PRÉFACE
Juorsqu'apbés plusieurs années d'observations et d'enseignement public, je me décidai à publier ma Théorie élémentaire de la Botanique (1)7 je voulus exposer dans leur généralité les primnpes }(^iques qui me paraissent devoir servir de base k Fétude des êtres organisés, et faire connaître en méme*temp^. le plan de mes idées sur la bolaaiqrïe. Je ne nfie disômulais point combien il était nécessaire pour l'intelligence complète des doctrines que je voulais établir, de les appliquer d'une manière plus détaillée aux divcrtcs parties de la science, et aurtout'àh description des organes et des (amiHes des plantes. C'est pour atteindre une partie de ce bu< que fo&e aujourd'hui aux natu* raËdtea un nouvel ouvrage , qu'on peut considérer
(1) Cetou-vragea été {mprimé à Montpellier, en i6i3, eijVnai
donné nne seconde édition à Paris, eii 1819^ il a été traduit en
allemand , et acciToÉpâgntf de (tommeiitairies pat M.^ Hceidier , sons
le titre de Theoreiische anfangs^runde dârJBotamk. Zurich, a toL
in-ia, i8i4* Bés-lors m,^ Sprengel a publié, sous le titre de
A. P, de'CandoUe^s und fSt. ^prengëts Gmndzugè dér TPusen^
sehaffilichtn PftùiêzenhUndo zu vorUtungem i'toL id-S®» Leipzig,
i8ao, un ouvrage x!p\ est, -W est vrai, l'extrait ou. la ttadoction
de quelques parties de ma Théorie, mms qui est teUemcmtf changé
par le mélange d'Autre^ ià^ , qUe jesttfts obl^é (voiqde le titre
porte mon nom) de déclarer ^^ eet ouvrage et sa traduction
anglaise me sont totalement étrangers , et ne représentent point
mes opinions.
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VJ PAÉFACE.
comme la seconde partie de ce travail^ savoir : l'Organographie végétale, ou la description raisonnée des organes des plantes, telle à-peu-près que je l'ai présentée fort en abrégé dans lés principes élémentaires qui font partie de la Flore française (2), et que je l'ai développée depuis dans plus de vingt cours publics.
Deux écueils m'ont toujours paru également redoutable dans l'étude de la structure des êtres organisés : l'un, c'est de la concevoir à priori d'une manière trop abstraite et trop générale, et de la subordonner, ou à des analogies trop éloignées, ou à des idées métaphysiques trop incertaines : c'est ce qu'on peut reprocher à plusieurs de ceux qui dédaignent l'étude des faits, pour ce qu'i/s croient la philosophie de la nature. L'autre écueU est de ne voir dans la structure des êtres que des faits isolés, et de ne chercher à les lier par aucune théorie : c'est ce qu'on peut reprocher à l'école des simples descripteurs.
La route de la vérité est, ce me semble, entre ces deux extrêmes; il faut ici, comme on l'a fait
(a) Flore française, 3.« édition. Paris, i8o5, yolume I.»*" , pag. 61 à aa4ff ^ tirée à part, sons le titre de Principes élémentaires de Botanique. Comme ces Élémens de Botanique faisaient partie d'nn ouTrage dont le bnt principal était différent, le< autenrs s<lbséqnens d'Organograpliie et ie Physiologie paraissent les avoir rarement consultés, et ont donné comme nouTelle» pln-^ iffurs choses qui y étaient indiquées.
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PBtFACE. VÎJ
dans toutes les autres sciences, coordonner les fiits particuliers par des lois d'abord partielles, qui peu-à-peu deviennent plus générales, et qui peutêtre deviendront un jour universelles. On peut ainsi remonter, par la généralisation successiye des faits, jusqu'à des théories dont qudques-unes avaient été entrevues parles philosophes, mais qui n'étaient pas encore. appuyées de preuves suffisantes^ tout comme de la connaissance des lois de l'organisation, on {)eut descendre à l'examen des faits qui avaient été vus par les observateurs^ mais dont les contiexions n'avaient pas été comprises. Je doute niéme qu'où puisse faire quelques théorias exactes si l'on n'eist pas nonrri hal»ut«tfement de l'étude des faits, ni qu'on puisse faire des descriptions complèt,ement utiles, si l'on néglige en entier les théories que ces descriptions doivent éclaircir.
