CENTRES NERVEUX
Los phénomènes nerveux ou cérébraux qui préparent la perception et Vidée, aussi bien que ceux qui les suivent et produisent l’acte extérieur, réflexe ou volontaire, qui manifeste cette sensation ou celle idée, sont entièrement physico-chimiques. Ils ont, en effet, tous les caractères de ces phénomènes. Le nerf au repos est alcalin; à l’état d’activité, il tend vers la réaction acide; le cerveau s’échauffe par la pensée et l’excitation interne, et tout le corps participe à cet échauffement; l’acide carbonique exhalé s’accroît en même temps (Davy) ; les matières extractives ou excrémenticielles augmentent, comme dans le muscle en activité; la cholestérine apparaît en plus grande proportion. La quantité absolue d’acide pliosphorique éliminée durant le travail cérébral diminue en même temps que l’azote total éliminé ; d’une manière plus précise, les phosphates alcalins diminuent, et les phosphates terreux augmentent alors dans les urines, pendant que la production de l’urée paraît s’exagérer un peu. La folie maniaque suractive la nutrition générale, accroît 1 élimination de l’azote et de l’acide pliosphorique dans les périodes d’agitation, et la diminue dans celles de dépression, (Mairct, C. R ., XCX1X, JSi ei o50.)
Réciproquement, enlève-t-on au cerveau son excitant chimique naturel, l’oxygène, ses fonctions languissent, son excitabilité diminue, la somnolence et les paralysies apparaissent.
L’état physico-chimique qui transmet du nerf au cerveau une sensation, ou du cerveau au muscle un mouvement, parcourt ce nerf axec une vitesse de 55 mètres environ par seconde. La durée de l’acte lui-même par lequel une impression cérébrale est transformée en perception et en idée a été mesurée : elle varie, en moyenne, de 0",*2 à 0",09 et 0",05. Le temps nécessaire pour produire 1 acte de discernement le plus simple (perception de la variation d’une couleur) est mesurable; il oscille
entre 1 a 6 centièmes de seconde.
Tous ces caractères physiques ou chimiques : chaleur produite, transformations matérielles de substances, temps nécessaire et mesurable de chacune de ces réactions, etc., sont les témoins irrécusables de la matérialité de ces phénomènes cérébraux qui amènent l’impression, qui précèdent la sensation ou qui la suivent.
Mais ces actes ne sont pas Vidée elle-même, 1 acte de penser, pas même la conscience de la sensation. Celte conscience, c est la connaissance intime de la perception, la vue intérieure de 1 impression désormais produite dans l’organe récepteur. A son tour, la pensée resuite de la comparaison de celle perception intime avec les perceptions simultanées ou antérieures. L’impression a été un acte matériel, mais la conscience de cette impression, à plus forte raison sa comparaison avec les impressions et actes conscients antérieurs ne 1 est plus. Ces phénomènes de comparaison, de jugement, qui sont des états psychiques et