‹ Cours de chimieChapitre 251 sur 633 · ANALYSE DES PHÉNOMÈNES L)E L’ACTIVITÉ CÉRÉBRALE · texte numérisé non relu

ANALYSE DES PHÉNOMÈNES L)E L’ACTIVITÉ CÉRÉBRALE

constituent la pensée elle-même, se passent dans le silence du cerveau, après que les impressions ont été reçues. 11 ne faut point, faute d’analyse exacte ou par parti pris, les confondre avec les phénomènes physicochimiques qui ont amené 1 impression, ni même avec cette impression qui est encore matérielle, mais à laquelle s’arrête toute la suite des phénomènes matériels qui précèdent la conscience et la pensée, et qui par conséquent ne peuvent avoir d équivalence mécanique.

De même, la détermination d açpr ou la volonté n’est ni l’acte qui impressionne le cerveau et qui précède la volinon, ni celui qui suit ce phénomène psychique et se traduit en réactions physico-chimiques, particulièrement en flux nerveux qui, transmis par exemple à nos muscles, produit le mouvement, l’acte ou l’effort mécaniques.

L est a ce point de vue que j ai écrit que la pensée n’est pas un acte physicochimiqne, qu elle n a pas d' équivalent mécanique ou chimique. Un cerveau qui penses échaulïe ou se refroidit, peu importe, parce que les phénomènes qui 1 impressionnent et qui précèdent ou suivent la pensée sont physiques et chimiques ; mais l’acte intime qui suit l’impression matérielle, à savoir la conscience des perceptions et leur compaiaison, le raisonnement qui déduit les causes et les effets à venir, la volonté qui décide et qui précède le déterminisme physicochimique des phénomènes de motricité, toute cette succession d’élats reste sans équivalence maté/ lelle ou mécanique . Ces phénomènes de l’entendement ne dépensent pas trace d énergie physique, chimique ou mécanique. Sentir, comparer et vouloir n’est pas agir. Or, l’impression et l’acte seuls sont matériels et transmuahlcs dans les diverses formes de l’énergie.

Telle a été le sentiment des philosophes les plus célèbres, de Leibniz de Descartes et de Spinosa entre autres. Descartes a dit : « On vit et on agit physiquement, mais on pense métaphysiquement. » Telle est encore la doctrine de nos plus célèbres physiologistes modernes et de nos grands physiciens.

Telle est aussi 1 opinion de M. Berlhelot ainsi que nous le verrons dans notre dernière leçon.

« Les actes psychiques, écrit i\J. Chauveau, ne peuvent rien détourner de I énergie qui lait naître le travail physiologique et qui est intégralement icstitué sous forme de chaleur sensible. » ( Revue scientifique, 1888.)

Lt Hirn : « Lorsque nous nous servons des termes de travail physique et de travail de tête pour désigner Y acte même par lequel s’engendre un phénomène dynamique ou une pensée, nous nous servons d’expressions probablement des plus correctes. Mais lorsque nous étendons le terme de travail intellectuel au produit même de l'acte cérébral, nous ue recourons plus qu’à une métaphore Qu’il se produise dans le cer-

ceau qui travaille des sécrétions spéciales résultant du fonctionnement

TISSUS DES GLANDES

même de l’organe, cela est non seulement possible mais probable; mais confondre ces sécrétions avec le produit réel du travail de l’intelligence, ce sont là des énormités auxquelles peut seul conduire l’esprit de système. » (IIirn, 1887. La thermodynamique et l’élude du travail chez les êtres vivants.)

Page 1