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Tome *•'•. 3o

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4G6 ORflA.'fBS RBfROBUCTBUBS. ^

pollen {iSy L'adhérence des grains de poUen ayecTanthère, dans lenr première jeunesse, me semble probaUe, I .* à raison de l'analogie générale de tous les organes végétaux; 2.*par Tanalogie spéciale desgruns depollen avec les ovules, analogie qui est telle que , comme nous le verrons dans la suite, on trouve quelquefois une moitié d'anthère portant des grains de poUen, et l'autre moitié des ovules.

Les grains de pollen, à l'époque de leur maturité, sont tantôt complètement libres, ce qui est le cas le plus fréquent, tantÂt retenus par une sorte de trame formée par des fils tendus en longueur, commedanslesonagraires(i6); tantôt réunis en masses compactes, comme dans les orchidées ( 1 7) ou les asdépiadées.

La surface des grains présente une différence importante : tantôt cette surface est parfaitement lisse et non visqueuse; tels sont ceux du justicia quadrifida (18) et d'une foule d'autres plantes; tantôt elle est revêtue d'un enduit visqueux diversement coloré, et qui parait produit par de véritables organes sécréteurs, teb que des papilles ou des mammilles : c'est ce qu'on voit dans la plupart des cinarocéphaIes,des hélianthées (19) etc. On trouve encore des pollens dont la surface porte des éminences mammelonées et un peu brillantes sous le microscope : tel est le pollen du cabœa (ao); celui des cucurbitacées est revêtu

(i5) Par analogie avec le mot de trophosperme , par lequel Quelques auienvB ont désigné le placenta des graines. V07. Ico* nogr.,p. i3i.

(16) Guill. Le, pi. 8, f. O.

(17) Spreng. , ban. gew. , pi. 6, f. 37. C.

(18) GniU.l. c.,pl. 8, f. A.

(19) /AiU,pl.8,f.K.

(ao) GniU. 1. c. , f. L.

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O&0AK£8 RBPBODUCTBUns. 4^^

de proémiDeDcespoÎDtues(3i),queM«'AiDici concoDsidère comme des espèces de couvercles termiDés en pointe.

La forme générale des grains de pollen est le plus sonveut globuleuse (aa)^ ovoïde (a3) ou ellipsoïde (^4) ^^^'^ les dicotylédones; en ellipsoïde alongé dans les monoco* tylédones (a5). On remarque souvent, et Malpighi l'avait déjà observé (26), que les grains ovoïdes on ellipsoïdes sont marqués sur un de leurs côtés d'une cannelure longitudinale, analogue à celle du graii^ de blé. On trouve ausô des polleDS dont les grains sont polyédriques ou à facettes (2j) multiples , comme dans les chicoracées; il en est d'à*peu-près triédres, comme ceux des protéacées^ des onagraires; ceux du colutea sont ovoides, comme tronqués aux deux extrémités, etc. Parmi les pollens efiipsoldes ou alongés, on en trouve quelquefois de courbés: Grew en cite même de ramifiés (a8) -, mais celte observatÎQn ne parait pas avoir été vérifiée. En général , les plantes d^une même famille ont des pollens de forme à-peu-près semblable; mais on retrouve des formes analogues dans des familles fort différentes.

Chaque grain de pollen renferme à l'intérieur un liquide qui parait de nature un peu visqueuse, et qui a été Doanné fovillai c'est la véritable liqueur fécondante des végétaux. Gleichen et M. Guillemin ont vu que cette liqueur renferme

(aij Gain. 1. c pi. 8, f. H. I. (M) Ihià. f. E. G. H. K.

(a4) /«ii.,f. B.

(a5}^Wrf: , f. C%

(26) AjiaX. plant, i , p. 64» f. 168.

(^7) GuUL 1. c. f. N.

' (aS) Anat. plant. , pi. 58.

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468 aRGANBS ftEPRODVCTBVas.

de petits grains, que le second de ces naturalistes a nommés granules. Ces granules lui paraissent être les analogues des animalcules spermatiques des animaux, et sembtetit d'après aneobservation, doués d'un mouvement qui leur est propre. Les grains de pollen sont susceptibles de s'ouvrir « kur maturité 9 soit quelquefois par une déhiscence régulière, soit plus ordinairement par une rupture irrégulière; cette ouverture est particulièrement déterminée par le contact de Teau : celie-cî est aussi quelquefois absorbée par les grains du pollen , d'après fes observations de M» Guillemin, et la fo villa délayée par elle semble sortir d'une manière insensible; on pense généralement que les grains de pollen , en tombant sur le stigmate, qui est presque toujours humide et visqueux à Fépoque de ïa fécondation, s'y ouvrent et y déposent la fovilla. Celle-ci parait absorbée par le stigmate, qui joue le rôle de spongible , et transmise aux ovules. Les uns ont pensé que cette liqueur fécondi^nte, en arrivant aux ovules, excite le jeune embryon» et lui imprime le mouvement vital; d'autres pensent que les granules pénétrent jusques dans les ovules et y forment Fembryon (*); mais, dans un sujet si délicat, il est difficile d'avoir une opinion arrêtée : je me permettrai seulement d'observer que la présence constante des animalcules dans la liqueur fécondante des-animaux et des granules dans celle it% plantes , ne suffit pas pour détruire l'opinion de la préexistence des germes dans les ovules, et l'on pourrait croire, avec quelque vraisemblance, que les animalcules

C^) Nous apprenons qu6 M. AdolpheBrongniart TÎentde sontenir de oouvean cette thèse ^ dans un Mémoire très-important sur la ffr nèration des plantes, qai a éië In à Tinstitut, pendant Timpressio» de cet ouTtage.

