HÉMATINE. — H É M OCH RO M OG EN E
Hématine. — Cn4Hl4Az‘FeOs.
On a dit que traitée par l’eau chaude, les acides, les alcalis à chaud et même à froid, l’oxyhémoglobine se détruit en donnant à la fois une matière albuminoïde, un pigment ferrugineux, l 'hématine, et des acides gras. Cette destruction régulière de la molécule, que l’on croyait autrefois résulter d’une simple hydratation, ne se produit pas à l’abri de l’oxygène de l’air. Stockes a découvert que si la réaction s’effectue dans un milieu tout à fait privé d’oxygène il se fait de Y hémochromogène ou hématine réduite.
En fait, dans ce détriplement remarquable d’où provient l’hématine ordinaire, 100 grammes d’oxyhémoglobine absorbent lgr,l d oxygène, c’est-à-dire pour le poids moléculaire de l’hémoglobine admis ci-det>sus, répondant à un atome de fer, environ 80 grammes d’oxygène, ou 5 atomes ( Lebensbaum ) .
Si l’on tient compte de l’absorption de ces 5 atomes d oxygène, de la formule de l’albumine donnée dans ce volume (pages 79 et 106), de la composition de l’hématine qui se forme, C>lH4Az4beO\ de la production constatée d’acides gras (acétique et formique en particulier), enfin de la présence constante dans le sang des corps de la série xan
IIÉMATINE.
tliique et urique ainsi que de l’urée, on peut écrire peut-être l’équation qui donne naissance à l’hématine de la façon suivante :
C544H823AzI470U7S2Fe + 24H20 + 50
Oxyhémoglobine.
2Câ50H409Az67083S 4. G34H34Az4Fe05 + 2G0Az2II4 + C8H3Az302
Albumine. Hématine. Urée. Sarcine.
+ G2H402 + Ciï202. (>)
A. acétique. A. formique.
Tout est. démontré dans cette équation sauf l’arrangement des éléments C'IPAz'O2 ; mais ceux-ci ne représentent en poids qu’une partie minime de la molécule initiale (1,3 pour 100) et pourraient d’ailleurs être différemment groupés.
Préparation. — Le meilleur procédé de préparation de l’hématiné est celui de M. Cazeneuve : le sang est reçu dans le quart de son volume d’une solution de sel marin saturée et refroidie à 0° : le mélange est conservé au-dessous de 5°. Les globules ne tardent pas à tomber au fond du vase. On décante le plasma et l’on jette les globules sur un filtre mouillé. On les lave avec de l’eau salée à 10 pour 100 qui enlève le plasma restant. Les globules sont alors agités avec de l’éther contenant 30 pour 100 d’alcool qui produit un magma qu’après 24 heures on jette sur un filtre et lave avec de l’alcool éthéré. On triture alors la masse avec de l’éther alcoolique renfermant 20 grammes d’acide oxalique par litre, on filtre et l’on reprend de nouveau le résidu par la même liqueur acidulée, enfin on lave à l’éther. Il suffit d’ajouter goutte à goutte et sans excès à la liqueur éthérée qui a dissous l’hématine une solution éthérée de gaz ammoniac pour en précipiter le pigment. On le laisse déposer, on le lave à l’éther, cà l’eau légèrement acétique, à l’eau bouillante et finalement à l’alcool.
On peut aussi coaguler le sang par la chaleur après l’avoir additionné de son poids de sulfate de sodium cristallisé : jeter le magma sur une toile, l’exprimer et le triturer alors avec de l’alcool légèrement oxalique, qui se charge de l’hématine. On précipite ensuite l’hématine par le gaz ammoniac et on la purifie comme ci-dessus.
L’hématine donne à l’analyse les nombres suivants :
lloppe-Seyler. P. Cazeneuve.
Il 5,50 5,67
Az . . . . 9,20 9,05
Fe . . . . 8,85 8,74
P) Dans le second membre de celle équation on a remplacé 2S par 20 pour no pas compliquer.