I.* On cultive dans les jardins une 'monstruosité de
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julienne {hesperis matfonalis)^ dont les fleurs sont remplacées par une multitude d'organes foliacés qui sont dans un état intermédiaire entre les pétales et les feuilles , de sorfe qu'on ne peut considérer ces fleurs que comme des fleurs doubles à pétales semifoL'acés. Plusieurs variétés doubles d'anémones, de renoncules, etc., présentent ce phéoomène, et j'ai observé des fleurs de fraxinelle {dic^ tamnus^lbm)y dont tous les organes floraux, augmentés en nombre comme dans Ies>cas précédens, avaient pris i apparence de feuilles (8).
2.* Les fleurs simples présentent aussi ce phénomène, quoiqu'il y soit plus rare; j^ai trouvé dans les marais salés, entre Dieuze et Moyenvic » une monstruosité de ranun* culus philonotU^ dans laquelle les pétales étaient devenus verts et munis de stomates comme des feuilles, tandis que le reste de la fleur était à l'état ordinaire.
3.* M. Dumas (9) et M. Rœper (10) ont l'un et l'autre trouvé une monstruosité de campanula rapunculoiç[es\ qui est d'une haute importance pour l'étude de la structure des fleurs. Cette campanule présente quelquefois sur le même pied des fleurs à l'état ordinaire, et d'autres on les pétales sont transformés en feuilles, d'autres encore où les pétales et les étamines, et mêmes les carpelles, sont changés en feuilles.
J'ai observé un fait trés-analogue sur Vanemone Tie-
morom (i i) ; les fleurs y étaient défigurées par la trans^
(8; Cette monslroosité a déjà ëté obseryëe , .il y a plus d'un siècle , par Marchant ( Mém. acad. des Scienc. de Paris , 1693 , p. a3. ) , et récemmeBt par M. Da Petii-Thouars.
(9} Note manuscrite et échantillon communiqoés en 18 19.
(10) Mëmoire snr l'Inflorescence , i8a6.
(Ti) Voy.pl. 35.
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fonualioD en feuiUes de la plupart de leurs organes jamais les anthères eucore persistantes ça et là démontraient bienclafrement le rôle priaûiif de ces organes. M. Bridel a obseryé un fait très-^einblaUe dans Xerysimnm officinalej où la plupart des parties florales étaient transformées en feuilles (is). M. Cassini a donné la de;scription (i 3) d'une scabiosa columbaria^ dont les filets étaient épaissis et herbacés^ et les anthères changées en une petite feuille verte dont le filet était le pétiole. Ainsi, tous les organes floraux ne sont (\ue àes yetûcill^ de feuilles dans un état particulier.
Nous reviendrons tout-à-l'henre sur cette théorie et sur ses conséquences; bomons-nous, pour le moment, a ohserver que les feuilles qui entourent ou qui forment la fleur, peuvent se présenter à l'état foliacé ou à l'état pétaloîde, et que bien que chacune d'elles ait plus de tendance i l'un des états , elle peut cependant passer à l'autre par des causes \ nous inconnues. Ces deux états semblent plutôt des phénomènes physiologiques que des différences vraiment anatomiques; l'état, foliacé est celui, dans leqnel ces organes servent à la nutrition , Télat pétaloîde tend avec plus ou moins d'énergie à les rapprocher de la sexualité. Observons enfin pour terminer que l'état des verticiUes, dont la fleur ou même l'inflorescence se compose, n'est en général modifié que de proche en proche; ninsi les bractées ne deviennent pétaloïdes que lorsque les calices le sont aussi ; l^s étamines ne deviennent foUacées que quand les pétales sont déjà passés à cet état, etc.
(la) Journ. de Gonéye , 1791 , n.o 4» MuscoL vol. 1 , p. 5*. (i3) Bull, philom. Mai, 182 1. OpwKc. phylol. «, p. 549-
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ARTICLE XVII
De PAnahgie spéciale des Organes mâles et femelles des Fleurs.
Les faits contenus dans l'article précédent ont déjà tendu à prouver que les diverses parties de la fleur ont entré elles une grande analogie; si nous poursuivons ce genre d'examen, et que nous observions en particulier les transformations sexuelles, nous serons toujours plus frappés de cette homogénéité singulière des organes.
Les parties mâles des plantes on les étamines, peuvent quelquefois, par des causes qui nous sont inconnues, se transformer en organes femelles ou en carpelles, et porter ainsi des ovules i la place de pollen ; dans les cas de ce genre qui ont été observés, on trouve les filàmens à l'état naturel, et les anthères changées en carpelles; le plus souvent les étamines, si elles sont nombreuses^ restent en partie à l'état mâle, et les rangs intérieurs seuls se changent en organes femelles. On trouve même quelquefois des étamines dont l'anthère est à moitié remplie d'ovules, et à moitié de grains de pollen. La première observation de cette métamorphose extraordinaire a été faite par M. Du Petit-Thouars (i) sur le sempervivum tectorum^ chez lequel cet accident parait être fréquent, au-moins dans le Nord de te France et en Angleterre; mon attention ayant été éveillée par cette belle observation, je retrouvai peu de temps après la même métamorphose dans les rangs imérieurs des étamines du magnolia fuscata^cxAûvé en éerre, et dèslors j'ai vu fréquemment des chatons mâles de diverses
(i) NouT. Bull, pliilom.» 1807^ p. 3o.