CII C CO
x Az — C-AzH x
Or l’adénine C8lFAzs se transformant elle-même en hypoxanthine sous
LEUCOMAÏNE SXANTHIQUES ; CONSTITUTION. 235
l’influence de l’acide nitreux, doit contenir le radical = AzH à la place de 0 dans l’hypoxanthine et avoir la constitution :
AzlI-C-AzU
Cil C
Az — C - AzH
C=AzH
Enfin l’on peut passer, comme on le verra, de la carnine à la sarcinepar une réaction qui conduit pour cette dernière base à la constitution :
CH (OH
Az(CII3)-C-AzII
Aztl-CO - C - AzH
CO
Quanta la théobromine et à la caféine, nous établirons que ces corps se comportent comme des diméthyl- et triméthylxanthine; ils ont donc pour constitution :
/ AzH-C-Az(CtI3) / il
CO c
x AzH - C-Az(CH5)
Théobromine.
^ Az(CH3)-C-Az(CH3)
CO et CO C
x AzH — C - Az(CH3)
Caféine.
CO
En même temps ces formules indiquent : 1° les relations de ces corps avec les diuréides de la série urique ; 2° leur rôle à la fois acide et basique faible; 5° leur facilité à fournir les groupements CAz ou CAzH lorsqu’on détruit ces corps par la chaleur ou qu’on les soumet à l’action des alcalis.
E. Fischer donne à trois de ces bases la constitution suivante :
CO
AzH -CH —
C = AzU
AzH-C = Az Xantliine.
AzH-
CH
CO
CO
C = Az (Cil3) CO
Az(CH3) -C = Az -
Théobromine.
CO
A z (CH3) - CH
Az(CII3)-C = Az - Caféine.
C = Az(CH3) CO
Nous avons donné les raisons qui nous font adopter des formules un peu différentes.
JiEUCOMAÏKES XANTII1QUES.
ADÉNINE — PLASMA ï NE
C5II5AzK C#H18Az8
Cette base, découverte par Kossel(') en 1885, peut s’extraire de tous les tissus végétaux ou animaux aptes à proliférer et contenant de la nucléine. Celle-ci, convenablement traitée, en fournit environ un demi pour 100. Ivossel fait observer que la nucléine du jaune d’œuf non couvé et celle du lait ne donnent pas d’adénine ni de xanthine, ou que des traces. L’adénine ne se rencontre pas dans l’extrait de viande.
Préparation. — On l’a signalée dans les feuilles de thé, la rate, et en général dans toutes les glandes, en particulier dans le pancréas. I)e ce dernier organe Kossel extrait l’adénine de la façon suivante : 75 livres de pancréas de bœuf sont broyées avec 200 litres d’eau contenant 1/2 vol. pour 100 d’acide sulfurique. Après 5 ou 4 heures d’ébullition, on précipite l’acide sulfurique par la baryte, on filtre, et on évapore à basse température ou dans le vide. Le filtratum concentré, réduit au dixième du volume primitif environ, est alcalinisé d’ammoniaque et traité par du nitrate d’argent ammoniacal. Le précipité qui se dépose très lentement et à l’obscurité est décanté, lavé modérément, séché sur des plaques poreuses, enfin dissous dans de l’acide nitrique de densité 1 , 1 additionné d’un peu d’urée. On filtre : l’adénine se dépose à l’état de sel double argentique mêlé de guanine et d’hypoxanthine. Le dépôt lavé est décomposé sous pression par l’hydrogène sulfuré; on filtre encore, concentre et traite le résidu par de l’ammoniaque sans excès et en vase ouvert : à mesure que s’évapore l’ammoniaque, l’adénine et la guanine se déposent, tandis que la sarcine reste dissoute. On redissout le précipité dans l’acide chlorhydrique chaud; par refroidissement il cristallise d’abord du chlorhydrate de guanine, le liquide filtré laisse déposer le chlorhydrate d’adénine. On sépare le mieux possible ces cristaux de ceux de guanine qui se forment encore, on fait recristalliser et on précipite l’adénine par saturation exacte avec l’ammoniaque. On purifie enfin cette hase en la transformant en sulfate qui forme des cristaux bien purs.
