CASÉ1XE
PEPTOXE.
Henninger.
Propriétés des peptones de pepsine. — nés ‘ "
acide se ressemblent beaucoup, quelle que soit leur 1 origine; toutefois la composition de celles qui sont le mieux connues donne des variations de plus do 1 pour 100 dans leur richesse en carbone. Leurs pouvoirs rotatoires diffèrent aussi : 11 est plus élevé, par exemple, pour la caséinepeptone que pour la fibrine-peplone et l’albumine-peptone. On ne sam donc considérer ces peptones comme identiques mais elles o ; 1 grande analogie entre elles. Aussi, après avoir fait connai ie leu» P priétés générales, nous bornerons-nous a décrire ici la >bmu pq
qui est la mieux connue. . . • p ...
Les peptones dévient toutes à gauche le plan de pola isal o .
les peptones d'albumine ou de fibrine, Pœhl represen e ce pouvo ' “ LT = 14,08 - 0,495 q (où q indique la quantité d eau dissolvante). La myosine-peptone possède un pouvoir rotatoire moine n •
Les peptones, sont beaucoup plus facilement dialjsables que 1»
aUETLalont',trè0sdsolubles dans l'eau. Elles précipitent ™ contraire par l’alcool, mais elles se dissolvent, même à froid, dans 1 alcool a /U
PEPTONES.
ésimaux. Cette propriété les distingue bien de la gélatine qui se comlorte comme elles avec la plupart des réactifs, mais dont les solutions iréeipitent par l’alcool. Leur contact prolongé avec l’alcool fort ne rend >as les pcptones insolubles.
A l’état sec elles sont amorphes, blanches, inodores, hygroscopiques, le saveur un peu amère et muqueuse. Elles s’altèrent au-dessus de 110" ‘n se déshydratant, et fondent à 200°. Leur solution est légèrement acide iux papiers ; elles chassent à chaud et plus lentement à froid l’acide carbonique des carbonates de chaux ou de baryte et donnent des peponates correspondants très solubles dans l’eau. Elles paraissent aussi /unir aux acides à la façon des amides. Elles se dissolvent dans l’acide icétique cristal lisable. Additionnées de quelques gouttes de solutions de sulfate de cuivre et de lessive de soude très étendues, elles se colorent en oeau rose ( Piotrowski ). L’acide nitrique ne précipite pas les peptones. Il en est de même des autres acides, même en présence des sels neutres dcalins. L’acide métaphosphorique fait seul exception ; encore le précipité qu’il donne se dissout-il dans un excès de réactif. Le tanin ainsi jue l’acide picrique font naître avec les peptones un précipité volumineux; les sels biliaires les précipitent en présence des acides. Une solution de nitrate d’argent ammoniacal les colore peu à peu en rouge brun.
Le ferrocyanure de potassium additionné d’acide acétique ou chlorhydrique ne les précipite pas.
Les acides phosphotungstique et phosphomolyhdique, l’iodure de potassium ioduré, donnent des précipités dans les solutions de peptones légèrement acidifiées. Le sous-acétate de plomb, surtout ammoniacal, l’iodomercurate de potassium, l’iodure de potassium ioduré, les sels d’argent, le chlorure mcrcurique, les précipitent. 11 en est de même du chlorure de platine pour la peptone de fibrine mais non pour celle d’albumine , mais toutes s’unissent à ce réactif. Elles ne se troublent ni par le chlorure ferrique, ni par l’acétate de zinc, ni par celui de cuivre.
L’on voit que la plupart de leurs réactions rapprochent les peptones des alcaloïdes naturels. On peut les distinguer toutefois, même sous le microscope, au moyen de l’alcool à 95 pour 100 légèrement acidulé d’acide chlorhydrique ou mieux d’acide tartrique (Errera); ce réactif ne les dissout pas, tandis qu’il dissout les alcaloïdes ou leurs sels.
