‹ Cours de botaniqueChapitre 58 sur 63 · ORGANES REPRODUCTEURS · texte numérisé non relu

ORGANES REPRODUCTEURS

talpîde) et il y donoe uaissance à une ou plusieurs rangées de filets colorés, libres entre eux dans le ^enre passî^ra, plus eu moins cobèrens ensemble dans le genre murucuja.^ Outre cette expansion, il se prolonge sur la base de Toyaîre, qu'il entoure étroitement, et c'est de cette portion du torus que les étamines prennent naissance. Ainsi , les passiflorées sont calyciflores en tant que leur torus adhère au calice; mais elles différent de toutes les-autres cajyciflves, et se rapprochent des capparidées en ceci , que leurs étamines prennent leur origine sur ta portion du torus qui n'adbére pas an calice.

Sauf le petit nombre d'exemple que je viens d'indiquer, il arrive en général, que lorsque le torus adhère au calice et à l'ovaire, il tend à les souder ensemble dans toute la portion de leur longueur où ils se trouvent contigus; on dit alors que l'ovaire est adhérent au calice, ou que le calice est adhérent à l'ovaire, ou simplement que ces organes sont adhérens; cette soudure des deux organes les plus éloignés l'un de lautre , ne peut s'opérer que par l'union de chacun d'eux avec l'organe intermédiaire ; le torus réduit à une lame indistincte dans toute la partie soudée, se développe au-dessus dans le point on le limbe du calice devient libre ; tantôt il forme une lame adhérente à ce limbe du calice, qui alors se prolonge un peu en tube, comme on le voit dans (plusieurs rubiacées, telWsqueles gardénia^ tantôt il s'épaissit en une espèce de disque qui recouvre en partie les ovaires, et qui donne naissance aux étamines, dont alors on a dit peu exactement qu'elles étaient épigynes : telles sont les ombelliferes et les rbamnées; plus souvent il ne se prolonge sensiblement, ni sur le tube du calice, ni sur l'ovaire, et alors les pétales et les étamines

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49^ ORG^INBS REPRODUCTEVIS.

Dâisseat de ia ligne circulaire qui se troaye aa poÎDt de sé> paration de Fovaire et du limbe da calice» Cette poutioo avait fait donner génériquement à tous les ovaires adhéreiis Je nom d'ovaire infère^ parce qu'ils semblent en effet an^dessons des pétales; ou à la cordle, le nom de cbroUe supère^ parce qu'elle semble au-dessos de l'ovaire; mais les cas assez nombreux où le toms se prolonge sur le calice^ans que celuvci adhère à l'ovaire, et où par-conséquent la corolle devrait être dite infère^ quoiqu'elle soit très-évidemment au-dessus de l'ovaire, ont fiiit abandonner ces expressions fondées sur des appareûcesi pour s'en tenir à celles d'ovaire et de calice adhérons, qui exprinieat le fait sans ambiguité.

ARTICLE VIL

2>rj Avortemens des parties de lafleur^ ou de leurs dégénérescences.

Toutes les parties des fleurs peuvent^ou disparaître plus ou moins complètement, ou se présenter sous des formes insolites, et il importe cependant beaucoup, pour apprécier la vraie symétrie des plantes, de les reownaitre sous leurs différentes formes : c'est ce que nons allons chercher à faire rapidement, en nous occupant d'abord des cas ou toutes les parties similaires, c'est-à-dire, qui composent un même organe, subissent le même sort.

Le calice manque plus rarement qu'aucun* autre organe^ probablement parce que sa position extérieure fait qu'il a rarement à souffrir dans son développement par la pression des organes voisins. Parmi les plaotes a cdice libre,

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OBGANBS REPROJDVGTEVnS. 49^

\e ne connais que le nemopanthes (i) dans lequel cet organe semble manquer en entier, ou dans lequel 11 est réduit à un simple bourrelet peu apparent. Parmi les plantes dont le calice adhère à Tovaire, le tube du calice est oollé avec le torus et Tovaire, de manière à être peu visible , et le limbe ou la partie non soudée manque quelquefois; ainsi, par exemple, dans les ombeUifères, lorsque ce limbe existe, il se présente sous la forme de cinq petites dents I comme dans les oenanthes; mais dans un grand nombre de cas, il avorte complètement, et il est comme remplacé par nn petit bourrelet circulaire, analogue à cehii du nemopanthes.

Quand les fleurs sont réunies en têtes serrées, et enfermées dans un involucre, le calice, devenant pour ainsi dire un organe interne, et étant soumis à la pression des fleurs ou des bractées voisines , le caUce, dis-je, présente alors des avortemens phis fréquens. Ce cas est rare dans les fleurs dont le calice n'adhère j^as à Tovaire. Mais le diplolcena., genre de la famille des rutacées, en offre un exemple (a) ; ici les cinq sépales sont réduits à cinq écailles, parce que les fleurs sont en tête serrée. On en trouve des exemples plus nombreux et plus prononcés dans les familles où l'ovaire est adhérent et les fleurs en tête, telles que les dipsacées et les composées. Dans ces plantes, le tube du cah'ce est réduit à une lame mince adhérente à To*^ vaire, et le limbe se présente sous des formes diverses; tantôt il forme cinq dents foliacées, assez semblables aux calices ordinaires, comme dans \^catananche (3); tantôt

(t) DG. , pi. rar. du Jard. de Genéfe, pi. a. (a) Desf. , Mém. Mus. 3, pi. 19 et 30. (3) Gsertii. fruct. a, pL 157.

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^9^ ORGA.NES R£PnODUCTEUnS«

ces dents ou parties libres des sépales se changent ea écailles membraneuses, libres comme dans le centaurea crvpina (4)) ou sondées ensemble, comme dans Xhymenopappus et \efavonium (5), ou en arêtes presqu'épîneuses, comme dans le cnicus de Vaillant (6), ou en bouppes de poils simples , comme dans les soncjius^ soudés ensemble et paraissant ainsi rameux, comme dans le stœhelina {jj\ ou plumeux^ comme dans la scorsonère.

Il est si vrai que Taigrette des composées est \e véritable limbe du calice, qu'il en garde quelquefois toute l'apparence-, ainsi, M. Dufresne m'a jadis apporté un pied de podospermum laciniatum (8), dont Vaigrette éx^it remplacée par cinq jobes linéaires et un peu foliacés.

Je reviendrai sur ces différenjLes formes de Taigretle ea parlant du fruit, et je me borne a faire remarquer ici , que tous les organes appelés aigrettes [^v^y^x) ne sont que le limbe du calice dçs plantes à fleurs en tête, et à calice adhérent, lequel est demi-avorté ou déformé par la près* sion des fleurs voisines; quelquefois même il avorte en entiçr,et l'on dit alorâ.que l'aigrette est nulle; elle est remplacée par un petit bourrelet circulaire, comme dans |a plupart des ombelliféres.

Les valérianes (9), quoiqu'ayant les fleurs distinctes et non réunies en tête, présentent aussi une vraie aigrette; cela tient à ce que le limbe de leur calice est, pendant la

(4) DC. , Mem. sur les Cinar. , pi. i, f. a.

(■5j GeertD. fruct. a, pi. 174.

(^) DC. , Mém. Cînar. , pi. i, f. a5.

(7) lhid.,^\, I, f.a8, 39,30.

(8) Voy. p!. 32, f. 5,6.

(9) Gîcrtn. fruct. , pi. 8.

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ORGAK£S R£PRODUCT£VAS. 49^

fieuraisoD) roulé en-dedans, et soumis par-conséquent à une pression et à un étiolement tout aussi fort que celui qui, dans les dipsacécs, résulte du yoisiuage des autres fleurs. Les genres de la famille des valérianéès, où le limbe a'est pas roulé en^dedans, offrent ce limbe développé en dents foliacées, comme les calices ordinaires.

L'a vortement ou labsencc complette des organes sexuels des végétaux ou de Tun deux, est un phénomène qui arrive habituellement dans toutes les .plantes dites uni* sexuelles^ et accidentellement dans plusieurs autres. Ainsi, pour commencer par ce dernier cas, qui est le plus clair, le lychnis dioîca (lo) , quoique appartenant à une famille jde plantes ordinairement hermaphrodites, offre certains individus où les organes femelles sont très^développés, et alors les étamines sont réduites à de simples rudimens , et d'autres où les étamines sont très-dé veloppées, et où. le pistil est avorté, de telle sorte qu ^ sa place on ne voit qu'une petite protubérance avec le rudiment des cinq stigmates. Le même phénomène a lieu dans le spirœa arun^ eus (i i) , le sedum rhodiola^ etc., etc. Toutes les plantes qui offrent ce phénomène accidentellement sont dites dioïques par avortement ; ainsi, dans plusieurs composées, une partie des fleurs de chaque tête manque d^ovaire, de style et de stigigate par avortement > et Tautre manque d'étamines parfaites, de sorte qu'elles sont monoïques par avortement. Ainsi , dans les diospyros, le gléditsicy etc. , mie partie des fleurs manque de pistils, une autre d'étamines, et l'on trouve en outre des fleurs où les deux

(lo) Autenrieth dlsq. «de ^scr. sex. 6em.\ Tubingre , i8ai> pi. I , f. a , 3 , 4 , 5.

(il) Ihid.y f. 7,8.

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4<j4 OBGANBS BKPRODUCTEUBS.

organes co*exist60t, ce qui constitue Tétat des fleurs que les botanistes ont nommées polygames par avortemeot.