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OfiCAIIES BBPRODUGT£URS« 4^9

•OU les granules soot les agens .excitateurs du germe préexistant dans l'ovule. Cette question , plus physiologique quV natonuque , serait déplacée ici, et je me bfite de reprendre' la description des organes mâles des plaptes.

Les étamines peuvent être cohérentes on soudées ensemble, daprjs trois systèmes différens, savoir : par les filets, parles anthères, ou par l'un et l'autre organes à-la-fois.

Lorsque la cohérence a lieu par les filets , ob a coutume de dire que les étamines sont monadelphes ^ quand tous les filets sont soudés ensemble; ^/We^Ae^^ quand ils forment deux faisceaux ; polyadelphes^ quand ils en forment "plusieurs : mais ces termes sont très-loin de dopner une idée complète de la variété des cas réels.

La cohérence des filets entre eux est d'autant plus facile, que ces filets. sont naturellement de forme plus aplatie et plus rapprochés dans leur position primitive ; elle peut avoir lieu à tous les degrés , comme celle des pétales*, ainsi il y a des étamines dont les filets sopt cohérens seulement par la base : par exemple, plusieurs œillets (ag)d'autres on ils le sont jusqu'au milieu; par exemple, les deux étamines du salix incana^ d'autr^ où la soudure va très-près du sonunet , ou jusqu'au sommet, comme dans la.plnpart des méliacées^ quelques mahacées (3o), etc. On en trouve^ même qui deviennent libres par leurs bases il la fin de lafleuraison^ et restent soudés parle sommet, par exemple , dans les /o£e/ia (3i). Sous ces rapports, on trouverait autant de différences entre les étamines cohérentes qu'entre les pétales réunis en corolle gamopétale.

(^9 Vent. Jard. Cels. , pi. 3g .

(3o) Turp. IcoD. , pi. 33 1 f. 9, lo.

(3i) /AiU,f. 5. ,

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470 OBGAlfXS BBPBODUCTEURS.

SouveDt, dans la même flcor, le degré de cohérence des filets entre eax est très-inégal, comme on le voit entre les pétales des corolles îrrégulières.

La cohérence des filets peut avoir lien d'une manière uniforme entre toutes les étamines, soit que celles-ci se pré-: sentent sur un seul rang, comme dans la plupart des amaranthacées et des méliacées, soit sur plusieurs rangs soudés ensemble par leur base , comme dans les malvacées.

Âifleurs, les étamines sont distribuées régulièrement par faisceaux soudés ensemble par la base, et ces faisceaux sont en rapport symétrique avec les sépales ou les carpelles. Ainsi les étamines des millepertuis ou des mc/à" leuca (Sa) forment cinq fkîsceaux alternes avec les pétales , et composés chacun d'un nombre à-peu-près déterminé d'étamincs. Quelquefois les étamines étant à-peu-près sur un seul rang et en nombre double des pétales, comme dans les pâipilionacées, leurs filets se soudent entre eux, ou tous ensemble, en une gaine cylindrique, comme dans le cytise, ou, neuf ensemble, en une gaine fendue, du côté supérieur, et la dixième reste libre, comme dans le baguenaudîer (33), ou cinq d'un côté, et cinq de Faulre, formant deux demi-gaînes , comnie dans Xœschihomene^ ou en deux faisceaux latéraux, et une seule libre, comme dans plusieurs dalbergia. D'autres systèmes de cohérences plus singulières se remarquent dans quelques autres familles. Ainsi, dans plusieurs crucifères, telles que Kccthionema (34), le sterigma (35), sur six étamines, les deux latérales sont

(3«) Tarp. Iconog. , pi. aa, f. la.

(33) IbitL.Î. II.

(34) Delcw.Icon. sel. , toI. a, pi. 74# 75» 'fi* O^; i&Ml.,pl.83,fti.

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OBGANSS RXrRODVCTXURS. 4/ ^

toujours libres, et les quatre autres sont soudées par les filets, deux il deux, soh en partie soit en totalité; il faut remarquer que dans les genres qui présentent cette disposition , lorsque ces filets restent libres , ils offrent une dent saillante du côté oà fls tendent à s'unir avec leur voisin. Dans les courges, sur cinq filets d'étàmiaes, il y en a le plus souTent un libre, au-moins à la base, et deux soudés iotimement deux ii deux. Dans lesfiimeterres et les genres de la même famille, on trouve deux faisceaux qui portent chacun trois anthères : celle du mib'eu à deux loges, les deux htérales à une loge ; d'où Ton peut présumer que le nombre réel tes Siets est de quatre, soudés deux à deux* • Lorsque les étamines sont soudées par leurs anthères, elles portent le nom de synanthénées ou syngénètes^ ce phénomène, quoique moins varié que le précédent, offre encore quelques nuances : en général il a Ueu sur toutes les anthères de la fleur en même-temps , et leur cohérence forme alors une espè(?e d'anneau au travers duquel le s^ie passe. Dans ce cas, les anthères ainsi soudées sont introrses, s'ouvrent par des fentes longitudinales^ et le stigmate, en s'alongeant dans l'intérieur de l'anneau, se charge ^u pollen des anthères. C'est ce qu'on observe dans la vaste famille des composées et d^ns quelques campanulacées. Quelquefois les deux loges de l'anthère étant séparées par une bifurcation du filet ou l'jlongeroent du connectif , vont chacune de leur côté se souder, avec la loge de l'étamine voisine , et forment ainsi des groupes biloculaires,qu'on pourrait prendre pour uiie véritable anthère : cette singulière conformation se présente dans les stapelia et peut-être dans l'anthère biloculaire des fumariacées. Enfin la troisième combinaison est celle des étamines

