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ÉCAILLE DE TORTUE

Mülcler.

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L’eau bouillante gonfle les ongles sans les dissocier sensiblement. Vers 200°, elle les transforme presque entièrement en produits solubles en enlevant partiellement le soufre à l’état de sulfure alcalin. L’acide acétique cristallisable, la potasse, les attaquent peu à peu ; le brome bien i plus rapidement. L’acide azotique les jaunit, l’acide sulfurique et les alcalis les dissolvent à chaud en donnant de la leucine, de la tyrosine et des acides gras.

TISSUS ET MILIEUX DE L’ŒIL

Les tissus et milieux de l’œil se composent, d’avant en arrière, de la cornée transparente, de la sclérotique, de l’humeur aqueuse, du cristallin, de l’humeur vitrée, enfin de la rétine.

Nous allons résumer les quelques recherches chimiques faites à cet égard.

Cornée transparente. — Le tissu propre de la cornée compris entre la membrane élastique de Bowmcin elle-même recouverte d’un épithélium, et celle de Descemet , est formé par une substance fondamentale de nature cartilagineuse, substance monoréfringente creusée de vacuoles aplaties d’avant en arrière, contenant des cellules propres. Ce tissu est composé de faisceaux et de lamelles unis par une substance interstitielle albumineuse qui paraît être une globuline soluble dans le sel marin au dixième. Quelques fibrilles élastiques se mélangent à ces fibres principales. Les cellules cornéennes aplaties, formées d’une matière contractile à protoplasma granuleux et à noyau, s’anastomosent entre elles dans la cornée.

Sa substance fondamentale se prépare par la méthode qui sert à obtenir la cartilagéine. Elle donne de la chondrine par coction avec l’eau, ou du moins une substance qui en a toutes propriétés, sauf que le précipité qu’elle forme avec l’alun ne se dissout pas dans un excès de ce sel.

Si l’on hache et broie la cornée à une température inférieure à 0° avec une solution presque saturée de sel marin, qu’on laisse digérer 24 heures à froid, qu’on filtre et qu’on ajoute un excès d’eau, il se précqnte de légers flocons blancs que Iuihue croit être de la myosine. b eau froide enlève encore à la cornée une matière albumineuse que précipitent les acides très affaiblis ( parciglobuline ou caséine). Enfin

TISSUS ET MILIEUX DE I/ŒIL

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l’eau de chaux en extrait une matière précipitable par l’acide acétique et qu’on suppose être de la mucine.

La membrane de Bowman et celle de Dcscemet résistent à l’action de l’eau même à 1-20°, et à la plupart des réactifs y compris le suc gastrique. Les acides et alcalis minéraux ne les dissolvent que très lentement.

Sclérotique. — Elle se compose de lamelles opaques de tissu conjonctif fibreux. De nombreuses fibres élastiques s’y mêlent dans les couches internes. Entre les lamelles et les trabécules se trouvent les cellules aplaties propres au tissu cellulaire. Elles sont souvent pigmentées.

Cristallin. — Le cristallin est contenu dans une capsule épaisse, résistante, probablement constituée par du tissu élastique, mais se dissolvant plus facilement que ce tissu dans les bases diluées et les acides assez concentrés. Cette capsule se liquéfie peu à peu par une coction prolongée avec l’eau, mais ne donne pas de gélatine. La substance du cristallin lui-même est formée par des fibres, disposées en couches concentriques à section hexagonale, aplaties, s’engrenant les unes les autres. Une mince couche de substance unissante albumineuse cimente ces lamelles. Celles de la périphérie surtout sont remplies d’un liquide épais dont on va reparler.

Les couches internes du cristallin possèdent, chez l’homme, une densité de 1,076 et un indice de réfraction de 1,407. Les couches centrales ont une densité de 1 ,194 en moyenne, ctun indice de réfraction de 1,456.

Le cristallin contient au moins deux matières albuminoïdes : 1 une, soluble dans l’eau, n’y existe qu’en petite quantité; elle ne se confond ni avec la sérine, ni avec l’albumine; l’autre, insoluble, mais qui se dissout dans l’eau saturée de sel marin, a une grande analogie avec lautelline.

Le liquide épais que nous avons dit remplir fis cellules du cristallin, s’obtient en broyant cet organe avec du sable pur lavé aux acides et reprenant la bouillie par de l’eau; il se dissout une matière albuminoïde spéciale à laquelle Berzelius donna le nom d e cristalline elle se sépaie quand on fait passer un courant d’acide carbonique dans la solution. Une autre portion, peut-être une globuline ou une substance analogue à la caséine, se coagule quand on ajoute un peu d acide acétique a la solution précédente filtrée. Il reste une matière coagulable par la chaleur. Laptschinsky a donné du cristallin de bœut les analyses suivantes.

Eau ü5«57

Matières albuminoïdes o3,Uo

Autres madères organiques solubles dans 1 eau » *LUl

Lécithines. . .

