ACIDES DU SUC GASTRIQUE
met de doser séparément : 1° le chlore total T ; 2° le chlore à l’état d’acide chlorhydrique libre H; 5° le chlore combiné faiblement aux matières organiques C; 4° le chlore des chlorures minéraux F. Voici leurs conclusions principales :
(a) Le chlore total T du contenu stomacal, chlore exprimé en acide chlorhydrique, va en augmentant durant tout le temps de la digestion du pain et de la viande, et même de V eau distillée, mais il augmente surtout durant la première heure. Après s’être élevé à 400 ou 450 milligrammes pour 100 grammes de liqueur, il diminue durant la digestion de la viande à partir delà 120e minute.
(b) Le chlore fixeF répondant aux chlorures minéraux, chlore exprimé en acide chlorhydrique, augmente aussi durant les digestions d’eau distillée ou de viande. Dans la digestion des albuminoïdes, il prend chez le chien une valeur presque invariable à partir de la 60e minute ; cette valeur qui est de 100 à 125 milligrammes environ pour 100 centimètres cubes de contenu stomacal, croît ensuite lentement après la 120e minute.
(c) Le chlore combiné faiblement C aux peptones ou aux acides amidés de l’estomac, chlore toujours exprimé en acide chlorhydrique, augmente dans la digestion d’eau distillée jusqu’à la 50e minute ; il s’élève alors de 150 à 150 milligrammes par 100 centimètres cubes, puis il reste à peu près constant durant le reste de la digestion. Dans
de l’estomac :
1° Dosage de T. (chlore exprimé en HCl répondant au chlore total). 5 CCnt. Cllb. de liqueur sont séchés, calcinés modérément en présence d’un peu de carbonate de soude, puis avec un peu d’acide nitrique et de CO2 Na2 en léger excès. On dose le chlore, dans le résidu, grâce à une liqueur titrée de nitrate d’argent en présence du chromate de potasse ;
2° Dosage de H (chlore » îetat d’acide IICI libre). On agit comme dans le cas précédent, mais après avoir chassé au préalable l’acide HCl libre par évaporation complète du liquide au bain-marie. La différence des deux dosages 1° et 2° donne le chlore répondant à HCl libre;
5° Dosage de C (chlore combiné faiblement aux matières peptonisables, aux acides
amidés et à l’ammoniaque, exprimé en HCl). On agit comme au 2°, mais après évaporation du liquide, on calcine légèrement le résidu pour détruire les matières organiques et dissocier les combinaisons faibles de HCl. Le chlore restant après l’évaporation (2°), diminué du chlore après calcination (3°) représente (exprimé en acide chlorhydrique) le chlore faiblement uni aux matières organiques.
Remarquons que dans celte méthode ingénieuse qui rappelle celle de Schmidt, on tend à augmenter H aux dépens de C, et à diminuer aussi C des quantités d’acide chlorhydrique qui peuvent se fixer sur les matières minérales ou organiques pendant la calcination.
Le chlore restant après calcination représente le chlore fixe, presque entièrement minéral.
Pour le dosage de l’acidité totale, de l’acidité due à HCl et de celle qui revient aux acides organiques, j’emploie pour ma part la méthode suivante :
Au contenu de l’estomac, j’ajoute à saturation de la soude titrée ; la quantité a qui est nécessaire donne la mesure de l’acidité totale. J’évapore, calcine le résidu et dose l’alcalinité b de la liqueur; celle-ci correspond aux acides organiques qui avaient saturé la soude et que la calcination a transformés en carbonates. La quantité a -b donne le poids de soude qui s’était unie à l’acide chlorhydrique libre ou combiné faiblement aux peptones et autres matières organiques. Le dosage du chlore au moyen des sels d’argent titrés et du bichromate dans le résidu de celte calcination donne, par différence avec le chlore de HCl, le ehlore fixe des chlorures.
DIGESTION STOMACALE
la digestion de la viande, ce chlore combiné s’élève de 150 à 300 milligrammes pour 100 centimètres cubes de liquide stomacal pendant les 2 premières heures, puis il diminue successivement durant les heures suivantes.
(cl) Le chlore à l'état d'acide chlorhydrique libre II peut se rencontrer dans le contenu de l’estomac qui n’a reçu que de l’eau distillée, mais il s’élève à peine à 20 ou 25 milligrammes par litre au bout de 50 secondes, et a disparu entièrement après une heure. Dans la diqeslion de la viande chez le chien , l'acide chlorhydrique libre est toujours absent et il l'est aussi dans un grand nombre de digestions normales.
