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SEIZIÈME LEÇON

DÉRIVÉS IMMÉDIATS ALBUMINOÏDES OBTENUS PAB HYDRATATION DES SUBSTANCES PROTÉIQUES.

Nous réunirons dans cette leçon, l’élude des substances albuminoïdes qui dérivent immédiatement des matières protéiques naturelles sous l’influence des alcalis, des acides ou des ferments diastasiques. Ce sont des produits d’hydratation, généralement à poids moléculaire moins élevé que les substances dont ils dérivent, mais qui conservent encore tous les caractères distinctifs des membres de cette grande famille. En fait, ces corps représentent les termes de passage entre les albuminoïdes naturels et les dérivés amidés complexes, mais de nature non albuminoïde, qui dérivent à leur tour par des dédoublements plus avancés de la molécule protéique primitive.

Les caséalbumine, alcalialbumine, acidalbumine, protalbine, albumoses et peptones que nous allons décrire, se produisent aux dépens des albuminoïdes naturels par dédoublement et hydratation simultanés. A cause de cette origine commune et de leurs propriétés, nous les comprendrons sous la dénomination générale d ^ hydroalbumines ou albumines hydratées (*).

Les hydroalbumines sont insolubles dans l’eau pure, solubles dans les alcalis ou les acides faibles, solubles dans les carbonates et quelquefois dans les phosphates alcalins. Elles sont précipitées, comme les globulines, par saturation de leurs dissolutions par les sels neutres (NaCl ; S04Mg; S04Am2). La chaleur ne coagule pas leurs solutions, si ce n’est au-dessus de 110° et en présence des sels de soude ou de chaux.

CASÉALBUMINE (2)

Lorsqu’à une solution de blanc d’œuf ordinaire étendue de 2 à 5 volumes d’eau et filtrée l’on ajoute une solution de soude titrée de façon que le mélange d’eau et d’albumine contienne de s°ude NaOH, on observe qu’après 24 à 56 heures, le mélange abandonné à la tempéra-

•(i) C’est ce que les Allemands appellent quelquefois albuminatcs, nom impropre, les albuminoïdes naturels étant le plus souvent déjà des albuminates de soude, de chaux, etc., et les bydroalbumines pouvant être obtenues exemptes de toute base.

(2) La caséalbumine a été découverte par l’auteur de cet ouvrage. Tous les détails qui h i vêtit sont inédits

CASÉALBUMINE. 107

ure ambiante précipite par les acides les plus faibles, acides acétique, m même carbonique, une matière albuminoïde insoluble ('). Nous ’avons nommée caséalbumine à cause de son origine et de ses projetés qui la rapprochent de la caséine : précipitation de ses solutions par ’acide acétique, redissolution dans un léger excès de cet acide ; solutililé légère dans le carbonate de soude et facile solution dans les ilcalis très dilués. Cette matière augmente rapidement de quantité dans es 10 à 12 premières heures, mais même au bout de plusieurs jours oute l’albumine n’est pas transformée, et après la séparation de la caséalbumine on peut coaguler par la chaleur l’albumine non transormée. Cette matière est donc le premier produit de l’action à froid les alcalis les plus dilués sur l’albumine; celle-ci n’est même pas enièrement transformée que la caséalbumine est produite.

En même temps que se forme la caséalbumine on observe un second diénomène : l’alcali disparaît de la liqueur albumineuse qui tend à levenir neutre. D’après mes observations, 100 grammes d’albumine l’œuf dialysée après très légère acidulation par l’acide acétique ou chlorhydrique absorbent, pour donner un albuminate de soude neutre, lgr,57 deNaOII. Or 100 grammes de cet albuminate sodiquemis en présence de de soude absorbent encore lentement lgr, 20 de NaOII. Sous influence de l’alcali, il se développe donc dans l’albumine des fonctions icides. La caséalbumine, comparée à l’albumine dont elle provient, sature, pour le même poids d’albumine, deux fois plus d’alcali que cette lernière.

Si l’on sature exactement de soude caustique, d’une part, de l'albumine d’œuf dialysée, de l’autre de la caséalbumine, et qu’on mesure avec soin la quantité d’acide sulfurique nécessaire dans chacun de ces cas, oour déplacer la soude et mettre l’albumine en liberté ou précipiter la caséalbumine, on remarque qu’il faut pour 100 grammes d’albmninate de soude 1,68 d’acide sulfurique; mais qu’il faut 5,62 d’acide sulfurique S04H3 pour saturer 100 grammes de caséalbuminate de soude.

Il suit de là que cette substance est deux fois plus acide que l’albumine. Le poids moléculaire de l’albumine étant égal d’après les nombres ci-dessus à 5800, poids qui sature 80 de NaOII, le même poids de caséalbumine saturera 160 NaOII environ.

Il n’y a du reste aucun dédoublement produit dans cette réaction, aucune autre substance n’apparaît, que la caséalbumine; on ne trouve pas de tyrosine dans les liqueurs. Seuls les chaînons d’anhydrides de l’albumine se sont ouverts par hydratation, et les groupes de l’albumine primitive :

(') La soude très étendue précipite lentement de la solution d’albumine d'œuf, lorsque celle-ci n’a pas été dialysée au préalable, un mélange de carbonate, phosphate et sulfaté do chaux avec un peu de magnésie. Ces sels sont séparés de l’albumine par l’alcali.-

DÉRIVÉS PROTÉIQUES DES ALBUMINOÏDES NATURELS

. . . -Az-C-II4 -Cü .... — C*H*-C02H

(Aoir la formule complète de l’albumine p. 105) se sont transformés en

. . . -AzH-C*H*-CO*II .... — C-II4 - COaH ’

d où la duplication de l’acidité de la molécule (’).

