C-Aztl x
AzII -C- AzH 7
CO
Acide urique, d’après Fischer.
de même les leucomaïnes créatiniques correspondent aux mono-uréides parabaniques et sont aptes à dériver de celles-ci par remplacement de O par AzH. Aux trois uréides
, / AzII2 /AzH-CO
J \ A zll - CH2 - CO-II \ AzII - C II2
Acide hydantoïque. Ilydanloïne
ou glycolylurée.
/ AzII2
\ Az (CH3)-CU2-C02II
Acide méthylhydantoïque.
correspondent point pour point :
AzII - C
/ AzH2
\ AzH - CH2 - C02II
Glycocyamine.
AzII = C
/ AzII -CO / I
x AzII - CH2
Glycocyamidine.
ou glycolylguanidine.
AzH = C
/ AzII2
\ Az(CH3)-CH2-C02II
Créatine
ou acide glycolylméthylguanidine'.
Les leucomaïnes créatiniques précipitent on forment toutes des aiguillles cristallisées de chlorozincate lorsqu’on ajoute du chlorure de zinc à leur solution concentrée ou mieux alcoolique. Elles précipitent généralement par le nitrate d’argent par le chlorure mercurique, surtout en présence des alcalis étendus. L’acétate de cuivre ne les précipite ni a iroid ni à chaud, caractère qui suffirait à les différencier des leucomaïnes xanthiques.
248 LEUCOMAÏNES CRÉATINIQUES.
Nous décrirons dans ccttc famille les corps suivants :
Guanidaciües. Guanidides.
Gréaline G4II9Az302 Créatinine C4HTAzs0
Glycocyamine. . . . C3H7Az302 Grusocréatinine . . G5Ii8Az40
— Xanthocréatinine. . C5H,0Az40
et quelques autres tels que l’amphicréatine C9II19Az704 et une base en C“ll ‘AzO5, que l’on rencontre dans l’extrait de viande à côté de la créatine.
CRÉATINE
C4H9Az502 ou
AzlI=C
✓ AzII2
s Az (Cil3) — GII2— GO-II
Ce corps fut découvert par Chevreul en 1855 dans le bouillon de viande. Il existe dans la chair de la plupartdes animaux, dans le cerveau, le sang, quelquefois dans l’urine. On a dit, page 25G, à propos de la préparation de la sarcine, comment on le retire de l’extrait de viande.
On peut aussi l’extraire de la viande fraîche. On épuise celle-ci méthodiquement par l’eau chaude ; on porte à l’ébullition pour coaguler l’albumine, on filtre et précipite la liqueur par un excès de baryte. On sépare le phosphate de baryum et celui de magnésium, et l’on enlève au liquide l’excès de baryte par CO2. On concentre dans des assiettes la liqueur filtrée et Ton abandonne à elle-même la liqueur devenue limpide. Elle se remplit peu à peu de fines aiguilles de créatine qu’on purifie par une nouvelle cristallisation.
On a vu plus haut comment Volhardt a obtenu la créatine par synthèse. En traitant la cyanamide par l’acide amidopropionique on aurait son isomère :
AzII = C
/ AzII2
\ Az(CII3)-CII2-C02lI
Créatine ou ac. mélhylguanidineacétique.
AzlI=C
/ AzII2
N' AzII — Cil2 — GII2 - C02II Acide guauidinepropioniqu*.
Propriétés . — La créatine se dépose en aiguilles ou prismes clino-
rhombiques nacrés (fig. 24), incolores, légèrement amers, neutres aux papiers, solubles dans 74,4 parties d’eau à 18°, très solubles dans l’eau bouillante, assez soluble dans l’alcool fort, mais non dans l’éther. Elle répond à la formule d’un hydrate. C4H"Azs02— 1—11*0 . qui perd son eau à
CUÉATININE. 249
100 . Si on la chaullc, elle ioiid et se décomposé en donnant de l’ammoniaque.
Elle se dissout dans les acides étendus et forme de vrais sels : le chlorhydrate , G Ï1 Az O ,HC1, est en beaux prismes non déliquescents.
Les acides concentrés à chaud, ou une longue ébullition de ses solutions, 1 a I tei en t et la transforment en créatinine en la déshydratant :
C4II9Az302 = U20 + C4H7Az30
Oxydée par l’oxyde mercure ou le bioxyde de plomb, la créatinc donne de la méthyluramine ou méthylguanidine C2H7Az3 :
2 G4H9Az302 + O5 = (C2H7Az3)2C'-H204 + 2 CO2 + K20
Créatine. Oxalate de méthylguanidine.