Peut-on remonter des peptones aux albuminoïdes primitifs? Henninger en chauffant à 80° la pcptone-albumine pure avec de l’acide acétique anhydre, puis éliminant l’excès d’acide par distillation et soumettant le reste à la dialyse, obtint sur le dialyseur un liquide coagulable à l’ébullition, précipitable par l’acide nitriqué, le ferrocyanure de potassium et divers autres sels métalliques. De son côté. Hoffmeister, en maintenant les peptones à 140°, puis les reprenant par l’eau, observa
DÉRIVÉS PROTÉIQUES DES ALBUMINOÏDES NATURELS
que le résidu insoluble avait quelques-unes des réactions de l’albumine coagulée. On a racine avancé qu’il suffisait d’introduire de la peptone pure dans du sulfate de soude fondu dans son eau de cristallisation pour la transformer en albumine.
Suivant Danilcwski, si l’on prend une solution de peptone bien pure qu’on en sature exactement à 50fl une moitié par de l’acide chlorhydrique et l’autre par la soude, puis qu’on mélange les deux parties, on obtient après refroidissement un liquide qui donne immédiatement avec le lerrocyanure de potassium et l’acide acétique un fort trouble, qui précipite par l’acétate de zinc ou le sulfate de cuivre, en un mot qui a toutes les propriétés des albumoses.
En continuant à agir sur les peptones, les acides aidés de la pepsine les transforment peu à peu et profondément. Suivant le précédent auteur, il se ferait ainsi une substance qu’il nomme glutinoïde et qui, de même que la gélatine, ne contiendrait plus de tyrosine dans sa molécule. Comme elle aussi elle gélatinise lorsqu’elle est abondante. En même temps apparaîtraient des amides complexes, de la tyrosine, de l’amidopliénol, de l’inosite, de la leucine, de l’acide hydantoïque.
Si la putréfaction intervient, il se fait, suivant Poehl, la ptomopeptone qui a perdu tout pouvoir rotatoire et qui donne facilement de la trimé* thylamine par les alcalis, ainsi qu’une ptomaïne fixe à chlorhydrate cristallisé signalée par Tanret ( C . Rend ., XCII, 1195).
Peptones de trypsine. — Ainsi que nous le verrons, la trypsine est le ferment principal du pancréas. 11 peptonise les matières protéiques en liqueur neutre ou alcaline.
Si l’on fait une digestion d’albuminoïdes en présence de ce ferment, en liqueur faiblement alcalisée par le carbonate sodique, on observe la formation de propeptones ou albumoses pancréatiques. L’une d’elles aurait été identifiée par Otto. avec la paraglobuline du sang (Bidl. XLI, 267).
On peut séparer ces albumoses en arrêtant la digestion pancréatique à temps et traitant le produit, par les méthodes ci-dessus indiquées à propos de la digestion pepsique. L’hémialbumose ainsi préparée est soluble dans l’alcool à 40° centésimaux. Elle est acide, précipitable par l’acétate de zinc et le ferrocyanure acétique.
La peptone pancréatique vraie se prépare en ajoutant au produit de la digestion par la trypsine un peu d’acide acétique, puis une petite quantité d’acétate de sodium et de perchlorure de fer, et portant à 100" pour éliminer la globuline et les propeptones; on ajoute ensuite à la liqueur un cinquième de son volume d’acide sulfurique et l’on précipite les peptones par l’acide phosphotungstique, enfin l’on décompose ce précipité par l’hydrate de baryum. La liqueur débarrassée de baryte est précipitée par 1 alcool fort.
TOXALBUMINES.
Oti peut aussi séparer entièrement les propeptones en les précipitant ar le sulfate d’ammoniaque en excès; les peptones restent dissoutes, in les purifie en évaporant la liqueur, reprenant par l’alcool qui dissout es peptones, distillant l’alcool et soumettant le résidu à la dialyse.
Les peptones pancréatiques sont solubles dans l’alcool à 75" C. Elles unissent, aux acides et aux alcalis. Leurs autres propriétés et réactions ont celles des peptones de pepsine, notamment le pouvoir rotatoire de ortaines d’entre elles, celles de fibrine par exemple. Leur composition, t leurs combinaisons avec le chlorure de calcium, sont identiques )tto). Le réactif de Millon les colore à chaud en rouge.
Ces faits semblent établir l’identité des peptones d’origine pepsique t trypsique, quoique le mode de peptonisation et le milieu ou elles se arment soit sensiblement différent.