^Ces trois systèmes de fleurs unisexuelles par avortement se rencontrent fréquenEunent dans presque tontes les fanûiles ou se trouvent aussi des fleurs hermaphrodites : telles sont les caryophyllées, les composées, les yalérianées^ les ébénacées, les thymélées, les légumineuses, etc. , et dans tous ces cas» il est évident que ces deux sexes existaient en type, et que Tun d'eux ne s'est pas dévék^pé.

Lorsque les organes femelles n'avortent pas tont-à-fait^ on trouve à leur place, tantôt une portion de l'ovaire déformé , fante de fécondation , tantôt tm tubercule oo un rudiment quelconque, quelquefois un c<Mrps ^andulenx* Quand les organes mâles sont dans le même cas, on trouve à leur pkce, ou une portion du fiiet, ou on corps glanduleux qui indique leur disparition*

Mais on trouve des familles entîérds ou presqn'entiéres, chez Lesquelles les fleurs sont unisexueHes, et oh Von n'aperçoit aucun rudiment des organes avortés ; d'où plusieurs naturalistes ont conclu qu'il y a des fleurs oè l'un des sexes manque essentiellement, c'est-à-dire, qui sont par leur propre type monoïques ou dioïques ; il n'y a en soi aucune raison pour que ce fait ne puisse pas exister , et qu'il ne puisse se rencontrer des flevrawqui seraient for*^ mées seulement de deux ou trois yerticilles, dont un on deux serviraient d'organes protecteurs, et le plus intime seul serait transformé en organes sexuels. Cependant je pendié à croire que si ce phénomène a fieu dans les fleurs phanérogames, îl y est' fort rare; car il n'est presqu'aucune famille, dite unisexuelle, dans laquelle on ne trouve des fleurs habituellement hermaphrodites; tels sont l'ormeau,

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OBGAKES BEPBODVGTBURS. 49^

parmi les amentacéea; le metothria, parmi les cucurbita» cées; \agde9tU, parmi les ménispermées, eta; et où, par» conséquent, on ne puisse croire que l'avortement a lieu très-habituellement dans le» fleurs unisexueiles. On trouve même des individus accidentellement hermaphrodites dans certaines espèces des familles qui passent pour unisexueiles; tels sont plusieurs peupliers et plusieurs saules, parmi les amentacées; le chanvre (la), parmi: les urticées, etc. Quant aux familles, telles que les conifères, les euphorbiacées, où Ton ne trouve aucun exemple de fleur ber<maphrodite, on peut les considérer ou comme présentant un avortement (dus constant encore que les précédentes, ou comme étant (ssentiellemeift formées d'un moindre nombre de verticilles.

Ailleurs , les organes sexuels cessent de remplir leurs fonctions, et prennent un développement extraordinaire. Ainsi les styles de l'anémone se développent quelquefois |^ar la culture en lames pétaloSdes ; les branches du style .des iris, quoique munies d'un vrai stigmate en forme de lame ou de duplicature transverse, sont habituellement dans un état pétaloïde : un grand nombre de ileurs doubles montrent adssi les styles dé* veloppés en lames pétaloKdes, et prouvent ainsi l'analogie particulière des styles, des étaœines et des pétales.

Les dégénérescences des organes mâles sont plus fré* quentes encore. Lorsque les anthères avortent, les filets se tranforment en lames parfaitement semblables att pétales de la plante ; c'est ce qu'on voit tous les jours dans les fleurs doublts èrdinaires. Quand les anthères eHes^ mêmes per^îsteut, quoîqu'en devenant stériles, il arrive ^ ' . ' .1 I.

(la} Autenrîethdisq. £g., 18,19,

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496 OBGAN£S AEPRODUCTËUAj/

qndquefois qu'elles se développeot sous forme de cornets-; c'est ce qui arme dans plusieurs reooBCuIacées (i3). L'aDColie connnune offre ceci de trés-remarqaable, qae par la culture on en a obtenu deux moQstruosUés doubles , rsoe à pétales tous planes, due au développement de» filets et à ravovteident absolu de Paothère: c'est Vâquilegia vulgaris stellata; l'autre à pétales tous en cornet, due au non développement Àes filets et à l'accroissement eztraor. dinaire de l'aotiiére : c'^st Yaquilegia vulgaris oomicu'

Les dé|énéresoeoce8 des pendes smi d'autant plus difficiles a reconnaître, que les pétales eia*mèmes sont babi« luellement dans un état btermédiaire entre l'état primitif d'une feuille et l'état d'étamine dont- ils se rapprochent Toutes les formes se rencontrent dans ce genre d'organes; la principale modification est due à. la présence de certaines glandes qui détermine Tocigiae des éperons : il arrive j dans certaines (leurs gamopétales , qu^'inégalité de soudure des pétales entre eux est trçs- manifeste 9 et détermine, comme je lai dit plus haut, des apparences trèsdiverses. ;

L'avortement des pétales ^st plus difficile à réduii;e à des \&i& générales que; les phénomènes précédens. G>mmençons d'abord par les cas simples. Qu'il y ait des plantes dûàt les pétales avortant accidentellej;aent, c'est ce dont il est dif&ciW de douter; ainsi la sagina apetala offre tastôt de trèa-pelil3 pétales, tantôt elle en n^anque absolument. Ainsi un grand nombre de plantes sans pétales sont tellement analogues par leur syméirie entière avec

(i3) Biria renonc. moDogr. in-4'*. Monlp. , 1811, pi. i,f. ij» Hopk. FI. anom. , pi 8--, f. 5.

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ORGAXfBS REPRODVCTBtBS. ^97

dés plantes inaniès de pétal63, qu'il est impossible de de pas croire que cette absence de pétales n'eât due qu'a leur non-développement. Remarquons ici que les pétales ne manquent ainsi accidentellement que dans les fleui^ polypétales^et que l'on ne Connaît aucun exempté constaté de corolle qui soit avortée parmi les fleurs gamopétaleSy si ce n'est peut-être dans quelques cas du les étamines avortent en même-temps^ comme dans le gymnostyles, Xtfraxinusi lorsque les pétales avortent , al reste quelquefois à leur place, ou un rudiment pétaloïde ou un corps glanduleux. On dit encore que les pétales manquent lorsqu'ils se transforment accidentellement en étamines, Comme dans la singulière variété du capsella hursa pas^ toris (iS), dont M* de Jacquin a bien voulu me commu* niquer un échantillon et un dessin que je joins ici; dans cette monstruosité, de venue permanente par lés graines, on trouve des fleurs à dix étamines au lieu de six étamines et quatre pétales f j'ai trouvé un fait analogue dans une monstruosité du haricot ordinaire, ou les deux ailes de la corolle étaient changées en étamines. Nous traiterons plus tatd de ce genre de transformation, et je reviens au cas où les pétales manquent constamment. C'est ce qui fait l'objet de l'article suivant.

ARTICLE VIII

Des Fleurs monochlamydées ou incomplètes , cest^à-dire^ qui 71 ont qu'une enveloppe.

Lorsqu'une fleur offre tme enveloppe unique, cette enveloppe est-elle une corolle, un calice, ou la réunion des

(i5) V07. pi. 42, f. 3.

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498 OAGANBS REPJIODVCTEURS.

deux, on ud organe différent de Ton et de l'autre? Toutes ces opinions ont été soutenues , et méritent d'être examinées.

Tournefort, qui faisait consister le caractère du calice dans sa persistance , et celui de la corolle dans sa caducité, s'est trouvé entraîné, par cette fausse définition, à donner des noms diflérens aux organes évidemment semblables de plantes analogues. Ainsi , il nommait coroUç/ dans la tulipe , Torgane qu'il appelait calice dans le narcisse. Linné n'a mis aucune importance à cette distinction, peut-être par suite de la définition qu'il avait adoptée; il admettait en effet que le calice est le prolongemeDt de l'écorce, et la corolle celui du liber; cette distinction est peu susceptible d'être soutenue ou même comprise, sok dans les monocotylédones, où il n'y a ni liber ni écorce^ soit dans les dicotylédones, ou le liber n'est autre chose que les coucbes corticales plus jeunes. Anssi, dans la pratique^ Linné nommait ordinairement calice ce' qui était vert, et corolle ce qui était coloré; ainsi l'enveloppe unique des monocblamydées dicotylédones était, selon lui, caUce dans les chenopodium^ corolle dans les daphnés; et, parmi ks monocotylédcmes, calice dans les joncs, corolle d^s les liliacées; souvent il dit : calyx nisi corallam rmAis^ ^c. M. de Lamarck, dans ses. premiers ouvrages, avait défini la corolle, l'organe le plus voisin des étamlnes, et avait par-conséquent appelé corolle toutes les enveloppes uniques. Mais il a lui-même abandonné dans la suite cette opinion. Ces divers moyens de s'exprimer pouvaient peutêlve suffire lorsqu'il était question d'ordre purement artificiel; mat& il importe, soit pour l'ordre naturel de hi classification, soit pour la physiologie et l'anatomie corn*

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ORGANES REPROCUCTEURS. ilj<)g

parée ét$ [James ^ de fixer nos idées k ce siqet, et de pouvoir comparer entre eux des organes véritablemeit analogues.

