TISSU DE LA RATE
Les matières oiganiques comprennent, outre les albminoïdes qui en forment la trame : de la xanthine, de la sarcine, de la guanine, substances que Ivossel considère comme produits, avec l'acide phosphorique, par le dédoublement des nucléines provenant elles-mêmes de la destruction du noyau des cellules; de l’acide urique, qui accompagne presque partout dans l’économie les corps précédents; de la lécithine et de la cholestérine, provenant delà désassimilation des globules blancs et rouges; un peu de cérébrine et de glycogène ayant même origine ( Iloppe Seyler) ; delà leucine, de la tyrosine, de la taurine, etc. Cloetta a extiaît, il y a longtemps, beaucoup d inosite de la rate. On y a signalé encore la jëcorine ; un pigment ferrugineux; les acides acétique, butyrique, formique, propionique, et lactique, qui sont peut-être des produits d’un commencement d’altération. Quant aux matières minérales, on y trouve une forte proportion de soude et de potasse à l’état de phosphates, et une quantité très élevée de fer. Voici deux analyses d’Oidtmann :
Potasse 9, 60 17,51
Soude 44 , 55 35,52
Magnésie 0,49 1,02
Chaux 7,48 7,50
Chlore. 0,54 1,51
Acide phosphorique 27,10 18,97
— sulfurique 2,54 1,44
Silice ; 0,17 ü’ 72
Oxyde de fer 7,28 5,82
Autres oxydes métalliques (l’b, Gu, etc.).. 0,14 0,10
Lorsqu’on traite la boue splénique par l’eau froide et qu’on filtre, la liqueur donne à chaud un coagulum albumineux couleur rouille. La liqueur refiltrée précipite une substance protéique ferrugineuse quand on l’acidule d’acide acétique ; elle est peu soluble dans un excès d’acide et gélatineuse ; elle laisse à l’incinération des cendres riches en acide phosphorique et en fer.
Chez les leucémiques, la pulpe splénique s’enrichit en hypoxanthine et en acide urique et contient de la gélatine qui passe dans le sang.
La rate subit souvent la dégénérescence amyloïde; elle consiste dans un dépôt par places ou îlots d’une substance qui dissocie et fait disparaître à son contact les autres cellules. La matière amyloïde (fig. 55) est cireuse, assez résistante à l’écrasement, d’un éclat terne; elle estforméede masses arrondies à couches concentriques analogues à des grains d’amidon,
A. Gautier. — Chimie biologique.
Fig. 55. — Dégénérescence amyloïde des cellules.