TOXALBUMINES
Comme Appendice aux matières albuminoïdes, nous donnerons ici e peu de renseignements que nous possédons à cette heure sur un sujet les plus importants : la production d’albuminoïdes vénéneux par les irganismes des animaux et des plantes.
C’est en avril 1883 qu’à Philadelphie, MM. Weir Mitchell etE.-T. Reihardt firent l’observation que les venins de serpent, en particulier du ierpent à sonnettes et du serpent moccassin, contiennent trois substances ilbuminoïdes spécifiques : un venin-peptone, un venin-globuline et un /enin-albuminc ; les deux premiers seuls étaient vénéneux. Ils remarquèent (ce que j’avais établi déjà en 1882, pour le venin de cobra) que la empérature de 100° altère partiellement l’action de ces venins, mais non otalement. Wall avait déjà observé qu’à 100" le venin du Daboia perd ton pouvoir convulsivant , mais non sa toxicité, comme si 1 une seulement de ces matières actives était altérée par la chaleur.
Peu de temps après, à Londres, Norris Wolfendcn, qui connaissait ces faits, annonça qu’il avait retiré du venin de cobra capello de l’Inde une peptone inactive, ainsi qu’une globuline, line sérine et une acidalbumine très toxiques. La sérine tue par paralysie ascendante de la moelle; la globuline, la plus puissante des trois, attaque les centres respiratoires; l'acidalbumine agit de même, mais bien plus faiblement.
La composition et la nature albuminoïde de ces substances ont été nettement établies par Wolfenden, qui depuis a essayé de chercher des substances toxiques dans le sang des ophidiens. L’on sait aujourd hui que le sang des animaux réputés les plus inoffensifs, peut agir comme un véritable venin, tel est le sang des anguilles et des murénides qui, injecté sous la peau, tue les animaux à des doses à peine trois fois plus
TOXALBUMINES.
fortes que celles du venin de vipère (*). Il n’est, pas douteux qu’il ne contienne des albumines toxiques. L’on sait du reste, que les peptones ordinaires injectées par la méthode hypodermique, produisent des phénomènes comparables à ceux des venins très affaiblis. Enfin l’on a observé que certaines araignées contiennent aussi des toxalbumines (Robert 1888).
Les champignons et les microbes sécrètent ou fournissent dans beaucoup de cas des albumines toxiques. Diverses observations ont été faites dans ce sens en ces derniers temps. Roux et Yersin considérèrent les premiers le poison de la diphtérie, comme une sorte de diastase albuminoïde (Ann. Inst. Pasteur, 1888, n° 12). Christmas (Ibid.) avait remarqué que le poison sécrété par le staphylococcus aureus est de nature protéique. Brieger et Frankel (D. chern. Gesel., 1890, 251) ont étudié à leur tour le poison des cultures du bacille de la diphtérie et en ont retiré une toxalbumine. Ils la précipitent de ces cultures filtrées par le sulfate d’ammoniaque; ils dialysent le magma obtenu et délayé dans l’eau, pour le priver de ses sels, filtrent et précipitent enfin l’albuminoïde actif par l’alcool. On obtient ainsi une substance incolore faiblement soluble dans l’eau, précipitable par l'alcool, les acides minéraux concentrés, le sulfate de cuivre, le sublimé, le ferrocyanure acétique, mais non par l’acétate de plomb, le sel marin, le sulfate de sodium, le sulfate de magnésium. C’est donc bien une albumose. Cette substance donne la réaction de Millon et celle du biuret. Elle est riche en soufre. Elle perd son activité quand on chauffe ses solutions vers 60°; sèche, on peut la porter à 70° sans altérer sa vénénosité. Injectée aux animaux, elle produit des abcès, des nécroses et des pseudomembranes. L’alcool étendu d’où cette substance s’est précipitée contient d’autres albuminoïdes, mais n’est pas sensiblement vénéneux.
Il convient de signaler aussi la matière protéique, que M. Roussy ’a extraite des cultures de levure de bière par précipitation au moyen de l’alcool, dialyse, etc. Elle jouit de la propriété d’élever très sensiblement la température des animaux. A côté d’elle il faut placer la diastase de la péripneumonie épizootique (Arloing) et celle que sécrète le staphylococcus pyogenes aureus, d’après Christmas, albuminoïdes qui provoquent, avec une légère élévation de température, différentes lésions locales.