Diverses matières albuminoïdes, traitées par les alcalis à 1 ou 2 pour 1000, donnent des substances analogues à la caséalbumine. Nous avons observé des phénomènes semblables avec les globulines et obtenu des caséoglobulines de fibrine, de musculine, etc. Mais ces substances ont été moins étudiées par nous que la caséalbumine, et nous nous bornerons à parler ici de cette dernière.

Propriétés de la caséalbumine. — Précipitée de sa solution alcaline par 1 acide acétique faible et lavée à l’eau, la caséalbumine se présente sous forme de flocons blancs, faciles à laver, à peu près entièrement exempts de cendre. Elle est insoluble dans l’eau, dans les sels neutres des alcalis, ainsique dans le phosphate de soude. Elle est difficilement soluble dans le carbonate de soude à 1 pour 100, moins soluble encore dans ce sel à 5 pour 100, insoluble dans le carbonate sodique à 10 pour 100 (sel calculé avec son eau de cristallisation).

Cette insolubilité dans le phosphate de soude, et cette faible solubilité dans le carbonate séparent nettement cette substance de la caséine et de Y alcalialbuminé (voir p. 169).

Après avoir été précipitée et lavée, la caséalbumine se dissout difficilement dans l’acide acétique dilué, un peu plus aisément dan§ l’acide chlorhydrique affaibli, mais elle est insoluble même dans cet acide étendu de 1 à 5 pour 1000.

{’) Il ne faut pas confondre la caséalbumine avec Yalbuminate de Lieberkhün, obtenu en ajoutant de la potasse goutte à goutte au blanc d’œuf battu jusqu’à ce que celui-ci se prenne après agitation en une gclce ferme, lavant alors, laissant échapper par dialyse l’excès de potasse, redissolvant dans l’eau tiède et précipitant par l’acide acétique. La substance ainsi produite contient de la caséalbumine, de Y alcalialbuminé, dont nous allons parler et divers autres corps. Elle n’est pas homogène, mais elle représente certainement un produit d’hydratation de l’albumine ayant perdu une partie de son azote sous forme d’ammoniaque, etc.

Avec les alcalis plus concenirés qu’à 2 pour 1000, et même lentement à cet état de dilution, l’albumine s’altère et se dédouble avec perte de Azll3, même à lroid. Avec de la soude à 3 pour 100, il se dégage au bout de quelques jours, et à 15 ou 20°, beaucoup d'ammoniaque, il se fait de l’acide oxalique, des sulfures ; le produit de l’évaporation privé de potasse par CO* se dissout en partie dans l’alcool qui enlève des albumoses, des peptones et des amides complexes [A. Gautier).

La substance indéterminée obtenue autrefois par Mülder en traitant l'albumine par les alcalis à chaud puis précipitant par l’acide acétique avait reçu de lui le nom de protéine. Mülder pensait que cette substance était commune à tous les corps albuminoïdes, qu’il nomma pour cette raison corps protéiques ; or non seulement il n’en est pas ainsi, mais la protéine elle-même est un produit d’altération assez avancé qui a perdu une partie du soufre, de l’azote et des adiaux de l'albumine primitive.

ALCALIALBUMINES.

L’acide acétique au vingtième la gonfle et donne une gelée transpa- ■ente comme du cristal, qui se dissout très lentement dans l'eau. Cette solution ne se coagule pas par la chaleur ; elle se trouble à peine, nême à 100°, par l’eau de chaux et les sels calcaires, ainsi que par le èrrocyanure de potassium acétique.

La caséalbumine est insoluble dans le sel marin au cinquième ou au lixième à chaud ou h froid.

Elle se dissout dans les alcalis caustiques à 7^, el dans l’eau de diaux. Ces solutions claires sont précipitées par tous les acides, même >ar l’acide carbonique ; l’acide acétique redissout le précipité. Les soluions alcalines faibles jouissent de toutes les propriétés générales des albuminoïdes ; elles précipitent et se colorent par l’action des mêmes réactifs.

Redissoute dans la soude à 1,5 pour 1000 et dialysée avec soin pour mlever l’excès d’alcali ajouté, la caséalbumine donne une solution rès légèrement acide, précipitable par l’acide acétique et que la chaleur ie coagule pas. Cette solution précipite par le chlorure de calcium à ’roid. Elle se coagule à chaud si l’on ajoute un peu de sel marin ou de ;ulfate de chaux. La précipitation à chaud n’a plus lieu si l’on additionne e sel marin d’un peu de sulfate de magnésie.

Si l’on mélange du sulfate de magnésie en excès à une solution de caséalbumine dans un alcali très faible, elle est précipitée à l’état de locons comme le serait la caséine elle-même. Ce précipité se redissout lans l’eau pure.

La caséalbumine bien lavée rougit par le réactif de Millon. Sa promotion par les alcalis faibles n’est pas accompagnée de mise en liberté le tyrosine.

