder en un seul corps ordinairement un peu irrégulier. Cette soudure tardive des carpelles nombreux et charnus se remarque très-bien dans les dillenia (i) et les annones (2): il résulte de cette aggrégation un fruit marqué d'aréoles , qui sont les traces de la sommité des carpelles; les graines. paraissent irrégulièrement distribuées dans la masse , parce que les parois des carpelles étant charnues et soudées, on ne peut plus reconnaître leur disposition primitive.

20. Dans un très-grand nombre de fleurs, les carpelles naissent naturellement soudés ensemble ; cette circonstance modifie tellement leurs formes et leurs apparences , qu'il est nécessaire d'entrer à ce sujet dans des développemens détaillés. Que les fruits à plusieurs loges situées horizontalement soient composés de carpelles soudés, c'est ce qui, je pense, ne paraîtra pas douteux à quiconque aura lu attentivement l'article du pistil dans le chapitre précédent. Quelques exemples semblent mettre ce fait en évidence plus particulière; ainsi, par exemple, parmi les renonculacées helléborées , on en trouve qui ont les carpelles complètement libres, tels que les acom't8(3) ou les

Ci) Rheed. malab. 3 , pi. Sg. Smith, exot. bot. i, pi. 3.

(2) Dunal Annon. ; pi. i, fîg. de annond et kadsur^» ,

(3) Gaertn. fr. i,t. 65.

2S OaGAN£S RfiFEODUCTEUBS.

dauphinelles (4) ) tandis que dans certains genres , tels que les nigelles, on trouve des espèces, comme les nigellastres, où les carpelles sont soudés par la base (5) seulement -, d'antres, comme les nigellalres (6), où la soudure va jusqu'à la moitié environ de la longueur, et quelques-unes, comme les érobates (7) et les garidelles (8), où la soudure va jusque très-près du sommet. Il en est de même des apocinées, parmi lesquelles on trouve toutes les gradations, depuis les carpelles absolument Kbres des ascle^ /7/«^(9), jusqu'aux carpelles soudés en un fruit unique en apparence, des cerhera {10) aia des rawwolfia^ii), etc. De pareils exemple se représentent dans un très-grand nombre de familles.

Nous trouvons déji, dans ces faits, l'explication fort simple de ce qu'on a entendu ou dû entendre en parlant de fruits entiers, divisés, partagés, multiples. Les fruits entiers sont ceux où les ovaires des carpelles sont entièrement soudés dans toute leur longueur; les fruits divisés, ceux où la soudure ne va qu'à la moitié environ de la longueur de l'ovaire; les fruits partagés, ceux dont les carpelles ne sont soudés que par la base ; les fruits multiples, ceux dont les carpelles sont libres de toute cohérence.

Parmi les fruits dont les carpelles sont soudés par la

(4) Gasrtn. £r. i, t. 65.

(5) Ibid, f i, t. 118. I, Nig. orientalis.

(6) Ibid, Nig. sativa.

(7) Ibid, , Nig. Dama«cena.

(9) Ibid, , t. Ï17, f. i, 3, 4, 5. Lam. ill. , t. 170, fig. mf. — 17a, fig. inf.— 175, 174, 175, 176, 177.

(10) Lam. ill. t. 170, (il) Ibid., t. 17'i.

ORGANES RBmODUCTBUlS. fl3

totalité de leur longueur, il peut encore se présenter [Josieurs cas : ou bien les caqielles ont la suture ventrale qui se prolonge à proportiim plus que la dorsale, et alors le Srmt total est plus ou moins acuminé à son sommet; ou bien la suture dorsale se prolonge plus que la ventrale, et alors le fruit est nécessairement édiancré ou ombiliqué à son extrémité; ou bien, enfin, les deux sutures sont sen* siblement égales , et alors le fruit est obtus ou tronqpé à sa sommité.' Ainsi toutes les divisions ou incisions longitudinales observées dans les fruits, se conçoivent facilement dans la théorie de la soudure des ourpelles*

