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(i) M. Allmann , professeur de botanique à Doblin, a cra troor ver un rapport nécessaire entre ces nombres et certaines formes bypolbéliques des cellules des deux grandes classes des ▼égétaox ; mais comme son me'moire n^a point étë publié, il est impossible d^appr^ciec la valeur d'une idée au-moins piquante et îngénieose.

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glande excrétoire tpii est située sur Tun des organes floraux, et le sac qu'elle secrète porte le Dom de nectar. Linné s'est servi de ce terme pour désigner toute espèce de glande, de tubercule^ dé bosse ou d'appendice qui, étanC placé dans la fleur, ne lui semblait pas être partie intégrante de l'un des organes floraux ordinaires; dès-lors les botanistes, sentant l'incohérence des objets réunis sous cette dénomination commune, ont cherché à les classer séparément, et leur ont donné des noms particuUers, souvent plus qu'il n'était nécessaire. J'ai indiqué le sens de ces termes, la plupart surabondans, dans la Théorie élémen* taire, p. 4o6, et je me bornerai ici à examiner les nectaires sious un point -de- vue plus général, d'abord en euxmêmes^ puis dans leurs rapports ayeç les organes qui les portent.

Les glandes excrétoires qu'on observe sur les fleurs, méritent un uom commun, principalement en ceci, que, cjuelle -que soit leur position sur l'un ou l'autre des organes floraux, quelle que soit la nature propre des sucs de chaque plante, quelle que soit la grandeur, la forme, la consignée de ces glandes , elles sécrètent toutes un suc plus ou moins miellé, et qui offre une nature très-analogue dans toutes les plantes connues : circonstance remarquable, et qui prouve suffisamment une analogie de structure dans les glandes qui produisent le nectar.

Les nectaires, dans les fleurs régulières, peuvent sa trouver placés sur tous les orgunes, mais d'une manière symétrique; leur place la plus habituelle est de naître suv le torus; tantôt ils y forment des tubercules distincts, et dont le nombre est en rapport avec celui des parties de la fleur : par exemple, dans \eparnassia, lescrassulacées,etc.,

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ou situes sur les deux côtés Utéraux et opposés de la fleur des cmcifêres; tantôt la surface entière da torus senble être traBsforoiée en une surface glandulaire et nectarifère : par exemple, dans le cohœa,

Quel<{uef6is les nectaires natssent sur l'ovaire, placés ^métriquement; telles sont les trois glandes qu'on obsenre sur l'oTaire des Jaduthes. Ailleurs, les parties de la corolle, du câltce ou du périgone, portent des glandes nectarifères, ou à leur face interne, comme celles qui sont Tisibles à la base des tépales de la fritiDaîre impériale, ou à leur face externe , comme sur les càMces des malpighiacées. Les étamines portent aussi quelque/<»s des glandes nectarifères, particulièrement sur leurs auVhères on sur le connectif, comme dans Tadenanthera, le pro* sopis, etc.

Dans tous ces exemples, la symétrie de la fleur n'est nullement altérée, parce qne les nectaires sent situés r^nliérement; mais il arrive très*fréquemment qu'on troure, dans les fleurs irrégulières, des nectaires situés de manière à être sans rapport avec la symétrie. Est-ce la présence de ces nectaires placés irrégoKèrement qui détermine l'irré* gularité de la fleur, ou firrégt^^rité de la fleur qui détermine celle des nectaires? Il est probable que ces deux causes sont vraies cha(^tne dans certains cas; mais noAs ne pouvons le plus souvent observer que la concordance des faits, sans déterminer lequel est la cause de Tantre. Ainsi, dans un grand nombe de coroBes gamopétales îrrégulïères, telles que les labiées et les personées, on trouve sur le torus une glande nectarifère, située sous ipn des côtés de Tovaire, et qui manque du côté opposé. }i arrive fréquemment que lorsqu'un organe sexuel

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avorte ) sa piace est occupée par une glande nectarifère; ainsi ^ dans les persooées, la place de Fétamine aTortée est souvent occupée par une glande dans plusieurs plantes monoïques ou dionpies; le pistil est remplacé dans les fleurs mâles par une glande nectarifère.

Les nectaires qui naissent sur la face interne des corolles y sont tantôt superficiels, et souvent ils y déterminent une cavité qui, vue par Textérieur, forme une bosse ou un éperoo : c'est dans ce sens que Sprengel a donné à ces organes le nom de nectaroiheca ; ainsi , le fond de réperon de la linaire, de la violette, etc., présente toujours un nectaire plus ou moins bien développé ; et lorsque ces fleurs deviennent régulières ou se changent en péloria, chacun de leurs éperons renferme un nectaire.

Le ^enre pamassia présente des nectaires très-remarquables (i) : il s*éleve du torus entre chacune des cinq étamines, un^^filet Cylindrique, rameux, k trois, cinq, sept ou neuf branches , selon les espèces , et chaque branche se termine par une glande globuleuse et nectarifère; det appareil est-il une simple forme du nectaire, ou serait-il Pindîce d'un faisceau d'étamines avortées? C'est ce sur quoi il est impossible de ried affirmer.