Elle se comporte comme un acide tétrabasique donnant divers sels l’argent acides solubles, et un sel neutre insoluble inaltérable h la umière. Celui-ci contient 8,071 d’argent pour 100 de caséalbumine. le poids d’argent conduit pour un sel tétrabasique au poids molécuaire 5352 (au lieu de 5800 poids trouvé par la soude).

ALCALIALBUMINES

Ces substances se rapprochent beaucoup des précédentes. Elles sont connues depuis longtemps, mais c’est Rosenberg qui, en 1883, fixa nettement leurs propriétés. Nous ne décrirons ici que celle que donne >e blanc d’œuf.

On prend l’albumine d’œuf, après l’avoir battue on l’étend de 2 à 3 volumes d eau, on l’acidule faiblement d’acide acétique pour séparer la globuline et on dialyse. On ajoute à la liqueur albumineuse de l’eau distillée jusqu à obtenir 12 fois le volume primitif de 1’albumine de l’œuf,

DÉRIVÉS PROTÉIQUES DES ALBUMINOÏDES NATURELS

et l’on additionne de soude titrée jusqu’à ce que la liqueur ainsi préparée contienne 0,5 de NaOII par litre. On chauffe quelques heures au bain-marie et l’on ajoute enfin une solution normale d’acide chlorhydrique exactement équivalente à la soude employée.

On obtient, ainsi des grumeaux blancs, légèrement acides, ne contenant que des traces de sels insolubles (0,17 pour 100).

L’alcali-ovalbumine est facilement soluble dans la soude étendue, le phosphate de soude ordinaire ou le carbonate de soude; ces deux dernières réactions la distinguent nettement de la caséalbumine insoluble dans le phosphate sodique et peu ou pas soluble dans le carbonate surtout un peu concentré. L’alcalialbumine est presque insoluble dans l’eau et dans le sel marin au dixième.

Les solutions d’alcalialbumine dans le minimum de soude nécessaire se coagulent à quelques degrés au-dessus de 100°, et à l’ébullition si on les additionne d’un peu de sel marin; elles précipitent plus ou moins lentement à froid par ce sel, lorsqu’elles sont un peu concentrées. Elles précipitent immédiatement si l’on sature l’alcali par les acides faibles; ils doivent être ajoutés en plus grande quantité si les phosphates sont présents. Les alcalialbumines contiennent moins de soufre que les acidalbumines.

Le pouvoir rotatoire de l’alcalialbumine est de \ct\j = — 47°; mais ce pouvoir rotatoire a été pris sur l’albuminate de potasse de Lieberkhiin.

PROTALBINES

Ces substances doivent être rapprochées des précédentes, mais non confondues avec elle, quoique on puisse dire que leurs termes les moins avancés se confondent. Comme l’a remarqué Danilewski qui le premier étudia soigneusement l’action des alcalis sur les albuminoïdes, les protalbines ne sont pas homogènes. Elles sont constituées par un ensemble des termes provenant des dédoublements assez avancés que provoquent dans les albuminoïdes les alcalis 10 à 12 fois plus concentrés que dans le cas où l’on veut obtenir les easéalbumines ou les alcalialbumines. Elles diffèrent de ces derniers produits d’hydratation par leur solubilité dans l’alcool affaibli. J’ai dit plus haut que la soude à 5 pour 100 altère les substances albuminoïdes, même à 15 ou 16(, et en dégage une proportion notable d’ammoniaque. Les protalbines représentent les premiers termes de celte décomposition.

On les obtient en laissant agir 20 à 50 heures cà froid sur les albuminoïdes solubles la soude caustique à 20 ou 50 pour 1000. Comme dans le cas de la caséalbumine il y a précipitation de chaux et de phosphates terreux. En neutralisant la solution par l’acide acétique

PROTALBINES.

ible, les protalbines sc précipitent. On fait bouillir ce précipité avec ; l’alcool à 50 pour 100, on filtre, on laisse refroidir la liqueur, les ■otalbines dissoutes se déposent.

Dans les solutions alcalines d’où l’on a précipité les protalbines en s acidifiant faiblement par les acides on ne trouve plus de matières buminoïdes (*).

Les protalbines peuvent être obtenues avec la plupart des matières buminoïdes ; elles ont toutes les propriétés générales de ces dernières ibstances.

L’auteur de ces recherches admet qu’elles ne constituent pas un )rps homogène, mais un mélange d’albuminoïdes douées de pro- •iétés analogues, solubles dans l’alcool affaibli et chaud. Elles reprémtent les termes des transformations successives de plus en plus tancées de l’albuminoïde primitif.

Les substances protalbiques sont notablement acides ; elles décomosent à chaud lés carbonates et acétates, ce que ne font pas les caséalimines et les alcalialbumines.

Danilewski a essayé de séparer ces corps en les dissolvant dans de alcool cà des dilutions successives de 55 à 50° centésimaux. La moins >luble donne un résidu incolore lorsque la solution alcoolique est raporée en présence de quelques gouttes d’acide acétique; la plus ‘lubie laisse dans ces conditions un résidu rose (protalbroséine) .

