COAGULATION DD PLASMA ET DU SANG
cool et on laisse le résidu pulvérulent sécher complètement dans le vide sur l’acide sulfurique. Lorsqu’on a besoin du ferment coagulant, il suffit de prendre un peu de cette poudre et de la mettre à digérer dans de l’eau tiède qui dissout ce ferment. On peut aussi épuiser le coagulum alcoolique du sérum sanguin par de la glycérine qui s’empare du ferment de Schmidt.
Celui-ci se iencontierait d ailleurs, suivant ce savant et les élèves de son école, dans la plupart des éléments cellulaires, dans la levure de Lucie, les speimatozoïdes, les divers protoplasmas animaux et végétaux.
Lelle est la théorie de A. Schmidt dans sa dernière manifestation, théorie insuffisante à laquelle nous objecterons simplement, ainsi qu’il a été déjà dit, que le mélange des liqueurs fibrinogène et fibrinoplastique, même avec addition du ferment de la fibrine, ne produit pas de caillot, pas même de précipité, fibrineux ou autre, en quantité sensible.
Mais, bien avant ces dernières et successives transformations de cette obscure théorie de A. Schmidt, Mantegazza, Heynsius et l’auteur de ce livre avaient fait observer que la formation de la fibrine est connexe de modifications histologiques, physiologiques, physiques et chimiques observables dans les éléments figurés du sang (globules blancs et îouges) dès qu ils sortent des vaisseaux; que sous l’influence des agents extérieurs qui les modifient et les altèrent ces globules perdent après leur extravasation une partie de leurs substances solubles, qui passent dans le plasma, et que cette substance issue des globules paraît être la cause de la formation de la fibrine et de la coagulation (').
Ainsi que je l’observais en effet en 1873, la matière qui provoque la coagulation ne- préexiste pas dans le plasma. Si dans du sang fraîchement extravasé, divisé en trois parties égales et laissé au repos, on dose la fibrine produite après 10 minutes, 1 heure et 24 heures, ' on trouve que cette substance va en augmentant à mesure que l’extravasation des facteurs de la fibrine se produit. Une expérience de Heynsius vient donner une démonstration éclatante de l’origine globulaire de la fibrine 11 reçoit 50 centimètres cubes de sang de cheval dans une éprouvette contenant 500 centimètres cubes d’une solution à 2 pour 100 de sel marin maintenue dans la glace. Les globules se déposent bientôt. Il decante le plasma, ajoute une nouvelle quantité de solution salée et decante encore une à deux fois. A ces globules privés de plasma il ajoute alors 50 centimètres cubes de sérum de sang de bœuf et porte l’éprouvette à 40°; au bout de quelques minutes, le tout se coagule et le poids du caillot formé est à peu près égal à celui que donnerait la même quantité du sang initial. La substance fibrinogène sort donc bien du
(l) Von- mon Traité de chimie appliquée à V hygiène et à la physiologie , I, 50S et 509.
PLASMA SANGUIN
globule, car elle n’exisle pas dans le sérum ajouté et elle ne peut venir du plasma qu’on a ainsi presque totalement enlevé. Heynsius a montré du reste que la quantité de fibrine formée par un plasma qu’on sépare par les artifices déjà décrits (p. 398) est toujours notablement plus faible que celle fournie par tout le sang correspondant; nouvelle preuve que la substance fibrinogène sort des globules.
Nous persistons donc à dire, comme nous l’avions déjà fait autrefois, que les matières qui forment la fibrine exsudent à l’état liquide et par exosmose, des globules rouges ou blancs (') sous l’influence des phéno-
Nous croyons aussi que cette substance (ibriuogénique se coagule parce qu’elle est mise, grâce à son extravasation, en présence d’un ferment spécial sorti des globules mais qui n’agit qü’après que les deux facteurs se sont dissous dans le plasma.
Freund avait donné une autre théorie de la coagulation du sang : d’après lui, le sang extravasé reçoit des phosphates alcalins sortis des globules, qui enrichissent le plasma en phosphate de chaux. Ce sel en se précipitant entraîne avec lui une partie des albuminoïdes du plasma (le fibrinogène ) qu’il transformerait en fibrine insoluble en s’unissant à lui. Mais on a objecté avec raison à Freund que, s’il faut reconnaître que les sels de chaux sont nécessaires à la constitution de la fibrine, comme à celle de la caséine lorsqu’elle passe à l’état insoluble sous l’influence de la présure, ce phosphate de chaux n’est cependant pas plus suffisant à déterminer directement la formation de la fibrine qu’il ne l’est à produire la coagulation du caséum.
Dans ces derniers temps, MM. M. Arthus et C. Pagès sont enfin parvenus à bien déterminer dans quelles conditions les sels calcaires contribuent à la coagulation. Si l’on reçoit dans 25 centimètres cubes d'une solution à 0,9 pour lOÜd’oxalate de potasse, 225 centimètres cubes de sang au sortir de la veine, celui-ci ne se coagule plus spontanément quels que soient le temps et la température entre 0° et 45°. L’oxalalc peut être remplacé par tous les réactifs qui, tels que les fluorures ou les savons alcalins, sont aptes à précipiter les sels de chaux. Bien plus, ces sels arrêtent la coagulation déjà commencée; ils n’agissent pas en tant que sels neutres, car la dilution avec l’eau du sang rendu ainsi incoagulable ne le fait pas se coaguler. Au contraire, si à ce sang décalcifié on vient à ajouter quelques gouttes de chlorure de calcium, la coagulation se produit aussitôt.
(') Dans l’état actuel de nos connaissances, il est difficile de dire si la subslaucc fibrinogénique sort de l’une ou de l’autre sorte de globules, ou des deux à la lois, ou simplement dc> ieunes hématies ( hémaloblastes de llayem). Dans la lymphe, dans le sang coagulable desanimaux inférieurs dénués de globules rouges, la substance fibrinogénique parait sortir des globu e? blancs.