TISSU CONJONCTIF GÉLATINEUX OU MUQUEUX
Le tissu conjonctif dit tissu gclcitineux ou muqueux , est une variété du tissu conjonctif où s’est développée avec abondance la substance unissaule ou mucine. Il est formé chez l’embryon de cellules conjonctives fusiformes ou étoilées séparées par une substance muqueuse, transparente et homogène. La gelée du cordon ombilical, une partie de la pulpe des dents, le corps vitré de l’œil, etc. sont constitués parce tissu spécial. Ses rares trabécules se dissolvent dans les alcalis et l’acide acétique, mais résistent à l’action de l’eau. Quant à la substance fondamentale, elle parait identique ou très analogue à la mucine déjà étudiée dans notre IP Partie (p. 157).
TISSU ADIPEUX
On a dit (p. 521) comment est histologiquement constitué le tissu adipeux formé grâce à l’envahissement par les corps gras des cellules propres du tissu conjonctif. Ces cellules (fig. 59), de longues et fusiformes qu’elles étaient, deviennent rondes ou ovales grâce à la tension des graisses. Elles ont une mince enveloppe protoplasmique à noyau laté- *al aplati, et sont gorgées d’une graisse plus ou moins fluide. Les grappes ou lobules résultant de la réunion de ces cellules, entourées chacune de leur réseau capillaire serré, sont logées dans les interstices des fibres conjonctives. La gouttelette de graisse de la cellule adipeuse n’envahit d’abord qu’une paille de la cavité cellulaire; il la gonfle et la déforme peu à peu à
Fig. 59. — Cellules du tissu adipeux.
a, b, c, cellules non remplies de graisses. — cellules contenant des glo-
bules graisseux. — e, cellule presque pleine de graisses.
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Fig. 40. — Cellules adipeuses de 1 homme remplies de cristaux.
a, aiguilles isolées; b, groupe d aiguilles; c, cellules adipeuses avec des groupes
mesure que sa masse va en augmentant (lig. 40). En traitant les cellules adipeuses par l'alcool et l’éther, on laisse l’enveloppe comme résidu; elle
résiste à l’acide acétique et sulfurique étendus, et même quelque temps aux alcalis affaiblis. Elle se dissout au contraire facilement dans le suc gastrique.
Fluide durant la vie, la graisse se concrète en général après la mort.
Des substances grasses existent dans beaucoup de liquides de 1 économie (chyle, lait, sang, etc...) en gouttelettes libres ou entourées d’une légère membrane. Mais dans le tissu cellulaire et le lait seulement ces graisses sont normales; partout ailleurs elles paraissent
c, cellules adipeuses avec ues grimpes 1 r.
de cristaux en aiguilles; d, cellule adi- être des produits de degenerescence. Un pense ordinaire sans cristaux.. trouve c]es corps gras dans les Cellules
entrain de vieillir et de se détruire; elles apparaissent très rapidement dans certains organes (foie, cœur, muscle) sous 1 influence de l'empoisonnement par le phosphore, l’arsenic, etc,....
Lorsqu’elle est mal nourrie, la cellule adipeuse perd partiellement ou totalement son contenu graisseux. Elle jaunit; il s’y forme un liquide séreux, granuleux, liquide, qui bientôt envahit la' cellule entièie, si la nutrition s’améliore la graisse reparaît. Nous avons déjà indique (7,c Partie) les conditions de ce phénomène.
Les caisses et les huiles ont été spécialement examinées dans cet Ouvrage (t. Il, p. 252 et suiv., et p. 242). Nous dirons seulement ici
que chaque cellule adipeuse produit sa graisse spéciale, et qu’il n'est pas deux points chez un même animal où la graisse soit exactement composée des mêmes principes gras en même proportion, ou bien ne soit accompagnée de principes sapides et odorants qui lui donnent ses qualités propres. Tout le monde connaît la différence qui existe entie le suif ou graisse sous-dermique du mouton, et la graisse suecu ente et agréable au goût qui enveloppe les reins ou qui tonne des agglomeiats dans la cuisse du même animal. Ces différences entre les giaisses u tel ou tel point d’un même individu sont assez grandes pour que l’on ait réussi à frauder le beurre usuel avec la graisse de 1 épaisse et large queue' des moutons dits de Barbarie, giaisse qui posse e effet, presque la composition et la saveur du meilleur benne.