Les protalbines sont insolubles ou à peine solubles dans l’eau à laquelle les communiquent toutefois la réaction acide ; la protalbine proprement dite est soluble dans l’alcool bouillant à 50° centésimaux, la prodbroséine est soluble dans l’alcool à 55 ou 60° centésimaux. Elles prépitent ou se troublent toutes par le nitrate mercurique, le chlorure irrique, l’alun. Elles se dissolvent dans les sels alcalins à réaction Icaline, mais se précipitent de ces dissolutions par addition des autres fis. Elles sont très solubles dans les alcalis étendus, et avec une teinte palescente, dans l’acide chlorhydrique à 1 millième. Elles jouissent, îôme en solution alcoolique, de la propriété de dissoudre des quantités otables de phosphate de calcium. Précipitées par l’acide acétique, elles ont à peu près exemptes de cendres. Elles se forment, suivant Danirwsky, par hydratations successives de la molécule albuminoïde avec éparation de calcium, magnésium, acide phosphorique et partie de son oufre et de son azote. Toutes les substances albuminoïdes solubles etbeauoup d’insolubles (myosine, syntonine, albumine coagulée, etc...) sont ransformées en substances protalbiques par l’action des alcalis dilués. Si l’on traite les substances protalbiques à chaud par les lessives

(') D’après Danilewski. J’en ai toutefois extrait une substance ayant les propriétés fies eptones.

172 DÉRIVÉS PROTÉIQUES DES ALBUMINOÏDES NATURELS

alcalines à 2 ou 3 pour 100, on les transforme, d’après Danilewski, en protalbngène , matière analogue aux peptones, soluble dans l’eau froide et dans l’alcool froid à 10 ou 15 pour 100.

Le meme auteur suppose de nature protalbinique les substances que l’on peut extraire du lait, du sérum sanguin, du sperme, du cerveau, lorsqu après avoir précipité ces liqueurs on traite ces corps par les acides faillies et qu’après avoir lavé le résidu à l’alcool froid à 30° centésimaux, on le reprend par l’alcool chaud à 60° centésimaux. L’alcool dissout alors les matières du groupe que nous venons d’étudier.

On voit donc les ressemblances et aussi les différences des substances protalbiniques avec la caséalbumine et la caséine. Il faut ajouter que les solutions de protalbine auxquelles on ajoute un peu d’eau de chaux et quelques goùttes de phosphate de sodium, coagulent très facilement à 30° et en quelques minutes par une petite quantité de présure.

SYNTONIDES OU A C I D A L B U M I N E S

Ces corps sont les produits directs de l’action des acides très affaiblis sur les substances albuminoïdes. Ils paraissent dériver, comme les précédents, d’un dédoublement de la matière albuminoïde. Ils précipitent de leurs solutions acides quand on les neutralise, même en présence du phosphate de soude en léger excès.

Ils diffèrent à peine des caséalbumines par leur facile solubilité dans les acides très affaiblis et les carbonates alcalins, et des acidalbumines par leur insolubilité dans les solutions de phosphate de soude étendues (2,5 à 15 pour cent de P04Na2II,12II20 par litre), qui dissolvent lesalcalialbumines. De plus, les solutions d’alealialbumine dans le minimum de soude se coagulent un peu au-dessus de 100°, tandis que les syntonines ne se coagulent pas. Enfin l’alcalialbumine déplacerait l’acide carbonique des carbonates terreux et se dissoudrait, ainsi à l’état d’alralialbuminate, ce que ne font pas les syntonines.

Les syntonines en solutions légèrement acides se transforment en substances semblables aux alcalialbumines.

Les syntonides ou acidalbumines diffèrent les unes des autres suivant l’albuminoïde d’où l’on est parti, suivant la quantité d’acide et surtout la température à laquelle on a porté le mélange, mais elles ont entre elles les plus grandes analogies.

On peut aciduler une solution d’albumine par l’acide chlorhydrique à 1 et 2 pour 1000 sans qu’il s’y forme de précipité. Rien mieux, au bout de très peu de temps cette solution est devenue incoagulable. L’acide phosphorique, l’acide acétique en présence des sels minéraux, ne coagulent pas davantage l’albumine, mais elle n’en a pas moins subi

SYNTONIDES OU ACIDALBUMINES.

ne modification sensible qui se révèle par le changement de son pouvoir itatoire qui augmente et par cette propriété qu’elle a acquise d’étre 1 traînée maintenant de sa solution sous l’influence du sel marin, mais îrtout si l’on a chauffé ou après un temps suffisant à froid, de préciser dès que l'on sature la liqueur acide. Il est remarquable qu’au fur à mesure que ce corps se forme aux dépens de l’albumine, l’acidité 3 l’acide chlorhydrique ajouté disparait, saturée qu’elle est par les irties amidées de la molécule protéique.

L’acidalbumine précipitée par neutralisation de sa solution esta peine ;ideaux papiers, elle est soluble dans les acides minéraux étendus, nsi que dans les alcalis et l’eau de chaux. Elle est aussi partiellement >1 uble dans l’alcool. Elle ne se dissout pas dans les sels neutres: sel tarin ou chlorhydrate d’ammoniaque. Son insolubilité dans ce dernier Drps la sépare de la myosine des muscles. Sa non-dissolution dans le îosphate sodique étendu la sépare de l’alcalialbumine. Sa solution ^étique n’est pas précipitée par la chaleur, mais bien par l’acide dlique et les sels des métaux lourds.