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47< PBGANES BEPB0DUCTEUB9.

col^éreDles à^U-fois par le| filets et par les anthères. On n'en coooait encore qu'un petit nombre d'exemples. Le hamadesia^ genre déjà famille des composées, a cinq étamines, dont les filets sont soudés en un tube complet, et les anthères en un anneau dont les loges s'ouvrent â l'intérieur : les sjmphpniées (tribu ou £imilie entre les gnttifères et les méliacées ), ont les filets sondés en tube, et les anthères s'ouvrant par des fentes longiuidinales en dehors c)u tube, phénomène qui ressemble un peu à la structure des cucurbitacées. Le salue improprement appelé monandra (36) , offre deux étamines soudées par le filet et par l'anthère* Le morina persica Xj^'j) a quatre étamines fertiles soudées deux à deux par l'anthère et le filet. Enfin Fjf parait avoir huit à dix étammes soudées par le filet et par les anthères, ce qui forme une espèce de pivot qui s'épanouit au sommet en un disque portant les anthères à la face inférieure; c'est cette forme de filet que quelques auteurs ont nommée andropkore. Tous ces exemples se reconnaissent, soit par la dissection, soit par la comparaison avec les genres ou espèces analogues.

Les élamines, comme je Tai dit plus haut, naissent toujours du torus, très-près de la partie de cet organe d'où naissent les pétales. Elles contractent facilement des adhérences avec c^ux-ci; mais ces adhérences sout très-fréquentes quand les pétales eux-mêmes sont cohérens entre eux, très-rares au contraire quand ils sont libres. Ainsi, parmi toutes les corolles gamopétales, les filets des éta-

(36) Hoffm.Sal., pi. I.

(37) Coullcf Dipsac. , pi. i, danè le vol., II de» Mcm. de la 600. de GeneTC.

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OBGAlKBS BEPBOJDUGTKUBf. 4?^

mines lonl soudés avec la corolle , excepté daos les cauipanulacées, et parmi les poljpétales^ les étamioe^ ne sont adhérentes aox pétales, et méoie faiblemeot, qtie dans ies malvacées, les caryophyllées, etc.

Que le rôle des étamines soit d'être les organes mâles, c'est ce que mes exposerons en détail dans la physiologie ; il suffit flé dise ici que celte opinion , presqu'unanimemcDt admise, repose, i.<> sur l'exàiaen de leur structure; a.9 sur ce que les âeurs qui en sont dépourvues j ou uatu* Tellement, <:ofluiie les plantes dioïques, ou artificiellement, comme les fiantes mutilées par les insectes, ou à dessein par les naturalistes, soot habituellement stériles; 3.* sur les mulets ou hybrides végétaux qui se font accidentellement ou à dessein prémédité, lorsqu'une partie du pollen d'une plante est portée sur Te stigmate d'une autre.

ARTICLE V

Du Pistil ou de» Carpelles.

Le pistil, vu dans son ensemble, est très-évidemment l'organe femelle de la fleur, puisqu'on le voit après la ileuraison se transformer en fruit et renfermer les graines. Il a été long-temps, ainsi que spn nom l'indique, considéré icomme un organe unique; maissa structure, et surtout celle fdu fruit qui lui succède, ne deviennent intelligibles quelorsqu'on considère le pistil, de la qaême manière que tous les autres organes de la fleur, c'est-à-dire comme composé d'organes élémentaires, tantôt libres, tantôt cobérens ensemble : ce sont ces organes élémentaires que j'ai nommés carpelles.

Les carpelles naissent du centre de la fleur, disposés d'après divers systèmes dont voici les principaux, savoir : 1.** Ils sont verticillés autour d'un axe réel, qui est le pro-

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4;4 ORGAXIS RBPAO DUCTXUR8.

loDgemeot du pédicelie, et adbérens'i cet cze on colonDt cemnle par leuraftgle ioteme. Cest ce qui a Eeu, par exemple, dans les malvaGees (i), oà Pon yM cmq oa plasienrs carpelles disposés «ntour d'une colonoe qui part da pédkeUe. Cette coloone s'épanouit (dans les steg£a(%\ par exemple), eo une espèce de disque termisal, et les carpelles sont adhéretts à cet axe par leur angi^ténear. Oo observe une organisation analogue dans les eupkoiiiacées (3); aussi remarqoe-t-on avec élonnemait que certains genres étrangers, tels que kgynuâeittoB (4) , semblent intermédiaires entre ces deux familles d'aiMeurs si différentes.

2.* Oil trouve encore des carpelles yerticittés au wat^ met d'une colonne centrale, mais pendans de ce sommer, et n'y adhérant par^ônséquent que • par la sommité d^ leur angle interne. C'est ce qu'on voit dans les géram'ées(5); les cinq carpelles n'adhèrent pas à la colonne par leur bord, mais pendent de son sommet par uù pédicelle alongé.