Aucun de cenx qui ont mis quelque précision dans cette matière n'a pensé que Teitvdoppe florale, lorsqu'elle est um'que, fut une corolle, soit à cause qae cette enveloppe est souvent verte et foliacée, soit parce qu'elle est fréquemment adhérente à l'ovaire, ce que les vraies corolles n'offrent jamais ; soit parce que la corolle parait en général plus disposée à avorter que le calice. Je ne connais véritablement que le nemopanthes dont on put dire avec quelque raison qu'il a une corolle et point de calice; mais c'est simplement que le calice est réduit à un bourrelet circulaire.

M. de Jussieu , réunissant dans la définition du calice les condidons de Tournefbrt et de Linné, a étabU que l'en* veloppe florale, lorsqu'elle est unique, est toujours un calice. Cette opinion ne peut pas. être révoquée en doute lorsqu'il s'agit de plantes dicotylédones qui appartiennent aux famiUes munies ordinairement de calice et de toroUe, mais qui maoqiieut de l'un des organes ; dans ce cas , ce sont évidetnment les pétales qui manquent, comme, par exemple, dans les clématites, les capparidées, les caryophjllées,]es rutacées, les rosacées ou les ficoïdes sans pétales. L'analogie avec les genres voisins le démontre jusqu'à l'évidence, et, si Von voulait soutenir que quelques-uns de ces organes ne peuvent être des calices parce qu'ils sont cdorés, |e rappellerais que les calices et mène les bractées de J'^r* tensia ou de la sahia splejtdau sont aussi colorées que les plus brillantes cordles \ f ajontermis que ces enveloppes Bfliques se coodoiaent comme de vrais caUees , soit f n œ

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500 OB&AFIBS RBraODUCTBVRS.

qu'elles portent les éumines dans les plantes calyciflores, et ne la portent pas dans les thalamifloreS| soit en ce qu'elles sont souvent adhérentes à l'ovaire, etc.

La question est plus difficile lorsqu'il s'agit des familles dicotylédones qui ont constamment ou habituellement ane seule enveloppe à la fleur. M. de Jussieu, décidant la question, leur a donné le nom S apétales ^ et à leur tournent, celui de calice; un reste dincertitude m'a décidé a nommer ces plantes monochlamydées ^ et leur tégument périgojte , ternfts neutres, qm' expriment on fait sans énoncer d'opinion.

Les raisons pour lesquelles cette enve\op^ peut être assimilée à un calice , sont : i .<> son extrême analogie avec les calices des plantes qui sont accidentellement privées de pétales; a.* l'adhérence fréquente de ces enveloppes um<|ues avec l'ovaire; 3.*" Taj^parence verdâtre et foliacée de pinsieursd'éntre elles; 4**i'analogie déstructure deplusieors familles monochlamydées avec des familles habitudlement munies de pétales, telles qfie les amarantbacées avec les caryophyllées , les ju^ndées avec les térébintbacées, les euphorbiacées avec les rtiattmées, les élaeagnées avec les combrétacées, etc. ; 5.* l'existence dans plusieurs d'entre elles, notamment parmi les thymélées, de petites écailles pétakudes qui pourraient bien être de véritables pétales.

D'un autre côté, je considère que la surface extérieure de cts enveloppes uniques a tous les caractères d*ua calice; die est habituellement verte; elle présente constamment des stomates , même quand elle est colorée , comme dans la belie-de-nuit ; elle pocte souvent des poils ou des glandes analogues aux feuilles, comme dans \elœagn nusf tbais la surface interne offre presque loi^oiirs les

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gRGA5ES RBPMODUCTEURS. 5oi

caractères propres aox organes sexneb : elle est colorée ; elle n'offire point de stomates ; elle ne porte pas de poils ni de glandes analogues aux feuilles. On pourrait conclure de ces faits que cette enveloppe unique est un calice revêtu a Tintérieur par le torus ou par une expansion pétalotde du torus. Cette hypothèse serait confirmée par cette considération, qu'à l'exception des amaranthacées, qu'i| faut peut-être placer parmi les thalamiflores , à côté des caryopfayllées, toutes les autres familles monochlamydées ont les étamines périgynes, et par^conséquent le torus ad« hérent au calice. Au reste, soit qu'on dise que leur enveloppe unique est un calice, soit qu'on dise que c'est un calice doublé d'une lame pétaloîde, tontes les conséquences se trouvent tes mêmes ^ et par-conséquent là différence est de peu d'importance.

Que si maintenant nous en venons à examiner l'én^e^ loppe des fleurs roonocotylédones , nous y trouverons quelques nouvelles difficultés. M. Desvàux, considérant que cette enveloppe est toujours formée de deux rangées de pièces situées alternativement, a proposé de considérer la rangée extérieure comme un calice, et la rangée .inté' rieure comme une corolle. Ce mode de voir semble parti* culièrement autorisé , i .* par la structure des commélioées, des alismacées (i) et de plusieurs amomées, ou le rapg extérieur a tout-à- fiait l'apparence calycinale, et lexang intérieur tout-à*faitpétalol[de; a/* parce que l'estivation des deux rangées est souvent fort différente l'une de l'autre, comme, par exemfJe, dans le tradescantia, où le rang extérieur a l'estivation valvaire, et Tintérieur l'estivation irré- ■ I ■ .11 II • III

(t) Hayn. Tcrm. , pi. 36, f. 9.

509 ORGÀHES RSPROUtCTEUna»

gutièrebent tordllée. Cette maDière de s'exprimer aurait •ouveiit deTaTantage poar la clarté des descriptions; mais, quant i la réalité, elle ne me semble gnère admissible : en efiet, dans le pins grand nombre des cas, ces deux rangées sont parfaitement semblables, et surtout dans tontes les Kfiacées à ovaire adhérent, les deux rangées de Penyekppe sont égalemau sondées arec ToTaire, tandis que ks vraies corolles ne le sont jamais. U faut donc admettre, avec tons les botam*stes , que les deux rangées font partie d'une enveloppe unique que Linné nomme corolle, que M< de Jussieu nomme calice, et que \t nomme périgone.

Les raisons que j'ai indiquées plus haut, et surtout Fadhérence avec Fovaire, prouvent que ce n'est pas une vraie corolle. L'idée de la consîdérei^ comme un caUce offre les mêmes difficultés que j'ai signalées pour les dico* tylédones monocblamydées, et de plus ces deux drcon^ stances : i.^ que les étamines sont plus fréquemment by« pc^ynes; a.<^ que lorsque les fleurs deyiennent doubles, ce qui est fréquent, les étamines s'y transforment en pétales tellement semblables aux pièces du périgone, qu'il est difficile de ne pas croire que celles-d sment d^une nature très-analogue.

Si Ton ajoute à ces motifs que cette enveloppe est sou* vent verte en-dehors et colorée à l'intérieur, qu'elle a toujours des stomates k sa face externe et point à sa face interne, on sera peut-être tenté de conclure que ce périgone est formé d'un calice tapissé, pour ainsi dire, par une expansion pétaloïde du torus; Je ne donne cette opinion que comme une simple hypothèse; mais je crois qu'il est plus prudent, dans Fétat actuel de la science, de ne pas se servir de termes qui décident trop clairement la

ORCAKES REPRODVGTBÎjRS. 5o5

qoestioD , et qu'il est bon de réserver pour ces cas ambigus d'une enveloppe unique un mot particulier. J'ai adopté, d'après Ehrbart, celui de périgone, qui signifie, autour des organes sexuels; et, en suivant l'analogie des termes de pétales et sépales, je propose de donner aux pièces dont le périgone est formé, le nom de tépales.

Quelques auteurs, adoptant mon idée, ont donné i Penveloppe unique le noip de périanthe^ mais je crois devoir conserver celui de périgone : i.* parce que celui de périanthe avait été créé par Linné, pour désigner le vrai calice; a.* parce que ce terme, qui signifie autour de la fleur, serait mieux appliqué à un involucre qu'à un organe qui fait partie de la fleur même; 3.* parce que le périgone a été proposé dans le sens que j'indique ici, bien avant celui de périanthe, et que, dans les objets de nomenclature, on doit toujours éviter les cbangemens inutiles. Une fois le terme admis, je le répète comme mesure de prudence, et pour que l'expression n'affirme pas au-delà du fait prouvé; une fois^ dis-je , le terme admis, il faudra appliquer au périgone tout ce qu'on dit des calices et des corolles en tant que formés de pièces tantôt libres, tantôt cohérentes; tout ce qn^on dit des calices en tant qu'adhé* rens avec l'ovaire; et tout ce qu'on dit des pétales, en tant qu'analogues aux développemens des filets des étamines. En admettant cette manière de voir, nous concevrons, comme je le disais il y a vingt ans (Tl. fr., éd. 3, v. I, p. 141)9 comment le périgone est quelquefois adhérent à l'ovaire ou composé de parties opposées avec les étamines, caractères propres au calice; tandis que dans d'autres plantes il est libre; il est odorant; il a ses lobes alternes avec les étamines; il devient double et multiplié par l'abondance de la sève, caractères propres à la corolle.

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So4 OBGA5ES REPRODUCTEUR^.

Le périgooe est quelquefois réduit, par avortement, à uq simple rudiment : c'est ce qu'on observe parmi les dicotylédones, chez les enpborbiacées, et surtout chez celles à fleurs en tête serrées; c'est surtout ce qui arrive parmi les roonocotylédones, dans la famille des graminées, où le pérîgone parait représenté par les lodicules (a); leur nombre est ternaire dans les genres bamhusa et gfycena; quelquefois la troisième est plus petite, et son absence dans plusieurs cas, peut tenir ou à un avortement plus oq moins complet ou à leur soudure intime.