En chauffant les syntonides avec de l’acide chlorhydrique dilué à 3 pour 1000 et en excès, ils se transforment graduellement et donnent es corps de plus en plus solubles dans l’alcool étendu.

D’après Soyka, les acidalbumines se confondraient avec les alcali- Ibumines. Cet auteur prépare l’acidalbumine en chauffant au bainlarie l’albumine étendue et acidulée de 1 millième d’acide chlorhyrique, puis neutralisant la solution. Le précipité bien lavé qu’on obtient nsi est insoluble dans l’eau et se dissout dans les solutions faibles de irbonate de soude. Ces solutions sont précipitées par les acides, entre itres par l’acide acétique, même en présence du phosphate de soude. De lus, les solutions d’acidalbumine, comme celles d’albuminose, ont un ouyoir rotatoire [a]„ = — 65°.

Il est extrêmement probable, qu’à la façon des alcalis étendus, les ùdes affaiblis font subir aux matières albuminoïdes divers degrés d’hyratation successifs, ce qui peut expliquer les divergences des auteurs, lais l’on peut dire que l'acidalbumine ou syntonide proprement dite se îpproche singulièrement de la caséalbumine. Les peptones, dont nous arlerons plus loin, paraissent être les derniers termes de ces hydra taons et dédoublementsdus aux acides faibles. Elles se séparent des acidalumines et des alcalialbumines par le sel marin en excès qui entraîne les remières et laisse les peptones en solution. Les corps que Don a nomiés albumoses ou propeptones et qui se forment durant la digestion, °us 1 influence du suc gastrique ou de la pepsine chlorhydrique sont aterrnédiaires entre les acidalbumines èt les peptones. On y reviendra. S yntonine musculaire. — De toutes les acidalbumines, la syntonine

174 DÉRIVÉS PROTÉIQUES DES ALBUMINOÏDES NATURELS

proprement dite, ou syntoninc de la chair musculaire, a été mieux étudiée.

Pour l’obtenir on prend du muscle maigre de bœuf nourri au pacage, et non engraissé hâtivement (*), on le prive mécaniquement le mieux possible de sa graisse et de ses membranes, on le hache et le lave dans un nouet sous l’eau; lorsque la viande a blanchi, on la délaye dans une solution de 2 centimètres cubes d’acide chlorhydrique ordinaire par litre d’eau. On laisse reposer à froid durant une heure et l’on filtre; on étend la liqueur et on la neutralise par du carbonate ou mieux par du phosphate sodique sans excès. Il se fait un précipité gélatineux qu’on lave à l’eau.

Ainsi préparée la syntonine répond à la composition de la myosine. A l’état gélatineux, elle forme des masses translucides qui n’adhèrent pas aux filtres. Elle est insoluble dans l’eau, dans le sel marin, le sel ammoniac et le nitre. Elle se dissout facilement dans les alcalis très étendus, moins bien dans les carbonates alcalins. Elle est insoluble dans le phosphate de soude étendu à 15 et 20 pour 1000 qui dissout l’alcalialbumine et la syntonine de fibrine. Elle se dissout dans l’acide chlorhydrique au millième, mais y devient insoluble après avoir été chauffée à 100°. Par addition de sel marin, d’acétate ou de phosphate de soude à sa solution chlorhydrique, la syntonine se précipite en entraînant l’acide auquel elle est combinée.

La syntonine dissoute dans l’eau de chaux, puis dialysée, est partiellement coagulée à l’ébullition. Additionnée de sel ammoniac et neutralisée exactement par l’acide acétique, cette solution reproduit la syntonine primitive (Danilewsky) . Dissoute dans la soude étendue, elle est précipitée à chaud par le sulfate de magnésie et par les acides les plus faibles, même l’acide carbonique.

Les solutions de syntonine dans l’acide chlorhydrique étendu ont un pouvoir rotatoire spécifique [a]D = — 72.

La syntonine ne décompose pas l’eau oxygénée.

PROPEPTONES OU ALBUMOSES

On a donné ces noms aux produits intermédiaires entre les syntonines et les peptones. On les obtient en faisant digérer imparfaitement les albuminoïdes par le suc gastrique ou la pepsine chlorhydrique et en interrompant la digestion avant qu’elle soit complète. Elles se forment aussi lorsque l’eau surchauffée, les alcalis un peu concentrés, ou #

(») H reste, surtout avec les muscles de jeunes animaux ou des animaux rapidement nourris, une grande proportion du tissu musculaire insoluble dans les liqueurs acidulés : ce sont es graisses, le sarcolème et des substances de la nature des nucléincs ou des nucléo-albutnines .

PROPEPTONES OU ALBDMOSES.

es acides et alcalis affaiblis, mais aidés de la chaleur, agissent sur les orps protéiques. Les albumoses ressemblent beaucoup aux protalbines le Danilewsky plus haut mentionnées et aux corps obtenus par l’action chaud des acides affaiblis, sur les matières albuminoïdes. Chacune (es matières protéiques donne une ou plusieurs albumoses au cours de a peptonisation, et l’on doit distinguer les albumoses, vitelloses, aséoses, myosinoses, etc.