Le nectar sécrété par les nectaires est recherché avidement par les abeilles, et par la plupart des insectes suceurs qui en font leur nourriture; en cherchant k l'atteindre, il arrive fréquemment que ces insectes excitent ou secouent les étamines, et déterminent ou accélèrent la fécondation : il peut arriver encore que ces insectes, sortant d'une fleur mâle chargée de pollen, portent ce pollen ou sur des

(!) Totirn. Inst., pi. 127. (Ed. B. dan., pi. 584.

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fleurs femelles de la mênie espèce qu'ils fécondent , ou sur des fleurs d'espèces analogues sur lesquelles ib détermiminent des fécondations croisées. Sans nier la possibilité et la vérité même de ces faits, considérés comme phénomènes accidentels ) il y a loin de là à conclure que ce mode de fécondation est nécessaire dans certains végétaux , et que les taches ou bosses particulières qu'on observe dans certaines fleurs ont pour utilité d'indiquer aux insectes les nectars qui pourraient leur échapper, ou les fleurs sur les« quelles il est utile qu'ils se reposent. M. Conrad Sprengel a cherché à développer ces idées, plus fondées, je le crains, sur des théories métaphysiques , que sur \a simple observation des faits; mais on ne peut nier qu'à cette occasion il n ait fait connaître les nectaires et les organes sexuels des fleurs avec beaucoup d'élégance. (Voy. Chr. &)nr. Sprengel, das entdeck. Gebeimn. der Natur im Bau und in der Befrucht. der Blumen., i vol. in-8.% ijgS.)

ARTICLE XVI

Comparaison des Parties foliacées et pétaloïdes.

Nous avons vu, en décrivant la structure de chacun des organes floraux, que les uns sont semblables à de vraies feuiUes par leur structure intime, leur couleur verte, la présence des stomates, la faculté d'exhaler du gaz oxigèue : tels sont les bractées , les sépales, t\ la plupart des ovaires; les autres sont d'un tissu plus délicat, décorés des cou« leurs les plus variées, dépourvus de stomates, incapables d'exhaler du gaz oxigène : tels sont les pétales, les étamines, les styles, et quelques ovaires. Il est nécessaire d'examiner maintenant jusqu'à quel point ces limites sont prononcées ; commençons d'abord par les cas où les,

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organes ordinairement foliacés se trouvent à Tétat pétajoide.

Les sépales prennent fréquemment la coloration et la consistance des pétales; dans ce cas, lorsque les deux organes co-exbtent, il n'y a aucun doute sur leur distinction; aiasi, le calice d'une variété cultivée de primevère ( le primula calycanthema ) , s'épanouit par sa partie supérieure en un limbe coloré et pétaloïde , de sorte que la fleur semble avoir deux corolles. Ainsi l'un des lobes du calice desmztssœnda et des ptnineya se dilate en un limbe pétaloïde, tandis que les autres <^nservent leurs dimensions |et leur apparence ordinaires. Ainsi , dans plusieurs genres de léguminenses, de labiées, de verbenacées, etc., le calice est plus ou moins coloré, sans qu'on pense à le confondre avec la corolle. Mais si en même-temps que le calice se colore , les pétales viennent à manquer ou à pren« dre une fortne insolite, alors on a fréquemment pris ce calice coloré pour une corolle : c'est ce qui est arrivé, par exemple, dans les anémones, les clématites, où les pétales manquent; danslesaquilegia, les delphinium, où ils existent, mais déformés et réduits à des rudimens. Dans tous ces cas, le cab'ce, quoique coloré, est un véritable calice, et on le reconnaît, soit par l'analogie avec les genres voisins où les deux organes existent, soit par l'étude des fleurs doubles (i).

Il arrive quelquefois que les bractées elles-mêmes, quoique plus éloignées des pétales, participent à la même tendance, et se colorent en tout on partie, accidentellement ou constamment ; mais ce phénomène n'arrive jamais que lorsque le calice est coloré^ ainsi l'on trouve ça et là

(i) DC.y Mëm. sur les fleurs doubles, Jaus les Me ai. ^^ la Soc. d'Arcueil , toI. 3.