Lorsque l'on compare sobs ce point-de-vue lei deux grapd^s écoles que je viens d'indiquer, on voit avec surprise que la première s'est vouée à l'étude des rapports de structure des organes, et qà^elle a presqu'entièrément n^ligé celle des rapports dé comparaison déduits de l'ensemUe des êtres ; tandis que la seconde , toute occupée de l'étude de ces rs^pporl» d'ensemble , a souvent négligé le^ rap[k>rts d^^i^aoes qui auraient dû être la base Aé ses travaux. Plusieurs naturalistes allemands, en tête desquels; U faut citer ddans les temps ancièiisl
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viij PAÉFAGE.
le botaniste Juogius, et, parmi les modernes, Tillusire poète Gœtbe, ont appelé Pattention sur la symétrie de la composition des plantes.
Plusieurs naturalistes Irançais, en suivant l'exemple des Jus^u et d'Adsuiiâon^ ont cherché dans la simple connaissance intuitive des êtres à établir les groupes ou familles naturelles des piaihites.
Il semble que les premiers ont mis toufte leur attention à comparer entre elles les partie» d'un même être,^ et les seconds, à comparer leè parties analogues d'êtres diffiéreas» . .^ ' '
Quant à moi, )e suis persuadé ijue ces deux branches de la science sont ins^arables, et ma Théorie élémentaire a «u pmir.J&m dé feîi-licr, en faisiant; servir ebaouike d^^les aa petfeêlionriement dQl'^Ut:i:e. Dès-lors, f ai îconçu Pe^oirdèliaontrer leurs liaisons d'unie mamèFe plus intime, en pu-^ bliant les élcmens- de chacune d'elles^ L^Organographie ^t Iç développemeiit de ce qui lient à la symétrie des organes partiels, et le prodHf^us est de^i)^ à indiquer le hésun>é.dè l'état actuel de nqs oQfli^ai^anjées sur fejs" rapports d^^nsèéïble qui constijtueqO^ i^iQ^iUéi aâturdlea.
L'étfat des faimU^s étarït sobordônu^ à là décoofverte <;pntinu^]S) de . soidoty^eaux • té^VHW , et à Fobse^valiop plus, aiUeitfùro de ceux qu^^ croyait le mie^ux connaître, est) k&éceseairement provisoire ^r plusieurs poidis. Lés idées généj^àlëii dfbrganô-
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PRÉFACE. ix
grapfaie sont aussi subordonnées aux mêmes cours, et seront sans doute graduellement am^orées. Maison peut reconnaitre si, dans ees deux études, on suit une bonne ou mauvaise route, lorscjtl'on voit si les ^exceptions tendent à rentrer dans les lois établies, ou si elles exigent d'en admettre de nouv^Ui^. Or, à mesure que mes observations se SGfit multipliées^ qu'elles ont été agrandies par \os travaux des plus habiles botanistes de notre époque^ que des travaux analogues ont été publiés sur le règne animal , f ai vu successivement . la plupart des faits qui semblaient incohérens rentrer dam left doctrines que j'avais proposées; j'ai vu disparaître 9 par uni». n\<iiU^tire observation , les aooma/iesanxquejies, perdes motifs de prudence et de logique, j'avais dû donner quelque poids; j'ai vu la plupart de ceux qui avaient commencé par cornbattr§^mes opinions, iSnir par les admettre, quoique souvent avec des termes dîfféreos, et quelques-uns sans en mentionner l'origine ; et j'ai eu lieu de croire que le temps écoulé depuis la publication de la Théorie élémentaire a été utilement employé pour la connaissance de la vérité. Pendant cet intervalle, un grand nombre de faits ou d'opinions que j'avais, ou indiqués par quelques mots dans la Théorie élémentaire, ou réservés pour l'Organographie, ont été observés et publiés par d'autres; mais bien loin d'y avoir du regret , j'ai pensé avec plaisir que
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