Les propeptones ou albumoses ne précipitent pas par la chaleur; elles ont généralement solubles dans l’alcool froid ou chaud de 50 à 75° ccntéimaux. La plupart précipitent parle sulfate de magnésie et le sel marin en xcès. Elles sont précipitées, mais non coagulées ni rendues insolubles par alcool fort. Elles donnent la réaction rose du biuret; elles précipitent >ar l’acide nitrique à froid, ce précipité se redissout à chaud.

Nous décrirons ici seulement la propeptone de fibrine et celle d’aluimine.

Fibrinéaibumose . — De la fibrine préalablement gonflée par l’acide hlorhydrique à 2 pour 1000 est mise à digérer avec de la pepsine chlorhydrique à 40 degrés. Au bout de deux heures on arrête la digesion, on précipite l’acidalbumine par du carbonate sodique, on filtre, on cidule par l’acide acétique, on ajoute à la liqueur 10 pour 100 de el marin et l’on porte à l’ébullition pour coaguler l’albumine qui este dissoute; on filtre encore et l’on sature la liqueur avec du suivie de magnésie. La fibrinéaibumose se dépose en grumeaux qu’on lave l’eau salée; on la redissout dans l’eau et la reprécipite par le même el une seconde fois. Ce dernier précipité est dissous dans l’eau et diaysé. La solution purifiée de sulfate magnésien est concentrée dans le ide à 40IJ et enfin précipitée par l’alcool concentré (Heuth, Mon. f. "hem., Y, 266. — E. Salkowski, Malys Ja/iresh., X, p. 24. — Iamburger, ibid., XVI, 20.

La substance ainsi préparée est en réalité un acétate; pour obtenir albumose elle-même, il faut neutraliser ses solutions par un alcali, et oumetlre à la dialyse. 11 se dépose alors une gelée colorée que l’on ecueille. C’est l’albumose de fibrine libre.

L acide chlorhydrique donne des chlorhydrates de fibrinalbumose. Les albumoses acides précipitées par l’alcool fort et desséchées consiluent des poudres jaunes, solubles dans l’eau et dans l’alcool à 55° cenésimaux chaud. Elles se déposent par refroidissement. Le sel marin es précipite de leurs solutions acides : ce précipité se redissout dans ’eau chaude et reprécipite à froid.

Les solutions d’albumoses, même étendues, précipitent par l’acide mosphomolybdique, le tanin, le ferrocyanure de potassium acétique. Le 'éactil de Millon les colore en rouge vif. La potasse el le sulfate de cuivre

17ti DÉRIVÉS PROTÉIQUES DES ALBUMINOÏDES NATURELS.

très étendus ajoutés successivement les font passer au rose pourpre Eli es précipitent par le pyrogai loi ( Axenfeld ).

L’acide azotique produit dans leurs solutions un précipité qui se redissout en jaune à chaud et se reprécipite à froid; il est soluble dans un excès d’acide ou d’eau.

Les albumoses pures sont insolubles dans l’eau, solubles dans les acides et les alcalis qui s’unissent fortement à elles, insolubles dans le sel marin.

Kinine et ses élèves admettent que dans la peptonisation la molécule des albuminoïdes se dédouble en deux parts qui subissent ensuite, chacune de leur côté, des hydratations différentes. L’une, Y hémi-albumose donne facilement une hémipeplone ou peplone de celte demi-molécule d’albumine : elle entraîne avec elle le noyau de l’albuminoïde contenant la tyrosine. L’autre, Y anti-albumose n’est que difficilement transformée en antipeplone. On obtient et sépare l’hémialbumose et l’antialbumose en interrompant la digestion au bout d’une heure et demie grâce à la neutralisation des liqueurs au moyen de carbonate sodique; il se fait un précipité visqueux d’antialbumose impure, et il reste l’hémialbumose en solution.

L’ hémi-albumose serait elle-même un mélange de plusieurs albumoses : 1° une protalbumose précipitable par le sel marin en excès, et soluble dans l’eau froide ; 2° une héléro-albumose, précipitable par le même sel, mais insoluble dans l’eau froide ou chaude; 5° une dijsalbumose, analogue aux précédentes, mais insoluble dans l’eau salée au dixième et 4° une deuléroalbumose, non précipitable par le sel marin en excès, si ce n’est en présence d’acide acétique, et soluble dans l’eau pure.

Ces albumoses sont insapides et inodores.

D’autre part, Y antialbumose formée en même temps que l’hémialbumose parle dédoublement de l’albuminoïde primitif et précipitée à l’état impur, est redissoute et soumise à deux ou trois reprises à l’action de la pepsine chlorhydrique. La soude ajoutée enfin en très léger excès à la liqueur filtrée détermine la précipitation d’une matière soluble dans les acides et les alcalis.

En liqueur légèrement alcaline le suc pancréatique transforme l'an tialbumose en antipeptone après l’avoir coagulée, comme le ferait la presure en agissant sur le lait (Kuhne et Chittenden, Bull. soc. chim., XLI, 261).

Albumoses d’albumine. — On traite le blanc d’œuf, débarrassé de globuline, par le suc gastrique artificiel; après 15 ou 16 heures à l’étuve à 40° on arrête la digestion. La liqueur exactement neutralisée laisse à l’état insoluble la syntonine et l’antialbumose qu’on sépare en soumettant le mélange à une nouvelle digestion qui détruit la syntonine.

