A. ÉQUATIONS DIFFÉRENTIELLES ORDINAIRES
i« ÉQUATIONS A DEUX VARIABLES
Généralités,
200. Déflnttlon : Inté^ralefi générales et intégrales particulières. — On appelle équation différentielle ordinaire ou système d'équations différentielles ordinaires toute équation ou tout système d'équations ne renfermant qu'une variable indépendante.
ii4
Nous traiterons d'abord le cas le plus simple, celui (lun^^ ëquation unique entre deux variables x et y, dont lune, x par exemple, supposée variable indépendante, a ses différentielle^ d'ordre supérieur égales à zéro.
L'équation divisée par une puissance convenable de dr se réduit alors à une liaison telle que
\ '^' dx dx* dx* '" djc»/
entre j-, y et les dérivées de y, et l'ordre de l'équation est celui de la plus haute dérivée qui y figure.
Le problème de l'intégration d'une pareille équation consbH' dans la recherche de la relation la plus générale qui établie entre yetx satisfait à l'équation (1) : cette relation inconnue eM dite V intégrale générale de l'équation différentielle proposée.
Nous admettrons l'existence de l'intégrale générale ;Vuir Serret, Calcul différentiel et intégral, § 619 et suivants et nous nous bornerons à démontrer qu'elle doit renfermer un nombre de constantes arbitraires égal à l'ordre de l'équatiuii différentielle.
Supposons d'abord que les quantités qui entrent dans l'équation soient toutes réelles, en sorte que la liaison entre x et // puisse être figurée par une courbe.
xixn- "mu mnH
0 Xp x
Partant d'un point initial arbitraire m^ (t^, y^ on pourra prendre arbitrairement encore [n — 1) points consécutifs m,, m, .... m„j correspondant aux abscisses équidistantes:
Xç + dx
.Xq + 2dx.,.
Xo + (n — Ijdx,
ce qui revient à se donner y^, rfy^, rfVo--- ^""'l/o (Japrès les formules du § 130). Si maintenant on se sert de Téquation ilifférentielle donnée pour déterminer d^^y^, on obtiendra ainsi un (n+ 1)*' point w^, puis en opérant de même sur les n points r/jj, m^ ... m^ actuellement déterminés, l'équation différentielle fournira le point m^^ et ainsi de suite.
On voit que l'application continue de l'équation différentielle permettra de cheminer en quelque sorte de proche en proche sur la courbe figurative de l'intégrale à partir du n*"" point arbitrairement choisi. Cette courbe doit donc pouvoir passer par n points arbitraires, elle doit donc renfermer dans son équation n constantes arbitraires.
Un raisonnement tout analogue s'applique au cas des équations différentielles renfermant des quantités géométriques. Soit, par exemple, Téquation :
./ du d^u d*u\ ^
que Ton peut écrire
in r{v, F(u), F'(u), ¥^v) ... F-(i;)), = 0,
en désignant par F(t^) la fonction inconnue de t; à laquelle il faut égaler u pour satisfaire à la condition (1').
Ut
/ Un-î
Vn-,
Donnons à v à partir d'une valeur v^ une série de n valeurs consécutives v^y v,, v,, ... v^^^\ nous pouvons prendre pour u à partir d*une valeur initiale arbitraire u^ une série de n accroissements tiçWp w, t*„ ... u^^^u^^^ également arbitraires.
Ces accroissements étant liés à ceux de v par les relations différentielles générales déduites de ti = F(r), on a :
"o =F(iv,
(al
dUo =F'or't»0'
dX=F'od»to + F"ody;,
d»Wo = F'od'ro + 3F"od«ro ^^^o + F^^dol,
et les valeurs de F^, F^, F"^j ... Fj~* se trouvent ainsi déterminées.
Dès lors, l'équation (1") fournit la valeur de Fj et permet de déterminer d"t*o, et par suite u^ par la relation d'ordre correspondant dans la série des équations (a) lorsque v^ est arbitrairement choisi.
Les mêmes relations appliquées ensuite à partir de la position initiale i', fourniront t<„^j en fonction de t\^^ et ainsi de suite.
On voit donc que la courbe des valeurs de xt pourra se déduire de celle qu'on fera décrire arbitrairement à la variabl^^ r, mais qu'elle devra pouvoir passer par n points arbitraires. La fonction F devra donc renfermer n constantes géométrique? arbitraires.
Ainsi :
LHîUéfjrale générale d\ine équation différent icUe d'ordre n à deux variables doit renfermera constantes arbitraires.
Il résulte d'ailleurs des raisonnements précédents que ces n constantes doivent permettre de choisir arbitrairement n valeurs consécutives quelconques pour la fonction, ou en d'autres termes d'attribuer à la fonction et à ses n — I premières dérivées telles valeurs initiales que l'on voudra à partir d'une valeur initiale arbitrairement choisie pour la variable.
A chaque système de valeurs attribué aux constantes correspond une intégrale particulière.
Dans le cas des quantités réelles l'intégrale générale représente toutes les séries de courbes satisfaisant à Téquation différentielle donnée : chaque intégrale particulière représ'jnte une des courbes de ces séries.
CAIXUK INTÉGRAL 447