ARTICLE IX

De la position relative des parties tPun verticille fioral ^ comparée à celle dCun autre verticille.

La position des parties qui composent les verticilles floraux est, comme Je l'ai montré ailleurs (Th. él., p. 1 5S), susceptible de toutes les modifications qui résultent de cç que chacune d'elles peut être ou entre ou devant les pièces du verlicilie extérieur. Le premier cas, c'est-à-dire, celui où chaque pièce est entre les deux extérieurs , est tellement plus fréquent que tous les autres, qu'on peut croire qu'il est Tétat naturel des choses > d'autant qu'il est conforme à la disposition des verticilles successifs des feuilles. Ainsi les pétales des fleurs régulières, et ^lont les. parties sont en nombre égal, naissent d'ordinaire entre les sépales^ les étamines entre les pétales, les carpelles entre les étamines. Mais il se présente quelques exceptions à cette règle : ainsi on trouve les pétales devant les sépales , dans \ épinevinette^ les étamines devant les pétales, dans les primulacées, les myrsinées, etc. Quant à la position réelle des

(a) Lcslib. bolan. clem. , p. \B3,

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0MGANES RKPBODUCTEURS* * So5

carpelles, elle a été beaucoup moins bien étudiée ^ue celle des autres organes, et donnerait sans doute des caractères intéressans pour certaines familles; mais la fréquence de leurs avortemens rend leur observation délicate. Quelques exemples récemment observés me font penser que dans les plantes parfaitement régulières , et où le nombre des parties est égal dans tous les verticilles, les carpelles sont toujours alternes avec les sépales, quelle que.soit la position du verticille le plus voisin d'eux : ainsi les carpelles des crassulacées sont alternes avec les sépales et dans les genres çrassula, rochea^ etc., qui ont des étamines alternes avec les pétales,^! dans les genres sedum, cotylédon^ sempervivum, etc., qui ont des étamines en nombre double des pétales, les unes alterner, les autres opposées avec eux. Les dispositions diverses des parties de la fleur peuvent être modifiées par le nombre des rangées de chaque ver- •ticillè on par Tavortement des parties, on parce que, dans plusieurs cas, il se développe une toufle d'organes semblables là où d'ordinaire il ne s'en trouve qu'un; ainsi, par exemple , dansplusieurs bomalinées, on trouve une bouppe d'itamines située à l'angle des deux sépales contigus; la même chose a lieu parmi les myrtacées, et d'une manière assez singulière : ainsi, les faisceaux d'étamines, formés par la soudure de plusieurs , sont opposés aux pétales dans les melaleuca{i)y et alternes avec eux dans Vastartea (2). Plusieurs fleurs doubles présentent un développement fasçjculaire qui .mérite d'être noté; ainsi il n'est pas rare d'y trouver des faisceaux de pétales naissant de la place ou devrait naître un seul pétale ou une, seule étamine : c'est

(i) Smith ezot. bot., pi. 35, 36, 55,Labill. noy. hoU., pi. i65, J67, 168, 171, 17a, 173.

(a) I^abiU. noy. holl. , pi. 170.

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5o6 ORGANES REPRODUCTEUR^.

ce qu'on remarque assez bien, par exemple, dans ceruiaes primevères doubles; mais ce cas particulier de multiplication nous conduit k examiner ce sujet d'une manière

$;énërale.

ARTICLE X

JDe la MultipliccUion des Organes fiorawç.

Les organes qui composent la fleur des Tégétanz pea* vent être ai}gmentés, quant à leur nombre, d'après deux systèmes :

I.* Le noo^re bibituel des yertîciUes peut être accro par de noareaux verticiUes semblables à l'un d'eax, et qpà se développent d'une manière régulière, maïs surnuméraire;

%y Le nombre des pièces d'un même verticille peut être accru par le développement insolite d'organes semblables à ceux dont le verticille se compose. •

Ces deux phénomènes, que j'avais indiqués dans mcm • Mémoire sur les fleurs doubles (i) , ont.été depub étudiés avec soin, et désignés indifféremment par M. Dunal, comme je l'avais fait, sous le nom de dédoublement ou de multiplication; leur histoire vient tout récemment d'être publiée par M. Moquin (2), d'après les idées de M. Dunal. Si je préfère ici.le terme de multiplication, c'est qu'il me semble moins hypothétique* que celui de dédoublement

S f • Multiplication des raDgëes des verdcilles.

La multiplication des rangées d'un même verticille est nn fait qu'on observe accidentellement dans plusieurs plantes, et qui peut atteindre touâ les organes. Ainsi , I.® Quant aux bractées, on cultive dans les jardins une

(1) Mém. soc. d*Arcaeil, yol. 3 , p. 385.

(a) Essai sur les dédoublemens ou multiplicatîobs d*organes dans les T^gétaux , in*4^. Montpellier , 1836.

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OH6ANE5 REPB0UUCTKUR8. 507

variété d'oeSlet, que quelques -ans ont désigué sons le nom de dianihus caryophylbts imbricatus (3) , et dans laquelle le nombre des bractées situées à la base du calice, au-Keu d'être de quatre, c'est-à-dire de deux ^paires , se trouve de quinze ou vingt paires croisées à angle droit, et embriquées Tune sur l'antre ; souvent même la fleur ne peut se développer par suite de cette grande multiplication de bractées. Elle paraît dneila trans&rmatioii prématurée des feuilles supérieures en bractées.

a.^ Quant au périgone, nous trouvons aussi dans lea jardins une variété de lis blanc, dont les tépales, au-lien d'être sur deux rangs et an nombre de six, sont disposés en un nombre indéfini de verticilles embriqués les uns. sur les autres; dans ce cas , les étamines et les carpelles manquent ou sont transformés en tépales; mais on ne peut pas dire que le phénomène sdit simplement dû à cette transformation, car le nombre des verticilles est beaucoup plus grand que le nombre total habituel des organes floraux : il y a donc multiplication du nombre normal des vertidlles. Dans nue autre monstruosité de lis (4), on trouve les parties du périgone multipUées, et les étamines encore existantes. Toutes les monocotylédones à fleurs doubles présentent çà et la des faits analogues à celui-ci. Le tube intérieur, ou, comme on dit, la couronne des narcisses (5) pourrait bien rentrer dans cette classe.

3.* La multiplication des rangées du calice, proprement dit, est plus délicate à bien constater à cause de la difficulté de distinguer exactement les rangs sumumé-

(3) Botan. Magaz. , pi. 1629.

(4) Debry floril. nov . , pi. 85 et 86. ($} Theatr. Flor. » pi. 20, etc.

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5o8 OBGÀKES REPR0D1TCTBURS.

raires de sépales d'avec les simples bractées. Quelques calices de berbéridées^ d^éricacées, semblent offrir des exemples de ce genre.

4.^ La corolle offre frécpiemment des rangs multiples : l'un des exemples les plus curieux de ce phénomène est cdui que présente le datura fastuosa (6), où Ton trouve fréquemment deux ou trois corolles comme emboîtées Fnne dans l'antre, et ayant^eurs lobes alternes ; le même phénomène a été observé dans plusieurs campanules (7), quelques labiées, etc., et setbble possible dans toutes les fleurs gamopétales. Lorsque cette multiplicalion se borne k uo ou deox rangs intérieurs, il arrive alors, ou queU corolle interne porte des étamtnes comme à Fordinaire , ou que les étamines manquent; dans ce dernier cas, on peut dire que la corolle est due à la simple transformation des étamines en -pétales; mais dans le premier, il faut bien convenir qu'il y a eu multiplication des rangées haUtueHes. Le même phénomène se rencontre aussi dans les fleurs polypétaies, telles que \es œillets, etc.

5.^ Les étamines présentent très-fréquemment cette même muhipVcation de rangs, surtout dans les genres où le nombre des rangées est naturellement considérable; ainsi, en comparant entre elles plusieurs fleurs des mêmes espèces de pavots, on trouve que le nombre total de leurs verticilles est tçès- variable.

6* Enfin les carpdlés qui sont moins nombeux et- plus centraux, offrent rarement cette multiplication aecideotelle; cependant, on trouve de temps en temps des rangées doubles parmi les renonculacées ou les rosacées à carpelles verticilles. J'ai rencontré un exemple trèsremar-

(r,) PI. 3r,f. /,.

(7) Thcatr. ïlor. , pK 69, f. 4.

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ORGiilifES BBPRÔD1ICT£tfl5. SôQ

quable de cet accident dans le gentiana pwrpurea y et j'en présente la figure, pi. 409 fig. 6 et 7 : on y voit denx rangs de carpelles ovultfèrcs , Textériear à quatre , rintérieur à deux carpelles.

Mais si tous les organes floraux peuvent présenter accidentellement ht multiplication des rangées dont ils sont habituellement composés, n*est-il pas vraisemblable que ce phénomène pourra être habituel dans certaines plantes, peut-être dans certaines familles? Et les genres teb que les nymphœa, les niesembryanthemum, etc., où les parties de la fleur se présentent sous un nombre de rangées trèsgrand et indéterminé, ne sont-ils pas des exemples évidens de cette opinion?

Je me borne ici à mentionner le fait, et je reviendrai sur ses connexions lorsque je m'occuperai de l'ensemble de la structure des fleurs.

( a. Multiplication des parties d'an Tertidlle.