3-* Les carpelles peuvent ^encore être vertidllés au sommet dePaxe, mais dressés et adhéreos par la base de leur angle interne ; tantôt cet axe est tellement court , qu'on Pa considéré comme nul; c'est ce qu'on voit par exemple dans tontes les crassulacées (6), dans les aconits, les ancolîes, les illicium^ etc.; la place de la colonne est alors

(i) Lam. ill., pi. 67861 suit.

(a) Ihid., pl.582. Lavatera^f. i. d. «./.

(3) Gaertû. fmct. , pi. 107.

(4) Desfont., Mén. nms. 6> pi. 8 et 10.

(5) Lam. ill. , pi. $73 et 674.

(6) Gœrtn. fruct , pi. 65, où sont rJuais les divers cxexuplei elles iei.

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OBGANBS BBFRODUeTBVBS. 4?^

Vacante an centre du verticiUe formé par les carpelles. Tantdt l'axe est un peix prolongé, et le terticillé des carpeHes est comme soulevé, ainsi cpie cela a lieu dans pin- . sieurs mtacées (7).

4-* Les carpelles peuvent être disposés en épi autour de la colonne centrale , comme on*le voit très-clairement dans le tulipier (8), le magnolia, les renoncules de la section des renoncnlastres, le myosurus, etc. Ces carpelles en épi offrent quelquefois à lent base de petites écailles qu'on pourrait considérer comme de véritables bractées <ïarpellaires; J'ai observé ces bractées carpellaires dans quelques renonculacées : la nature de ces organes mérite encore l'attention des observateurs.

5.* Si la colonne est fort courte ou arrondie au -lieu d'être alongée, les carpelles, au-lieu de former un épi, comme dans le cas précédent, peuvent être agglomérés en tête plus ou moins serrée autour de -cette colonne, comme on le voit dans les ronces, le fraisier (où la colonne est charnue (9)), les annones, la plupart des renoncules (10), des alisma, etc.

6.* Enfin les carpelles peuvent être dispersés sur les parois mêmes du torus adhérant au calice, comme on le voit dans le genre des rosiers (11), seul exemple peut-être ^e celte conformation dans tout le règne végétal.

Toutes les dispositions précédentes supposent la pluralité des carpelles, et c'est en effet dans mon opinion Fétat

(7) Ad. JiMSten , Mon. des RnUe., pi. 17, f. ^; - ■

(8) Gaertn fruct. , pi. 178.

(9) Hayn. Term. , pi. 27, f. 5. d,

(10) Tnrp. Icon. , pi. 54 , f. 5, 6.

(11) Ilnd.,1^1 3a, f. 4.

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4/6 OR4àANB6 EKPRODTJCTE1IB5.

naturel et normal des fleurs; mais toutes peuvent par des avortemeos ou ^es cohérences se itfuire à Funké, soit en réalité, soit en apparence. Nous en examinerona toutà-i1ieare les conséquences. Il convient d'examiner auparavant la structure du carpelle étudié isolément

Chaque carpelle peut être considéré comme une petite feuille courbée ou pliée en-dedans sur elle-même, qui renferme les germes que la fécondation doit développer. Ces germes portent le nom à' oonles^ et la portion du carpelle qui les renferme celui d'ovaire. Les carpelles sont ordinairement sessiles^ quelquefois punis à leur base d'nu petit support indépendant de la colonne centrale, et^qoi représente le pétiole de la feuille; ce petit suppost ref;oit le nom de thecaphorç. U est visible dans plusieurs surculia(j,%)^ dans un assez grand nombre de légumineuses, de capparidée;s ( 1 3) , etc«

I.«es ovules naissent presque toujours attachés a» bord de la petite feuille qui, en se pliant, forme Fovaire, ou,ce qui est dire la même chose, d'un et d'autre côté de l'angle interne du carpelle ; la portion , ordinairement un peu épaisse où ils adhèrent, porte le nom de placenta ^ la sommité du placenta, et du carpelle se prolonge en un filet, tantôt très-long, tantôt très-court, qu^on nomix^ \e style (stylus), et celui-ci porte un organe glanduleux, gluant au moment de la fécondation, qui reçoit le pollen, le fait éclater, et s'imbibe de la fovilla : c'est une espèce de spongiole pistillaire qu'on nomme stigmate (stygdia'). Reprenons

(i3) Car. Disti. 5, pi. \^i, i4a» i43, t44* (i3} Notamment dans le cUome lon^ipes , où il a près d*an pifd de longueur»

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OHQANBS BSrilODUCTBVnS. 4??

Rapidement ces divers points sar lesquels nons serons obligés de revenir plus en détail en parlant du fruit.

L'analogie du carpelle avec les feuilles se déduit des motifs suivans : i .<> il a fréquemment la même consistance, la même couleur, la même faculté de décomposer le gaz acide carbonique a la lumière ; a.* il porte fréquemment des stomates , et quand il a des poils ou des glandes 9 ces organes ont souvent de l'analogie avec ceux des feuilles; 3.0 il présente trés«souvent des nervures fort analogues par leurllistribution avec celles des feuilles. 4** Les ovules sont situés dans la plupart des carpelles aux places mêmes qui correspondent aux germes qui, dans quelque» feuilles, telles que celles du bryophyllum^ se développent sans fécondation. 5.* Il n'est pas très-rare de voir, par dégénèrescence, des carpelles se développer en véritablesi^feuilles, comme je lai observé dans le îathyrus latifàlius (i4). On vok aussi , et très-facilement, cette analogie dans certaines monstruosités de cerisiers qui, au-lieu d'un seul carpelle, en portent plusieurs, tantôt à l'état de carpelles ordi* naires (i5), t;^ntôt à l'état de feuilles ^liées sur elles* mêmes (16).

