‹ Cours de botaniqueChapitre 59 sur 63 · Tome l'f · texte numérisé non relu

Tome l'f

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régulière; sqp calice | sa corolle et ses étamines offrent tous les nombres possibles, depuis le nombre naturel jusqu'au double de ce nombre.

Un phénomène analogue paraît avoir lieu naturellement dans les tomates ou lycopersicum à fruit toruleux (2)- M. Dunal a montré en détail que la singulière apparence de ces ovaires, et la multiplicité de leurs loges, si contraire à l'état ordinaire des solanées , tient à ce que ces fleurs sont formées par la soudure de plusieurs.

La monstruosité à-peu-près constante, on variété d'oranger que j'ai fait représenter à la pi. 4^ de cet ouvrage, paraît être due à la même cause, et formée par la soudure naturelle de plusieurs fleurs voisines; d'où est résulté \m firuit très^éformé, mais présentant évidemment plusieurs centres.

Je pense que c'est à la même classe de faits qu'il faut rapporter l'exemple de la pervenche monstrueuse, représentée à la pi. 47 ) ^ dont la fleur parait formée de deux fleurs soudées, comme on peut le conclure, soit de l'augmentation du nombre général des parties, soit en particulier de la présence de quatre ovaires et deux styles soudés jusqu'à la moitié, dont chacun parait représenter l'état or^ dinaire du-3tyle de la pervenche, qui est formé de deux styles partiels.

U est quelques plantes dans lesquelles la soudure des fleurs n'a lieu que par les calices qui, dans ce eis, sont eux-mêmes adbérens avec les ovaires de leurs fleurs et avec les bractées : c'est ce qui arrive dans le gundeîia (3)

(3) Dunal monogr. des soianum , pi. 5 , f. A. B. C. (3; Gcrtn. fr. 3, pi, i(>3.

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et dans les opercularia (4) ^ et qui transforme ces capitules composés de plusieurs fleurs, en une masse où, peodaut la fleuraisoD, on observe bien les corolles distinctes^ mais où Ton ne trouve en apparence, qu'un fruit multiloculaire dû à la soudure de tous les fruits partieb. Nous revien-^ drons sur ce sujet eii parlant des fruits^

ARTICLE XIV

Du Nombre absolu des parties de chaque verticilte floral.

Nous avons vu que les fleurs sont formées de pièces disposées sur plusieurs verticilles concentriques, et que ( sauf quelques exceptions), les pièces de chaque verti- ^i^ille sont alternes avec celles qui précèdent ; il résulte de la que, si Ton fait abstraction des irrégularités dues aux avortemens partiels , le nombre absolu des organes de ' même nom est ordinairement déterminé par le nombre de verticilles similaires qui se développent. Ainsi, lorsqu'il y a deux rangées d'étamines, le nombre de celles-ci est double des pétales*, lorsqu'il y en a trois, il est triple, et ainsi de suite. Une seconde cause de variation dans le nooibre relatif que j'ai déjà, indiquée ailleurs, est que, quelquefois, à la place qui semblerait devoir être occupée par une seule étamine^ il s'en développe un faisceau; mais encore, dans ce cas, le nombre ^es étamines est multiple des pétales ou des sépales. Enfin , les plantes offrent assez firéquemment un genre d'aberration numérique plus remarquable, et, si j'ose le dire, pl|is intime : il n'est pas rare

(4) Jofs. Ann. Mas; 4> V^* 1^9 V'^

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de trouver, sur les foémes pieds de rue, des fleurs dont les unes oat quatre sépales, quatre pétales, huit étamioes et quatre carpelles soudés, tandis que les autres ont doq sépales, cinq pétales, dÎK étamioes et cinq carpeUes soudés. Ou remarque, dans ce cas ^ daos tous les analogues, que les fleurs du centre des cimes qui se développeot les premières sont à cinq parties et les suivantes k quatre, et Linné avait établi, comme règle dans son système, fondé sur le nombre des parties, que c'était toujours sur les pre* mières fleurs développées que ce nombre devait être fixé. Les exemples de ce genre d'aberration, qui atteint à-lafbis tous les vertidlles sans déranger la symétrie, se sont répétés si fréquemment, que Linné avak coutume de les exprhner par cette phrase : Quinta seu quarta pars fntc* Hficationis interdum aiiditur. On retrouve des faits de c^ genre dans les pbiladelphes qui ont les fleurs tantôt sur le système quaternaire, tantôt sfir le système quinaire; dans les aspérules, dont les fleurs sont tantôt trifides, tantôt quadrifideSy etc., etc. Ce phénomène est tout4*£Ht ana« logue à ce que nous avons observé en parlant des rerticilles des feuilles qui sont aussi susceptibles de varier en nombre; on dirait qu'un rameau, soit chargé de feuiltes Terticillées, soit chargé de parties florales verticillées,esl comme composé de plusieurs fragmens soudés longitude nalemept, et que la symétrie existe toujours lors même qve Tira de ces fragmens vient à manquer. Une monstruosité Siris chinensiê , que j^ai fait représenter pi. 4o, seod^ venir à Fappui de cette manière de voir; on sait que b fleur de cette plante est sur le système ternaire, c'est-à-dire, qu'elle se compose : i .* de deux vertioiUes de troi&ieuiUeS) transformés en lobes du périgond et sondés par leur base

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avec FoTaire ; a/ d'un verdcille de trois étamines; 3.*d'uo veiiicille de trois carpelles soudés entre eux et avec le pérîgoiie* Or^ dans l'exemple auquel je fais alluaioa, la fleur n'est composée que des deux tiers de ces organes, le périgone est à deux rangs de deux feuilles, et il n'y a que deux étamiaes et deux carpelles; mais l'autre tiers est, pour aiosi dird, resté en arrière, à moitié développé, et r^n en retrouve les rudimeus b^ visibles au-dessous de la fleur.

Ce que nous voyons ckiremeat dans ce cas, parce que FavoTteraent n'a pas été complet, n'existe-t-il pas évidem* ment dans les cas où Favortement est plus complet et plus régulier, comme, par exemple, quand les fleurs èsys* teBie quinaire de^ rues, des seringats, etc., passent an système quaternaire? N'est*ce pas encore à la même cause qu'il faut rapporter les cas où des fleurs appartenant par leurs analogies à une certaine classe , ont un nombre d'organes moindre qu'il ne devrait être? Ainsi, par exemple, toutes les asparagées sont sur le système ternaire, e& si le mayan^ themum parait organisé sui: un système binaire, c'est probablement qu'un tiers de ses organes avorte habituellement, comme nous venons de le voir avorter accidentellement dans l'Iris. Si plusieurs rubiacées, myrtacées, etc., présentent un système quaternaire ^ tandis que d'autres offrent le système quinaire, n'est-ce point qu'un dnquième de leurs organes avorte par un procédé analogue?

Nous pouvons de là nous élever à cette idée générale, que les deux grandes classes des végétaux ont chacune des verticilles floraux , composés d'un nombre déterminé de pièces : les monocotylédones trois, les dicotylédones cinq; la grande majorité des faits correspond à cette

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régie (i)) et j'-ai peu de doute que les exceptions vieodront s'y ranger à mesure que dous connaîtrons mieux la véritable symétrie des plantes, et la grande action des fiYortemens. Nous voyons déjà que plusieurs de ces exceptions sont expliquées :

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