Lorsque les .carpelles sont vertîcillés , leur rapprochement d'un axe central (qu'on appelle columaJh quand il est réel, ou aae proprement dit, s'il est idéal) les obh'ge à prendre une forme triangulaire ; leur soudure s'opère par les deux faces en biseau, et la face dorsale de tous les carpelles forme la partie extérieure du fruit qui résulte de leur union (12). Lorsque cette face dorsale est uniformément convexe , le fruit est arrondi, comme dans Tau* bergine ou le rAizopAora (i3); eUipsoîde, comme dans le café (14)9 ^^ globuleux, comme dans le raisin, le sureau , etc. Lorsque la face dorsale est plus fortement convexe que le fruit en sa totalité, alors celui-ci présente autant de sillons qu'il y a de sutures ou de points de réunion des carpelles, et autant de côtes saillantes et arron<> dies qu'il y a de carpelles convexes, par exemple, dans le

(la) Voy. les fig. des fruits d^cuphorbiacées (Gaertn. fr.*a^ t. 109) ^ oa des malvacées ( Gaertn. fr. s , t. 135» i36). (i3j Gœrtn. fr. i, t. 33.

(i4) IbifL, t. 25.

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94 ORGANES aBPRODIIGTB tBf.

. ineioD, le ricin (i5) , etc., etc. : on dit alors que le fruit est toruleux ou à côtes arrondies. Si le dos du carpelle est anguleux , ou le carpelle comme plié sur la nervure moyenne,, alors le fruit offre autant de côtes anguleuses qu'il y a de carpelles; les angles rentrans indiquent les su* tures, et les angles saillans, les dos des carpelles: par exemple, dans X hibiscus esçulentus, \oxatis (i6); quelquefois même ces angles saillans sont prolongés en ailes : par exemple, dans le dodonœa (17)* Ainsi toutes les dépressions ou proéminences latérales qu'on observe à la surface des fruits , se conçoivent encore facilement dapsla théorie de la soudure des carpelles, et dépendent de leurs formes élémentaires. Ces formes sont quelquefois masquées par le développement insolite de la parue charnue du mésocarpe.

La structure la plus ordinaire des carpelles est que leurs deux faces rentrantes |)énètrent dans l'intérieur du fruit jusqu'à son axe, et alors le fruit offre évideniment autant de loges (loculi) qu'il est entré de carpelles dans sa forma* tion(i8) :on le dit alors génériquement OT«///7oc«iiz/>eou^/-, tri', quadri", quinque-, etc., loculaire, quand on veut désigner le nombre. Ces loges sont séparées par des cloisons (septa) verticales, formées par la soudure plus ou moins intime des faces rentrantes de deux carpelles contigus.Çes faces rentrantes paraissent composées seulement de l'endocarpe, et d'une expansion très-faible du mésocarpe; quant à

^i5) Gaertn, fr. 2, t. 107.

(16) Ibid.^ fr. I, t. ii3.

(17) Ibid^^ f. 2, t. III.

(18) V07. presque toutes les figures de fruits , notamment celles à'^aristqlochia ( Gaertn. fr. , t. 14 ; fr. 2 , t. 108 }.

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OBGANBS BBPB0DU€TIUB8. sS

l'épicarpe, il ne se prolonge pas, ou du-moins il n'est pas visible sur les cloisons. Les graines sont alors placées vers l'angle central de chaque loge^ attachées à l'extrémité de la face rentrante de chaque carpelle (19), et par-conséquent (sauf les cas d'avortement) au nombre de deux au-moins dans chaque loge, ou toujours en nombre pair* Tout ce que j'ai dit plus haut de leur position dans les carpelles isolés, est applicable aux loges des fruits i carpelles cohérens.

Lorsque les carpelles dont le fruit est formé sont lomentdcés ou divisés par des diaphragmes , soit cloisons transversales, alors chaque loge principale est sous-divisée par ces diaphragmes cellulaires en logettes situées les unes au-dessus des autres : c'est ce qu'on voit dans Vamaioua parmi les rubiacées, dans les crudféres lomentacées (ao), tic. /

On réserve le nom de fausses loges ou de cavités à certains vides qui se trouvent dans quelques fruits, et qui ne renfermenr point de graines , non par avortement , mais par leur nature propre. L'exemple le plus remarquable de ces cavités s'observe dans la nigelle de damas (t2 1) , si commune dans les jardins; son fruit, coupé en travers, semble avoir dix loges, dont les cinq intérie.ures , qui renferment les graines attachées à l'angle interne, sont les vraies loges , et les cinq extérieures , dépourvues de graines, sont des cavités : celles-ci sont dues à ce que l'épicarpe se boursoufle pendant la maturation, de manière à rompre le mésocarpe et à former à sa place un vide ou une cavité aérienne.

