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PRODUITS DU DÉDOUBLEMENT DE L’HÉMOGLOBINE

La formule adoptée par Nencki C5îIl3îAz*FeO‘ demande C = 64,86;

11 = 5,40; Az = 9,46; Fc = 9,40; 0 = 40,82. Elle ne saurait donc être adoptée en particulier parce que le fer (élément facile à doser) est trop élevé par rapport au fer expérimentalement obtenu. La formule Cr,*ils4Az4Fc08, presque identique à celle de Iloppe-Scylcr (à 1 atome II près), demande C = 64,35; 11 = 5,30; Az=8,84; Fe = 8,83 ;

0 = 12,62. Elle répond donc le mieux possible aux analyses très concordantes de l’hématinc. On peut, du reste, établir entre les deux formules ci-dessus une relation théorique très simple :

CS4H3*Az4Fe08 + Ll20 = C32H32Az4Fe04 -f C2II402

et l’on sait que l’acide acétique apparaît en môme temps que l’hématine se produit.

Propriétés. — A l’état sec l’hématine forme une poudre à reflets métalliques d’un bleu noirâtre laissant une trace brune sur la porcelaine. Elle résiste à 180° sans s’altérer et se carbonise alors sans se boursoufler en donnant de l’acide cyanhydrique et du pyrrol. Elle est entièrement insoluble dans l’eau, l’éther, 1 alcool, le chloroforme. Elle se dissout au contraire dans l’alcool acidifié et alcalinisé. Elle est également soluble dans les alcalis étendus avec un dichroïsme verdâtre. Ses solutions acides sont brunes et précipitent l’eau de chaux et de baryte. L’hématine forme ainsi avec les acides ou les alcalis de véritables combinaisons souvent cristallisables.

Les solutions d’hématine se comportent au spectroscope presque comme la méthémoglobine en solution acide. En liqueurs acides, leur spectre (fig. 60 — - 6 ; p, 389) est traversé par deux bandes, l’une assez étroite entre C etD, l’autre large et estompée sur ses deux bords, commençant à E et dépassant F. Les solutions alcalines, rouges par transmission en couches épaisses, vert olive en couches minces, sont piécipitées par les sels calcaires et barytiques. Elles sont spectralement caractérisées par une forte bande d’absorption (fig. 60—. 3) commençant entre C et D et dépassant un peu D; leur spectre, clair de D en F, s’obscurcit ensuite au delà.

Le chlore décolore les solutions d’hématine en produisant du chlorure ferrique. Les réducteurs alcalins donnent avec l’hématine de 1 liematine réduite ou hémochromogène. Mais, si le milieu est fortement acide, le fer est enlevé et il se fait de Y hématoporphyrine, dont nous

parlerons tout à l’heure. . , . r

Le chlorhydrate d’hématine, appelé autrefois hémine, a pom oi mule C54H34Az4Fe05,HCl. On le prépare aisément en dissolvant 1 liematinc à une douce chaleur dans de l’alcool contenant un peu d’acide

HÉMOCHROMOGÈNE. SOb

chlorhydrique, filtrant pour séparer l’hématine non dissoute et laissant refroidir. Ce sel se dépose en petits cristaux noirs groupés souvent en faisceaux et appartenant au système clinorhombique (fig. 62). L’hémine paraît être toujours la même quel que soit le sang originel (').

Le chlorhydrate d’hématine traité par l’étain et l’acide chlorhydrique se transforme suivant Nencki en hexahiyclrohématoporphyrine.

Il semble exister dans le règne végétal des substances analogues à l’hématine. Telle est le pigment ferrugineux des spores de Y aspergillus niger qui a les mêmes dissolvants que l’hématine animale et qui, obscurcissant le spectre tout entier, présente deux bandes claires, l’une un peu avant D, l'autre plus marquée entre D et E. (Linnossier, C. R., CXII, 489.)

Hèmatine réduite ou hémochromogène.

Lorsque, partant de Toxyhémoglobine cristallisée, on la détruit par les acides dans un milieu parfaitement privé d’air (par exemple au sein du gaz hydrogène pur), la liqueur prend une teinte pourpre et il se fait un précipité rouge. Le détriplement de l’hémoglobine à l’abri de l’air ne produit plus ici d’hématine, mais bien un nouveau corps, Yhématine réduite en hémochromogène, découvert par Stockes, et que Ton peut obtenir plus directement en traitant l’hématine en solution alcaline par le sulfure ammonique ou par Thydrosulfite de sodium.

Les solutions neutres d’hémochromogène sont rouge pourpre, et

Fig. 63. — Spectre d’absorption de l’hématine réduite ou hémochromogène.

offrent un spectre (fig. 65) caractérisé par une large bande noire a placée entre D et E, plus près de D, et une bande (S très affaiblie un peu à droite et à gauche de E.

C) Le chlorhydrate préparé en traitant l’hémoglobine en solution dans l’alcool amylique par l’acide chlorhydrique aurait pour formule, d’après Nencki ( C32Il30Az403Fe1 HC1)4G5II120 . Il ne perdrait son alcool amylique qu’au-dessus de 120°. Nencki a proposé d’appeler hémine le composé hypothétique C32II30Az403Fe. [Bull. Soc. chim., XLV, 90, 5G1 et 740.)

Fig. 62. — Cristaux de chlorhydrate d’hématine ou hémine.

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