PRODUITS .DÉRIVÉS DE L’HÉMOGLOBINE
Ces solutions absorbent l’oxygène : si l’on l'ait arriver ce gaz dans les solutions d’bématine réduite, elle se transforme en bématine ordinaire.
D’autre part, les acides forts enlèvent son fer à l’hérnatine réduite et la transforment en hématoporphyrine dont on va parler.
L’hémochromogène n’a pas été obtenu à l’état libre et assez pur pour être analysé.
L’action persistante de l’étain en solution chlorhydrique transforme l’bémocbromogène en une substance dont les solutions jaune brunâtre montrent au spectroscope une bande située immédiatement avant F et qui paraît identique à V hydrobilirubine et à Yurobiline des urines. On y reviendra à propos de cette sécrétion.
HÉMATOPORPHYRINE. — C34H34Az405.
Cette substance dénuée de fer se produit par l’action de l’acide sulfurique un peu concentré sur l’hématine à une douce chaleur. Il ne se dégage aucun gaz ; le fer passe à l’état de sulfate, et lorsqu on étend d’eau la liqueur presque neutralisée par la potasse, 1 hématoporphyrine se précipite sous la forme d’une substance noire violacée qu’on recueille sur le Filtre.
On peut la préparer aussi par réduction, au moyen de l’étain, del’hématine en solution acidulée d’acide chlorhydrique ; mais l'hématoporphyrine qui se forme ainsi peut être réduite à son tour, ainsi qu on vient de le dire.
On peut enfin, d’après Nencki et Sieber, faire agir 1 acide bromlijdrique gazeux sur l’hémine cristallisée dissoute dans 1 acide acétique monohydraté (Bull. Soc. chim. L, 349).
L’hématoporphyrine (') se produit suivant 1 équation :
Cri4H34Az4Fe05 -f 2S04H2 -|- 0 = C34H34Az405 ; SO*Hs + FeSO4 + H20.
Ilémaline. Sulfate d’hématoporphyrine.
Cette équation indique que l’hématoporphyrine est à la fois un produit de dédoublement et d’oxydation. Si en effet l’on opère à l’abri de l’air, on n’obtient plus d’hématoporphyrine, mais une masse noirâtre paraissant répondre à la formule C68H78Az807, corps que Hoppe-Seyler a nommé hématoline .
La solution sulfurique d’hématoporphyrine offre au spectroscope deux
(.) On a dit que Nencki lui donne la formule ef les raisons qui ne nous ta*
nts adoDler celte formule. Cet auteur lui attribue la composition G 68, «Sa 07, 1 , 1 -- ;
l 6,53; Az = 9,51 à 9,79. D'après lui, le poids moléculaire de l’hématoporphyrine détermine
par la méthode de Raoult répondrait à une formule en C'ü.
HÉMATOÏDINE. 397
bandes (fig. 60 — .8, p. 589), l’une très faible à la gauche de D, l’autre forte et très sensible, même en solution étendue, entre D et E. Son spectre s’obscurcit ensuite au delà de F.
En solution alcaline, l’hématoporphyrine donne un spectre très différent (fig. 60 — • 7), présentant quatre bandes, les deux principales à la droite de D, et entre E et F.
A l’état sec, Y hématoporphyrine forme une poudre d’un éclat violet foncé, très peu soluble dans l’eau, un peu plus dans l’eau acidulée, très soluble dans les acides minéraux, les alcalis et leurs carbonates, peu dans l’éther, l’alcool, le chloroforme. Ses solutions sont brun rouge. Elle s’altère assez rapidement à 100°. Son chlorhydrate cristallise en aiguilles solubles, rouges avec reflets bleus. Les sels neutres la précipitent. Elle présente la réaction de Gmelin. L’équation
C34li34Az403 + 5H20 = C32ll3(iAz406 + C2M402
Hématoporphyrine. Bilirubine. Ac. acétique.
relie l’hématoporphyrine à la matière colorante principale de la bile.
L’amalgame de sodium est sans action sur l’hématoporphyrine.
On a dit plus haut que l’hydrogène naissant, produit par l’étain et l’acide chlorhydrique, transforme l’hématoporphyrine en hydrobilirubine ou du moins en une substance très analogue, mais plus oxydable qu’elle.
HÉMATOÏDINE
Cette matière colorante cristallisée en tables losangiques à reflets vert cantharide (fig. 64), a été observée depuis longtemps dans les anciens foyers hémorrhagiques. Elle dérive certainement de l’hémoglobine du sang. Elle ne se dissout ni ne se combine avec les alcalis comme la bilirubine et l’hématine. Elle est soluble dans le sulfure de carbone, auquel elle communique une couleur rouge vif, et non jaune comme la bilirubine. Elle ne donne pas de bandes spectrales d’absorption, mais elle assombrit fortement le spectre du vert au violet. L’hématoïdine n’est pas identique avec la lutéine des corps jaunes de l’ovaire de la vache. Elle semble se rapprocher beaucoup des pigments biliaires qu’on étudiera plus loin.