L’hypobroinite de soude alcalin la décompose complètement h froid. Bouillie avec de l’eau de baryte, elle donne de l’urée et de la sarcosine ou méthylglycocolle. 11 se fait aussi un peu de méthylhydantoïne :
C4H°Az302 + H2 O
Créatine.
CH2 - AzH . CH3 CH4Az20 + i
Sarcosine.
Le chlorure de zinc forme avec elle un chlorozincatc, mais il ne précipite pas les solutions de créatine exemptes de créatinine:
On connaît le dérivé argentique : AzH = C ( ^(CII3) - CH2 - C02\°- ct le dérivé mercurique, etc. ( Enyel ).
En ajoutant du sublimé îi une solution saturée de créatine, puis un peu de potasse, on obtient un précipité blanc qui noircit quand on le chauffe, d’après le même auteur.
La créatine ne donne pas de précipité avec le réactif de Bouchardat; ni de bleu de Prusse avec un mélange de fcrricyanure de potassium et de perchlorure de 1er étendus. Elle précipite en blanc par le nitrate mercurique en présence d’un peu de carbonate sodique. Le meilleur moyen de reconnaître la créatine consiste à l’évaporer au bain marie en présence d’acide chlorhydrique qui la change en créatinine, ct à caractériser ensuite cette dernière comme on le dira tout à l’heure.
CRÉATI N I N E
C4P7Az30
Elle accompagne souvent la base précédenl anhydride. On la trouve dans l’urine ct autres
c, dont elle constitue un sécrétions animales, dans
250 LEUCOMAÏNES GUÉ ATINIQUES.
l’cnu de l’amnios, dans les muscles et dans beaucoup d’organes.
On l’obtient aisément en dissolvant la créatine dans l’acide chlorhydrique en excès, et desséchant au bain-marie : il reste du chlorhydrate de créatinine.
On peut aussi la retirer de l’urine, en particulier de celle de veau. On la traite d’abord par l’eau de chaux et le chlorure calcique pour séparer les phosphates terreux, on évapore presque à sec, on reprend le résidu encore chaud par de l’alcool fort; on évapore cet alcool et on ajoute au résidu une solution alcoolique de chlorure de zinc. On abandonne dans un lieu frais ; après quelques jours on recueille des aiguilles de chlorure de zinc et de créatinine très peu solubles C4H7Az30)'ZnCl\ On dissout cette combinaison dans l’eau bouillante et on la décompose par l’hydrate de plomb. En évaporant on obtient de la créatinine.
La créatinine urinaire augmente beaucoup chez les typhiques, les pneumoniques, les tétanisants, les surmenés ( Munit ; Senator).
La créatinine cristallise en prismes brillants incolores (fig. 25) , solubles dans 12 p. d’eau froide, et dans 120 p. d’alcool à 16°, Sa saveur est caustique, sa réaction alcaline. Elle déplace l’ammoniaque de ses sels. En solution aqueuse , elle se transforme peu à peu en créatinc. La créatinine précipite par l’azotate mcrcurique, le chlorure stanneux. Elle ne précipite pas par le réactif de Bouchardat ; et ne donne pas de bleu de Prusse par un mélange de ferricyanure et de perchlorure de fer étendus.
Elle forme avec les acides des sels bien définis. On connaît le chlorhydrate, C4H7AzsO,HCl-le chloroplatinat e est en gros cristaux assez solubles. Le chlorozincate, (C4H7Az30)*ZnCl*, très peu soluble dans l’eau froide et insoluble dans l’alcool (fig. 20), est caractéristique.
Vazotate mcrcurique donne, avec la créatinine, surtout en présence d’un peu de carbonate de soude, un précipité dense, cristallin, de formule (C4H7Az30)s, (Az03)'2Hg, assez peu soluble à froid.
Les réactifs oxydants la transforment, comme la créatine, en rnéthyl-
Fig. 2o.
Créatinine, d’après Robin et Vcrdeil.
Fig. 26. — Chlorure double de créatinine et de zinc.
CUUSOCIŒATmiNE.
guanidine. Chauffée douze heures avec un cjtcès de baryte, elle se transforme en méthylhydanloïne :
/ AzII — CO
AzII-C ; i + II°-0
\ Az(Cll3) -CU2 Créatinine.
AzII3 + CO(^
AzII — CO
Az(CH3)-CII2
Méthylhydanloïne.