A l’état normal, la valeur II -f- G est à peu constante pour un même repas d’épreuve; le rapport de II à C est aussi à presque constant en état de santé ; mais ce rapport varie beaucoup dans les états pathologiques.
Pour les estomacs sains, le rapport = a (A représentant l’acidité totale exprimée en acide chlorhydrique) ne varie qu’entre 0,84 et 0,92. Ce rapport varie beaucoup au contraire dans les maladies de l’estomac.
Les acides autres que l’acide chlorhydrique libre ou combiné faiblement de la digestion normale, représentent à peine 8 «à 16 pour 100 de l’acidité totale du contenu de l’estomac. Cette petite fraction de l’acidité totale, qui n’est pas attribuable à l’acide chlorhydrique, libre ou presque libre, peut être due aux acides lactique, butyrique ou autres. Si l’on fait digérer in vitro, à la température de 40° à 45°, de l’albumine coagulée, il se produit de l’acide paralactique. Cet acide peut donc se rencontrer en quantité sensible dans le suc gastrique si l’estomac n’avait pas été au préalable vidé de tout aliment. A côté de lui, on trouve surtout les acides acétique et butyrique que l’on observe dans les mauvaises digestions souvent favorisées par l’action des ferments ju'apportent les aliments et par la faible acidité anormale de la sécrétion de l’estomac.
Ajoutons enfin que le suc gastrique des chiens en train de digérer des os contient du phosphate acide de chaux.
Quelle est l’origine de l’acide chlorhydrique libre ou faiblement combiné du suc normal? Il paraît certain qu’il résulte de la décomposition du chlorure de sodium suivant un mécanisme inconnu qui fait passer corrélativement de la soude en excès dans le sang. De fait, le chlorure de sodium pris durant la digestion augmente l'acidité du suc gastrique; et d’autre part, les urines acides, lors du repos stomacal, deviennent neutres et quelquefois légèrement alcalines au moment de la digestion démontrant ainsi la tendance de l’économie
PEPSINES.
i se débarrasser de l’excès d’alcali mis en liberté par la sécrétion icide de l’estomac. Le sel marin du sang paraît donc décomposé dans les glandes gastriques suivant l’équation:
NaCl + Hs0 = NaOII + GUI;
mais l’agent direct de cette décomposition nous échappe. Maly pense qu’il n’est autre que l’acide lactique; Landwehr admet que la mucine qui baigne les glandes gastriques est dédoublée par un ferment spécial au moment de l’activité stomacale, d’où résulterait un hydrate de carbone (voir p. 158) qui se décomposerait en donnant de l’acide lactique; celui-ci en agissant à son tour sur NaCl formerait de l’acide chlorhydrique et du lactate de soude (‘j.De fait, Drecksel paraît avoir démontré que le sang s’enrichit en acide lactique pendant la digestion.
PEPSINES ET PRÉSURE
Prévu par Spallanzani et Millier, appelé pepsine par Schwann avant d’avoir été obtenu , le ferment stomacal fut d’abord préparé à l’état impur par Wasmann en 1859, puis par Payen qui se bornait à le préci piter du suc gastrique par de l’alcool fort.
Le procédé de Brücke, que reproduisent en se copiant tour à tour la plupart des auteurs, est mauvais (2). J’ai démontré que les phosphates de chaux entraînent, en effet, toute la pepsine en se précipitant, mais que la solution de ce précipité dans l’acide chlorhydrique faible ou fort ne la remet pas en liberté, au moins à l’état efficace et actif.
L’on peut obtenir un produit très actif, sinon très pur, en faisant digérer 24 heures à basse température les raclures de la muqueuse stomacale avec de l’eau alcoolisée à 6 ou 7 pour 100, filtrant et évaporant cette solution alcoolique (A. Petit).
Yon Wittich procède de la manière suivante : la muqueuse d’un ■estomac de porc ou de veau est mise à digérer plusieurs jours avec de la glycérine aiguisée d’acide chlorhydrique à 2 pour 1 000. La solution glycérique est ensuite filtrée et additionnée d’alcool. La pepsine se précipite. On la lave à l’alcool, puis on la redissout dans de l’eau additionnée de 4 à 6 millièmes d’acide chlorhydrique ordinaire. Il convient -enfin de la purifier par dialyse.