(19) Voy. GaôTtn* fr. 2, pi. n8. NigeUa sativa , etc.

(ao) DC. , Mëm. crue. , pi. a, L 66.

(ai) Gaertn. fr. 2, pi. 118. JVîgella^Damasçena.

26 OAaAM£S REPRODUCTEURS.

Dans plusieurs fruits ou trouve des cavités plus ou moins prononcées 9 soit à Taxe du fruit, lorsque les carpelles, au-lieu d'attdndre le centre, y laissent un petit espace vide, soit entre les loges, lorsque les faces rentrantes des carpdles ne sont pas intimement soudées ensemble ; soit sur les côtés des valves, lorsque celles-d sont renflées, comme dans le myagrum (22); soit au sommet du pédicelle ou dans Taxe, lorsque celui-ci est fistuleux; soit, enfin, à la base du style, lorsque cette base est elle-même fistuleusQ. Ces dernières cavités ont ceci de très-remarquable, qu'elles renferment quelquefois une graine, comme on le voit dans le brassMca cheiranthos (28) et dans le trianthema monO' gyna (24); cette espèce de cavité séminifère, ou de loge stylaire, est un fait rare et inexpliqué dans toutes les théories carpologiques : son ob3ervation détaillée mérite l'attention des anatomistes.

Nous venons de voir comment se forment les loges dans les fruits par le repli des bords des carpelles jusqu'à l'axe; examinons maintenant ce qui a lieu lorsque ces parties rentrantes ne pénètrent pas jusqu'au centre. II peut ici se présenter trois cas : ou elles atteignent à-peu-près la moitié de la largeur dans toute leur étendue, ou elles sont si courtes qu'elles semblent nulles , ou elles atteignent près du centre dans le bas du fruit, et en restent éloignées vers le sommet.

Lorsque les parties rentrantes des carpelles sont prolongées dans rinlérieur.sans atteindre Taxe, il en résulte un fruit dont le centre est vide, et dont la circonférence

(aa) DC. . M^m. crac. , pi. u , f. 54*.

(a3) Villars, FI. dauph. 4 , pi. 36.

(24) lyC, Plaot. grass, pi. iog,f. 10.

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OAGAIfES REPRODUCTEURS. fj

offire autant de loges ouvertes i l'intérieRr qu'il y a de carpelles 3 ces loges portent le nom de demi-loges. Les cloisons, qu'où uomnie alors demi^cloisons , portent les graines à leu.* bord interne, comme à Tordinaire : c'est ce qu'on voit dans certains payots (aS), certaines hypéricinées (26); en comparant entre elles les espèces de ces deux groupes, on y rencontre presque tous les degrés, depuis les cloisons qui atteignent très-près du centre, jusqu'à celles qui s'écartent à-peine des bords.

Lorsque les cloisons ou parties rentrantes des carpelles sont si courtes qu'elles sont à-peine visibles , alors les placentas sont comme appliqués sur le bord du fruit, et chaque carpelle est comme réduit à sa face dorsale. On dit alors que le fruit est à une seule loge, et que les graines sont pariétales : c'est ce qu'on voit dans les violettes (27), les hétianthèmes, les passiflores (28), les capparidées, le réséda , Targémone (29), etc.

Enfin si les parties rentrantes ne portaient de graines que vers leur hàse^ et que dans cette portion de leur étendue elles se prolongeassent vers le centre , les graines se trouveraient placées au centre et à la base du fruit, et il pourrait alors arriver un des cas suivans :

2*. Tantôt les cloisons se prolongent vers le centre )usqu 'au sommet , et alors , ne portant point de graines, elles sont pour l'ordinaire minces et membraneuses; dans ce cas, on a aicore un fruit à plusieurs loges et les graines

(a5) DC. , Mém. nymph. j,^ pi. 2, f. 9.

(a6) Choisy, Prod. kyper. , pi. 3. Turp. , Dict. se. nat. atlas.

(27) Gaertn. fr. a, t. 112. Turp.-Dict. se. nat. atlas.

(28J DC, Mém. nymph. , pi. 2, f. 11.

(29) Gœrtn. f. 2 , t. 1-7, f. i.

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28 0R6ANBS REPRODUCTEURS*

au bas de chaque loge comme dans quelques caryopbyl* lées multiloculaîres.

