AUTRES ÉLÉMENTS ANATOMIQUES DU SANG
nombreux chez les individus lymphatiques que chez les sanguins. Ils sont très abondants dans le sang de la veine splénique.
Les globules blancs se comportent comme de vrais amibes, doués comme on l’a dit de mouvements propres, changeant de forme, se déplaçant, traversant les tuniques des vaisseaux et les membranes, allant se répandre dans les tissus voisins des lymphatiques et des veines. Ils y disparaissent peu à peu comme délités parle milieu, à moins que l’inflammation ne leur rende leur vigueur et leur forme première (Ilanvier). Dans le sang et la lymphe ils absorbent et engluent les particules en suspension et, à ce qu’il semble aussi, les microbes qui viennent à leur contact et qu’ils digèrent (Metshnikoff) . La chaleur excite leurs mouvements, qui deviennent maximum à 40° et disparaissent à 50°, température qui les tue.
Le rôle des leucocytes est donc multiple : ils contribuent à la production des globules rouges; ils absorbent, transforment et digèrent les matériaux et microbes étrangers au sang. Ils paraissent aussi, d’après M. llanvier, nourrir certains tissus après leur extravasation des vaisseaux (').
Autres éléments anatomiques du sang. — Outre les hématies et les leucocytes, le sang contient encore d’autres éléments histologiques qu’on a étudiés surtout dans ces derniers temps.
Ce sont : (a). Les globulins ou hématoblastes , corpuscules rougeâtres, plus petits que les hématies, qui se rencontrent chez tous les vivipares. Il suffit pour les voir de-délayer le sang dans du sérum iode ( Uayern ). Ce sont des éléments biconcaves de 0mm,0015 à 0mm,005 de diamètre; les plus gros sont légèrement colorés par de l’hémoglobine: les plus petits sont incolores ou gris verdâtres. Ils sont peu réfringents, très altérables, se plissent, deviennent épineux et se cassent dans le sang extravasé. Ces éléments paraissent être des hématies en voie de formation. On en trouve de 220 à 550 mille par millimètre cube de sang. Ils semblent devoir être identifiés avec les corpuscules de Norris. — (b). Les plaques de Bizzozero, peut-être de même nature quelles gloj bulins, sont des plaques ovales ou arrondies d’un diamètre de O1""1, 002a à 0mm,004, devenant rapidement granuleuses dans le sang sorti des vaisseaux! On en compterait 4 sur 100 globules rouges.
Caractères d.t plasma. — Les éléments figurés que nous venons de décrire nagent dans une liqueur presque incolore, le plasma sanguin. On peut le séparer des globules par divers procèdes qu on indiquera plus loin. Il suffit, sur un animal vivant tel que le bœuf, et mieux le cheval, de faire à la veine jugulaire deux ligatures qui limitent ainsi une poche pleine de sang qu’on détache et qu’on suspend dans un vase entouré de glace. Dans ces conditions, le sang ainsi sépare de la circula-
m Us auraient aussi, suivant nous, une autre fonction : celle de secréter dans certaines conditions des ferments très actifs, en particulier celui qui produit la fievic.
SANG DÉFIBRINÉ.
tion générale ne se coagule pas; du jour au lendemain ses globules se déposent, surmontés du plasma qui surnage et qu’on peut décanter.
C’est un liquide alcalin d’un jaune ambré, un peu visqueux, mais non filant, qui se coagule, dès qu’on Je laisse se réchauffer vers 7 à 8°, en une gelée transparente ou opalescente, se contractant petit à petit en expulsant de ses pores une liquide clair et jaunâtre, le sérum. Nous reviendrons plus loin sur les causes de ce phénomène : il nous suffira pour le moment de savoir que le plasma est essentiellement formé d’une solution de matières albuminoïdes, les unes spontanément, les autres non spontanément coagulables, accompagnées de traces de corps gras, de quelques matières extractives et de sels, en particulier de chlorure de sodium mêlé de bicarbonate et de phosphates de soude et de chaux. Ces principes existent dans le plasma humain dans les proportions suivantes calculées pour 1000 parties :
Eau 904
Albuminoïdes se coagulant à l’élat de fibrine (fibrivo- (jène) o,5
Sérine et globulines . ... 78,2
Corps gras, lécithine, savons. 1 ,7
Matières extractives .... 5,9
Sels minéraux 8,(1
Sans défibriné. — On sait que lorsqu’on bat le sang avec des baguettes, la fibrine se sépare rapidement sous forme de fibres ou de llocons qui s’attachent au corps étranger qui sert à le battre.
Le sang défibriné, c’est-à-dire, séparé de sa fibrine, est un liquide encore vivant, d’un rouge plus ou moins brun, suivant son origine artérielle ou veineuse; scs globules sont à peine altérés et l’on peut, après filtration, transfuser ce sang défibriné dans les vaisseaux d’un animal de même espèce, qui se l’assimile.
C’est avec celte liqueur incoagulable qu’on fait au laboratoire la plupart des essais sur le sang. Agité .à l’air, et mieux, encore dans l’oxygène, ce liquide devient rutilant, il se sature d'oxygène qui s’unit à la matière colorante des globules rouges. M. Grébant a trouvé que 100 centimètres cubes de sang artériel défibriné pris dans la carotide d’un ebien à jeun absorbent 51e' , 8 d’oxygène; pris dans les veines susbépatiques, cette quantité absorbe 50 centimètres cubes d’oxygène. Si le chien est en état de digestion, le même volume de sang puisé dans le cœur peut absorber 27cc, 2, celui des veines sushépatiques 17cc,2 d’oxygène. Cette absorption d’oxygène est à peu près indépendante de la pression.
L acide carbonique est absorbé par le sang, qui, sous son influence, s’assombrit et jouit en couches minces d’un dichroïsme verdâtre. Ce gaz est en partie absorbé par les globules, en partie par le plasma, mais surtout par ce dernier, qu’il sursature; aussi la solubilité du gaz carbonique dans le sang défibriné augmente-t-elle avec la pression.