Je prépare la pepsine pure par le procédé suivant qui s’applique
P) Külz en donnant aux animaux des iodurcs et des bromures a vu apparaître de l’acide •iodhydrique et brombydrique dans leur suc gastrique,
(â) Haclures de la muqueuse stomacale traitées par de l’acide phospboriquc au vingtième ; nitration, sursaturation de la liqueur par de l’eau de chaux, filtration nouvelle, redissolutiou du précipité calcaire par 1IC1 dilué, agitation de cette liqueur avec une solution alcoolo éthérée de cholestérine qui enlèverait toute la pepsine; enfin redissolulion de la cholestérine dans l’éther et finalement précipitation de la pepsine par l’alcool dans la liqueur résiduelle.
DIGESTION STOMACALE
à la plupart des ferments solubles. Les raclures d’estomac préalablement lavées à l’eau fraîche sont mises tà digérer avec 5 fois leur volume d eau acidulée de un demi pour 100 d’acide acétique, en présence d’une trace d'acide cyanhydrique, et en agitant de temps à autre. Après 24 heures on exprime dans un linge, on neutralise presque la liqueur, on la filtre et on la concentre au 5e dans le vide à 40°; on la précipite alors par une grande quantité d’alcool à 95° centés. Ce précipité redissolis dans l’eau est filtré, et le liquide, neutralisé par de la craie en excès est sans filtration préalable additionné de sublimé HgCl2. Quand il ne se fait plus de flocons sensibles et que le louche ne paraît plus augmenter, on filtre encore, on enlève l’excès de HgCP par l’hydrogène sulfuré, on filtre de nouveau et, sans se préoccuper de la couleur plus ou moins brune de la liqueur, on l’évapore entre 55° et 40“ dans un courant d’acide carbonique; on reprend le résidu sec par de l’alcool fort; il enlève l’acide chlorhydrique et diverses impuretés. On redissout le résidu dans l’eau ; on ajoute avec précaution une solution étendue d’acide oxalique pour précipiter la chaux; on filtre, on soumet deux jours à la dialyse continue pour enlever quelques sels, ou concentre dans le vide à 40° et on précipite enfin par l’alcool absolu qui donne la pepsine pure (A. Gautier ). Toutes ces opérations doivent se faire dans un courant d’acide carbonique.
Propriétés. — Telle qu’on la prépare généralement, à l’état de pureté imparfaite, la pepsine est une substance amorphe ressemblant à de l’albumine sèche et pulvérisable, très soluble dans l’eau, non hygroscopique. Elle contient 15,5 à 18 pour 100 d’azote. L’on ignore si elle est de nature albuminoïde. Son analyse a donné C = 55,2; II — 6,7 ; Az — 17,8 (Schmidt) et C = 51,0 ; 11 = 7,2; Az = 15,4 ( Chapoteaut ). Ces analyses la rapprochent des matières protéiques. Ses solutions perdent leur activité vers 58°; mais lorsqu’elle est sèche, on peut la chauffer à 100° sans quelle perde sensiblement de son pouvoir. La précipitation par les sels métalliques ou par l’alcool ne l’altère pas. Ce dernier diminue toutefois lentement son activité, surtout s’il est concentré. Elle ne donne pas la réaction xanthoprotéique. Elle n’est pas diffusible à travers les membranes animales et le papier parchemin. Elle est précipitée par le tanin!1), les acétates de plomb (2) le carbonate de magnésie, le chlorure platinique, mais non par le sublimé (3), le nilrate d’argent, l’acide nitrique étendu ou concentré, l’iode. Sa solution
(9 Je me suis 8ssuré que la pepsine pure précipite jusqu'au bout par le tanin contrairement aux assertions de Brücke. ,
(-) Elle ne l’est pas suivant quelques auteurs lorsqu’elle est parfaitement pure.
(3) Le sublimé en excès précipite la pepsine pure et forme avec elle une combinaison définie. D’après des expériences encore inédites, j’ai reconnu que la pepsine se comportait comme un alcaloïde faible.
PEPSINES.
dans 1 eau ne coagule pas la caséine du lait. Elle laisse au minimum 0,5 de cendres pour 100.
La pepsine en solution chlorhydrique devient inactive par addition d’un peu de carbonate sodique, mais elle reprend son activité en présence de l’eau oxygénée, mais non de l’oxygène libre (TV*. Cliandelon, 1885 et Bull. Soc. chim., XL VI, 871).