Des bouillons de culture du gonocoque de Neisser, MM. Ilugounenq et Eraud ont retiré par précipitation à l’aide de l’alcool un produit blanc amorphe, azoté et phosphoré qui présente la plupart des réactions des matières albuminoïdes. Ce produit ne renferme pas de soufre. Il n’est coagulable ni par les acides, ni par la chaleur. L’alcool le précipite difficilement; le sulfate de magnésie ne le précipite pas. Celte matière est
(i) v0ir fllosso et Schmiedeberg, Archiv. de biolog., XXV et Motifs Ja/iresberichl. XVIII, 0‘2.
TOXALBUMINES.
extrêmement altérable. Sa solution aqueuse abandonnée à l’air libre se miré fie en quelques heures et dégage une odeur cadavérique.
L’action phlogogénique de ce produit est tout à lait spéciale : Injectee ;ous la peau, introduite dans l’urèthre ou déposée sur la cornée du •bien, la solution stérilisée de cette matière n’exerce aucune action. Si JU contraire l’injection est faite dans le testicule, une orchite suraiguë ,e développe aussitôt. Les enveloppes de l’organe sont perforées, du pus découle, et il ne reste bientôt plus qu’un petit noyau de substance représentant le testicule atrophié.
D’après Brieger, les toxines sécrétées dans le choléra, la fièvre yphoïde, le charbon, la diphtérie sont des albumines, ou, comme l’ont lit Roux et Yersin pour la diphtérie, des ferments albumineux toxiques.
Il faut rapprocher de ces substances le toxi fibrinogène de Wool- Iridge, que cet auteur a observé dans certaines maladies du cœur et ]ui serait la cause d’accidents graves; il produit la coagulation du sang
[Proc. roy. Soc. XLV. 509, 1889).
M. Tanret a signalé aussi des peptones et des albumines toxiques qui se produisent durant la digestion stomacale. Mais comme l’a établi Salkowsky, et contrairement à ce que pensait Brieger, il ne se produit iaUcun composé toxique durant la digestion normale des albuminoïdes.
Ajoutons enfin que des albuminoïdes vénéneuses ont été signalées dans les graines du ricin ( Robert et Stillmark ); dans celui du lupin jaune; dans le fruit du papayer ( Martin , 1889) ; dans la levure de bière.
Le fruit du jequirity ( abrus preratorius ) contient d’après Martin deux albuminoïdes ; une globuline et une albumose. Elles sont toutes deux vénéneuses et produisent l’inflammation de la conjonctive occulaiie. Elles perdent leur activité si on les chauffe.
D’après Martin, les doses mortelles de ces toxalbumines, rapportées au kilogramme d’animal, seraient pour le lapin :
Venin de Cobra Capello. . . . .
— de vipère ordinaire . . .
— de serpent tigré d’Australie Globuline du jequirity .....
Albumose du jequirity
Peptonalbumose (?)
Il est généralement admis aujourd’hui, depuis les travaux de MM. Bouchard, Charrin, etc., que les produits sécrétés par les microbes toxiques, et spécialement les diastases ou toxalbumines que précipite l’alcool, sont souvent des vaccins contre l’infection microbienne. Injectés dans l’organisme ils produisent, avec ou sans fièvre, un état nouveau qui permet à l’animal de résister aux effets du microbe qui a sécrété ces mêmes diastases. De là les essais faits par Koch avec sa lymphe, et
ISO
DÉRIVÉS AZOTÉS COMPLEXES DES ALBUMINOÏDES
ceux que l’on a tentés nvec les liqueurs de culture du charbon, du slaphylococcus aurais, etc. Malheureusement, dans les expériences faites parla plupart des physiologistes, l’on s’est hornéà signaler les phénomènes produits par l’injection aux animaux des divers extraits alcooliques ou éthérés des cultures et non la nature et les effets des espèces chimiques qui composent ces extraits. Ce n’est donc point ici le lieu de nous étendre sur ces recherches des principes albuminoïdes définis.