Le second genre de multiplication des organes floraux est, avons*nous dit, celui où le nombre habituel des parties d'un verticille ou d'une rangée vient à s'accroître. Ce phénomène peut avoir lieu d^apcè^ divers systèmes :

1/ Le nombre absolu de tous les verticilles d'une fleur peut être augmenté à-la -fois d'une ou de denx unités; c'est ainsi qu'il n'est pas rare de trouver des fleurs de colchique à sept ou huit lobes et sept ou huit étamines, des fleurs de rue ou de seringat, tantôt à quatre, tantôt à cinq parties, etc.; danâ ces cas, on doit examiner d'abord si ce n'est pbint le nombre supérieur qui est Fétat habituel, et alors , la diminution du nombre rentre parmi les cas d'avortement; mais dans le cas contraire, la multiplication

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5io oaaANSS bbpaoouctburs/

parait dae à la sondore natarelle de deaz fleurs , ainsi qae

je l'ai expliqué ailleors.

a."" A la place d'un organe en apparence unique, mais en réalité composé de plusieurs intimement soudés, on peut trouver accidentellement ces organes derenns libres. M. Dunal (8) fait connaître' un exemple curieux de ce phénomène dans le laurier ordinaire (Jaums nobilis); on sait que les étamines de cet arbre ont habituellement de chaque côté de la partie inférieure de leurs filets , un corps glanduleux bifide, porté sur un filet court intimement soudé avec celui de Vétamine; il parait que ce corps est une étamine avortée, et que par-conséquent Yélamine do laurier est réellement un faisceau de trois étamines soudées, dont les deux latérales avjj^tent : il arrive en effet quelquefois que les trois étamines se dévdoppent, et alors le nombre total des étamines se trouve triplé, et aucune d'elles ne porte de corps glanduleux sur son filet. Plusieurs faits particuliers de l'histoire des fleurs polyadelphes paraissent rentrer plus ou moins clairement dans cet exemple, qu'on peut considérer comme une compUcation de soudure et d'avortement.

3.** A la place oi; dans le cours habituel de la végétation, ilnait un organe unique, on voit quelquefois se développer une houppe d'organes analogues. C'est ainsi que, comme je l'ai déjà indiqué dans mon Mémoire sur les fleurs doubles (9),. chacune des étamines de certaines monstruosités de primevère, au-lieu de se changer en doublant en un pétale unique, se transforment en une houppe de

pétales réunis par la base. Il semble que ce fait est ana-

(8) Dans Moquin, Enai sur les dédbubl. m-4^. MontpeQîer, iSi6»p. 8y pL i^f. !• (g) Mém* soc. d^Arcaeil, toI 3, p. 397.

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ORGANES RSFBODVGTEUBS. 5lt

logue à ce qu'on trouve habituellement dans certaines fleurs chez lesquelles on voit une houppe d'organe» soudés là, où, d'après l'analogie , on ne devrait trouver qu'un seul organe : tels son|*les faisceaux d'ét aminés al^ternes avec les pétales des melaleuca (lo), et de plnsieura hyper icum (i i).

4** Un fait analogue an précédent parait avoir lieu dans certains cas , avec cette différence ^ que les organe» multiples qui, d'après la symétrie, semblent remplacer un organe unique, sont complètement libres dès leur base; c'est ainsi que, dans les lagerstromia (12), on compte cinq grandes étamines alternes avec les pétales , et quatre oq cinq petites étamines qui, situées devant chaque pétale, semblent représenter par leur réunion une étamine unique. Ce fait , combiné avec ravortejnent des grandes étamines, semble rendre raison de la structure de plusieurs byttnériacées (]3). CeKe classe parait se lier avec la précédente par l'exemple des crucifères , où les deux paires des grandes étamines , tantôt libres entre elles (i4)r tantôt plus ou moins sondées (i5), semUent, d'après la symétrie, remplacer une étamine unique.

5.** Enfin il arrive quelquefois que les deux parties d'ui» même organe sont tellement séparées dès leur base, qu'elles semblent former deux organes. distincts. Ainsi V impatiens molitangere 9i quatre pétales et cinq étamines^ mais, de ces cinq étamines, il y. en a trois alternes avec les pétales , et deux qui naissent à côté l'une de l'autre, au

(k>) Moquin tfli. dÀlonM. , pi. 1, f. ii, la.

(11) lbid*9 £. 10,

(la) Ibid. , f. 34.

(i3) JAiV^.,pUa, i, II— î5.

(i4) Ibid* f pL a I f. ai — aa.

05) Ihid. , pi. a, f. a3— a4.

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5li ORGANES BEPBODUC TBURS.

point où la quatrième étamine derrait naître dans Fétat régulier. Or, les trois étamines soUtaireS entre les pétales ont l'antbére a deux loges, et tes cinq éfamines gâninées ont leurs anthères uniloculai^es, et semblent par-conséquent une étamine dédoublée jusqu'à la base. Le tentte de dédoublement s'appliquerait très-bien à ce cas; celui de multiplication représente mieux les cas précédèns, oà tous les organes surnuméraires soiit doués de toutes les parties d'un organe unique. Il est vrai qu'ils sont en général de plus petite dimension; mais il est vraisemblable que cela rentre dans la loi générale de la v^étation; un ncnnbre d'organes trop grand, se développant sur un espace doiuié| j trouve moins de nourrittire et prend moins d'exlenûon. J 3. Examen gëo^ral des fleurs doubles.

On a coutume de désigner sous le nom général àe fleurs doubles (flores pleni), toutes celles ou les divers oignes floraux ou l'un d'etix, prennent Fapparence de pétales, et celles où le nombre des pétales est ou paraît augmenté par une cause quelconque. J'ai montré jadis (i 6), à quel point on avait confondu sous ce nom des faits hétérogènes; mais je crois devoir rappeler ici les principaux résultats de ce travail, auquel je renvoie le lecteur pour les détails.

Les fleurs doubles doivent, selon moi, se classer sous trois divisions.

!.• Les fleurs pétalodées (ûoves petalodei), c'est-à-dire qui doublent par le développement simple en pétale, de tQUS ou de quelque»-uns des organes floraux : telles sont celles où le développement en pétales s'exécute par les bractées ( hortensia) y par le calice {primuta calycantkema)^fàr les étamines (rosiers^ etc.), ou par les carpelles (var.

(i6)Mëm. soc. ArcueH, vol. 3, p. 385.

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ORGAIVIIS RKPRODl'CTEUnS. 5l3

ii anémone nemorosa, etc.)* Oo peut même distingue^ deux Cas 9 parmi les fleurs pétalodées, qui provienoent du développement des étamines, savoir : celui ou le développèmeut a lieu par le filet dilaté et Tavortement total dé raotbère, et celui où le filet restant intact ^ la bourse de Tanthére se développe en pétales. Dans le premier cas, qui est de beaucoup le plus fréquent, les pétales surnu« méraires sont toujours planes, comme les pétales ordi* naires; dans le deuxième, qui est beaucoup plus rare, les pétales sont en forme de cornet. Les renonculacées présentent ce double mode de iranformalion d'une manière remarquable. Les clématidées doublent d'après le premier mode, les renonculéeâ d'après le second ^ et les belléborées peuvent présenter l'un ou l'autre ; il y a même des espèces qui doublent des deux manières: ainsi, Vaqui» legia vulgaris , quand elle a ses filets tranformés en pétales planes, forme la variété appelée stèllata (i^), et, quand elle a ses anthères transformées en pétales en cornet, forme la variété alite comiculata (i8) quand le cornet est droit, et inversa (19) quand il est renversé par la torsion du filet.

^.* Les ^eurs mukipliées (flores multiplicati ) sont celles où le nombre des pétales est augmenté par l'accroissement du nombre des rangées des verticilles floraux, ou par l'accroissement des parties de ces rangées et leur transformation en pétales. Dans la classe précédente, le

(17) Debry floril. *noY. , pi. 99. Besl. hort. cjst, vol. a, pi. 6, f. 3 ; pi. 7, f. 1 } pi. 8 , f. I , etc. Barr. ic. , pi. G19 — 622.

(i8f) Ibid, 1. c. Besl. 1. c. , pi. 7, f. a— 3. Barr. ic, pi. 6i4— 6i8.

(19) IbiéL 1. c. Besl. 1. c, pi. 9, f. a. Barr, ir. , pi. 6i3. Tome I"", 33

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5l4 OlOANEt lEriODUCTEU&r.

nombre des parties n'était pas augmenté, et il n'y avait ^pt tranformatioD ; ici il y a augmentation de nombre et transformation : c'est ce qui constitue les fleurs dites ordinairement pleineê. Tous les exemples cités dans les deux premiers paragraphes de cet artide rentrent dans cette classe.

3.^ hts fleurs permutées (flores permutati) sont celles oà TaTortement de l'un des organes génitaux détermine nn changement notable dans la fi^rme ou la dimension de l'un des tégumens floraux. Ainsi, par exemple, Pavortement de l'un et de l'autre sexe> ou de l'tm d'eux dans les composées, détermine fréquemment un diittogemeoc de forme dans leur corolle ; tantôt celle-d , restant tubuAeuse, devient plus grande qu'à l'ordinaire, comme on le voit dans quelques variétés de reines-marguerites, de tagétès, etc.; tantôt elle se transferme en languette plane , ce qui est le cas le plus ordinaire des composées appelées doubles dans ks fardins. Des phénomènes semblables se rencontrent dans la viorne o2fe/-(Tibumum opulus), dont les fleurs stériles OBt la corolle beaucoup plus grande que les fleurs fertiles : dans Tétât naturel, les fleurs latérales ofSrent seules ce phénomène; dans la variété cultivée sous le nom de houle de neige ^ toutes les fleurs présentent cet étot de grandeur exagérée, liée à l'avortement des organes génitaux.

