LA PEAU
La peau est formée de deux couches principales (fig. 56) : la plus superficielle, Y épiderme, af, qui sert de protection à la seconde, le derme ou chorion, cg. Le derme contient dans son épaisseur plusieurs sortes d’organes glandulaires, et constitue la partie résistante, élastique et épaisse de la peau. Sa partie profonde se confond peu à peu avec une couche cellulaire lâche infiltrée de tissu adipeux :
c’est la couche adipeuse ou panicule adipeux.
Le derme contient des glandes sudoripares g, des amas de cellules adipeuses h, et des glandes sébacées dont le canal vient s’ouvrir à la surface de l’épiderme; à sa partie la plus externe le derme est limité par de nombreuses élevures ou papilles, c a b, pourvues d’anses vascu laires, où viennent, sous forme de renflements ovoïdes appelés corpuscules du tact, se terminer le lacis des faisceaux nerveux destinés au toucher et les vaisseaux sanguins d nécessaires h la nutrition.
Le derme est essentiellement formé par un tissu de faisceaux conjonctifs, feutrés et enchevêtrés avec un réseau de fibres élastiques.
Fig. 56. — Coupe de la peau.
LA l'LAU.
L'épaisseur du derme varie de 0mn\5 à 2 et 5 millimètres. Il est le plus épais «à la plante des pieds, au dos, à la paume de la main.
Il contient des matières albumineuses solubles, du tissu élastique, du tissu conjonctif facile à transformer en gélatine par la coction, de la conjonctine inattaquable à l’eau bouillante. Les acides et les alcalis loris dissolvent ce tissu en partie; le tanin, les sels ferriques, mercuriques, zinciques, le chloral se combinent à ses fibres conjonctives pour donner des composés imputrescibles. Le cuir résulte de sa combinaison au tanin.
L’épiderme est formé de deux parties principales. La plus profonde, ou corps muqueux de Malpighi, pénètre entre les papilles du derme et en remplit les interstices. Cette partie profonde est constituée par le rapprochement d’un grand nombre de petites cellules de 0'" ‘,008 de diamètre à noyau granuleux jaune. Les couches les plus superficielles du corps muqueux sont composées de cellules aplaties, caractérisées par la présence autour de leur noyau d’une substance semi-liquide jaunâtre qui a reçu de M. Ranvier le nom d éléidine (G. Raid. \L\II, 1577). Cette substance nous paraît être delà kératine en voie de formation. Les cellules du corps muqueux contiennent en outre le pigment qui colore la peau, brun chez le nègre, jaune clair chez le blanc.
La couche épidermique superficielle, ou couche cornée, revêt le corp^ muqueux de Malpighi. Elle est formée de couches superposées de cellules aplaties ou d’écailles entièrement dépourvues d’enveloppe et de noyaux. Grâce à leur prolifération, les cellules du corps muqueux repoussent sans cesse vers l’extérieur les couches épidermiques qui ne résultent peut-être que d’une sécrétion dont l’éléidine de M. Ranvier est le premier stade. L’épiderme consiste, en fait, en une substance lamelleuse, homogène, résistante, diaphane et cornée qui continuellement s me et se desquame par sa surface externe, tandis qu’elle se reproduit par sa face profonde. Par macération l’on peut séparer du réseau de Malpighi ce feuillet corné épidermique. 11 est assez épais dans certaines régions, par exemple à la plante du pied. Son épaisseur varie de 0mn,,02à 0mm,4.
La matière épidermique cornée est très analogue, sinon identique a celle qui forme les ongles et les poils. Elle est constituée par de la kératine.
La couche épidermique ne donne pas de gélatine par sa coction et ne contient pas d’albumine soluble. L’acide nitrique la jaunit ; le nitrate d’argent la colore en brun en se réduisant. Miilder lui a trouve la coinposition : C = 50,28; 11 = 6,76; Az= 17,21 ; S = 0,74 ; 0=25,01, abstraction faite de 1 à 1,5 de cendres pour 100.
La mélanine ournatière pigmentaire de l’épiderme a été décrite p. 1 • •
Les produits des glandes sébacées et sudoripares seront étudies a
propos des sécrétions.