La pepsine telle que la décrivent généralement les auteurs n’est pas un corps homogène. Nous avons ailleurs démontré par nos expériences qu’il existe plusieurs ferments digestifs qui agissent successivement ou simultanément dans le suc gastrique. On peut s’en assurer de la façon suivante :
On se procure de la pepsine brute de mouton ou de porc qu’on obtient en lavant l’estomac de ces animaux aussitôt après leur mort, raclant la muqueuse avec un couteau mince et mettant ces raclures à digérer à 56° avec de l’eau contenant ^ d’acide sulfurique. Les liqueurs acidulées sont décantées et sans filtrer mises à digérer avec du carbonate de baryte pour enlever l’acide sulfurique ajouté, enfin dialysées pour séparer en partie les peptones et les sels. La liqueur A, qui contient les ferments dont nous allons parler, est louche et ne peut être clarifiée par filtration sur le papier. Elle tient en suspension 1 à 2 pour 1 000 d’une substance formée de corpuscules très petits, de 1,5 à 2 g de diamètre, irrégulièrement arrondis, très réfringents. On les sépare au moyen du filtre de biscuit que j’ai inventé à celte occasion, et sur lequel ils s’arrêtent. C’est ce ferment que j’ai appelé pepsine insoluble et que l’on nomma plus tard en Allemagne pepsinogène (A. Gautier, C. Rendus , Acad, sc., XCIV, 652 et 11 92; et Bull. Acad, méd., 2e série, XI, 314 et 352). Ce corps traité par l’eau distillée 'ournit d’une façon presque indéfinie des liqueurs très pauvres en natières organiques non albuminoïdes, aptes à peptoniser la fibrine ;inon complètement du moins partiellement. Le pouvoir de cette pepune insoluble ou pepsinogène est détruit à 56°. Il peut rester quelque emps en présence d’une solution de carbonate de soude à — sans altérer très sensiblement.
La liqueur séparée du ferment insoluble précédent grâce au filtre de •orcelaine contient encore deux autres ferments digestifs solubles, que ai séparés en y laissant séjourner des floches de soie grège préalablenent lavées à l’acide chlorhydrique à 1 pour 100 et bien rincées à eau courante. Cette soie s’empare d’une pepsine qui vient adhérer à sa urface et que l'eau ne peut plus enlever, mais qu’on extrait en laissant éjourner ces floches de soie pepsinifères dans de l’acide chlorhydrique tendu de 200 volumes d’eau. Cet acide en sépare un ferment qui se issout dans l’eau ; il peplonise partiellement, mais jamais complète- A. Gautier. — Chimie biologique. 35
DIGESTION STOMACALE
ment, la fibrine de bœuf. C’est une pepsine imparfaite à laquelle j’ai donné le nom de propepsine. La liqueur résiduelle d’où la propepsine a été extraite contient encore une troisième zymase que la soie n'est plus apte à enlever et qui jouit du pouvoir digesteur complet. C’est la pepsine soluble complète, la pepsine ordinaire qui se trouve dans le sue gastrique à côté de deux autres ferments (A. Gautier).
Langlcy a remarqué que la substance pepsinogène est renfermée dans les cellules principales ou centrales des glandes gastriques sous forme de granulations qui disparaissent en partie durant la sécrétion. Ces granulations répondent à la substance zymogène ou pepsinogène aux dépens de laquelle Scliiff suppose que la pepsine prend naissance et que nous avions reconnue et isolée, comme on l’a dit plus haut, dès 1882.
Un autre procédé pour obtenir cette pepsine insoluble ou pepsinogène consiste à faire digérer 24 heures à 55° de la raclure d’estomac de porc avec de l’acide chlorhydrique à réel. Dans ces conditions tout se dissout, à l’exception de quelques épithéliums, de la pepsine insoluble et d’un peu de nucléine. On lave et traite alors par de l’acide chlorhydrique à 1 pour 100 qui, par digestion à 40° dissout la pepsine insoluble qu’on peut ensuite précipiter par l’alcool (').
Il ne saurait être douteux que la pepsine diffère suivant les espèces animales. On a remarqué que la pepsine de grenouille digère à 0°, ce queue sauraient faire les pepsines des mammifères (2).