Ainsi, le nom de fleurs doubles est appliqué, dans le langage ordinaire, à des phénomènes très^dilTérens. L'or* ganographie enseigne à les classer, à les comparer avec les phénomènes naturels, à les rapporter aux analogues connus ; mais ce sera i la physiologie a déterminer, s'il est possible, les causes de ces diverses métamorphoses, qui sont moins indignes qu'on ne l'avait cru de l'observation

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OAClirXS ffBFftOVVGTBVItd. iib

des botani&te», ptûsqu'elles se Kent imiiBemeot avec l'é-» tude de la syftiétrie organiqve des plantes.

ARTICLE XL

De tlnéjgalité des parties d^un même vertiçille fiorat ou des fleurs iYrégulières,

Les divers verticales des organes qui composent ane tfeur peuvent être, relativement lès uns aux autres, de grandeurs trcs-inégalfes; quelques-uns peuvent même manquer entièrement , âans que la fleur cesse d'être régulière^ car chacune de ses portions , prises du centre à la circon-* férence , est semblable aux autres ; mais on donne le nom d*irrégullères aux fleurs (kns lesquelles une ou plusieurs parties <Fun même verticille sont difTérentes des autres pour la grandeur, la forme, la direction, la situation, ou le.degré de cohérence.

Pour se faire une idée juste de la symétrie des fleurs , il faut toujours chercher à rapporter les flemrs irréguliêres aux types réguliers dont elles semblent être des dégéné* rescences. Chaque famille parait avoir un type régulier qui est son état normal, et dont eDe s'écarte, ou accidentellement ou habituellement, par des causes diverses. Lorsque ces causes tiennent à des influences étrangères à la plante, comme , par exemple , à des mutilations dues à la cuhure, à l'action inégale de la lumière , à la pression des corps voisins , etc. , alors les irrégularités sont purement accîd^entelles; brs, au contraire, que l'inégalité du développement des parties d'un même verticille tient on au mode de développement des organes voisins, ou, ce qui est fréquent, à la disposition des fleurs, soit entre elles , soit relativement

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5l6 OftGAlTES AIFR0D1TCT£UB8é'

à la tige, alors rirrégularité est habituelle, et la flenr ne présente son état normal que .dans des cas fort rares, et qu'on a pu, à leur tour, dire accidentels.

La disposition des fleurs est celle de ces causes inhé^ rentes à la plante dont nous 'pouvons le mieux apprécier les effets. Ainsi, par exemple , lorsque les fleurs sont rapprochées, soit en épis ou en grappes serrées le long de Taxe, soit en têtes ou en ombelles, le côté intérieur ou su. périeur de la fleur, c'est-à-dire, celui qui est le plus près de Taxe ou du centre, est gêné dans son développement pas la pression même des fleurs contre Vaxe, ou par la près* sion des fleurs entre elles , tandis que le cote opposé est plus à son aise \ d*où résulte qu'il y a tantôt avortement complet ou incomplet de quelques-unes des parties voisines de Taxe, et développement du côté opposé; tantôt soudure plus prolongée et plus complète des parties voisines du centre entre elles, et liberté plus grande entre celles du côté opposé; tantôt la réunion des deux effets que je viens d'indiquer.

Ce résultat général de la pression est contrebalancé, quelquefois même masqué, par un autre ; savoir, que dans une fleur, lorsque l'une des parties d'un verticille vient à avorter en toutou en portion, la partie correspondante du verticille voisin prend plus de développement qu'à l'ordinaire, parce qu'elle profite, soit de la place, soit de la nourriture que l'autre aurait dû employer ; d'où résulte qu'il est extrêmement rare que l'irrégularité d'un des organes floraux n'entraîne pas quelque irrégularité dans les autres. Suivons l'application de ces principes aux divers organes de la fleur et aux diverses sortes de fleurs irré-^ gulières.

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OftGlKlS BBPRODUCTBVBS. S17

Les sépales, en cooséqaeiice de kur nature foliacée et àe lenr position extérieure , sont, ploB fortement que tous les autres organes, soumis à l'action des causes extérieures; aussi trottve*t-on souvent des calices irréguUers, même dans les fleurs qui sont d'ailleurs régulières : ainsi l'une des portions libres des sépales des mussœnda et dxxfinck' neya (i), a^épanouit en un limbe beaucoup plus grand que les autres; le même phénomène a lieu, qu<Hque d'une manière moins prononcée et moins constante, dans les calices des rosiers.

Les pétales présentent des inégalités de grandeur qui tiennent au développement inégal des sépales voisins, <m au mode divers delenr métamorphose»

Les pièces dn calice, de la -corolle ou dn périgone , sont couvent soudées ensemble à dés degrés inégaux; lorsque les pièces intérieures ou snpérieures se soudent ensemble à un point différent de la cobéroice des pièces inférieures entre elles, il en résulte ce qu'on nomme deux lèvres, Tune supérieure, l'autre infiSrieure, et il est si vrai que les fleurs à calice ou <:oroIl6 labiée doivent cette irrégularité à leur position relativement à Vaxe, qu'on ne trouve jamais de lèvres latérales, mais toujours mie supérieure et une ioférieure, comme on le voit dans les calices labiés des papillonacéto, des labiées, <les personées, ou dans^les corolles de ces deux dernières familles, ou dans les périgones des'.orchidées, etc.

Les étamines sont des organes très-sujets à l'irrégularité , même dans^ les plantes ou le reste delà structure est régulier; il faut cependant femarquer qu'elles peuvent être I II I ii> I I I ■

(r) Michaux, FI. ancr. bor. t, ]pl. i3.

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g]8 OftOiKSS AEPBODUCTSOBS.

înégaies lemre die» sins^èune inéfpdièrtB^mm, dtas ploaieara flear» fui ciit no JUHobrt d'^iMMies AiaUe ées pétales^ ces «taflunes aoot dtenubTement longues «lotanea, précoces oi tardives, et ce soiH, du» ce cas, ceUes ^ ijlleroeDt avec les petaks qui sont les pbs hmgaes, les fim ipvécoces et les plus «lodstantes. Lorsifie les étaipkies 6oet sur pluaîenrs r*^9 ^* ^^ogs €pap«rés eitre eux 0ODt iqnelquefois de gnadeurs très^dîfféfeptes; nais, tant )que#oute^ ecUes do iBeine raag sont seaiblables eotce elles, la flenr est régulière. L'inégah'té des étaouBes pent tedr, ^em à des degrés inégaux d'adhérence à la corolle, ta calice Ml jàu péngûne, ^oq k des d^cés inégaiix de colnrence i»Dtre elles, ou k Tioégafiliéde loafçuenr des £lets, wol k des dévekfipemeps insolites de ces fitets, o« à ravortemeot lotal des filets m des anthères, on k leur défiormation*

La place des étamîses étant toujours déteraioée relativement ans pétales, on peut, en Tâudiant attentivenent, reoconaitre sans peine ravortement total de •quelques étamines; ainsi, knique dans une fleor la co* rolle est h einq pétales libres ou soudés, si l'on remarque qne les étaminfs sont on alternes on opposéest anx pétales, son reoonnf it SMr-k-dunnp s'il y auneplace vacante, comme cela a Uen, par execofrfe , dans les personées et les labiées; dans œ cas, cette f^e est tantôt complètement vacante, tantôt marquée par un petit point glanduleux ou par un petit filet ; et il est tellement certain que ce filet on ce point est le rudiment de îétamine «on développée, qu'il n'est pas rare de voir certaines fleurs où ces rudimens se déve* loppent eui véritables étamines« Lorsque le phénomène a lieu , le reste de la fleur devient aussi régulier; c'est ce qui constitue les monstruosités àite$ peloria : cetacddent,ou

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OA.aANBS RSPBODUGTBURt. 5ig

plutôt ce retour à l'ordre symétriqve, est très-conna dans la liTiaria vulgaris (%); mais il n'est pas borné à cette plante, comme on l'avait cru d'abord : on Fa trouvé dans plusieurs espèces des genres Unaria, antirrhinum, digita^ lis{^)^ 8€samunk{ê^jgaleop^, viola{5>\ orchis(&\ et l'on est ains^ autorisé à le considérer comme un phénomène commun à toutes les fleurs irrégulières. Or, ce phéno^ mène, qu'est^il autre chose que la* preuve manifeste de l'existrace primitive et de la disposition symétrique do tous les organes de la fleur qui, dans certaines dispositions don* nées, en dévient par des accidens plus ou moins constans? Tous ces mêmes accidens, et surtout celui de l'avorte^ ment total ou presque total, sont communs dans les carpelles ; lorsque parmi ceux-ci il n'en avorte qu'un petit nombre, et qu'il en reste au-moins deux complets, le pis* til qui en résulte ofl^e encore l'apparence de la r^larité^ si on le considère en lui-même; mais il parait irr^Iier lorsqu'on le compare au nombre des autres parties de la fleur. Ainsi les cistinées, qui ont cinq sépales, cinq pétales et cinq carpelles, sont régulières; celles qui, comme les iiélianthèmes, avec les mêmes nombres floraux, n'ont que

(2) Turp. Icon., pi. ao , f. 10. Hopk. fl. anom. , pi. 7, t. i, a, 3.