- L'ovaire du carpelle étant formé par la courbure on la plicatûre d'une feuille , présente dans divers cas des formes en rapport avec son origine; ainsi, lorsqu'il est libre de toute pression ou de toute cohérence avec %^% voisins, il est, ou comprimé et plane sur les côtés, quand les deux moitiés de la feuille sont planes et appliquées Fune contre l'autre , comme dans les pois ; ou bombé sur les

• (i4) DC. , Mém. lëgum.y pi. 3, f. 1, 3. (i5) DC. , Jard. de GenéTC, p). 18.

(iH) Tubernaem. Icon. ; pi. 983.

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47^ OUCAIfXS BXPRODUCTJllTRf/

çàié^ j mais avec une nervure dorsale, quand h feuille a une nervure moyenne, et que ses côtés sont courbés Tun sur Taotre, comme dans le baricot ou le baguenandier; courbés presqu'en forme de. cornet quand la feuille n'a point de nervure moyenne, comme dans le colchique (i 7). U arrive quelquefois que les bords de la feuille se replient sur eux-mêmes à l'intérieur, et forment des carpelle a deux loges, comme dans les astragales (18). Lorsque les carpelles sont vertidllés et serrés les uns contre les autres, alors ils prennent par suite de leur pression une forme triangulaire , les deux faces latérales planes et inclinées ea biseau, k fiice dorsale plane ou convexe, ou même aognlaire : c'est ce qu'on voit dans les crassulacées. Cet effet est encore plus prononcé quand les carpelles sont soudés* essemblç par les faces latérales*

Le style part du carpelle originairement vers le soamet, quelquefois vers le milieu ou à la base du bord intérieur^ comme on le voit dans les alckemilla* Le point d où le style part est toujours celui où aboutit le placenta. La longueur du styke est déterminée par la proportion qui doit exister entre la position du stigmate et celle des anthères', lorsqu'il manque, le stigmate est sessile au sommet de l'ovaire. La forme du style est ordinairement grêle, cyUndrique et simple. Mais comme les ovules sont, en général, disposés sur deux rangs ou sur deux placentas; chacun d'eux a son prolopgement stylaire, et le style de chaque carpelle peut être considéré comme formé de deux styles partiels , tantôt totalement libres, tantôt plus ou moins soudés ensemble, et alors on dit du

(17) G«rtii. fruct. I, pi, 18.

(18) DC. , Astrtg. , toutes les pUtiehes.

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OB6ANE8 BBPRObuCTBVBS. 479

Style qu'il est bifide , et qu'il y a deux stigmates. La fiiioille des euphorbiacées QM>Dlre très-bien ces divers états des styles carpellaires , tantôt simples , taetdt fourchus (19).

Lorsque les styles se détachent on $*élèvent des carpelles, ils sont le plus souvent libres, quelquefois soudés ayec la colonne centrale, comme dans les géraniées. .

Le stigmate est^ avons-nous dit , une sorte de spongiole supportée par le pbul. Il est ordinairement situé à l'extrémité des styleé carpellaires, et Ton dit qu'il n'y en a qu'un quand les deux styles placentaires sont soudés jusqu'à l'extrémité, et qu'il y en a deux quand ils ne sont soudés que dans une partie de leur longueur : cette manière de s'exprimer a fait souvent confondre les branches du style avec les stigmates : ceux-ci ne sont réellement que la partie glandulaire, quelle que soit la place qu'elle occupe ; ainsi, par exemple, dans plusieurs légumineuses, cette portion glandulaire est latérale vers l'extrémité du style -, dans les iris, les branches des styles sont planes, pétaloïdes, et a deux lèvres. La supérieure trés^longue, et souvent bifide à son sommet; l'inférieure très-courte : c'est dans la fente transversale qui résulte^e la position de ces deux lèvires, que se trouve la partie glandulaire , ou le véritable stigmate (ao).

Le stigmate (21), quelle que soit sa position et sa forme,

(19} Ad. Jqss. mon. des Euphorb. , toutes les planches.

(fto) Yoyei dans les ^rnia/i 0/ Bot, , toI. 1, p. 4119 Q* article > où M. KOnig rend un compte fort intéressant des trayaux de Kolrenter, Cayanilles et Cari. Sprengel , sur les vrais stigmates de riris. Voy. aussi Scbkuhr. handb. , pU 5 &û , f. c. e,f,

(ai) Voy. Grew. Anat. , pi. 56, f. 7; pi. 5g, f. 6} pi. 60, f. 4 et 5. Malp. Oper., éd. in-4*^ '> P^ ^7» ^* ^^^* Hedw. Samrol 1^ pi. 4, f. 8 et 9.

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48o oneAiffift rbpboductxurs^

est hérissé de papilles visqueuses; le pollen y quand il tombe sur lui, éprcmve l'action de cette humidité; il s*&-' date : la fo villa est pompée par les spongîoles, et en leur faisant absorber des Uqueurs colorées , comme Ta fait BuUiard, on voit que le liquide absorbé parle stigmate suit les vaisseaux dans Tintérieur du style, pénètre de là dans le placenta, et arrive ainsi aux ovules. C'est par cette route que ae fait la fécondation végétale. L'ensemble des vaisseaux qui vont des stigmates aux graines , porte le nom de cordon pistillaitt^ nous j reviendrons en parlant du fruit.