En solution aqueuse froide saturée par de la soude, puis additionnée de tartrate sodico-potassique et d’une petite proportion de sulfate cuprique, la créatinine s’unit à l’oxydulc cuivreux et dépose une poudre blanche formée de petits grains agglutinés et si peu solubles que cette réaction accuse dans les liqueurs un millième de cette base.
Si à une solution de créatinine on ajoute quelques gouttes d’un nitroprussiate soluble très étendu, puis une solution faible de soude, il se produit une coloration rubis, qui passe ensuite au jaune (Weyl). Acidulée d’acide acétique et chauffée, la liqueur devient verte, puis bleue.
CRUSOCRÉATININE
C5II8Az40
Cette base a été retirée par l’auleur de ce livre de la chair musculaire et de l’extrait de viande (voir Bull. Soc. chim. XLVIII, 6). L’extrait de viande est traité par l’alcool à 95° en excès et 1a. solution alcoolique est additionnée d’éther; la crusocréatinine se trouve dans la partie peu soluble dans l’alcool à 95° du magma cristallin qui se précipite lentement dans ces conditions; la xanthocréatinine, dont on parlera plus loin, forme la partie la plus soluble de ce magna cristallin,
La crusocréatinine est une base très faiblement alcaline aux papiers, légèrement amère, cristallisable en lamelles orthorhombiqnes (fig. 27); donnant un chlorhydrate soluble non déliquescent et un chloroplatinate soluble peu altérable. Elle précipite l’alumine à froid des solutions d alun. Elle forme de beaux cristaux jaunes possédant toutes les propriétés de la créatinine dont elle diffère par les éléments de l’acide cyanhydrique en plus.
En liqueur un peu concentrée, le chlorure de zinc donne avec son chlorhydrate un précipité grenu qui se redissout à chaud et rcciislallise par refroidissement. Le bichlorure de mercure produit avec elle un précipité floconneux, partiellement soluble à chaud mais en se décompo-
LEIJCOMAÏNES GRÉATINIQUES.
sanl. Le phosphomolybdate de soude la précipite abondamment en jaune. Le cbloromercuratc de potassium, l’iodure de potassium ioduré, l’acétate de cuivre même «à cbaud, ne donnent avec elle aucun précipité. Tous ces caractères sont identiques à ceux de la créatinine.
Les deux schémas suivants indiquent l’analogie de constitution de la créatinine et de la crusocréatinine :
/ AzII CO
AzH=C C i
x Az (CU3) - Cil*
Créatinine.
AzII = C
/ AzII -C (AzII)" -CO \ Az(CH3) CIP
Crusocréalinine.
XANTHOCRÉATI N I N E
C5H10Az40
Elle a été aussi découverte par l’auteur de ce Livre. C’est, après la créatine, la plus abondante des bases de la viande. On a dit plus haut, «à propos de la crusocréatinine, comment on l’extrait.
La xanthocréatinine est une substance de couleur jaune soufre, cristallisée en paillettes minces, brillantes, micacées (fig. 28). Son goût est légèrement amer, son odeur rappelle à chaud celle de l’acélamide.
Elle est assez soluble dans l’eau, meme à froid; elle se dissout dans l’alcool à 99ü bouillant d’où elle cristallise.
Chauffée, cdle émet l’odeur de rôti et donne de l’ammoniaque et de la méthvlamine.
Sa réaction est amphotère : elle rougit légèrement le papier bleu, et bleuit le papier rouge très sensible.
Elle donne un chlorhydrate en barbes de plumes enchevêtrées, et un chloroplatinale très soluble.
Cette substance ressemble par ses propriétés à la créatinine. Une solution de chlorure de zinc la précipite. Ce précipité, blanc jaunâtre, soluble à chaud, donne en refroidissant des groupes en X et en étoiles. Le nitrate d’argent forme avec elle un précipité floconneux; le chlorure mercurique un précipité blanc jaunâtre; l’acctate de cuivre ne la précipite ni à froid ni à chaud, pas plus que le cbloromercuratc de potassium ou l’iodure de potassium ioduré. Tous ces caractères appartiennent aux leucomaïnes créatiniques.
L’acide oxalique et l’acide nitrique ne forment pas avec cette base de sels peu solubles.
Sous l’influence de 1 oxyde de mercure la xanthocréatinine donne une
Fig. 28. — Xanlhoci'cutinine.
ÀMl’IIICRÉÀTINE ET AUTRES JÆUCOMAÏNES.
substance cristallisée en longues aiguilles ressemblant beaucoup à la caféine, et fusible à 174°.
La xanlhocréatinine est légèrement toxique. A dose un peu élevée, elle pioduit de 1 abattement, de la somnolence, la défécation et des vomissements répétés.