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des individus d'anémone ou Tinvolacre est en partie iolûtcé^ en partie coloré ; les bractées de plusieurs liliacées y de quelques légumineuses, etc., l'involucre de plusieurs ombeUiféres, présentent le même fait plus ou moins constamment. Les bractées du saMa splendens^ des monardap et de plusieurs autres labiées, sont habituellement teintes des plus belles couleurs. Uinvolucre du cornus fioHda (a) est si graAd, si coloré, et joue si bien le rôle de pétales, qu'il a vçlu à ce }oli sous-arbrisseau son nom spécifique; les bractées de rborle]|sia des jardins sont de même si colorées et si rapprocbees de la fleur, qu'il est peu de commençans qui ne les prenne pour de -véritables pétales. Si Ton s'étonne ^e voir des bractées ou des sépales re<* vôtir lapparence pétaloîJe, et si l'on voulait en déduire que ces organes ne sont pas originaireaDcnt foliacés , on serait bien vite détrompé', soit par le grand nombre d organes analogues qui présentent les apparences de feuilles, soit par les exemples de feuilles qui prennent les couleurs péialoides. Ainsi, plusieurs espèces, telles, par exemple, que l'arrocbe des jardins, sont indifféremment totalement vertes ou totalement rouges; d'autres, telles que diverses espèces d'amaranihes, et notamment \amaranihus tricolor^ prennent dans diverses circonstances , ou même dans diverses places de la même plante, des teintes ronges ou jaunes assez prononcées ; d'autres , telles que le caladium b£color[3)^ ont habituellement le centre de la feuille marqué d'une large tache rose , aussi brillante que bien des pétales; il en est, telles que le tradescantia discolor^^)^ le

(a) Bot. Mag. , pi. 5a6.

(3) ïhid, , pi. 8ao.

({; thld. f pi. !i5i.

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iegonîadîscolor(5)^ chez lesquelles une des surfaces de la feuille est leîate de la plus belle couleur ronge; ailleurs les feuilles sont marquées çà et là avec assez de constance' cl de régnlarilé par des taches ronges dans quelques ca/adium, blanches dans le bégonia argyrostigma (6), noires dans Vart/m vu/gare. Observons encore qu'à la lin de leur vie , les feuilles d'un grand nombre d'ai bres prennent des teintes ronges ou jannes qui ne dépai^eraieut pas les fleurs, et qui sont ordinairement en rappoit, avec la cooleor que les fruits charnus de ces mêmes arbres prennent a leur maturité.

Tous ces exemples, qu'il serait aisé de ladtiplier, et où l'on v3oit les parties natureUement vertes devenir colorées, tendent à prouver que cette différence est loin d'être aussi essentielle qu'on poarrajt le croire. Si les diimistes viennent ii démontrer que la matière réstneise colorante, ou la chromule, ne diffère pas sensiblement d'diemême lorsqu'eUe est verte {et alors on Ta appelée chlorophylle), ou autrement colorée, et plusieurs faits tendent déjà à les y conduire (7), on concevra facilement que de très-légères modifications physiologiques peu vent détermir ner ceschangemens de couleur, et que par-conséquent les pétales pourraient bien n'être que de simples dégénérescences des organes foliacés.

Ce que nous venons de dire des foiioles, du calice , et

(5) Bot Mag., pi. 1473., Andr. bo^. rop., pi. 627.

<6} Link. et Ott. abb., pi. xo, Hool., fl. exot., pi. x8.

(7) Depuis que )*aî écrit ces lignes, ce soupçon parait yéà&é par les expériences de M. Macàire , desquelles il parait résulter que la chromifle colorée ne diffère de la cbromule verte que par un plus grand degré d^oxigénation. Voy. Mém. de la Soc. d^Hist. Nat. de Génère, à la fin du toI. 3.

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54^ ORGArcrs reprobùctbiiks^

de Finvolucre, on pent a tout aussi juste titre le répéter des carpelles , dont les ovaires sont tantôt à Tétat foUacé, tantôt a l'état coloré , sans qu'on observe d'ailleurs aucune diflerence essentielle dans leur organisation ; ainsi j des plantes très-voisines, telles que les omithcçales et les scilles, ont les unes lovaire vert et d'apparence foliacée, les autres l'ovaire coloré et d'apparence pétaloîde. Il est peu de £imiUes oà l'on ne retrouve le méine disparate entre des genres analogues.

Mais si les bractées sont des feuilles, comme personne ne l'a contesté-, si les sépales sont des feuilles, comme on n'en peut guère douter; si les carpelles sont des {euîOes, comme il me semble l'avoir démontré plusbaut, si tous ces organes, quoique d'origine foliacée, sont cependant plus ou moins susceptibles de se colorer, et de devenir pétaloîdes, pourquoi les pétales eux-mêmes seraient-ib dans un cas différent? pourquoi ne seraient-ils pas des feuilles plus habituellement métamorphosée; que les autres? Ce soupçon prendra tout-à-l'heure plus de fbree, quand nous aurons poursuivi nos recherches en sens inverse , c'est-à-dire, quand nous aurons examiné si lesorganes, habituellement pétaloîdes, peuvent se présenter à l'état foliacé.

Jerpourrais citer, comme exemple de ce fait, les carpelles changés en feuilles qu'on a observés dans le lathyrus latifolius, dans une variété de cerisier, etc., etc., et que j'ai déjà mentionnés. Mais ces exemples seraient ambigus, parce que les carpelles sont, à l'état ordinaire, presque foliacés. Les exemples de pétales changés en feuilles, quoique plus rares, sont plus démonstratifs. En voi^i quelques cas :

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