Le style porte en outre, dans quelques plantes, des poils non glanduleux, qui ont été désignés par M. Cassinî,sons le nom de poils balayeurs (sa) (pili cottectores) ; on les trouve dans les composées : ils servent a exciter les anthères, à déterminer leur défaiscence, et à entraîner le poUen sur \^ stigmates. Les campanulacées présentent aussi des poils collecteurs qui, par la position et la structuré, paraissent très-semblables à ceux des composées; mais il ne serait pas impossible que leur rôle fut un peu différent.Ene(tet,la partie du pistil des campanules, qu*on qualifie par analogie du nom de stgmate, parait complè-^ tement inaccessible au pollen à l'époque de la fleuraison, et M. Cassini soupçonne que les poils jouent peut-être le r61e de stigmates (^^3); ce sujet mérite d'être étudié de nouveau avec soin.

Les carpelles ont plus de tendance k se souder entre eux que les organes plus extérieurs,- ce qui tient sans

(ao) Casftîni, Bull, phîlom. Juin. i8i8. Joarn*. phjf. Octob. i8i3. Opusc. phytol. a, p'. 3;^. Du PetiuTh. , Bulî. phîlom. Août 1818.

(a3; Grevr. Anat. , pL 60, f. 3 ei 5; pi. 61 , f. 5^ pi. 6a , f. 3v

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ORGANES R£PROD1]CTBUB9k /^Sï

doute à lenc plus grand rapprocbemeot^détermiDé, soit par leur positiou^ soit par la pression des organes e^té* rieurs. Nous devons donc étudier avec soin les nouvelles apparences qui résultent de ces cohérences ^ soit des carpelles en totalité, soit de quelqu'une de leurs parties. Cette soudure peut avoir lieu par les ovaires seuls; par les ovaires et les styles; par les ovaires, les styles et les stigmates; par le$ styles et les stigmates (les ovaires restant libres); et enfin par les stigmates seuls.

Lorsque deux ou plusieurs carpelles se soudent en* setnble parles ovaires, il en résulte un ovaire composé de plusieurs ovaires partiels qui y déterminent autant de loges qu'il y avait de carpelles; /:ette soudure n'a généralement lieu que dans les carpelles vertjcillés, et il en résulte un ovaire général à loges ver ticiilées > autour d'un axe réel ou idéal. Ces loges .^ont trièdres avec l'angle iotérieur aigu, et la face externe conv;exe : nous verrons, en patlant du fruit, les combinaisons internes qui résultent de ces soudures; }e me borne à reknarquer pour le moment^ que tout ovaire à plusieurs loges verticillées ou opposées, est formé par la soudure des ovaires de plusieurs carpelles* On a coutume, dans ce cas, de dire très-improprement que la piaule- est mouogyne et polystyle, ou à un seul ovaire et plusieurs styles; taodis^ qu'il conviendrait peut-être miçux de dire qu elle est gajnogastre ou à ovaires soudés. La soudure des ovaires peut avoir lieu par la base seulement, comme dans le nigella orientalis^ ou jusqu'à la moitié environ de leur longueur, co<nme dans le nigella arveasîs^ ,ou enfin jusqu'<iu sommet, ce qui est le cas, le plus fréquent : les ovaires partiels à moitié soudés forment les ovaires dits fen'Jus ou braucbus.

2 orne /«'•. 3l

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4Sa OBOAlfBft AXPBODUCTBUES.

Lorsqu*oQtrç les oraires ^ leï styles partiels sont encore soudés entre eax, aa-moins dans une partie notable de lenr longueur, il résulte de leur cohérence un style en apparence unique, mais formé réellement d'autant de styles partiels qu'il y avait de carpeUes. On dit alors que la fleur est monostyle ^ ce qui serait exprimé plus exactement par le mot de gamostyle : dans Cd cas, les stigmates ou les branches qui les portent, sont distincts; ils sont toujours en nombre égal ou double de celui des Ic^es de l'ovaire; ils sont en nombre égal, quand les styles qui naissent de chaque placenta se soudent en un seul jusqu'au sommet; en nombre double, quand les styies pUcentaires restent distincts vers le sommet. Ainsi, les euphorbiacées ont indifféremment trois ou six stigmates, quand elles ont trois carpelles primitifs.

Enfin, quand les stigmates partiels sont tous soudés ensemble, il en résulte un stigmate en apparence unique^ tantôt arrondi, tantôt plus on moins divisé en angles ou en protubérances, dont le nombre est égal ou double de celui des carpelles; ceux-ci sont alors soudés dans leur totalité.

La cohérence peut avoir lieu en sens inverse ; ainsi, par exemple, dans plusieurs apocinées, les ovaires restent libres et distincts les uns des autres, et les styles partiels se soudent en un seul, comme dans les asciepiasÇyi^)} quelquefois les styles sont si courts, que la soudure n'a Keu que par les stigmates, comme on le voit dans les sta^ peiîm. Ce genre d'organisation était si peu explicable dans les idées ordinaires, qu'on ne lui avait donné aucun nom,

(a4) Turpin Icon., pi. 24»^- 4«

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OKGAKBS BBPROBVCTBURb. ^^t

m qo'oD plaçait les fleurs où ce phénomène existe, tantôt parmi celles à un, tantôt p^mi Celles' i deux pistas. Plosienrs des phénomènes que présentent les parties du pistil, M seront intelligibles que lorsque nous aurons exposé la structure des fruits; ainsi, nous n'enfî^rons mention qu'en traitant du fruit au chapitre suivant, quoique quelques* tins ai^artiennent réellement à l'histoire de la fleur.

