DIGESTION STOMACALE. — PEPSINE. PEPTONISATION
L’estomac, où arrivent les aliments après avoir été broyés par les dents et mêlés de salive, est une grande poche membraneuse formée de trois tuniques qui de dehors au dedans se composent d’une membrane séreuse, d’une musculeuse et d’une muqueuse que revêt un épithélium cylindrique. Cette dernière, qu’il nous importe surtout de connaître, est d’une épaisseur de 1 millimètre environ. Sa partie la plus profonde contient une couche presque continue de glandes qui communiquent une couleur blanc grisâtre à l’organe au repos, rosée ou rouge à l’estomae qui travaille. Ces glandes, d’un demi-millimètre de long en moyenne., s’ouvrent dans une multitude de petites fossettes qui donnent à la surface interne de l’estomc son aspect velouté.
Glandes stomacales. — Les glandes stomacales sont de deux sortes 1° les glandes à mucus (fi g. 77), qui se rencontrent surtout dans l’antre du pylore. Elles forment comme des invaginations de la muqueuse générale dont l’épithélium cylindrique, pénétrant dans la profondeur, va revêtir les parois simples ou multiples des culs-de-sac de ces glandes; leurs cellules deviennent opaques au contact de l’acide acétique;
2° Des glandes à suc gastrique ou pepsinifères (fig. 78). Ce sont des glandes en tube ou en grappe de 1/4 à 1/2 millimètre de long; très clairsemées dans la Glandes à mucus' région pylorique, abondantes dans le grand cul-de-sac stomacal. L’orifice et une partie du goulot de ces glandes est tapissé de cellules épithéliales cylindriques ; mais dans leur partie profonde , le canal central et ses embranchements sont garnis de cellules spéciales c
536 DIGESTION STOMACALE
appelées arlelomorphes par Rollett, principales par Ileidenhein, centrales par Langley, cellules irrégulièrement arrondies, de(Pm,014 de diamètre, à contenu finement granuleux et à noyau. Elles remplissent presque uniquement le centre du conduit sécréteur et le fond de ce conduit et se déchargent de leurs granulations pendant la sécrétion. A côté d’elles on trouve d’autres cellules 6 plus rares, plus pariétales, plus grosses, faisant comme hernie au dehors : ce sont les cellules delomorphes de Rollett. Celles-ci paraissent chargées de sécréter l’acide chlorhydrique tandis que les cellules granuleuses centrales ou principales produisent la pepsine ( Ileidenhein ).
Les glandes à suc gastrique deviennent plus transparentes au contact de l’acide acétique.
Les glandes à mucus sécrètent, comme leur nom l’indique , un mucus filant , alcalin ou neutre, riche en mucine, laissant de 1,5 à 2 pour 100 de matériaux fixes. Ce mucus dissout les matières albuminoïdes si on l’acidule légèrement, ce qui semble indiquer qu’il est toujours mêlé d’un peu de pepsine qu’on ne saurait entièrement en séparer. Cette sécrétion muqueuse, plus abondante durant la digestion, ne cesse toutefois jamais dans l’intervalle des repas.
Les glandes à suc gastrique ont au contraire une activité essentiellement intermittente. Si des aliments, ou même des corps inertes, sont introduits dans l’estomac, la muqueuse rougit d’abord, puis de petites gouttelettes claires d’un liquide acide, se forment à l’orifice des glandes à pepsine; par action réflexe, la surface tout entière se couvre bientôt du même liquide. L’abondance de celte sécrétion dépend surtout de la stimulation mécanique de l’estomac. Mais, quoique le sable à gros grains, les parcelles d’os, les tendons, etc. la produisent abondamment, le liquide sécrété par suite d’excitations purement mécaniques serait, d’après L. Corvisart, beaucoup moins riche en principes digestifs que celui qui se forme sous l’influence des aliments, surtout des aliments alcalins, de l’eau froide, de l’alcool et de l’éther.
L’acidité de la glande à pepsine ne vient que de la liqueur qu’elle sécrété : CL Bernard a montré que dans la profondeur de la glande, la cellule sécrétante, la cellule centrale, adelomorphe, reste alcaline.
La quantité de suc gastrique produit durant les digestions est évaluée au dixième environ du poids du corps de l’animal en 24 heures.
Au moment de sa sécrétion l’estomac s’échaufl’e sensiblement.
Fig. 78. — Glandes à pepsine de l'estomac.
a , ouverture du conduit glandulaire à surface libre de la muqueuse; c, cellules bordantes à acide chlorhydrique; b, cellules centrales, granuleuses à pepsine; ed, fibres musculaires lisses.