Propriétés. — L’adénine répond à la formule C5H3Az5 -b 5H!0 ; elle se déshydrate à 100°. Elle est neutre aux papiers. Elle est en cristaux transparents, rhombiques d’aspect, en réalité hexagonaux, souvent très longs. Ils sont solubles dans 1086 parties d’eau. Ils se dissolvent dans l’alcool et dans l’acide acétique crislallisable, mais non dans l’éther et le chloroforme. Les alcalis forment avec cette substance des adéninates solubles d’où les acides faibles et sans excès précipitent de nouveau la base. L’adénine est peu soluble dans le carbonate sodique. A 278
(*) Zeitschrift fur physiologische Ghetnie, t. X,‘p. 248. Voir aussi Tlioiss. Bull. [5] III, 239.
ADÉNINES.
:11e commence à se sublimer sans fondre en émettant de l’acide cyanhy- Irique. Si on l’évapore en présence d’acide nitrique et qu’on reprenne e résidu par la soude, il ne se fait pas de coloration jaune orangée.
Les sels d’adénine précipitent par l’eau de baryte. Ses solutions Icooliques forment avec le chlorure de zinc un précipité soluble dans m excès d’ammoniaque, et avec le chlorure mercurique une combinaison insoluble même à chaud. Le chlorure de calcium donne aussi m précipité qui se redissout à chaud. L’adéninate argentiquc est peu oluble dans l’eau et dans l’ammoniaque : le précipité que le nitrate l'argent forme à chaud dans la solution ammoniacale d’adénine répond i la formule C3IPAgAz3 ; à froid il a pour composition C5H3Az3 . Ag20.
Le sulfate d’adénine répond à la formule (C5H3Az3)2S0tH2 H- 2H20. 1 perd son eau à 110°. Il forme de beaux cristaux assez solubles dans ’eau chaude. — Le chlorhydrate est cristallisé; il se dissout dans i2 parties d'eau . — Le nitrate C3H3Az3 , Az03II -h 1 /2fPO est en aiguilles itoilées solubles en 110 parties d’eau. — L 'oxalate est peu soluble. — je picrate est très soluble. — Le chloroplatinate est jaune et cristalin; il répond à la formule (C3H3Az5 . IICl)2PtCl4 ; bouilli avec de l’eau, 1 se change en une poudre jaune C3H3Az5, HCl , PtCP.
Lorsqu’on traite au bain-marie par le nitrite de potassium le sulfate l’adénine acidulé, il se change en hypoxanthine. En effet, si, après ivoir fait bouillir, on ajoute au mélange de l’ammoniaque en excès et lu nitrate d’argent ammoniacal, on obtient un précipité; repris par ’acide nitrique chaud, celui-oi donne des cristaux qui, décomposés par IPS, après filtration et évaporation, laissent de l’hypoxanthine en quantité presque théorique :
C3H3Az5 + Az02H = H20 + Az2 + C3H*Az40
II ne se fait pas de dérivés nitrés.
Directement chauffée, l’adénine dégage des vapeurs d’acide cyanhydrique. Fondue avec de la potasse à 200°, elle donne beaucoup de cyanure de potassium. C’est une base très stable vis-à-vis des acides, des alcalis et des oxydants. Les réducteurs l’attaquent aisément, mais on connaît mal les produits qui se forment.
Piasmaïne C3HI3Az3. — Nous ferons l’étude de cette base extraite du sang normal à propos du liquide sanguin (IIP Partie).