ARTICLE VI

JDu Torus et des Adhérences ^uUl détermine entre les parties desfieurs^

Le lorus ou réceptacle ptopi^ des fleurs, paraît ètiNi une expausion Ai sommet du pédicelle, de laquelle nais^ sent les pétales et tes étamines, et qu'on peut considérer comme la base de toutes les parties mâles ou coroHAires des fleurs. Cette basé des pétales et des étamines^ étant formée par des avortemens ou des développemetis par* tiels de ces orgaMes^ ne mérite pas réellemem le nom d'orgàae ; mais on est obligé de la décrire sous un nom td , pour ériter de longues périphrases. M. Turpin, qui admet aussi qi/îl est formé par des bases d'étamiues avortées, Ta bien décrit sous le nom à^pltycostènte (i),nom qui eût été très-convenable à admettre, si ceini de torus u'avait'pas été proposé par M. Salisbury (s), bien des années auparavftt.

Le torus est générateiaent (peut-être toujours) dépourvxi de stomates à ^extérieur et de trachées à Tintérienr; il e^^ eoloré de teintes variées. Manches, rouges, faunes ou bleueis , mais presque famais veftes ; il Be décompose point le gaz 2it\iit carbonique, et ffCTerdir point à la hmrière :

fi) IconogT. , p. 53, pil. i4; elMélii. Mas. d'fiist. mit., ^ol. 5. ' (a) Trans. Lin. Soc. Lond. 2 , p. iïJt.

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484 ORGAIVBS BBPRODUCTEURS*

il porte quelquefois des glaudes et des poils; mais ces glandes et ces poHs sont d'une nature fort différente de celles qu'on trouve sur les organes foliacés; il détruit le gaz oxigène de Tair ambiant, et le transforme eu adde carbonique en lui fournissant le carbone aux dépens de sa propre substance*

Cet orgaoe joue surtout un rôle important dans la structure des fleurs, à cause de ses productions et de ses connexions. Ses productions sont : i.* les étamines et les pétales que nous avons décrits ci-dessus k leur état ordinaire; 2.* des glandes nectarifères sur lesquelles nous reviendrons tout-à>-rbeupe; 3.o des expansions averses qui présentent une grande ressemblance avec des pétales oa avec des étamines, et qui ont été souvent confondues avec les unes ou avec les autres. Ainsi, par exemple, on re* marque dans Tancolie de petites écailles lancéolées, planes et pointues, situées entre les étamines et le pistil, et qu'on pourrait dire, ou des étamines avortées, ou des pétales intérieurs; ces organes naissent du torus,et persistent quelquefois autour de la basé du fruit. Des organes analogues à ceux-ci, mais d'une apparence plus péuloide, ipkis grands et en plus grand nombre, naissent entre les étanunes et les carpelles de Xeup^matia laurina (3) , et s<ftt aussi des production^ du torus. On trouve dans la pivoine moutan (4) ces mêmes orgâoes soudés entre eux, fSt fbrmant une espèce d'involucre pétaloSde autour des ovaires, et dans la variété de cet arbuste qu' Andrews a nomïùépapaueracea , iU reçouvrouC les Carpelles sans adhérer

(3) B'rown. gcn. rem., pi. a.

' , (4) DCy Mem. n^mph. ,, pi. i eia. dans M«m. Soc. Geoè?.,

Tol. I. Turp. Iconog. , pl.jtif, f. 14,

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OBGANES BEPROBVCTBURS. 48^

avec eux. M. Brown a rémarqué que. ces appendices por* tent quelquefois des aothères, et Tod est ainsi autorisé à les considérer comme des étamines avortées. Si je les ai mentionnées ici comme des productions du torus , ce qui est aussi vrai, c'est que leur structure me 'servira tout-àl'heure à faire comprendre les développemens de cet organe.

Le torus, dans un très-grand nombre de plantes, est peu étendu et strictement réduit k l'espace circulaire étroit qui se trouve entre le calice et le pistil. C'est alors de cette Eone située souslovaire que naissent les pétales et les éta«inines; on les désigne par Tépithéte Shypogynes^ et Jes plantes qui ont cette organisation, par celle de thalami* flores. Dans ce cas, tous les principaux orgaâes de la fleur, le calice, l'ovaine et les productions du tords, sont néces^ sairemerjt*distincts , et nullement adbérens ensemble. Mais il arrive fréquemment que le torus s'étend , soit du côté intérieur sur le pistil ou sur son support, soit du côté ex* teneur sur le calice, soit sur l'un et l'autre à^a-fois, et qu'il contracte une adhérence intime, soit avec l'un de ces organes , soit avec tous deux. Suivons les détails et lea conséquences de ces adhérence^ du torus.

Dans un grand nombre de légumineuses, le torus^se prolonge autour du pédicelle très -grêle qui supporte l'ovaire et forme une espèce de petite gaine , tantôt Irès^ courte , comme dans le peraUea{S)y tantôt aussi longue que le pédicelle, et atteignant la base de l'ovaire dans le neurocarpum ellipticum, et le martiusia. Dans plusîfurs capparidées , le torus se prolonge et entoure intimement

(5) Humh. clKanlhnov. gon., pi. 5S9.