^^. Tantôt la partie supérieure des cloisons semble manquer à la maturité du fruit , parce que les carpelles qui, à l'époque de la fécondation , étaient de la longueur du placenta, s'alongent ensuite de manière à opérer la rupture de la partie supérieure des cloisons , et à isoler plus ou moins complètement le placenta. Cest ce qui parait arriver dans plusieurs caryophyllées (3o). Dans tous ces cas , les fruits sont dits uniloculaires, et les graines attachées à un placenta central , quoiqu'en réalité le fruit soit toujours formé de carpelles soudées, dont les parties rentrantes portent les placentas vers leur bord interne.

Nous avons établi plus haut que chaque placenta car* pellaire se prolonge par son sommet en un style, que la réuriion des deux styles placentaires forme le style carpellaire , et que la réunion des styles carpellaires forme le style proprement dît. Cette organisation n'offre aucune difScnlté toutes les fois que les placentas occupent toute la longueur du fruit; ainsi, soit que les cloisons atteignent le centre, soit qu'elles s'arrêtent à moitié chemin , soit qu'elles dépassent à peine le bord, on conçoit que les placentas ont une communication directe avec le style. Mais que se passe-t-il lorsque le placenta est central, et qu'il n'atteint pas le sommet du fruit ? Il peut arriver deux cas, qui correspondent à ceux mentionnés plus haut.

Tantôties cloisons existaient primitivement à un grand état de ténuité, ou les carpelles à l'état de fleuraison^i'étaient pas plus longs que les placentas , et alors le filet qui naissait du placenta pouvait atteindre la base du style et

(3o) Gsertn. fr. a, pi. i3o.

ORGANBS RBPRODUCTBVRS. SQ

transmettre la féçondatioD aux ovules. Ce filet se détruit après la fécondation , soit par la destruction des cloisons , soir par rallongement des carpelles ^ et alors à la maturité on ne le retrouve plus, et l'on ne conçoit comment la fécondation a pu arrjver, qu'en remontant à l'anatomie de l'ovaire an-moment de la fleuyaison. C'est ce qu'on voit dans toutes les caryophyllées à placenta central : tantôt les fifets qui, à l'époque de la fécondation, naissent des placentas , y sont distincts , comme dans le lychnis dioica, où l'on en voit cinq (3i); dans la stellaire, où l'on en voit \xois(i^) ; tantôt il sont toussoudés en un (3 i), comme dans içs ar^ziar^. Une organisation an^gue se retrouve dans les portulacées (34)> où l'on voit trois filets distincts; dans les/^m0/a(35), où les placentas sont tous soudés en un corps presque globuleux, et les filets aussi soudés en une pointe qui atteint la base du style. Dans tous ces exempies, \qs filets se détruisent en tout ou partie après la fécondation , et le placenta semble isolé du style.

Il pourrait bien arriver aussi que la branche du cordon pistiIJaire suiyit le bord non-rentrant du carpelle , comme dans les fruits à placentas pariétaux, et arrivât ainsi à la base du fruit et aux graines qui en naîtraient. C'est probablement ce qui arrive dans les fruits du luzula, par exemple, où l'on trouve les graines attachées au bas des valves* Mais je ne connais aucun exemple prouvé de cette organisation ^ lorsqu'il s'agit de véritables placentas centraux.

(3i) Voy. pi. 58, f. 7.

(32) Ihid,^ fig. I.

(33) Ihià, , fig. 3 et 4.

(34) Ihid. , pi. 59, f. Il et la^

(35) Ihid, , f. 10.

3o ORGAXfiS BEPR0DUCTBUR8.

Le placenta est habitaellement placé à Tangle intérieur de la partie plus ou moins rentrante du carpelle, soit dans toute sa longueur, soit à sa base ; mais sa forme et ses dimensions présentent quelques diilférences remarquables , et qui modifient la structure du fruit. Le plus souvent il offre un bourrelet alongé, portant une ou deux rangées de graines ; quelquefois il devient fort large, fort épais, rentre dans Tintérieur de la loge, ou il forme soit un disque , soit un large bourrelet, comme on le voit dans les datum, les salanum, les nicotiana, etc. (36) ; ailleurs , il s'évase, et tapisse, cdmme un disque aplati, toute l'étendue de la partie rentrante du carpelle , comme on le voit dai^s les pavots et les nymphœa (37)5 ailleurs enfin, il s'épanouit en une espèce de réseau ascendant appliqué contre toutes les parois intérieures du carpelle , et porte çà et là les graines qui semblent éparses : C'est oe qu'on voit dans les flacoHTtianées et les butomées.

