‹ Cours de botaniqueChapitre 26 sur 63 · CHAPITRE Xlir · texte numérisé non relu

CHAPITRE Xlir

Des Raphides,

J £ désigne sons ce nom ^ qui signifie aiguilles , des corps assez singuliers qui ont été découverts depuis peu d'an* nées, et dont le rôle est encore fort obscur; ce sont des faisceaux de poils ou.de pointes de consistance assez roide, qui se trouvent, ou dans 1^ cavités internes, ou dans les méats intercellulaires de quelques végétaux à tissu lâche. M. Sprengel les a trouvés Cans le tissu cellulaire du piper magnoliafolium (i); M. Rudolphi indique aussi leur existence dans le tradescantia et le musa ; M. Kieser les a vus dans le calla œthiopica, le musa sapientumy tt ïaloe verntcQsa (2); je les ai moi-même trouvés dan$ le tritoma uvaria^ le littasa geminiflora, et le erinumlati^ yb//i/i»; mon fils les a observés dans le nyctago jalappœ et la balsamine des jardins (3). Je ne sache pas qu'ib aient été jusqu'à-présent retrouvés dans d'autres plantes; mais comme celles-ci appartiennent aux deux grandes classes des végétaux vasculaires, et à plusieurs familles assez disparates > il y a prohabilité qu'on les retrouvera dans beaucoup d'autres. On peut remarquer seulement qu'on ne les a rencontrés que dans les plantes à tissu

(i) Bau and gew, pi. i, t. !\, (a) Mëm. org., pi. 4» fig- ^20« (3) Mém. de la Soc. de Phys. de GeoèTe, 3.® ToL, 3.< paru,

pi. ,.

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l&che. Nons ne connaissoDs encore les raphîdes que d'nne manière trop incomplette pour les décrire autrement que «005 forme d'exemples.

Lorsque Ton coupe en long une feuille de trUoraa uvaria, on y observe des fibres longitudinales où Ton dislingue bien les trachées et les vaisseaux rayés, très-faciles à distinguer les uns des autres par Tinégallté de leurs diamètres. Entre ces fibres se trouve un parenchyme vert, xoœposé de cellules irrégulières oUongues, placées boutà-bout, et évidemment écartées les unes des autres. Elles viennent s'unir vers la partie extérieure des nervures, laquelle est composée de cellules aloogées et serrées. Les cellules transversales qui, peut-être, sont des organes distincts de celles qui composent les fibres, renferment uue matière verte et grenue. Entre ces cellules transversales, on voit des espèces de fuseaux opaques, situés dans le sens Jongitadinal et parallèles ai^ nervures; lorsqu'on les examine de plus^près, on voit que ces fuseaux sont composés de fils roides, pointus aux deux extrémités, et qui semblent des sortes de poils intérieurs. Ce sont ces filets que ie nomme mphides; les faisceaux de raphîdes divergent souvent sous Tœil de l'observateur, et alors les filets dont ils se composent se voient distinctement. Il arrive aussi assez fréquemment, qu'en coupant la feuille, les rapbides se séparent et flottent dans Teau du porte-objet. Lorsqu'on les voit ainsi isolés, ils semblent, aux plus forts microscopes, des espèces de tubes pointus aux deux extrémités; ils offrent deux traits opaques isur les bords et le miUeu transparent, comme les poils ordinaires mis sous le microscope. Ces rapbides sont d'une consistance roide ; nous n'en avons jamais vu de plies ou de courbés, ni moi,

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1S8 ORGANES ^lIiUENTAIRES.

ni inon fils , ni les observateurs qoi ont bien touIu nous aider dans cette recherche, et ptirmi ies()ueU il suffira de citer M. le docteur Prévost pour prouver combien ils sont accoutumés aux recherches microscopiques; il nous a été impossible de nous faire aucune idée du point d'attache on de f origine de t:es faisceaux, qui semblent prendre naissance sur les cellules. Les faisceaux de rirphides du littœa et' du crinnm iat^ùlium diffèrent trop peu de ceux du tritoma , soit pour la forme, soit pour la position , pour qu'il vaille là peine de les décrire. Quant hxxnyc^go jalapptje ^ les faisceaux de raphides s'offrent à la vue immédiatement sous ta cuticule de là feuille, lorisqu'on enlève celle-ci avec la pointe d^un scalpel; on les distingue à la vue simple, ouà ia loupe, comme de petites Caches blanches oblongues, pointues aux deux bouts. Lorsqu'on met le tissu sous le microscope, on y voit les fabceaux de raphides comme couchés sons la cuticule-: ils sont plus petits que dans le tritoma, mais les raphides se détachent de même, et offrent la même apparence; on en tï'ouve aussi d'analogues dans les articulations de la tige: Celles de la balsamine des jardins diilîèrent très-peu des précédentes , et se trouvent aussi sous la cuticule des feuilles et dans les articnlations de la tige.

Les cofps observés par M. Sprengel, dans le pîper 'mognoliœfolium , paraissent , d*après la figure qu'il en a publiée, parfaitement semblables a ceux que je viens de décrire ; mais il donne si peu de détails à leur égards que je ne puis me former nne opinion arrêtée sur leur identité.

Tous les observateurs qui ont parlé de ces corps , les ont considérés comme des espèces de petits cristaux qui

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se formeraieDt dans les sucs des plantes , et se fixeraient dans les méats interceliulaires. MM. Sprengel et Eieser les désignent par-conséquent sous les noms S!aiguiUe& irès'fineSf OU de cristaux en forme (^aiguille ; mais ces noms paraissent avoir le double inconvénient , d'être des mots composés, et d'affirmer sur leur nature au-delà peut-être de ce qui est rigoureusement démontré. Je me sois décidé , par ces motifs , à leur donner le nom de raphzdes (d'un mot grec qui signifie :aiguilles); ce nom a l'avantage de rappeler leur forme et leur nom primitif, et de ne rien affirmer au-delà du fait.

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