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486 ORGANES HBPRODUCTBUBS*

k base du support, qui soutient le fruit, par exemple, dipis UhgyMandropsis, et les étamines naisseut du haut de qet|e gaine. Dans les aurautiacées, le torus qui est épais et glanduleux j se prolougie et s'applicpie lutinemeot sur le$ qujpéiies verticiUés et membraneux de ces plantes, et, eo grandissant avec le fruit, forme l'enveloppe glanduleuse , jaune et sans valve, qui renferme les carpelles. La même cbpse a Uen dans le pavot, excepté que la lame du torus est pûnce, fortement adhérente, et n'arrive pas tout-à-fait fusqu'au sommet des carpelles, de sorte ^ue ceuxrci s'ouvrent pav le sommet è leur maturité; tuéis^ retenus par la lan^e du torus, leurs ouvertures ne se font que par 1 extrémité seule (6). Il en est de même du fruit du nupliar, et l'on voit que cesexemples ne diffèrent de celui ànpaeonîQ moukm , cité fdus haut , qu'en ce que le prolongement du torus s'adhère |>as aux carpelles qu'3 enveloppe dans cette pivoine, tandis qu'il adhère avec eux dans le pavot et le nupfaar. Le torus des Ti^xiïpAaM» (7) présente de plus une autre parti* colarité; c'est que les étaoïines adhèrent par leur base à cette portion du torus qui est collée sur l'ovaire, de sorte qu'elles ont l'air de naître de la face latérale de celdki : c'est ce qu'on avait désigné par le pom d'iaBerûou. pleuwgynique.

Dans tous ces exemples, qu'il serait facile de multiplier, on a des preuves évidentes de ce prolongement, et de l'adhérence du torus sur les carpeUes ou sur leur support* Ce n'est que dans les plantes à ovaire libre, et à étamines nombreuses, qu'on peut espérer de les rencontrer avec quelque évidence.

Le second cas qui se présente plus fréquemment que le

(6) DC. , Mém. nymph. , pi. a , f. 9.

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OBGAIfBS BBFBODUGTEUBS. 4^7

préoédent, est cdai où le torus est adhéreDt et coiame cdlé snr k base du calice; comme c'est de cette portion du torus qui adhère au calice, que naissent les étamines et les pétales y ces organes semblent nidtre du calice , et les plantes dans lesquelles cette organisation a Ueu^ sont par ce motif dites cnlycifioret^ comme dans ce cas, la base des étamines est un peu au-dessus de la base de l'ovaire, on leur a aussi donné le nom Atpérigynes; on peut voir cette adhérence du torus sur la base du calice dans les salicatres, dans la plupart des légumineuses, dans les rosacées et les fioQîdes à ovaire libre, etc. La portion du torus, soudée au calice, présente Tapparence d'une membrane, soitpétaloide, soit calleuse, soit glandulaire, et diffère sensiblement dé la portion du* calice qui n'est pas revêtue de ce ourps intérieur.

La conséquence immédiitte de cette adhérence du torua au calice, c'est que les sépales sont nécessairement cohérens ensemble par leur base en un calice gamosépale, ou, comme on dit, monopbylle ou d'une seule pièce. Quelquefois l'adhérence du torus 9e prolonge très-loin sur le calice, comme dans les salicaires (8)5 et alors les pétales et les étamines naissent vers le haut du tube; quelquefois l'adhérence se prolonge très-peu, et alors les pétales et les étamines naissent près de la b^se du calice; dans ce dernier cas, qu'on remarque dans les légumineuses et les térébinthacées, il est quelquefois difficile de recoonaitre autrement que par l'analogie^ si les étamines sont hypogynes ou périgynes; il est quelques cas ou la portion du torus, soudée au calice, s'épaissit à son sommet, et forme une

(8) Schknhr handb., pL 118, f. d.

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488 ORGAKES REPhODUCTEURS.

espèce de disque , duquel les pétales et les étamioes pren*i neot DaissâBce : c'est ce qu'où voit dans plusieurs rhftmoées . et célastrîoées.

Ou peut remarquer ed général, que lorsque le torus est non adhérent au calice, ou en d'autres termes dans les fleurs hypogynes , les pétales des plantes d'une même famille sont ou (Constamment libres entre eux , comme dans la classe des tfaalamiflores, ou constamnaent soudés, comme dans celle des cot[2ltlfiû£fi&9 tandis qu'au contraire, la plupart des familles des calyciflores présentent presqu'indifféremment des corolles à pétales libres on cohérens, comme on le voit dans les rhamnées, les légumineuses, les eu* curbitacées, les crassulacées, les portulacées^ les caprîfoliacées, etc.

Nous venons de voir ce qui a lieu lorsque le torus adhère, soit à l'ovaire, soit au calice seulement. Examinons de même ce qui se passe lorsqu'il adhère aux deux organes àlafois.

Le torus peut se prolonger et se coller sur les deux organes, sans que pour cela ces deux organes soient collés ensemble; c'est ce qu'on remarque , quoique d'une manière très -imparfaite, i .o dans quelques légumineuses, où le torus adhère au calice do càté par lequel il porte les étamines, et se prolonge de l'autre en une petite ga^e qui entoure la base de l'ovaire; 2.* dans les capparidées, ou le torus se prolonge très-évidemment sur la base dé l'ovaire, et où il arrive souvent qu'il adhère aussi à la base du cah'ce, quoique par un prolongement peu apparent. Mais cette organisation est surtout vfsiUe dans la famiUe des passi-» florées :Ie torus y est trèsdéveloppé; il s'étale et se soude d un côté sur la base du calice, qu'il tapisse d'une lame pé-

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