Présure gastrique ( Chymosine des auteurs français ; Lab des Allemands; Rennet des Anglais). — La pepsine pure ne coagule pas le lait; au contraire, le suc gastrique, même neutralisé, le coagule. Il contient donc un ferment analogue à celui de la caillette de veau ou présure s tomacale.
La présure se rencontre surtout chez les jeunes animaux, c’est à Ilammarsten qu’on doit son étude précise. Pour la préparer, cet auteur prend la caillette de veau ou l’estomac de jeunes animaux dont il conserve tout particulièrement la partie pylorique la plus riche en ce ferment. Il prépare la pepsine de ces estomacs- par les méthodes ordinaires; il la dissout dans l’eau acidulée (3) et la traite par l’acétate de plomb neutre. Ce sel ne précipite pas la présure qui reste dans la
liqueur. On la sépare en la précipitant par le sous-acétate de plomb.
(*) Chandclon a publié que si l’on fait digérer de la fibrine en excès par de la pepsine chlorhydrique ordinaire, puis que l’on ajoute de l’eau chlorhydrique à 2/1000“ et qu’on filtre sur porcelaine, on obtient de la pepsine granuleuse insoluble ou pepsinogène.
[-) On trouve dans toutes les cellules à proloplasma albuminoïde, tant animales que végétales, des matières qui sont plus ou moins aptes à peptoniscr les corps protéiques. Ces ferments peptonisants sont les agents généraux des transformations hydratantes et simplificatrices des albuminoïdes.
(3) L’extrait alcalin de celte muqueuse ne contient pas de présure.
l’RÉSUHE OU CimiOSINE.
délayant dans do l’eau acidulée à d’acide sulfurique le précipité qui se forme, et ajoutant enfin un excès d’alcool qui sépare le ferment.
Comme on vient de le dire, la présure gastrique précipite par le sous-acétate de plomb, mais non par l’acétate neutre, ni par le tanin. Elle est coagulable. L’alcool la sépare de ses dissolutions aqueuses et lui enlève peu h peu son efficacité; en solutions alcalines elle est rapidement détruite. Elle n’est pas dialysable. Elle perd son efficacité à une plus basse température que la pepsine. Sa présence dans l’estomac n’est nullement liée à celle de l’acide chlorhydrique ou de la pepsine; elle peut exister sans altération en présence de HCl faihle. Elle agit en milieu acide ou neutre; mais la présence d’un faible excès d’alcali (25 pour 1000 de lessive de soude ou 1 pour 100 de CCT’Na2) la détruit à jamais. La chymosine coagule le lait à 55° ou 40° en un caillot massif qui se dissout difficilement dans l’acide acétique ou dans les alcalis. Audessous de 15° à 20°, la présure n’agit plus ; à 70° elle est pour toujours détruite. La coagulation du lait par ce ferment peut se produire même vers 15° à 20° si l’on additionne le liquide de quelques gouttes d’un sel de calcium soluble (Hammarsten) .
Autres matériaux du suc gastrique. — L’acide chlorhydrique libre ou faiblement combiné, et les ferments pepsiques et chymosiques, sont les parties essentielles du suc gastrique. On y trouve en outre, avec quelques sels, une petite quantité de matières extractives mal définies, généralement azotées. Les unes sont insolubles dans l’alcool concentré; parmi celles-ci sont des peptones provenant soit de la digestion des aliments, soit de celle des albuminoïdes versés dans l’estomac par les glandes gastriques et muqueuses. Les autres, solubles dans l’alcool, consistent surtout en amides analogues à la leucine : ce sont les acides glutamique, aspartique, peut-être hippurique [Poulet), qui résultent de l’hydratation par les ferments digestifs, ou même par l’eau et les acides, de ces mêmes substances albuminoïdes.
Le suc gastrique contient en outre une proportion très sensible de matières minérales. Leur poids total (non compris celui de l’acide chlorhydrique) varie de 5 à 9 .grammes par litre. Les chlorures potas sique et surtout sodique en forment plus de la moitié. Le reste est composé de phosphate de chaux, mêlé d’un peu de phosphate de magnésie et de fer, de chlorure de magnésium et de phosphate ammoniacomagnésien.
Composition. — Le tableau suivant donne un aperçu de la composition de ce suc important. '
DIGESTION STOMACUÆ.
Composition du suc yoslvitjue vappovlce a 1 000 (jcammcs .
FEMME (’) (Sut avec salue) .