SARCINE OU HYPOXANTHINE
CSU4Az40
Elle a été découverte dans la rate par Schérer et dans les muscles par Strecker. On en trouve des traces dans l’urine humaine (G. Salomon). Elle accompagne l’adénine et la guanine dans les tissus animaux
LEUCOMAÏNES XANTIIIQUES.
partout où il y a de la nueléine : jeunes pousses de végétaux, foie, rate thymus, rein, cœur, globules blancs, etc. Elle se produit durant la putréfaction de la levure et de la fibrine; par l’oxydation de la carnine, etc. On a vu (p. 255) comment elle dérive de l’adénine par remplacement de AzII par 0.
Préparation. — On la retire généralement de la chair musculaire. L’extrait de viande est dissous à chaud dans 3 fois son poids d’eau, et la solution précipitée par 6 volumes d’alcool à 95° cent. On recueille le précipité poisseux qui se forme, on distille d’autre part l’eau mère de façon cà recueillir l’alcool et concentrer le résidu qu’on précipite encore par l’alcool : le nouveau précipité est réuni au premier. On dissout ces précipités dans l’eau et on les traite par l’acétate de plomb sans excès; la liqueur filtrée, débarrassée par ILS du plomb resté dissous, puis réduite de volume à basse température, dépose abondamment de la créatine. Les eaux mères sont traitées par le sousacétate de plomb ammoniacal sans excès, qui sépare une petite quantité de xanthine. On filtre encore, on enlève le plomb par ILS, on ajoute à la liqueur concentrée de l’acétate de cuivre et l’on fait bouillir. On précipite ainsi à chaud une combinaison cuprique d’hypoxanthine, qu’on lave à l’eau bouillante et qu’on redissout dans l’acide azotique chaud. A la solution refroidie on ajoute du nitrate d’argent ammoniacal qui précipite une combinaison d’azotate d’argent et de sarcine ; après lavage de ce précipité, on le redissout dans l’acide azotique bouillant, qui le laisse déposer complètement en flocons cristallins. Délayé dans l’eau, ce précipité donne par l’hydrogène sulfuré une solution d’azotate de sarcine qui cristallise. On redissout ces cristaux dans l’eau chaude et l’on ajoute de l’ammoniaque; l’hypoxanthine se dépose à froid.
Propriétés. — C’est une poudre blanche, cristalline, soluble dans 300 parties d’eau froide et 950 parties d’alcool. Ses solutions sont
neutres. Par distillation sèche ou en présence des alcalis, elle produit de l’acide cyanhydrique et des cyanures.
La sarcine se dissout dans la potasse, l’ammoniaque, la baryte.- On connaît la combinaison cristalline C5IIvAz40 , Ba(OH)!.
Fig. 22. - Chlorhydraie d'h,po»n,hi„e. L'hypoxanthine forme aussi des
sels définis avec la plupart des
acides. L’acide phosphomolybdique la précipite de sa solution azotique, le chlorure de platine de sa solution chlorhydrique ; la formule de ce
XANTIIINES, METIIYLXANTIIINES, ETC.
îloroplatinate est (C’IPAz/O.IIClj'PtCl *. L azotate d’argent ammoniacal inné un précipité C3H4Az40, Az03Ag, l’acétate de cuivre à- chaud la précité également. Le sous-acétate de plomb ammoniacal ne la précipite pas. Le chlorhydate cle sarcine C3H‘Az40 , MCI -f- IPO forme des cristaux des aiguilles d’un éclat nacré (fig. 22). — Le sulfate est en petites guilles. — L’ azotate forme des grains cristallins; l’un et l’autre se écomposentpar l’eau.
La combinaison que cette base donne avec l’azotate d’argent en lueur neutre, C3H4Az40 , Az03Ag, est cristallisée et permet de séparer ;tte substance de la xanthine qui s’unit au même sel, mais ne se ipose que lentement. Le sublimé forme avec la sarcine un précipité iconneux soluble dans les acides.
Oxydée par l’acide nitrique, la sarcine ne donne pas de xanthine, imme l’avait dit Strecker, mais on produit celte transformation Ace au permanganate de potassium suivant E. Fischer et Kossel. La reine pure ne donnerait pas la réaction des corps xanthiques ni celle î Weidel (Bull., XLVI, 516).
