APPENDICES DE LA PEAU : POILS, ONGLES ET CORNES
Les poils et les cheveux, les plumes et les écailles chez certains animaux, les ongles, les sabots, les cornes, les carapaces, etc., concourent, comme l’épiderme, dont ils sont des dépendances, à la protection de l’animal. Tous ces appendices ont une composition chimique très analogue à celle de l’épiderme lui-même.
Poils et cheveux. — Les poils et les cheveux naissent au sein d’une gaine enfoncée dans la partie la plus profonde du derme qu’ils parcourent dans toute son épaisseur. C’est le follicule pileux, formé de tissu conjonctif fibreux et muni vers son extrémité de libres musculaires lisses; une délicate membrane, la membrane vitreuse, revêt l’intérieur de la gaine jusqu’à une sorte de renflement ou racine bulbeuse qui termine la partie profonde du follicule. Le poil lui-même part de cette racine, suit le canal folliculaire et émerge à la partie externe.
Le cheveu ou le poil est formé de deux parties : 1° une moelle interne, qui remplit une sorte de canal central : elle est formée de cellules grandes et peu serrées qui sont le plus souvent pénétrées d’air; 2° une partie externe, composée de cellules épithéliales allongées, polyédriques, qui s’aplatissent à mesure que le cheveu s’élève et s’imbriquent obliquement à sa direction. Elles sont réunies par une sorte de ciment et se continuent jusqu’au bulbe pileux. Ces cellules en plaquettes sont formées de kératine. Elles peuvent être dissociées par immersion dans l’acide sulfurique. Elles sont imprégnées d’un pigment de nature variable suivant la couleur du cheveu (voir mélanine, p. 199).
La partie du cheveu encore engainée dans le follicule paraît formée de cellules plus riches en albuminoïdes solubles dans l’eau bouillante, les alcalis faibles et l’acide acétique. La portion qui fait saillie à l'extérieur est au contraire insoluble, inattaquable ou fort lentement atteinte par les alcalis et les acides puissants qui donnent seulement des sulfures ou de l’hydrogène sulfuré si on les fait bouillir avec les cheveux.
L’acide nitrique les jaunit, et laisse pour résidu de son action prolongée de l’acide oxalique et une matière amère.
Les cheveux sont à peu près imputrescibles.
Lorsqu’on chauffe les cheveux, ils fondent, dégagent une odeur de corne brûlée, et laissent distiller des goudrons, des phénols, de l’ammoniaque et des bases pyridiques.
Les cheveux humains contiennent 15 pour 100 d’eau environ et laissent de 0,32 jusqu’à 6 et 7 pour 100 de cendres. D’après van Laer, ils auraient la composition : G — 49,8 à 50,65; Il — 6,4 à 0,55; Az = 17,1 à 17,14 ; S — 5,0 à 4,0; O = 26,7 à 20,25.