‹ Cours de chimieChapitre 320 sur 633 · DOSAGES DES GLOBULES HUMIDES ET DU PLASMA · texte numérisé non relu

DOSAGES DES GLOBULES HUMIDES ET DU PLASMA

vase de verre étroit où on le bat avec un petit balai formé d’une branche d’osier divisée en sept à huit brins. Si le poids du vase et de l’osier sont connus d’avance, on aura le poids du sang par la différence de deux pesées. La fibrine s’étant coagulée, après 5 ou 6 minutes on jette le sang battu sur un petit morceau de toile placée dans un entonnoir, on détache mécaniquement les parcelles de fibrine adhérentes au balai, et on lave cette fibrine avec de l’eau, on réunit les quatre coins de la toile où elle s’est déposée, et l’on en fait un bon nouet, que l’on met à tremper dans un courant d’eau de fontaine en malaxant légèrement et de temps à autre pour enlever les matières colorantes. 11 ne reste plus qu’à détacher soigneusement ensuite du tissu les brins de fibrine privée de graisse, ce à quoi l’on arrive en laissant tremper quelque temps le nouet dans l’eau pure puis dans de l’alcool fort. On recueille alors sur la toile même les brins rétractés en s’aidant de la loupe s’il le faut. Quand ils ont été contractés par l’alcool et lavés à l’éther, ils se détachent très facilement. On les sèche à 110° et on pèse.

{b) Dosage tles poids relatifs des globules humides et du plasma. —

D’autre part, on fait avec de l’eau une solution contenant par litre 12 grammes de sulfate de magnésie et 16 grammes de sel ammoniac pur et sec. On prend 50 centimètres cubes de cette solution que l’on verse dans une éprouvette et l’on tare le tout. Cette liqueur étant placée dans la glace et. bien refroidie, on y reçoit à peu près 50 centimètres cubes de sang frais et l’on repèse. Les globules tombent lentement au fond sans qu’il y ait trace de coagulation. Au bout de quelques heures, on peut décanter, puis jeter la liqueur sur un filtre de papier, taré sec d’avance, puis pesé mouillé par la liqueur saline ci-dessus après avoir été essoré, sans pression, entre les doubles d’un quadruple papier à filtre ordinaire; on a soin de noter le poids dont il augmente par ce mouillage. Ce filtre mouillé de liqueur salée, placé dans un entonnoir entouré de glace, reçoit donc le sang salé; son plasma filtre assez rapidement, sa couleur est à peine rosée ou jaunâtre si l’on a bien opéré; les globules humides restent sur le filtre avec un peu de plasma. On lave deux fois ces globules avec la solution saline ci-dessus refroidie à 0°, l’entonnoir étant couvert. Quand le contenu n’est plus trop difluent, on ouvre le filtre et on l’étend sur un lit épais de papier Joseph sec, en recouvrant d’un vase de verre pour empêcher l’évaporation. Au bout d’une demi-heure on pèse. On obtient ainsi un poids P qui est celui des globules humides augmenté du poids m du papier sec plus celui s de la solution saline dont ce papier reste mouillé et du poids z de la solution salée encore adhérente aux globules ; m et s sont connus, reste à déterminer iz. Pour cela, on reprend le filtre et son contenu tel qu’il vient d’être pesé, on le jette dans un verre de Bohême à

MÉTHODES D’ANALYSE DU SANG

demi rempli d’eau et l’on porte à l’ébullition, on filtre et lave le coagulum ; les eaux de lavage sont recueillies en entier, versées dans un petit ballon, puis additionnées à froid de carbonate de baryte précipité; le ballon étant muni d’un tube de AN' i 1 1 et Yarentrapp contenant de l’acide sulfurique titré, on chauffe avec précaution, et l’on recueille dans l’acide titré l’ammoniaque dû à la décomposition du sel ammoniac contenu dans la liqueur restée interposée aux globules. La quantité d’ammoniaque ainsi déterminée correspond cà un poids p de sel ammoniac qui permet de calculer le poids % de la liqueur saline interposée aux globules humides. On sait, en effet, que 16 grammes de ce sel correspondent à 1 litre de la liqueur saline primitive. L’on a donc par une simple proportion le poids de liqueur interposée aux globules et par différence celui des globules humides. En déduisant enfin ce poids de celui du sang en expérience on a le poids du plasma correspondant.

(c) Dosage des matériaux des globules humides et du plasma. —

Troisièmement, on fait couler sans mesurer exactement 70 à 100 centimètres cubes de sang dans un large vase taré h fond plat pouvant être recouvert d’une plaque de verre. Après que la coagulation a eu lieu, on pèse. On place alors ce vase sur un plan incliné et l'on attend en lieu frais 24 heures et plus, s’il le faut, que le sérum se soit bien formé. On recueille ce sérum et l’on y dose successivement sur un poids déterminé et comme on va le dire, l’albumine, les graisses, la cholestérine, les sels. Or l’on sait par les dosages (b) et (a) combien la quan- * tité de sang qui a fourni ce sérum contient de globules humides et de fibrine, et par conséquent, par simple différence, combien il contient de sérum. Or Poids du scing = globules humides H- fibrine H- sérum. L’on peut donc, d’après les dosages d’eau, d’albumine, de graisse, de cholestérine, de sels, etc., exécutés sur un poids connu de ce sérum, conclure à la quantité de chacun de ces principes dans la totalité du plasma ou du sérum. Si, d’autre part, 1 on dose les quantités d albuminoïdes, de graisses, de cholestérine, de sels, contenues dans la totalité du sanu, et si de chacune d’elles on soustrait les quantités correspondantes "des mêmes substances trouvées dans la totalité du plasma, 1 on aura le poids de chacun d’elles dans les globules humides.

Le problème général est donc ainsi résolu. 11 ne reste plus qu a donner les méthodes qui permettent de doser séparément, soit dans le sang total, soit dans le sérum, chacun de leurs matériaux constitutifs. C’est ce que nous allons faire un peu plus loin.

(d) Méthode de M. Bouchard pour la détermination des poids relatifs des globules humides et du plasma. — Cette détermination étant très importante, nous allons encore indiquer, avant de passer à l’étude des dosages spéciaux de chaque principe, une autre méthode qui permet ce

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