D’après Kossel la sarcine ne provient pas du dédoublement des albuinoides dans l’économie, mais bien de celui des nucléines.
Si l’on traite la sarcine par de l’eau de chlore et une trace d’acide trique, qu’on évapore à siccité lorsqu’à cessé le dégagement d’azote, qu’on expose le résidu sous une cloche dans une atmosphère amrnoacale, on obtient une coloration d’un rose foncé.
La sarcine paraît se transformer en acide urique dans l’organisme îs oiseaux de proie (F. Mach).
XANTHINE — IVIÉTHYLXANTHINES — ISOXANTHINES
Xanthine, C3H4Az402. — La xanthine a été découverte, en 1825, par . Marcet dans un calcul urinaire, mais elle se rencontre un peu parut avec la sarcine, qu’elle accompagne presque toujours. On la trouve irtout dans les glandes. On peut la retirer aussi du guano et des urines •îmaines, particulièrement après l’emploi des bains sulfureux ; le ng de cheval en contient 2,5 millièmes. Elle paraît être l’un des ’oduits de la décomposition des nucléines.
On a vu comment, dans la préparation de la sarcine, on sépare à i moment donné la xanthine en la précipitant par le sous-acétate de omh ammoniacal. Ce précipité est décomposé par ILS; on filtre chaud l’on fait bouillir la liqueur avec l’acétate de mercure qui précipite la inthine. On traite cette combinaison par IFS et l’on filtre encore à laud ; en évaporant, on obtient la xanthine sous forme de croûtes unâtres.
Neubauer retire la xanthine des urines. A cet effet il ajoute à 50 litres
LEUCOMAÏNES XANT1IIQUES.
d’urine quantité suffisante de baryte et de nitrate barytique : il filtre, évapore à consistance sirupeuse, et précipite par F azotate d’argent ammoniacal. Le précipité formé est décomposé par ILS en présence de IICl. Le chlorhydrate de xanthine cristallise par concentration.
La xanthine prend naissance lorsqu’on réduit l’acide urique par l’amalgame de sodium (Rlieineck, Ann. Chem. Pharm., t. CXXXI, p. 121), ou encore en traitant la guanine par l’acide azoteux :
+ Az02H = C5H4Az402 + Az2 + H20
C’est le procédé le plus expéditif pour l’obtenir. Il se fait un peu de nitroxanthine qu’on réduit en solution ammoniacale par le sulfate ferreux; on filtre, évapore à siccité et reprend par l’eau qui enlève le sulfate ammonique et laisse la xanthine, qu’on redissout à chaud dans le carbonate d’ammoniaque. On décompose la xanthine-ammoniaque par l’acide acétique.
L’auteur de ce livre à réussi à faire la synthèse totale de la xanthine, en même temps que celle de la méthylxanthine, en chauffant l’acide cyanhydrique avec de l’eau et un excès d’acide acétique à 145°. Ces deux substances se produisent d’après l’équation :
ltCAzH + 4 H20 =
Acide cyanhydrique.
C3H4Az402 + C6H6Az402 + oAzds
Xanthine. Méthylxanthine.
La xanthine se dépose par refroidissement de ses dissolutions, en flocons blancs formés de grains microscopiques non cristallins; elle se dissout lentement dans 14 000 parties d’eau cà froid et dans 1159 parties à chaud. Elle est insoluble dans l’alcool et dans l’éther; elle est soluble dans les acides et les alcalis, auxquels elle s’unit, aussi bien que dans l’ammoniaque concentrée et même dans son carbonate. Elle s’en sépare toutefois par l’ébullition. La chaleur détruit la xanthine à partir de 156° en donnant du cyanure d’ammonium.
Sous l’influence de II naissant la sarcine se change en xanthine.
