U0 DÉDOUBLEMENT DE L’ALBUMINE DAB VOIE D’HYDRATATION
On remarquera tout de suite que pour la molécule Cî50H40''Az6'0M qui pèse 5 691, la quantité expérimentale d’eau absorbée par l’hydratation d’une seule molécule d’albumine est de 1002, ou 17,6 pour 100 (nombre de l’expérience), c’est-à-dire de 56 molécules.
Si nous tenons compte non seulement des produits de l’hydratation de l’albumine mais de leur poids relatif, nous arrivons à l’équation suivante qui exprime l’action de la baryte hydratée à 200" :
Gî50H409A.Z67084 H- 57 1I20
Albumine.
= 1 7 Az H3 + 5 C2H204 + 4 C2H402 + 4C02 + C9HuAz03 +
Acide oxalique. Acide acétique. Tyrosine.
C2ioH435Az490102
Résidu fixe.
Cette équation signifie que 100 parties d’albumine absorbent en s’hydratant 17,9 d’eau (l’expérience a donné 17,6 environ), et produisent les quantités des corps suivants :
Ammoniaque
Acide carbonique
Acide oxalique
Acide acétique
Tyrosine
Résidu fixe (privé de tyrosine). . .
Total.
5,10 contenant : azote 4,2 3,08
Tels sont bien, en effet, comme on l’a vu plus haut (p. 99), les poids, ou à très peu près, de chacune de ces substances qui ont été constatés par l’expérience directe.
Pour aller plus loin, il faut examiner de plus près ce résidu fixe d’une constitution encore indéterminée pour nous et qui représente la masse principale des éléments de l’albumine primitive. Sa formule brute, simplement déduite de sa composition élémentaire, montre tout d’abord que le nombre d’atomes de carbone y est presque moitié de celui des atomes d’hydrogène et que le rapport entre les atomes d’azote et ceux d’oxygène est aussi environ comme 1 : 2 (en réalité :: 1 : 2,10; l’expérience a donné :: 1 : 2,14), de telle sorte que la formule approchée la plus simple de ce résidu, après qu’on l’a débarrassé de tyrosine, est de la forme CmH2mAz"02'*. On va montrer, qu’en effet, ce résidu fixe est formé principalement de termes en CnHînAz02 ou CmH*mAzîO\ mêlés à quelques termes en CpH2p‘*Az20l et CpII2pAz205, ce qui explique à la fois le petit manque d’hydrogène et le petit excès d’oxygène trouvé expérimentalement.
Pour séparer les diverses espèces qui, par leur mélange, composent le résidu fixe, M. Schutzenberger emploie les dissolvants neutres : alcool, éther, eau, etc.
CONSTITUTION DES ALBUMINOÏDES
Dès qu’on essaye de faire l’analyse immédiate de ce résidu, on y remarque aussitôt des différences suivant les conditions dans lesquelles on a attaqué l’albumine. Il est différent si l’on a opéré le dédoublement par la baryte à 100° ou à 200°.
A .Dans l'attaque à 100° on trouve dans le résidu fixe répondant à 100 d’albumine sèche primitive :
1° 5,5 de tyrosine, qu’on sépare facilement à l’état cristallisé grâce aux dissolvants aqueux où elle est fort peu soluble. C’est un corps qui répond à la constitution de l’acide amidohydrocoumarique
2° Environ 75 pour 100 de produits moyennement solubles dans l’eau, plus difficilement solubles dans l’alcool, corps sucrés au goût sur lesquels nous allons revenir et auxquels M. Schiitzenberger a donné le nom de glucoprotéines a. Ces substances, qu’on sépare les unes des autres par cristallisations fractionnées, répondent à la formule générale CnH2"Az204 (où n varie de 7 à 11) ;
5° A côté des corps précédents, on trouve 1 5 à 20 pour 1 00 de produits très solubles dans l’eau et l’alcool, même le plus concentré, d’une saveur à la fois un peu sucrée, acidulé et désagréable, auxquels 1 auteur a donné le nom de dileucéines . Elles répondent à la formule générale C“H2n~2Az204 (avec une valeur pour n de 9 et de 10) ;
4° Enfin un peu de leucinimide CO-(CH2)sAzH.
B. Dans l'attaque à 200° l’albumine ne donne plus avec la baryte et l’eau, ni glucoprotéines, ni dileucéines; celles-ci se transtorment en amides plus simples, et le résultat définitif de ce dédoublement plus avancé que dans le cas qui précédé est le suivant :
1° Environ 3,5 de tyrosine pour 100 d’albumine sèche;
2° De 50 à 35 pour 100 de leucines en CTl2n+1Az02, véritables amines acides dont les plus abondantes sont :
CO. 011 CO. Oïl CO. III