MODE D’ACTION DE LA CHLOROPHYLLE
Pour les parties très réfrangibles et peu lumineuses du spectre on n’a pu démontrer, 11 est vrai, que le dégagement d’oxygene augmente sensiblement aux points correspondant aux bandes V, VI et . on verra que le phénomène de réduction de 1 acide carbonique et le dégagement d’oxygène peuvent être ou non égaux suivant les cas et
ne sont pas nécessairement corrélatifs. . ,
L’on peut donc affirmer que la puissance de décomposition de 1 acide carbonique par la chlorophylle des feuilles est proportionnelle a la quantité d’énergie calorifique ou lumineuse absorbée ou etemte dans
le protoplasma vert.
la radiation lumineuse d’une lampe à incandescence de platine, et même d’une lampe à gaz valant 50 bougies, provoque également dans les plantes une rapide décomposition de l’acide carbonique.
Est-ce la chlorophylle verte qui, se chargeant d’énergie lumineuse et thermique, décompose le système C02 + II20 et emmagasine dans le produit formé le potentiel qu’elle vient de recueillir sous forme de radiation ? Ou bien cette chlorophylle agit-elle en se transformant d abord elle-même en un corps nouveau chargé d’ énergie, apte a remplir l’importante fonction dévolue aux parties vertes du végétal (l) ?
L’expérience suivante, due à M. Regnard, semblerait démontrei que c’est la chlorophylle elle-même, et non le protoplasma vivant, qui décompose l’acide carbonique ( Compt . rend., t. CI, p. 1294).
L’on prend des copeaux de bois qu’on trempe à 1 obscurité dans une solution alcoolique de chlorophylle. Ainsi teintés, on les place à l abii de la lumière et de l’air dans une solution aqueuse faible d acide carbonique ayant reçu un peu de bleu Coupier, exactement et préalablement décolorée par quelques gouttes d hydrosulfite de soude bien neutre. Cette solution est telle que la moindre trace d’oxygène la recolore. Tant que 1 appareil demeure à l’obscurité, la liqueur reste dénuée de couleur : mais l’expose-t-on à la lumière, au bout de peu d instants elle se (*)
(*) Il csl facile de montrer que la chlorophylle dissoute, c est- à-dii c exempte de toute oiganisation, se charge d’énergie lumineuse qu’elle peut passer aux corps avec lesquels elle est en contact. E. Becquerel prend du collodion au chlorure d argent, il le teint avec une solution de chlorophylle qu’il étale sur une plaque de verre et soumet le tout aux rayons du spectre , après un temps d’exposition suffisant, il lave comme pour faire une photographie ordinaire, et constate alors qu’il reste sur la plaque le spectre de la chlorophylle. Le chlorure d’argent a été impressionné partout où la chlorophylle absorbait la lumière et devenait apte à réduire le chlorure d’argent, et non ailleurs. Du reste les vibrations lumineuses comme les ondulations électriques semblent, bien plus que la chaleur, propres a charger les systèmes chimiques de potentiel, c’est-à-dire d’aptitude à produire les réactions chimiques que ces systèmes étaient impuissants à accomplir auparavant. C’est ainsi que, d après les expériences de M Schulzenberger et de M. Berthelol, l’acétylène soumis à l’effluve électrique se transforme en un corps brun très hygrométrique et directement oxydable, ce qui n était pas le cas du corps primitif, ni de la benzine qui résulte de sa polymérisation par la chaleui. C est encore ainsi que, d’après mes expériences et celles de M. Lemoine, le perchlorure de 1er étendu est transformé en chlore actif et en protochlorurc oxydable,