Les solutions aqueuses de xanthine précipitent le chlorure mercurique, l’azotate d’argent (précipité gélatineux) ; L acétate de cuivre, mais seulement à chaud. Sa solution ammoniacale donne avec l azotate d’argent un précipité blanc C5Ii4Az402 , Ag20 qui se réduit cà chaud. La solution dans l’acide nitrique de ce composé ou de la xanthine ellemême donne avec l’azotate d’argent un précipité floconneux, soluble à chaud dans l’acide nitrique, cristallisable par refroidissement en petites aiguilles caractéristiques. La xanthine est entièrement précipitée par le sous-acétate de plomb ammoniacal, réaction qui permet de la séparer de la sarcine que ce corps ne précipite pas.
Le chlorhydrate de xanthine C8H4Az402, IICl forme des aiguilles soyeuses ou des plaques hexagonales qui donnent avec le chlorure de
MÉTIIYLXANTHINES ; ISOXANTIIINES 239
platine un chloroplatinate soluble formé de prismes jaunes. Le sulfate de xanthinc est en écailles cpie 1 eau décompose. L’ azotate forme des mamelons jaunes (fig. 25). Le chlorate est caractéristique.
Une solution à chaud de xanthinc dans l’ammoniaque dépose par refroidissement des cristaux de xanthine ammoniacale.
Chauffée avec un excès d’acide chlorhydrique, la xanthine donne naissance au glycocolle , à l’acide formique et à l’ammoniaque.
, Si l’on traite la xanthine par un peu d'acide nitrique, qu’on évapore, puis qu’on touche le résidu avec un peu de potasse étendue, on obtient une tache couleur orange foncée. Si on dissout la xanthine dans l’acide nitrique étendu de son demi-volume d’eau, qu’on évapore et qu’on traite goutte à goutte le résidu sec par de la potasse jusqu’à dissolution, puis qu’on sèche à chaud avec soin, on obtient une masse bleu indigo qui à l’air humide passe au pourpre, au rouge et enfin au jaune.
iviétiiyixanthines . — On connaît une méthyl-, une diméthyl- et une triméthylxanthine. La diméthylxanthine (Voir t. II, p. 611) se confond avec la théobromine; la triméthylxanthine avec la caféine. L’acide chromique transformant cette substance en méthylamine et acide diméthylparabanique, il s’ensuit que la caféine répond à la constitution donnée d’ailleurs plus haut d’après d’autres considérations :
Fig. 23. — Cristaux d’azotate de xanthine (moitié supérieure de la figure) et de chlorhydrate de xanthine (moitié inférieure).
CO
Az(ClI3)-C-Az(CIi3)
AzH C-Az (CH3)
CO
La théobromine s’obtient par synthèse en dissolvant la xanthine dans la quantité de soude nécessaire pour obtenir le composé CsH2Na2Az402, puis traitant à chaud par l’acétate de plomb. Il se fait ainsi la xanthine plombique CdPPbAzH)2 qui, chauffée 12 heures à 100° avec l’iodure de méthyle, donne la théobromine CsII2(CIF)2Az*02 (E. Fischer).
isoxantiiinc et pscudoxanthinc. — En réduisant à froid le diazoisonitrosométhyluranile par le chlorure de zinc, R. Behrcnd a obtenu une substance répondant à la composition de la xanthinc, CdPAzHP.
240 LEUCOMAÏNES XANTIIIQUES.
Elle forme des aiguilles blanches feutrées, inattaquables, par l’acide azotique, qui la dissout et d’où onia précipite par l’eau. Elle se produit d’après l’équation :
C5U5Az804 + 2 H- = C5II4Àz402 + Azll30 + H20
Diazoisonitroso- Isoxanthinc. Oxyam-
méthyluranile. moniaque.
L’isoxanthine présente quelques-uns des caractères d’une substance, amorphe il est vrai, autrefois obtenue par Schultzen et Behrend et appelée par eux pseucloxanthine, qui se forme, en même temps que l’acide hydurilique et le glycoeolle, lorsqu’on oxyde l’acide urique par l’acide sulfurique concentré.
Cette pseudoxanthine spéciale est cireuse, incristallisable, insoluble dans l’eau, l’ammoniaque et l’acide chlorhydrique, soluble dans les alcalis fixes, attaquable par l’acide azotique [Bull., XI, 497, et (5eSér.)If. 52).
