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ABSORPTION LUMINEUSE PAR LA CHLOROPHYLLE

dans ses traits essentiels avec celui des dissolutions chlorophylliennes. Pour une épaisseur suffisante, il se produit la bande 1 commençant un peu avant la raie B et dépassant la raie C ; une lumière orangée jaune ou verte traverse entre C et E ; après E commence l’estompage dû à la bande Y, puis l’obscurité avant le violet. Toute la lumière qui manque à ce spectre discontinu répond aux rayons fluorescents rouges d’émission des solutions de chlorophylle. Mais dans la lumière qui frappe les feuilles, ces rayons fluorescents n’apparaissent pas. Ils ont été absorbés, comme nous allons voir, par l’organe chlorophyllien avec toute leur puissance et transformés en énergie chimique.

Constatons d’abord le phénomène sur une plante vivante : faisons agir sur elle l’acide carbonique; dans ce but, prenons par exemple une longue feuille de bambou ou une tige de riz, placée dans un tube de verre contenant de l’eau chargée d’un peu d’acide carbonique. A peine la lumière frappe-t-elle cet appareil que le dégagement de l’oxygène commence et que l’acide carbonique diminue. Aussitôt que la lumière disparaît, le gaz oxygène ne se dégage plus; il reparaît et la vivacité de son dégagement augmente si nous augmentons l’intensité lumineuse, du moins jusqu’à un degré variable avec chaque plante. L’acide carbonique est ainsi décomposé proportionellement à l’énergie de la lumière, et si nous faisons circuler notre feuille de bambou dans le spectre lumineux étalé, nous constaterons (fig. 7) que le maximum de dégagement de l’oxygène coïncide justement avec les points où se faisait le maximum d’absorption de lumière, c’est-à-dire là surtout où étaient les bandes 1, H et III coïncidant avec l’absorption des rayons orangés-jaunes et jaunes qui contiennent, comme on sait, une grande proportion d’énergie disponible. »

La coïncidence des maximums d’absorption lumineuse là où se font dans le spectre les maximums de décomposition d’acide carbonique et d’oxygène dégagé est frappante : le phénomène est proportionnel, et l’acide carbonique disparaît proportionnellement à l’oxygène recueilli.

Fig. 7. — Courbe représentant ia marche de la décomposition de l’acide carbonique dans le spectre, d’après Timiriazeff. — Le maximum b correspond aux radiations comprises litre B et C.

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