CHAPITRE XV
Des Articulations et des Déhiscences.
JL/ANS le régne aDÎmal, les articolations sont des solutions complettes de continuité entre les parties solides qui forment la charpente destinée à soutenir les organes du mouvement ; dans les végétaux où il n'y a point d'ap-» pareil moteur, <î'est-à-dire9 point de muscles et point d'os, il ne peut par- conséquent pas y avoir d'articulations analogues à celles des animaux.
On a nommé articulations dans les plantes des points où , è une certaine époque de la vie , se font naturellement des solutions de continuité bien nettes et bien tranchées \ il est à remarquer que toutes les parties des plantes qui tombent naturellement sont munies d'articuladons, et que toutes celles qui en sont dépourvues peuvent bien périr au bout d'un certain temps, se dessécher et se détruire par parcelles, mais ne se détachent jamais tout d'une pièce; cette différence se représentera très-souvent dans la description et l'histoire des organes composés. Je cite seulement ici les articulations pour considérer leur structure aoatomique.
Lorsqu'on dissèque les articulations végétales dans leur état de jeunesse et de fraîcheur, on n'y remarque que des cellules et des vaisseaux continus et réguliers ; mais on observe cependant presque toujours un petit renflement ou une petite nodosité qui indique le point de l'articulation; au bout d'un certain temps, cette nodosité augmente, et
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une raogëe de cellales disposées sur un même plan, ou se desséche et s'oblitère, ou se désunit d'avec la rangée yomne ^ alors les fibres seules établissent la communication d'noe partie à l'autre ; mais comme elles ne sont plus liées par le tissu cellulaire environnant, elles se rompent ellesmêmes à la moindre secousse; la partie mise à nu par la chute de rofgàne,qui était attaché au moyen d'nne articulation, se nomme cicatrice (i). On y reconnaît distinctement les places des fibres qui annoncent leur rupture, et celle du tissu cellulaire, qui prouve, par sa surface lisse, qu'il s'est séparé sans vrai déchirement.
Les organes attachés par une* articulation semblable, sont dits articulés sur leur support; les autres sont dits adhérens ou continus \ les premiers sont caducs, les seconds persistans. H est des organes qui, comme nous le verrons, sont eux-mêmes composés de parties articulées les unes sur les autres : ces parties se nomment articles lorsqu'on les considère d'upe raapière générale; ils reçoivent, dans divers cas, des noms particuliers que nous étudierons dans la suite.
La cicatrice est toujours plus visible sur la cjurface la plus large des deux qui se sont désarticulées , et c'est ordinairement à celle là seule que Ton réserve ce nom ; tantôt, par-conséquent, la cicatrice est marquée sur l'organe permanent : telles sont les cicatrices que les feuilles laissent sur la tige après leur chute (2) ; celles que les tiges annuelles laissent sur certaines souches radicales , commp dans le sceau de Salomon (3), ou celles que les pédoncules
(ï) Hayn. Tcnn. , pi. 6, f . G.
(a) Voy. pi. a5, f. i.
(3) Turp. , Icon. , pi. 3, f. 10.
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OU les fleurs laissent sur les tiges ou les réceptacles (4); tantôt on les trouve sur Toi^ane qui s'est détaché : telles sont les cicatrices qu'on observe à la base de certains péricarpes, comme dans le gland (5), ou enfin les cicatrices des graines (6), comme dans le marron-d'tnde.
La déhiscence est uu phénomène des organes clos, anmoins dans leur jeunesse , qui a beaucoup dé rapport avec ce qu'on nomme articulation dans les organes alongés; elle consiste en une rupture déterminée et régulière, qui s^exécute sur un oi^ne clos : ainsi > la plupart des fruits secs s'ouvrent à leur maturité, soit en long , soit en travers, par une ou plusieurs ruptures régulières ; les lignes sur lesquelles ces ruptures doivent s'opérer; sont le plus souvent un peu proéminentes , et peuvent , par-conséquent , se reconnaître avant la déhiscence; on leur donne le nom de sutures y parce qu'on les a comparées aux lignes proéminentes des linges qui ont été réunis par la couture. Mais ce terme n'indique pas que les parties susceptibles de se séparer par déhiscence fussent toujours distinctes dans leur origine; il y a sous ce rapport deux classes de déhiscence.
Tantôt, premièrement, elle a lieu entre deis organes primitivement distincts, qui se sont soudés pendant leur végé- , tation, et qui se désoudent à leur maturité; c'est ce qui a lieu lorsque les carpelles d'un fruit se séparent l'un de l'autre par leurs points de jonction , comme on le voit , par exemple, dans les rhodoracées ou les colcbicacées ; lorsque les pétales qui étaient soudés plus ou moins complètement
(4) Gartn. fr. , pi. 167, f. 3. B. pi." 160 /f. 4,
(5) Gœrtn. fr. i, pi. 4o-
(6) Gaertn, fr. a, pi. m.
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pendant la fleuraisoD, se décollent en commençant à se dessécher, comme dans qaelques correa. Je donne à ce mode de séparation le nom de déhiscencepari£^co//?/n«/r^. La déhiscence septicide des firmts est nn cas pardcnlîer de cette sorte de déhiscence.
Tantôt, secondement, les parties originairement distmctessont tellement collées ensemble, qu'elles ne peuvent pas se séparer à leur maturité, et alorsk déhiscence s'erre par une rupture réguKére, qui s'effectue dans la Ugne oà î'ocgane offre le moins de résistance : |e donne à ce phéoooiéoe Je nom de déhiscence par nvp/ii/v,* les déhiscences dites locolicides, transTcrsales , apidlaires ou basilaires des fruits, sont des cas particuliers de ce phénomène général Je reviendrai sur les détails de ces diverses dâuscencds ea parlant des fniks (7) ; mais f ai du les mentionner dans ces généralités, puisque toutes ces distinctions sont applicables â tous les organes creux et clos dans leur jeunesse, et qu'on a pu voir, par ce qui précède, que la déhiscence est une sorte d'articulation appUquée aux organes creux, ou que l'articulation est la déhiscence des organes alongés.
{7) Voy. Lhr. lU, Ch. m, art. 3.
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