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ACIDES DU SUC GASTRIQUE

ammoniacaux que l’on conserve dans la troisième phase de l’opération.

Reprenant et complétant la preuve de Prout sous une forme un peu différente, C. Schmidt acidifie 100 grammes de suc gastrique par de l’acide nitrique et précipite alors tous les chlorures par le nitrate d’argent. Il filtre ensuite la liqueur, et il y dose la totalité des oxydes saliliahles ; il trouve que si toutes ces hases étaient à l’état de chlorures, la quantité de chlore totale ainsi calculée serait encore inférieure à celle qui répond au chlorure d’argent qui s’est formé. Il faut donc qu’une certaine quantité d’acide chlorhydrique existe dans la liqueur à côté des chlorures fixes. Schmidt détermine ensuite, par saturation avec un alcali titré, la quantité d’acide libre qui se trouve dans 100 grammes de ce même suc gastrique et reconnaît que cette quantité correspond à peu près à celle qui serait capable de saturer le poids d’acide chlorhydrique qui correspond à l’excès de chlorure d’argent obtenu dans le premier essai, et pour lequel il a constaté un déficit de bases. Il est donc certain que cette quantité d’acide chlorhydrique est libre dans le suc gastrique, comme croyait Schmidt, ou faiblement combinée à des matières organiques. Toutes les expériences de C. Schmidt ont été faites avec du suc gastrique pris sur des animaux à la diète depuis 10 à 20 heures.

M. Ch. Richet a donné une nouvelle démonstration que l’acidité du suc gastrique est principalement due à de l’acide chlorhydrique, mélangé tout au plus d’une très faible proportion d’acide lactique. Lorsqu’on agite avec son volume d’éther de l’eau chargée d’acide lactique ordinaire, la quantité d'acide qui reste dans l’eau étant égale à 10, celle qui passe dans l’éther est 1, le rapport de 10 : 1 est le coefficient de partage de cet acide entre l’éther et l’eau. Ce coefficient aurait été de 4 : 1 pour l’acide paralactique. Si Ton emploie une solution aqueuse d’acide chlorhydrique au même titre, ce coefficient est supérieur à 500. Or le coefficient de partage pour le suc gastrique naturel frais, entre l’eau et l’éther est de 217 : ce résultat indique d’abord que son acidité est due à une substance très avide d’eau et peu soluble dans l’éther. M. Ch. Richet pense, et ceci expliquerait la différence entre les nombres 217 et 500, que l’acide du suc gastrique n’est pas précisément de l’acide chlorhydrique libre comme on le pensait depuis Schmidt, il croit que cet acide expérimentalement est uni dans ce suc à des amides divers. A l’appui de cette opinion, il a établi que le passage de l’acide chlorhydrique du suc gastrique à travers un dialyseur se fait moins rapidement que dans le cas où de l’eau distillée aurait reçu la proportion d’acide chlorhydrique libre correspondant à la même acidité ; il a montré encore qu une moitié seulement de l’acide du suc gastrique agit sur les acétates pour en déplacer l’acide acétique, ce qui semble indiquer l’exis-

DIGESTION STOMACALE

tence d’un chlorhydrate acide plutôt que d’acide libre simplement dissous dans ce suc (C. Rend. XCVIII. 082).

M. Richet pense donc que l’acide chlorhydrique est uni dans le suc gastrique à quelques-uns de ces corps amidés : leucine, tyrosine ou analogues, qu’on trouve dans toutes les glandes. Cette hypothèse explique d’ailleurs pourquoi, lorsqu’on distille le suc gastrique, l’acide chlorhydrique ne passe qu’à la fin de la distillation, alors qu’il est entraîné dès le début si l’on vient à distiller de l’eau pure rendue chlorhydrique au même titre. La vieille observation de Blondlot que le carbonate de chaux pur et en excès ne saurait saturer l’acidité du suc gastrique et qu’il ne se dégage pas ainsi trace d’acide carbonique se comprend si le suc doit son acidité à un chlorhydrate organique. Ainsi s’expliquent aussi les différences de réactions observées entre l’acide chlorhydrique faible d’une part, le suc gastrique de l’autre, avec diverses matières colorantes telles que le violet de méthylaniline, le rouge congo, la tropéoline, la teinture de myrtile, que font virer les acides minéraux libres, alors que le suc gastrique n’exerce sur elles qu’une influence nulle ou différente (1).

L’acidité du contenu de l’estomac en pleine digestion normale, et de celui qu’on recueille dans les estomacs des apeptiques ou des hyperpeptiques, a fait le sujet d’importantes recherches de la part de MM. Ilayem et Winter (Du chimisme stomacal , Paris 1890-91). Les auteurs se sont servis dans leurs études d’une méthode d’analyse du contenu stomacal que nous rapportons ici en Note (2) et qui leur per- (*)

(*) Beaucoup de méthodes ont été publiées pour distinguer les acides auxquels le suc gastrique doit son acidité.

Acide chlorhydrique. Le violet de méthyle tourne au bleu par IICl ou les autres acides minéraux ; il reste violet par les acides organiques étendus ; cette méthode est insuffisante avec le suc gastrique, 4 pour 100 de peptones empêchant 1 pour 1 000 de HCl de se révéler. Si à une goutte d’une solution dans l’alcool méthylique de tropeoline 00 (sel de potasse du phénylamidobenzol sulfoné) on ajoute une goutte d’un liquide soupçonné contenir HCl et qu’on évapore sur une capsule de porcelaine à 40° on obtient après évaporation, une tache violette même si l’acide est étendu au vingt-millième. — Uffclmann recommande la réaction suivante: 0CC,5 de vin de Bordeaux rouge sont mêlés avec 3 cent. cub. dralcool et 5 d’éther. Ce mélange presque incolore devient rose par quelques gouttes d’une solution à 0,5 pour 1 000 d’acide chlorhydrique, même en présence des peptones, de l’albumine etdes.6els. — Günzbourg dissout 2 parties de pbloroglucine et 1 de vaniline dans 100 d’alcool à 80° cent. Quelques gouttes de suc gastrique filtré, évaporé vers 40° avec le même volume de ce réactif, donnent, si l’acide chlorhydrique est présent, un anneau rouge cinabre. Celte réaction, sensible au 20 000°, ne se produit pas avec les acides organiques.

Acide lactique. l'our le reconnaître, Uffelmann a indiqué la réaction suivante : On mêle 10 cent. cub. d’une solution à 4 pour 100 de phénol avec une solution <1 une goutte de perchlorure de fer dans 20 cent. cub. d’eau. Le liquide améthyste clair qui se produit ainsi tourne au jaune brillant par une go,utle d’une solution d’acide lactique même au dix-millième. L’acide chlorhydrique décolore simplement ce réactif qui doit être préparé extemporanémeut. Les acides gras font naître, mais seulement à partir de 0,5 pour 1 000, une coloration jaune pâle à reflet rougeâtre.

(2) Voici la méthode qu’ils ont suivie pour apprécier les éléments de 1 acidité du contenu

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