Oydroxanthine CsH6Az403. — On a dit (p. 217) comment Behrend l’avait obtenue en partant du méthyluracile et comment elle se change en alloxane par oxydation.
Elle est soluble dans les alcalis dont on la sépare par l’acide carbonique. Elle ne réduit pas le nitrate d’argent. Chauffée et évaporée avec de l’eau de chlore, elle se colore en pourpre et paraît former de la
murexide.
PSEUDOXANTHINE
/AzII-C-AzH\
C4II5Az50 ou OC: H C = AzII
x AzH-C-AzH /
La pseucloxanthine, qu’il ne faut pas confondre avec la précédente, a été découverte par l’auteur de ce livre en 1882. Il 1 a retirée du tissu musculaire où elle existe à côté de la créatine et de la sarcine.
Lorsque, après avoir précipité l’extrait ou le bouillon de viande concentré dans le vide par l’alcool à 95°, on évapore la solution alcoolique et qu’on la reprend de nouveau par 1 alcool fort, on obtient une liqueui qui précipite par l’éther diverses leucomaïnes qu’on a longtemps confondues avec la créatine. Les eaux mères de ces cristaux bouillis avec l’acétate de cuivre donnent un précipité qu’on lave et décompose par l’hydrogène sulfuré à chaud. On obtient en filtrant à 100° une poudre jaune clair, formée de grains microscopiques hérissés de pointes cristallines. Cette substance est fort peu soluble à froid, se dissout dans l’acide chlorhydrique et donne un chlorhydrate assez .soluble qui cristallise, comme celui d’hypoxanthine, en forme de pierres à aiguise1 J faces courbes, et en prismes trapus associés en étoiles. Comme la xanthine et la sarcine, la pseudoxanthine sc dissout dans les liqueurs alcalines.
La solution aqueuse de ce corps donne à froid par le chloiuie e
r* A R AX AN TI 1 1 N E ; 1IÉTÉR0XANTII1NE.
wt i
mercure un précipité très soluble clans l’acide chlorhydrique; elle donne aussi avec le nitrate d’argent un pseudoxanthalc gélatineux. Elle
ne précipite pas par 1 acétate de plomb, mais seulement, par l’acétate ammoniacal.
Traitée par 1 acide nitrique, évaporée, puis reprise par la potasse très diluée, la pseudoxanthine développe une belle couleur orangée.
Ce corps jouit de la plupart des propriétés physiques et chimiques de la xanthine, avec laquelle il a été souvent confondu. Sa formule schématique de constitution indique cette analogie.
PARAXANTHINE — HÉTÉROXANTHINE
C7H8Az402 CcH6Az402
Paraxanthine . — Salomon a ainsi nommé une substance isomère de la théobromine, substance qu’il a retirée des urines humaines normales en les avalisant par l’ammoniaque et les précipitant par (F, 6 de nitrate d’argent au litre; le précipité bien lavé est décomposé par IES ; la liqueur est évaporée jusqu’à cristallisation abondante d’acide urique. On alcalinise de nouveau le liquide surnageant par de l’ammoniaque, et on le reprécipite après deux ou trois jours par du nitrate argentique. Le dépôt qui se forme, dissous à chaud dans l’acide azotique dedensité 1,1, donne des cristaux d’hypoxanthine argentique, tandis que les eaux mères contiennent la xanthine et la paraxanthine. On précipite ces deux substances à l’état de sels d’argent par l’ammoniaque, et on décompose ce précipité par ILS. On alcalinise avec de l'ammoniaque la liqueur bouillie, on évapore et filtre à chaud. La xanthine se dépose d’abord, la paraxanthine cristallise ensuite des eaux mères concentrées.
La paraxanthine forme des tables hexagonales groupées en rosaces. Elle est neutre, peu soluble dans l’eau froide, insoluble dans l’alcool et l’éther.