(3) DC. , in Elmig. digit. monogr. , i8ia, Montpelfier, in-4*® ». pl« I.

(4^ DC. , pi. rar. do Jard. de Gen. , pi. 5.

(5) Voj. Il la planche 45 de cet oBTrage , tous les diyers degré& d« monslraosîté de la viola hirta , depuis Tëtat ordinaire de la fleor à un ëperon josqu^à Tetat qa'on pourrait dire régulier à cinq éperons. Cette série d'accidens n'est point rare quelquefois sut les mêmes pieds. Ceux qu'on voit ici représentés m'ont été communiqués par M. Colladon-Martin.

(6) A. Richard, Mém. Soc. d'Hist. nat. de Paris, t! I, pi. 3.

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^90 OBGANES KEPRODU C TE VBS.

trois carpelles, oDt un fruit lutrinsèquement régulier , paaif irrégulier relatiremeet. Lorsque le nombre des carpelles çst; par avortement, réduit à l'unité, alors le carpelle soiitaire offre toujours des traces d'irrégularité; ainsi , lorsqu'il t plusieurs graines, ces graines sont adhérentes latéralement du coté de l'a^e de la fleur , comme on le^roit évidemment dans les légumineuses. Il est à remarquer que lorsque celles-ci ont accidentellement plusieurs carpelles, ou, ce qui est la même chose, lorsque l'avortement des carpelles y est moins complet, le second, lorsqu'il existe, est situé précisément en face du premier, ayant la suture §éminifère aussi dirigée vers le centre, de sorte qu'il en résulte un fruit régulier : c'est ce que j'ai observé dans les gleditsia (y). Les rosacées drupacées offrent aussi un carpelle unique pap avortement, et \'on trouve quelques cerisiers ou quelques pruniers qui ont, ou accidentellement deux carpelles soudés (S), ou plusieurs carpelles libres (9). M. Auguste de Saint-Hilaire a trouvé, ju Brésil, une miposée à ça\(\ carpelles; or, que Ton compare la structure dés légumipeuses ainsi considérée avec celle des spirées, par exemple, parmi les rosacées, et l'on arrivera à concevoir que ces deux familles ne diffèrent presqu'en réalité que parce que l'avortement des carpelles est fréquent dans les légumineuses et rare dans les rosacées.

Dans les carpelles qui paraissent n'avoir qu'une graine^ l'irrégularité est visible sous deux rapports : i.* Il est presque certain que les graines ne sont solitaires que par l'avortement plus ou moins précoce de l'un des ovules; 2.* de

(7) DC, Mém. It'^um., pi. 2, f. 6.

(8) Ibid., I. c.,pl. 1, f. 3, 4.

(7) /^li. , Plant, rar. du Jard. de Geo^Te^pl. 18.

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0AG1N£S A£PBODVCT£LRS. 5)1

^dque manière que cette graioe soit située, il faut qu'iLy ait irrégularité dans le carpelle: est-elle attachée latéralement, comme dans les légumineuses? Firrégularité est évidente, le placenta est latéral; est-elle attachée au fond du carpelle, comme dans les composées? le cordon pistillaire suit un des cotés du péricarpe , et détermine une irrégularité; est* elle attachée au sommet du carpelle, comme dans les dip« sacées? le vaisseau qui lui apporte la nourriture suit un des côtés du carpelle, et rend celui-ci nécessairement irréguHer. Ainsi, tout carpelle monosperme, tout carpelle solitaire est nécessairement une déviatjon de l'ordre symétrique, et, par-conséquent, une irrégularité très-probablement déterminée par un arortement.

ARTICLE XII

De la Disposition primitive des parties d'un même verticille fioral ou de P estimation,

La fleur complète et régulière est, comme nous l'avons TU , composée au-moins de quatre verticilles concentriques, formé chacun de plusieurs pièces; la disposition relative de ces pièces entre d'une manière essentielle dans la symétrie; mais le prompt développement de ces diverç organes, au moment de lu fleuraison, fait qu'on ne juge bien de cette disposition primitive qu'en l'étudiant dans les boutons. Linné , qui la comparait avec la vernation ou disposition des feuilles dans le bourgeon , lui a donné le nom âîestiçation. Richard a proposé d'y substituer celui At préfloraison , qui serait peut-être pré/érable, s'il valait la peine de changer un terme , quand ce terme n'entraîne aucune erreur.

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5y3 OftGAlfES BEPAODUGTKUAS«

Cette disposition des parties est snrtont importante à observer dans ce qui dent aux tégomens de la flenr, savoir: les sépales , pétales et tépales, où les pièces qni, libres oo soudées entre elles par leur base, forment le calice, la corolle ou lé périgone. La plupart des considérations que ces organes présentent , sont également applicables aux folioles des invofucres. Examinons d'abord les dispositions possibles des fleurs rigoureusement r^ulières.

La distinction primitive qui se présente ici, est de savoir si les parties d'un organe sont sur un seul rang, ou si elles sont sur deux ou plusieurs rangs. Qurnid les parties d'un tégument sont rigoureusement verticillées en un seul rwag^ il peut arriver quatre cas.

I .* Ces parties peuvent être disposées en cercle parfait, chacune d'elles étant plane ou modérément convexe; alorl elles se touchant toutes par les bords sans se recouvrir les unes les autres, ni se replier en-dedans; c'est ce qu'on nomme Testivation valvaire^ parce qu'elle rappelle la disposition des valves des péricarpes (i). Les sépales des tilleuls et de la plupart des clématites, les pétales de la vigne et des arab'âcées, les tépales externes des trades* cantia, et les folioles des involueres de Vothonna cheirifolia en offrent des exemples. Les pièces d^ tégumens i estivation valvairo sont d'ordinaire remarquables parce que leur bord est épais, calleux, quelquefois légèrement gluant ou velouté dans leur jeunesse, circonstances qui (contribuent à les retenir dans cette position.

2.^ Ces mêmes parties peuvent être disposées en cercle parfait, mais ayant chacune leurs bords repliés du coté

(!) Vrnr. pi, 3;. f. 3 , 5, 3 , 5, i5 /;.

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OAOÀNES REPRODUCTEURS* SsS

interne; ellea semblent extérîeureuieot en esûvatioa val* vaire, mab^ioraquon ouvre le bouton, on voit le repli inténenr ck cbaqne pièce. C'est ce qui coostitue l'estivatioa indvplioatw€ (2); elle a beaucoup de rapports avec la précédente, msà la trouve^t-oa quelquefidit dans des plantes trés-voisûies, par leur forin*, de celles i esttvatimi valvaire; teUes sont les clématites viticelles : la portion repliée est ordinairement mince et membraneuse (3).

3.^ On pourrait, par analogie, admettre une estivation rédupUcaiwe^ qui a lieu lorsque les pièces se replient ou se roulent par \t dehors , comme cela semble avoir lieu fbnss lee pétales de quelques ombellifères.

4.* Les parties d*un vertîcille peuvent être disposées en cercle rigooreux quant à leur position^ mais chacune d'elles légèrement tordue stu* son axe propre, de manière ji ce que, par un de $es ç6tés, elle recouvre Tune de %^ voisines^ et que son autre côté, étant un peu plus intérieur, soit recouvert d'autant par Pautre voisine. Cette disposi* tien, qu'on nomme estivation tordue ou tortillée (4), est fort rare dans les tégumens dont les parties sont totale-» ment Ubres; on la voit dans les sépales et les pétales du lin, dans les pétales de l'œillet, des malvacées : mais elle est beaucoup pins fréquente dans les portions libres ou les lobes des organes a parties soudées^ comme les lobes de la corolle des apocinées et des rubiacées.

Lorsque les parties d'un mâme verticille régulier sont snr deux ou plusieurs rangs, ou, ce qui est dire la même

{i) Voy. pî. 37, f. 6.

(3) Grew. Anat., pi. 64» f* la* Lady'sBower.

{^) Voy. pi. 37, f. a , ;». f. 4, ;>. f. 5 , #. et;».

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5^4 OROAKBS BEPRODUCTBVBS.

chose, lorsqa*aQ verticille identique est double ou mul*' tlple^ il peut encore se présenter plnsienrs cas.

I .* Si les partie», rigoureusement placées dans la même direction quant à Taxe , sont alternes entre elles, il en résulte Testivation alternative (5), où les pièces du deuxième rang alternent rigoureusement arec celles du premier, où celles du troisième alternent avec celles du deuxième, et sont, par-conséquent, devant celles du premier, etc.: c'est ce quon voit (knsles tépales desUliacées, les pétales des nymphœacées, etc. Chacun de ces rangs pourrait présenter en lui-même l'une des dispositions précédentes; mais, comme les pièces en sont alors plus écailées , û est rare qu'on puisse la reconnaitre avec précision.

ix.^ On confond généralement, sous le nom à'estifasiom imhricative, tous les cas ou les tégumens étant sur plusieurs rangs , Tordre de ces rangs n'est pas bien déterminé , et ni les pièces se recouvrent les unes lest autres, à-peu-près comme les tuiles d'un toit Cest ce qu'on voit dans les involucres de la plupart des composées, dans les petites de la plupart des fleurs doubles; mais il esl probable que l'on confond ici, sous la même catégorie, des disposidons véritablement distinctes. Lorsque ces pièces sont sur deux rangs, et que l'extérieur est très-court, comparcdvement à l'intérieur, on a désigné cette disposition sous le nom Sestivation cafyculaire; mais ce fait est relatif à la proportion , et non à la position des parties.