Les crucifères offrent sous ce rapport une organisation qui leur est propre; les deux carpelles qui composent les 9iliques{c9it c'est le nom qu'on donne à ce genre de fruit), ont leurs bords rentrans réduits aune membrane extrêmement mince et tenue , qu'on pourrait regarder comme le prolongement à l'intérieur de l'épicarpe seul , et les placentas sont situés sur les bords de l'endocarpe, qui ne se prolongent pas à l'intérieur, de sorte que les graines sont pariétales , quoique le fruit soit à deux loges. On peut voir le développement de la structhre de ce fruit dans mo& Mémoire sur la famille, des crucifères (38).

(36) Gœrtn. fr. i, jt. 55; 2, t. i3i.

(87) DC. , Mena. Dymp. , pi. 1, f. 7 619. *

(38) DC. crue. , pi. a, f. 44, 45.

ORGANES BBPROBUCTEVRS. 01

Toutes ces diverses combinaisoDs sont souvent masquées, dans les fruits qui souVrent à leur matnrité, par les modes divers de déhiscence; et dans les fruits qui ne s'ouvrent pas, par les développemens de pulpe ou de chair, qui confondent leurs diverses parties en une masse presque indistincte : ces deux causes d'obscurité , ainsi que celles qui proviennent des avortemens ou de l'état de Paxe centrai, méritent d'être analysées*

Tous les modes de déhiscence que nous avons trouvés dans les carpelles isolés, peuvent se retrouver dans les carpelles cobérens, mais encoremodifiés et rnukipliés par cette cohérence même.

Le cas le plus simple, mais qui n'est pas le plus fré« quent, est celui qu'on a nommé défaiscence septicide, parce qu'elle commence par les cloisons qui semblent se dédoubler; c'est un cas particulier de ce que je nomme , dans un sens général , déhiscence par décollement : elle consiste en ce que les carpelles sont liés assez faiblement pour qu'à leur maturité ils se séparent les uns des autres pour former autant de corps séparés, d'abord clos, puis s'ouvrant par Pun des systèmes indiqués plus haut pour les carpelles solitaires ; ainsi les carpelles des colchîcacées (39) se séparent à leur maturité, et s'ouvrent à la fa-*^ çou des follicules, par une fente qui suit de haut en bas la suture ventrale , laquelle, dans le fruit entier, était centrale. Ainsi les carpelles de Xhermannia lœpigata se séparent à Ipur maturité, iet chacun d'eux s'ouvre sur les deux sutures comme la plupart des gousses.

Cette déhiscence est encore modifiée par l'existence ou

(39) Gaenn. fr i . t.i8, f. i, 3,4.

32 ' 0BGANB8 R£PBOI^UCTBURS«

la noD-existence d'an axe jcentral : quand Taxe central n'existe point , il peut arriver, ou i*. que les carpelles se détachent en entier les uns des autres, et le centre du fruit reste vacant : c'est ce qui a lieu dans le colchique ; ou 2.* que les portions extrêmes des cloisons qui portent les placentas soient assez soudées ensemble pour ne point se séparer*, alors la rupture a lieu le long du placenta : les carpelles s'ouvrent en laissant au centre un faux axe seminifére formé par la soudure intime des bords intérieurs et des placentas ; c'est ce qui a lieu dans la balsamine (4o)^ Quand l'axe existe, les deux mêmes cas pourraient arriver : tantôt les carpelles en se détachant emportent les placentas, et laissent l'axe nu, comme dans les malvacées (4^)9 l^s euphorbiacées, etc. Tantôt les placentas pourraient rester collés à l'axe, et la rupture s'opérerait le long des cloisons; mais je ne connais pas d'exemple de ce mode de déhiscence, et en général il n'est pas toujours facile de distinguer les cas où l'axe apparent est formé par les placentas seuls ou par les placentas collés à l'axe.

Supposons maintenant, et c'est un fait dont il y a des milliers d'exemples, que les deux faces rentrantes des carpelles soient tellement soudées ensemble qu'elles ne puissent pas se séparer, et que cependant le fruit doive s'ouvrir , ce qui a toujours lieu quand , sans être charnu , il renferme beaucoup de graines. U s'opère alors une déhiscence par rupture j et elle peut se présenter sous six formes; savoir :

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