Elle donne des combinaisons cristallines avec les alcalis. Évaporée en présence d’eau de chlore et d’une trace d’acide nitrique, elle se colore en rose au contact des vapeurs ammoniacales.
Le sous-acétate de plomb en présence d’ammoniaque, l’acétate de cuivre à chaud, le nitrate d’argent, etc., précipitent la paraxanthine. Ce dernier précipité est gélatineux insoluble dans l’acide nitrique faible, mais il cristallise de l’acide chaud en aiguilles soyeuses. Le chlorure mercuriquc en excès précipite la paraxanthine, mais ce chloromercurate est assez soluble dans l’eau.
Le chlorhydrate de paraxanthine cristallise difficilement et donne un chloroplatinate orange sol uldc.
Hetéroxantliinr et iiiétliylxagatliinc, C,,H6Az402. — L’hetérOXOnlhillC se trouve dans les urines de chien en faible quantité. Elle peut être A. Gautier. — Chimie biologique. lb
LEUCOMAÏNES XANTIIIQUES.
séparée de la paraxanthine au moyen de l’eau ammoniacale qui la dissout. C’est une poudre blanche, amorphe, peu soluble dans l’eau froide, assez soluble à chaud, neutre aux papiers, très soluble dans l’ammoniaque. Le nitrate d’argent la précipite en solution acide ou ammoniacale.
L’hétéroxanthine précipite par l’acétate de cuivre à froid, par l’acétate de plomb ammoniacal, et non par l’acide picrique.
Son chlorhydrate est peu soluble. Le chlorure de platine et celui de mercure donnent avec lui des sels doubles cristallisablcs.
L’hétéroxanthine forme avec les alcalis des combinaisons cristallines peu solubles. (Voir pour les détails, Bull. Soc. chim., XLV1, 558.)
La méthylxanthine , isomère de la précédente a été obtenue par hauteur de cet ouvrage en chauffant l’acide cyanhydrique avec de l’eau et de l’acide acétique à 140°. Elle ne précipite pas par l’acétate de cuivre à froid.
GUANINE — GUANIDINE— MÉTHYLGUANIDINE
C5H5AzsO CH3Az5 C2II"Az5
Guanine. — La guanine, découverte en 1844 par Unger dans le guano, se rencontre dans les principales glandes, le poumon, la chair musculaire, la vessie natatoire des poissons, les concrétions arthritiques des porcs, les excréments du héron et de beaucoup d’oiseaux, des arthropodes, etc. Elle a été plus tard rencontrée, mêlée cà l’hypoxanthine etcà l’allantoïne, dans les jeunes pousses de platane, de vigne, etc. Elle dérive, comme les précédentes, du dédoublement des nucléines et se rencontre partout où les cellules végétales ou animales prolifèrent activement. Pour l’obtenir, on épuise le guano en le faisant bouillir avec un lait de chaux clair tant que la liqueur qui filtre est colorée. Le résidu insoluble est épuisé à plusieurs reprises avec une solution bouillante de carbonate sodique ; les lessives de soude sont additionnées d’acétate de cette base, puis d’acide chlorhydrique en excès; l’acide urique et la guanine se précipitent. On les lave à l’eau acidulée et 1 on épuise enfin avec de l’acide chlorhydrique bouillant; la solution filtrée et concentrée fournit le chlorhydrate de guanine. On en précipite la guanine par l’ammoniaque, et on la redissout dans l’acide azotique bouillant qui détruit ce qui reste d’acide urique. L’azotate de guanine cristallise par refroidissement. L’ammoniaque met la guanine en liberté.
C’est une poudre blanche, amorphe, peu soluble dans 1 eau, insoluble dans l’alcool. Elle se dissout facilement dans les acides et dans un excès d’ammoniaque. Elle forme avec les acides concentrés des sels définis mais inslablcs. Le chlorhydrate , C ‘H’Az ’0,I1C1 — t— 11"0, se dépose en fines aiguilles de l’acide chlorhydrique chaud. Il perd son eau a