3.^ U est possible qu'il existe réellemait une estivation oppositaire, c'est-à-dire où chacune des pièces d'un rang naisse rigoureusement devant celle du rang extérieur;

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OfiGlNJSS BBPEOfiUCTEURS. 520

taais les exemples qu'on pourrait rapporter à cette classe sont obscurs et incertains; tels seraient, par exemple, les pétales intérieurs de Xepimedium et du hontice, si Ton peut réellement les considérer comme des pièces distinctes des vrais pétales.

Les cas que je viens d'énumérer, me semblent les seuls qui existent dans les fleurs rigoureusement régulières; mais il est des cas d*irrégularités légères qu'on a l'habitude de classer parmi les estivations. J'aurais pu, j'aurais du peutêtre, les mentionner dans l'article précédent; mais j'ai espéré obtenir plus de clarté en les réservant pour celui-ci.

Lorsque les parties du cab'ce ou de la corolle ne sont pas exactement situées de la même manière relativement à l'axe , il y a irrégularité , et alors une ou quelques-unes de ces parties tendent à recouvrir les autres pendant la préfloraison : c'est ce qu'un grand nombre de botanistes désignent collectivement sous le nom d'est! vation imlricathe^ terme qui, bien que devenu usuel, a Pinconvénient d^être pris ici dans un sens très-différent de celui qui est expliqué plus haut, et serait remplacé avantageusement par celui i^estivation irrégulière, si Ton veut avoir un terme collectif. Il faut remarquer en effet que cette estivation n'existe que dans les fleurs irréguliéres ou dans celtes qui tendent à le devenir; car elle est' une déviation de l'ordre symétrique. On peut y distinguer plusieurs cas assez çonstans pour mériter peut-être une désignation spéciale.

Ainsi, parmi les fleurs à cinq parties, on voit souvent les pièces du calice , de la corolle ou du périgone, disposées de manière à ce qu'il y en a deux extérieures, une ou deux tout-à-fait intérieures, et deux on une intermédiaires, c'est- ^•dire à moitié couvertes d'un côté par une des extérieures,

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5t6 OAGAirBS REFBOl^UCTBVàl«

et recoQTrADt par l'autre bord one àed imenies : c'est ce" qui est trés-érideot daos les calices des rosiers, et ce que f ai nommé estivatioo quinconciale (6).

Âkisi, les âeors des papiKonacées offrent un de lears pétales plus extérieur et embrassant tous les autres, deux intermédiaires opposés face à face, et deux hitérteurs, de même opposés par leurs faces : c'est cet ensemble qui constitue Vesûyr9Aontexillaire(j).

La irariété de ces estivations irrégulières est très-grande, puisqu'elle est liée aifec l'irrégularité même des fleurs, et, dans im grand nombre de cas, elle peut serWr d'indice pour discerner les fleurs tout^-fait r^lières ou plus ou moins irrégulières. On en peut voir des exemptes divers à far pi. 3^ , fig. 7 ^ 9, etc.

Avant de quitter ce sujet, }e dors encore faire remarquer , comme un fait important , que restivatioD des partiel du calice et de la corolle n'ont entre elles aucun rapport nécessaire, même dans les familles les plus régulières*, ainsi, Pestivation des malvacées(8) esttalvaire quant au calice, tortillée quant à la corolle; celle des Knées et de^ cistinées (9) est tortillée pour les deux organes, mais U torsion de la corolle est en sens inverse de ceUe du calice. Ce fait tend , avec une foule d'autres , à prouver qu'il ^sX contraire à la nature des choses de considérer le calice et la corolle comme deux rangs d'un mêtae organe qu'où nomme périanthe, mais que ce sont bien réellement des

^) Greir. Antt. , pJ. 54» Blaltaria. Voy. notre pi. 87, fig. 10, #.

(7) PI. 37, fig. 8.

(8) Ibid.^tlti'),

(9) Ihid , f. 5.

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OBeANBS BBPBODUCTBtliS. 5S7

organes *aiis8i àifférens que tous ceux dont* les fleurs se composent. U est des périgones dont les parties sont sur deux rangs, et ou chaque rang a une estivation particulière; telle est la fleur du tmdescantia virginica (lo), oà le rang extérieur est foliacé et a une estivation valraire, tandis que Tintérieur est pétaloide et a une estivation chiflbn. née : ce fait semble confirmer l'opinion de M. Desvaux , qui considère le rang extérieur comme calice, et ^intérieur comme corolle. Mais, outre les motifs cités plus haut contre cette opinion, il faut ajouter que Festivation chiffonnée n'est due qu'à un développement extraordinaire des organes, et doit plutôt être considérée comme «un cas dans lequel la vraie position des parties est impossible à fixer que comme un cas particulier d'estivation. Ainsi les pétales do pavot (i i), qui sont bien en estivation cUffonnée lorsqu'on les examine en masse, paraissent évidemment en estivation alternative lorsqu'on les examine en détail, surtout dans le» fleurs doubles, oà leur nombre a diminué le cfaiffonnement.

La position relative des étamiaes entre efles a moins^ d'influence apparente sur la structure de la fleur, vu que la forme de ce9 organes fait qu'ils ont te«îoors h place suffisante poar se développer salis se recouvrir; les étamines n'offrent à cet égard de différences que dans le nombre des rangs concentriques, la proportion de leur grandeur, le nombre de chaque rangée, et le degré de [eur cohérence dont j'ai parlé ailleurs. J'ai déjà aussi traité suffisamment de la position des carpelles. ' La direction des organes fait aussi partie de l'histoire

(10) PI. 37, f. 3.

(11) lhïd.,i, 1.

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538 orga:(es kepboduc^teurs.'

de lear préfloraisoQ. La plupart naissent dressés,* comme dans tous les exemples d'estivation que j'ai cités; mais il en est qui se replient ou se roulent en-dedans d'une manière remarquable : ainsi les calices des valérianes et des centAranthus (i 7) ont le limbe roulé sur lui-même à rintérieur, de manière à ne présenter, au moment delà fleuraison, qu'une espèce de bourrelet qui se développe à la chute de la corolle : c'est une estivation involudve^ Ainsi les étamines des mélastomes (i3j ont leurs filets repliés sur eux-mêmes , de mamere que les anthères pendent dans l'intérieur du bouton : c'est un exemple d'estivation répUcative. Ainsi les carpelles de la spiraœa ulmcL^ na^ et mieux encore ceux des hélictères (i4), se tordent les uns sur les autres en spirale , d'une manière qui rappelle les estivations dites tordues, mais qu'on doit considérer comme une estivation spirale y vu que leurs bords ne se recouvrent point. Le faisceau des étamines de \inga zygia (i5) présente aussi une torsion spirale extrêmement prononcée et extraordinaire. Plusieurs styles, notamment dans la famille des légumineuses, isont roulés en crosse sur eux-mêmes ou en spire sur un seul plan, de manière à rappeler la disposition des feuilles circinnales, et à mériter le nom d'estivation circinnale; par exemple, le style du sabinœa (i6).

(la) Poit. etTurp. Flor. Paris, pi. 4o,iP. 5 et 6. (t3f) Bonpl. Mobogr. des Melast. , toutes les planche^ (i4) Gœrln. fruct. 1, pi. 64. - (i5) DC. , Menu lëgam. , pi. 65, f. 3. (16) Vahl. sjmb. tôt, 3, pi. 70.

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OftOÀlfgf BSPmOBUCTEIJRS. 52$

ARTICLE XIII

iSes Fleurs soudées ensemble.

Parmi les causes qui tendent à masquer la véritable symétrie des fleurs, il en est une qui, quoique fort accidentelle, mérife d'êlre citée; je veux parler de la soudure des fleurs voisines, phéaomène que j'ai déjJi mentionné dans la théorie élémentaire : il a lieu quelquefois entre des fleurs très-voisines, et on peut en suivre tous les degrés. ^ Quelquefois deux pédoncules voisins se soudent si intimement ensemble, qu^ils paraissent n'en faire qu'un, terminé par deux fleurs : c'est ce qui ftrrire naturellement dans h section des chevre-feuilles qui, comme le xylosteon, ont des pédoncules biflores (i); c'est ce qui arrive acciden-^ tellement dan^ plusieurs arbres, teb que les cerisiers, les pommiers, etc. J'ai fait représenter , pL 46de cet ouvrage , un exemple de pommier à pédopcnks soudés , et terminés par deux fruits inégaux* La fig. m^ qui offre la coupe du pédicule, démontre en particulier qu'it était formé de deux pédoncules soudés.

Hon-seuleqient les pédicelles peuvent être soudés comme dans les fas précédons, mais deux ou plusieurs fléttrs voisines peuvent se sonder de manière à b*en faire qu'une ; celle-ci présente alors des traces plus ou moins évidentes de cette soudure. J'ai remarqué ce phénomène d'une manière claire dans certains pieds iegaleopsis, où la sommité de la tige avorte > et où l'on trouve une fleur terminale, formée par la soudure de deu% fleurs voisines: cette fleur est plus jurande qu'à l'ordinaire a pc^sque

(0 Tourn. Inst. , pi. 379. . •

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