ALBUMOSES.

,es albumoses restent dans la liqueur filtrée; on l’additionne d’eau salée u dixième qui précipite la dysalbumose. En soumettant à la dialyse le iquide salé, l’hétéroalbumose se dépose. L’alcool ajouté au liquide [ui surnage donne un précipité de protalbumose, tandis que la deuéroalbumose restée soluble peut être précipitée par un mélange de sel narin et d’acide acétique.

On peut aussi, pour séparer ces divers corps, reprendre la liqueur »ar de l’alcool après sa saturation exacte par la soude, de façon qu’elle antienne 50 volumes d’alcool pour 100; en faisant alors bouillir, il ne ;e dissout que les peptones et les propeptones. On évapore la solution it reprend par l’eau le résidu. Après séparation de la dysalbumose par 'eau salée, on ajoute du sel marin ou même du sulfate d’ammoniaque in excès, qui précipite les propeptones qu’on purifie en les redissolvant ît les soumettant à la dialyse. On les précipite ensuite par 8 à 10 voumes d’alcool fort. Le liquide d’où l’on a séparé les propeptones par le ;el ou le sulfate ammonique, évaporé au bain-marie après dialyse, est 'épris par de l’alcool froid à 80° centigrades. Il enlève les peptones vraies ît laisse les pseudopeptones que précipitent le ferrocyanure acétique )u l’acide nitrique. Celles-ci se transforment en vraies peptones par simple ébullition avec l’eau.

L'Iiëtéroalbumose est insoluble dans l’eau et soluble dans les solutions Sïoides de sel marin de 1 à 15 pour 100 ; ces solutions précipitent à 65°; te précipité se redissout dans les acides dilués et dans les alcalis. L’hétéroalbumose se précipite aussi lorsqu’on soumet ses solutions saturées à une dialyse prolongée. Elle précipite par l’alcool qui la rend partiellement insoluble et par un excès de sels.

La protalbumose est soluble dans l’eau chaude ou froide, et dans les solutions salines étendues dont elle précipite par un excès de sel marin ou de sulfate de magnésie ou d’ammoniaque. Elle précipite à froid par I acide nitrique: le précipité se redissout à chaud. Elle donne une combinaison insoluble avec le sulfate de cuivre. Une solution de ce sel très étendue mêlée d’un peu dépotasse affaiblie colore le protalbumose en rose.

La deutéroalbumose est soluble dans l’eau chaude ou froide. Elle n’est précipitée ni par un excès de sel marin, ni par le sulfate de magnésie, mais seulement par un excès de sulfate d’ammoniaque. Elle ne précipite pas par le sulfate de cuivre, et ne donne un précipité par 1 acide nitrique, soluble «à chaud, qu’en présence d’un excès de sels.

Mucinaiiuimose . — Ilamuiarsten a rencontré une mucinose ou albuinose de mucine dans un liquide d ascite d’où il l’a séparée par l’alcool, (voir Zeit. f. physiolog. Chem., 24 mars 1891, p. 209).

Lest une poudre blanche, très soluble dans l’eau. Les acides acétique ou nitrique ne donnent à chaud ni froid aucun trouble dans ses disso-

A. Gautier. — Chimie biologique.

DÉRIVÉS PROTÉIQUES DES ALBUMINOÏDES NATURELS

I niions; le ferrocyanurc acétique ne les précipite pas. Le tanin ne les précipite que si elles sont légèrement acidulées d’acide acétique. La mucinalbumose ne se trouble ni par le chlorure de mercure, ni par le sulfate cuprique. Seuls le sous-acétate de plomb et l’iodure double de mercure et de potassium produisent des lloeons dans ses dissolutions.

Elle donne la réaction xanthroprotéique, celle du biuret et celle de Millon. Elle ne réduit pas le réactif cupropotassique.

Le sel marin ne la précipite pas de ses dissolutions ; mais bien le sulfate d’ammoniaque en excès.

La mucinalbumose répond à la composition G = 49,79 ; 11 — 0,90; Az= 11,42.

11 est certain qu’on ne saurait considérer comme bien délinies les diverses albumoses et corps analogues que nous venons de décrire; mais nui doute que, par leur digestion, les albuminoïdes ne se dédoublent en un certain nombre de substances protéiques plus simples résultant d’une sorte de clivage de la molécule, chaque dérivé nouveau emportant une partie des radicaux primitifs et les associant dans de nouveaux groupements dont les hémipeptones, les antialbumoses et les albumoses sont les principaux représentants.

Les divers auteurs ont décrit des globuloses, vitelloses, caséoses et élastinoses formées comme les albumoses précédentes et ayant mêmes caractères généraux (voir Maly's Jahresb., XY1, 16 et 18; XVII, 16; XV, 57).

P E PTO N ES

Les peptones sont les produits définitifs qui résultent du dédoublement des albuminoïdes par les ferments digestifs, aidés des acides ou des sels alcalins. Elles sont caractérisées par leur incoagulabilité à chaud, leur grande solubilité dans l’eau et même dans l’alcool affaibli; leur non-précipitation par l’acide nitrique, par le ferrocyanurc de potassium acétique et par le sulfate de magnésie ou d’ammoniaque en excès qui précipitent les albumoses et les albumines. Les autres sels métalliques, à l’exception du sublimé, du sous-acétate de plomb, des sels d’argent ou de platine ne les précipitent pas. Elles possèdent la fonction acide et conservent tous les caractères généraux des albuminoïdes.