On a fait la remarque que la graisse sous-cutanée est plus lusibic. plus riche en oléine, que celle qui entoure les organes profonds. A cei éo-ardllenneberg a constaté les différences suivantes chez le mouton .
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La graisse sous-cutanée fon(| de 27° à 51°
autour des reins 570
de l’épiploon 56<> 5g0
M. Munlz n obseive aussi que les animaux engraissés rapidement fournissent une graisse plus fusible et plus fluide que celle des animaux ordinaires de leur âge et de leur race. Le tableau suivant donne les points de fusion et de solidification de quelques graisses animales :
Fusion
commençante.
Liquéfaction
complète.
Solidification
Homme (panieule adipeux) .
— (région du rein) . .
Chien
Bœuf
Veau
Mouton
Cheval
Porc
Lièvre
Oie
Canard
Moelle de bœuf
On voit que tandis que la graisse de bœuf est en pleine liquéfaction à 59°, celle de veau commence à fondre à 52° seulement. Chez l’homme la graisse possède un point de fusion variable, avec l’âge; chez les ruminants, la graisse qui entoure les reins est la moins fusible, etc.
Les graisses des cellules vieillies, des tumeurs, du sang, etc., ont une constitution et une composition spéciales.
L’on sait que les principes gras ordinaires sont des éthers saturés de la glycérine (t. Il, p. 249). Mais les proportions relatives de ces éthers (tristéarine, tripalmitine, trioléine, tributyrine, trivalérine, etc.), peuvent varier à l’infini dans les graisses, d’où en partie leurs différences. L’oléine et la margarine existent dans la graisse humaine, à côté de la stéarine, de la palmitine. La première de ces substances peut former de 67 à 80 pour 100 des corps gras. L’oléine, encore liquide à — 10°, lui communique sa fluidité. A côté de ces principes, on trouve aussi dans la graisse d’homme de la tricapryline, un peu de lécithine, de la cholestérine, des pigments jaunes ou lipochromes (p. I9G), des matières odorantes, etc. Le lipochrome s’extrait en dissolvant la graisse dans l’alcool bouillant, filtrant et précipitant par l’eau; le pigment reste soluble dans ce dissolvant. Cet extrait acide contient aussi du sel marin et des sels alcalins.
Nous avons déjà parlé dans la Ire Partie de ce volume de l’origine et la désassimilation des graisses dans l’économie.
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A n a îy nc immédiate des graisses. — La matière grasse d’un tissu peut toujours sc reconnaître au microscope. Les celhd(;s qui la contiennent, rondes ou polyédriques, ont une surface unie 1res réfringente, des bords brillants, obscurs à la lumière transmise, blanchâtres à la lumière réfléchie. L’éther en dissolvant les graisses fait apercevoir les enveloppes ridées des cellules. L’évaporation de ce dissolvant laisse une matière onctueuse, insoluble dans l’eau, apte à se saponifier par les alcalis. Enfin les graisses noircissent rapidement sous l’influence d’une solution d’acide osmique au 100".
Pour extraire ou séparer la graisse d’un tissu, d’un liquide, d’un organe quelconque, etc., on desséché la matière, on la broyé avec un peu de sable, on épuise à l’éther, puis à l’alcool. L’alcool étant évaporé, on lave à l’eau le résidu alcoolique pour enlever les sels, et 1 on reprend par l’éther. Toutes les solutions éthérées étant mélangées, on chasse l’éther. Il reste à la fois les graisses, les lécithines, les cholestérines, des matières colorantes et les acides gras libres. En chauffant à 100° avec un petit excès de carbonate potassique, on sature les acides gras qu’on enlève par l’eau; on reprend par l’éther la partie que l’eau alcaline ne dissout pas et le résidu de cette solution qu’on évapore est traité au bain-marie par un peu de potasse alcoolique qui saponifie les graisses. Un épuisement nouveau à l’éther enlève à ce savon la clioléstérine seulement. On dissout dans 1 eau la partie qui reste insoluble dans ce dissolvant, on sature par l’acide carbonique, et l’on reprend par l’alcool concentré qui dissout les savons et la glycérine. Enfin l’addition d’un acide affaibli à la solution aqueuse de ces savons en précipite les acides gras, qu’on sépare par les méthodes classiques de
Chevreul ou de Ileintz.