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CHAPITRE XII

Des Cavités aériennes.

\y ous venons de voir que le tissu cellulaire se distend quelquefois pour former des cavités où les sucs propres se logent, et cette distension, déterminée par un agent connu et visible, nous a offert peu de difficulté; mais il arrive souvent aussi que, par une suite nécessaire de Taccroissement et de la végétatioâ, le tissu cellulaire se distend ou se rompt de manière à former des vides, ou plutôt des cavités pleines d'air. Grew, qui a le premier observé ce phénomène et son analogie avec la formation des réser* voirs du suc propre^ les nomme les creux tubulaires ou les ouvertures de la moelle. M. Mirbel, qui a rappelé sur ces cavités l'attention des anatomistes et les a décrites avec soin, les désigne sous le nom général de lacunes. M. Rudolphi, qui les considère comme des organes spéciaux, les nomme, par cette raison , vaisseaux pneumatiques^ M. Link désigne bien leur origine et leur emploi, en leur donnant le nom de réservoirs cP air accidentels. M. Kieser les appelle cellules d'air ou lacunes. J'adopte depuis longtemps le nom de cavités aériennes (cavitates aereae), qui me parait plus exact ou plus commode que ceux proposés jusqu'ici.

Si l'on examine à sa naissance l'intérieur d'une tige de graminée, par exemple, on remarque qu'elle est pleine d'un tissu cellulaire dilaté, miu's régulier, e^ continu da.Ds

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toutes ses parties; au bout d'un certain temps, et lorsque la tige prend son accroisseiœQCtcaBSversal, Cf tissu cellulaire, ne pouvant se distendre au-delà d'une certaine limite, se rompt et forme dans Tintervalle de chaque nœud une cavité centrale tubuleuse, pleine d'air, et qui parait tapissée par une membrane sècbe, laquelle n'est autre chose qu'une fausse membrane formée par Jes débris désorganisés du tissu cdlnlaire.

Que BOUS examîaîoDS de raêoie la moelle du aojcr, nous verrons qu'à sa naissance eUe offre un tissu etllu^ lâire régulier et plein de sucs aqueux; peu^à-pea ces mes sont absorbés par le développement de la. branche, la moelle devient sicbe, le rameau sUlônge^ et par cet alongemeQt , rompt la moelle desséchée en autant de petits disques transversaux qui hissent entre eux des cavités aériennes dîsciformes (i). La moelle du jasmin blanc (jasminum officinale) présente de même une désorgani* sation en disques trés-réguliers et très^rapprochés.

Le même phénomène a Ken très-fréquemment, mais avec moins de régularité, dans les pkntes aquatiques^ dont le tissu est lâche et la végétation fort rapide; on observe dans leurs tiges, leurs pétioles et leurs pédoncules, des cavités aériennes souvent très -multipliées, et dont la forme est à-peu-près constante ponr chaque espèce, parce que, quoiqu'elle soit un accident, c'est un accident déterininé par la structure et ta végétation de fespèce. Dans certains cas, ces cavités sont, comme nous venons de le voir, asses; grandes pour être visibles à l'œil nu; ailleurs, elles sont si petites qu'on ne peut les apercevoir qu'à la

(i) Grcw, Anat. , pi. 19, f. 4.

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loupe, et même au microscope; dans ce dernier cas, les vides qui résultent de ces fissures du tissn ceft^ulaire, ou de ces dilatations des méats intercellulaires, ressemblent beaucoup aux vaisseaux, dont ils ne difTèrent que par leur moindre régularité. Quelques naturaUstes pensent même que tous les vaisseaux des {dames sfM. de vraies cavités accidentelles, prodigtes par la végétation, et se fondent dans cette opinion, soit saf l'analogie avec les grandes cavhés aériennes, soit sur ce que les vaisseaux ne sont pas VïsiHes dans les embryons três-feunes. Maïs dans celte liypôtbése hardie, on aurait bien de la peine & expliquer Vettrtoe régularité des formes des vaisseaux , la structure particulière des trachées, qui, comme je Taî montré, diffèrent beaucoup des «Ares vaisseaux, la direction bien déterminée que prennent les sucs dès les premiers mo*» mens de la végétation, etc. Au reste , qtelqu'opinion qtf (jn •dopte à xxt ^g»tl, on sera totqottrs forcé de ct)ti venir que les vaisseaux som formés bien aviamt, et avec beatrcoup plus de régolariié, que les cavités aériennes. Ces cavités renferment de Tair, mais satis qu'on puisse assurer que cet air Joue un rôle direct dans Tacte de la végétation ; rm ne doit pas tes assimiler coiisplètement à certaines cavités aériennes, qui se forment dans quelques organes par tm^ vraie dilatation du* tissu, comme on le voit dans les vessies natatoires de quelques /^ck^ji du trapa natans^ èeTniricuiaria , etc.^ous -aurons occasion de revenir dans la suite sur ces organes.

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