Nous avons dit qu’on a signalé les peptones (ou des corps très semblables) dans les produits artificiels les plus avancés de 1 action des acides ou des bases étendus sur les corps protéiques. On trouve aussi ces peptones dans beaucoup de cellules végétales ou animales, et jusque dans le sang et les humeurs dans certains cas pathologiques (nu1 lai bu mines

de Scherer).

Chaque albuminoïde spécial étant apte à se dédoubler et a s hydrater

PEPTONES.

sous l’influence des acides ou de bases, et surtout en présence des ferments digestifs, l’on comprend que les peptones soient différentes suivant leur origine. Quelques auteurs pensent même que les peptones different avec le ferment qui les a produites (pepsine ou trypsine) et suivant que le milieu est acide ou alcalin; c’est un point délicat sur lequel nous allons revenir. Mais, en définitive, la peptonisation consiste clans une dislocation et un dédoublement avec hydratation de l’édifice albuminoïde, dédoublement qui commence par la production des syntonines et acidalbumines, continue par la formation des albumoses ou piopeptones et ai rive finalement aux peptones que nous allons étudier.

Peptones de pepsine. — Le blanc d’œuf coagulé, et surtout l’albumine d œuf non coagulé se peptonisent très difficilement. Dans la liqueur qui a reçu 2 à 5 millièmes d’acide chlorhydrique et quantité suffisante de pepsine (0,o pour cent), 1 albumine coagulable ne disparaît définitivement, même à la température optimum de 55 à 40°, qu’après plusieurs jours. En même temps on remarque que l'acide ajouté se sature peu à peu, et il convient de le renouveler de temps en temps.

On a vu plus haut, comment on sépare et distingue les produits qui précèdent les peptones proprement dites.

t P°ur obtenir la peptone d’albumine pure, Ilenninger dialyse le blanc d’œuf purifié de globuline et acidulé d’acide acétique ; il coagule la liqueur ;l soumet le caillot après l’avoir lavé, à la digestion en présence de cinq bis son poids d’eau acidulé de 4 millièmes d’acide sulfurique et de la qualifié de pepsine nécessaire (Q. Au bout de cent heures, le liquide est additionné de la quantité de baryte strictement nécessaire pour précipiter ’acide sulfurique ajouté, porté à l’ébullition, filtré, évaporé à 70° de façon * obtenir un liquide sirupeux auquel on ajoute de Falcool jusqu’à ce qu’il ’e fasse un trouble. Il se dépose d’abord par le repos des peptones impures fi colorées. La liqueur surnageante est versée en minces filets, et en •gîtant, dans six fois son volume d’alcool à 99°. On obtient ainsi une icptone a peine jaunâtre qu’on purifie en la redissolvant dans un peu eau et la reprécipitant par l’alcool (Hennunger, Thèse inaugurale, Paris 18/8 et Dict. Würtz, 1er Supplément, p. 1150).

On prépare de même, et en un temps quatre à cinq fois plus court, es peptones de fibrine. Mais il faut avoir le soin de priver au préalable .' fibrine de ses sels en la lavant à l’eau, puis la mettant dans un louot en suspension dans une liqueur contenant 1 pour 100 d’acide Milorliydrique qui la gorille. En plongeant cette matière dans l’eau, on

'.milite par le cm-bonate tle^ê 1 ? |J°Ur é mmlc phosphorique ordinaire qu’on enlève lans la LM? ° * ' n ’’ fT "" “"ranl b’Mrogène sulfuré. On agit comme

icpsine. ' ’ 8 (Uerlh). On peut en général ajouter 0>', 5 pour 100 de bonne

ISO

DÉRIVÉS PROTÉIQUES DES ALBUMINOÏDES NATURELS

obtient par osmose le départ des matières minérales. On lave ensuite et on peptonise, comme il est dit ci-dessus pour l’albumine coagulée.

On fait de môme les peptones de caséine coagulée, de myosine, etc. On peut de même peptoniser la gélatine, ou la cartilagéine qui se dissout assez rapidement dans le suc gastrique. Dans ce dernier cas la liqueur contient une substance réduisant le réactil cupropotassique (C. rend., XCVIl, 715).

Ces peptones contiennent une trace de propeptones qu on peut précipiter par le sous-acétate de plomb ammoniacal. Mais il vaut mieux pour obtenir les peptones pures recourir à la méthode de Wenz (Zeüs biolog., t. XXII). Elle consiste à précipiter toutes les propeptones ou albumoses par le sulfate d’ammoniaque en excès, les peptones seules restent en solution. On peut séparer ensuite la majeure partie de ce sel en évaporant les liqueurs et reprenant par l’alcool qui dissout les peptones dont on termine la purification par dialyse. Les peptones ne passent que tardivement à travers les membranes ou le papier parchemin.

Voici quelques analyses de peptones ainsi purifiées :

albumine-peptoxe.

FIBRINE-

Henninger.

Carbone

Hydrogène

Azote

Cendres

Hcmiinger.

Henninger.

Herth.

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