Cholestérine. .

Matières grasses

Sels solubles . .

Sels insolubles.

TISSUS ET MILIEUX DE L’ŒIL

La proportion de cholestérine qui se dépose sous forme de lamelles interfibrillaires augmente beaucoup dans les cristallins cataractes.

La cctpsidc du cristalline st formée d’un tissu conjonctif chondroïde très riche en fibres élastiques. Elle se gonfle dans l’acide acétique sans s’y dissoudre et résiste longtemps à l'action des alcalins. Les acide * minéraux étendus la rendent lentement soluble.

Rétine. — Nous n’avons pas à décrire ici la rétine au point de vue histologique. Bornons-nous à dire quelle se compose essentiellement de deux sortes de tissus : une trame connective sorte d’expansion des tissus conjonctils enveloppant les libres du nerf optique et pénétrant avec lui par la papille, et une trame nerveuse composée de fibres nerveuses a cellules ganglionnaires, puis à noyaux, venant épanouir ses i cônes et bâtonnets à la surface externe. Elle reçoit l’impression lumineuse à travers son épithélium pigmenté ou tapétum nigrum.

Les segments externes des bâtonnets contiennent à l’état frais un ; pigment spécial auquel on a donné le nom de pourpre rétinien ou rrhodopsine. A la lumière solaire cette substance rougit, et devient

• successivement orangée, jaune, puis décolorée. On peut l’obtenir en la dissolvant à 1 abri de la lumière dans une solution de glycocholate de sodium à 5 pour 100, puis soumettant la liqueur à la dialyse; il

1 réste ainsi un magma d’un pourpre intense soluble dans l’eau et 1 l’alcool, se décolorant par l’eau de chaux, les acides, l'alcool, l’éther, le l chlore, mais non par l’ammoniaque, l’alun, le sel marin, le tartratc

• stanneux, le sulfure ammonique, le chlorure ferrique, l’eau oxygénée,

• le permanganate de potasse. Il ne présente pas au spcctroscopc de bandes caractéristiques. Le pourpre rétinien existe chez tous les vertébrés à 1 exception du poulet et du pigeon. Il manque chez les invertébrés.

Cette substance paraît être en relation avec la vision de certaines ■couleurs. La rétine sur laquelle on fait tomber des rayons ultraviolets prend un éclat fluorescent blanc verdâtre [Helmhollz ; Setschenow).

L’épithélium pigmenté qui recouvre les bâtonnets blanchit à la lumière en présence de l' oxygène.

A 1 état Irais la rétine est alcaline. Le sel marin saturé permet d’en séparer trois matières albuminoïdes : l’une, insoluble dans les solutions salées, est coagulable à 55°. La seconde, soluble dans le sel marin à 10 pour 100, se précipite par addition d’eau et d’acide acétique; c’est probablement une globuline. La troisième est de la sérine soluble dans l’eau et coagulable à 75° ( Cohn ),

Voici quelques analyses de rétines ;

TISSUS ET MILIEUX DE L’ŒIL

Cheval.

Boeuf.

Eau

Albumine

Matières collagènes. . . .

extractives. . . .

Cholestérine

Lécithine

Matière grasse

Sels solubles

Sels insolubles

Les sels minéraux de la rétine sont presque exclusivement lorrnés de phosphate et de chlorure de sodium, avec un peu de sulfate et de chlorure de potassium, et une trace de phosphate tricalcique et trimagnésique. Chez l’homme et le singe la macula lutea de la rétine contient un pigment jaune diffus.

Humeur aqueuse et corps vitré. L flUlïlCUT acpiLCUSC ÜCCUpe

l’espace compris entre la cornée et le cristallin. Sa densité varie de \ ,003 à 1,009. Elle est alcaline. Elle ne tient en dissolution que des traces de matières albuminoïdes que les acides les plus faibles précipitent. On y a signalé la paraglobuline, 1 urée, une petite quantité de matières extractives diverses, enfin 7 à 8 pour 1000 de sels minéraux.

L’humeur aqueuse digère et dissout les leucocytes et les parcelles du cristallin en contact avec elle.

Le corps vitré est formé de tissu conjonctif muqueux ou tissu connectif embryonnaire. Il se compose de cellules étoilées, disséminées dans une substance transparente homogène ou légèrement fibrillairc. Sa matière constitutive est identique, ou très analogue, à la mucine avec des traces d’albumine et de sels, surtout du chlorure de sodium. On \ a trouvé aussi un peu d’urée. Les analyses suivantes sont de Lohmejer .

Eau

Membranes

Caséine, albumine et surtout mucine . . . .

Graisses

Matières extractives (avec urée)

Chlorure de sodium

Chlorure et sulfate potassiques

Phosphate de chaux et phosphate de magnésie. Chlorure de calcium et autres sels de chaux. .

Humeur

aqueuse.

Corps vitré,

SECTION DEUXIÈME

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