‹ Cours de chimieChapitre 396 sur 633 · FERMENTS DU PANCRÉAS · texte numérisé non relu

FERMENTS DU PANCRÉAS

ou par le procédé que nous avons donné pour séparer ce ferment (voir p. 5o5). L acétate de plomb l’entraîne en partie sans l’altérer (Krüger) . La pancréatine deLœw, citée plus haut, jouit de propriétés diastasiques, et paraît en partie formée de ce ferment. Les alcalis, les acides minéraux, l’acide acétique, une chaleur de 70°, etc., le détruisent. A 40° il sacchai îfie activement 1 empois d amidon. Il agit mieux en présence de la bile qu isolement. Danilewsky et Conheim ont essayé de l’extraire de la glande au moyen de l’eau de chaux ( Virchow' s Archiv. XXVIII. 251). Il est plus diffusible que les autres ferments.

Son action saccharifiante n’est pas entravée par la présence des antiseptiques les plus divers, par la morphine, la quinine, l’acide prussique, la bile. Sa puissance est considérable en deux ou trois minutes, un gramme de suc pancréatique saccharifie 4°',7 d’amidon. Le produit pnncipal est formé de maltose mêlé d’un peu de glycose et d’achroodextiine. Ce ferment n agit ni sur 1 inuline, ni sur la saccharose. Il il apparaît dans le pancréas de 1 enfant que vers le 2e mois ( Kovowin) .

F ciment saponificateur. — Claude Bernard a le premier observé que le suc pancréatique, ou 1 infusion de pancréas, émulsionne les graisses neutres, puis les dédouble partiellement en glycérine et en acides gias libres; en particulier, la butyrine du beurre est presque complètement saponifiée par ce suc (CL Bernard et Berlhelot); l’éther acétique est transformé en acide acétique et alcool, etc. On attribue ces effets à un ferment très altérable que l’alcool détruirait et qui ne se dissout pas dans la glycérine. A la vérité l’on a prétendu que cette saponification des graisses pourrait être due à l’influence de bactéries, mais j’ai constaté qu’elle est presque immédiate avec la pulpe du pancréas frais et en présence de CAzII, et Wassilieff a montré qu’elle n’est pas entravée par la présence des sels mercuriels qui s’opposent aussi au développement des bactéries.

; °- Minkowski a remarqué que l’absorption intestinale des graisses s’arrête après l’extirpation du pancréas (à l’exception de celles du lait), quoique leur saponification se continue dans l’intestin sous l’influence des bactéries. En fait, les graisses simplement émulsionnées et non saponifiées passent, à l’état normal, dans les chylifères, et le suc du

pancréas pourrait bien agir surtout par ce mécanisme sur l’absorption des corps gras. 1

Chymosine. — On a conclu des propriétés du suc pancréatique de IkeuI, mouton, porc, mais non de celui de chien, qu’il contient un

quatrième ferment qui coagule le lait à la façon de la présure (W. Rouerts) . v

I ! ' meuJ glycolytique. T) après M. Lépine, le pancréas sécréterait cnlin un ferment apte à détruire la glycose normale en se déversant

504 SUC PANCRÉATIQUE

sans cesse dans le sang (voir C. rend. CX. 742, C X I f . 410 el 8 avn 1890). De fait, Héring et Minkowski ont fait la remarque que l’extirpation du pancréas amène chez les animaux un diabète permanent; mais le ferment en question n’a pas été isolé.

Action «lu suc }>ancrcati«|uc sur les matières alimentaires. —

Comme on vient de le voir, le suc pancréatique peptonisc les albuminoïdes en liqueur neutre, alcaline ou môme très faiblement acide, saccharilie l’amidon, émulsionne et dédouble les graisses, enfin coagule le lait.

En liqueur alcaline, son activité sur les albuminoïdes est plus grande que ne l’est celle de la pepsine en liqueur acide.

Nous n’avons pas à parler ici des peptones qui résultent de l’action de ce suc sur les matières protéiques. Elles ont été déjà décrites (p. 182). Cette transformation se fait sans qu’il y ait gonflement préalable des albuminoïdes non atteints par le suc gastrique, ni des flocons de propeptones que précipitent comme on le verra les acides biliaires. La digestion pancréatique est très rapide vers 50° in vitro, surtout en présence de l’oxygène qui toutefois n’est pas indispensable. Elle est encore bâtée par certains sels : carbonates de sodium (l pour 100), de potassium, sulfates et nitrates correspondants, sel marin, sel ammoniac, sels billiaires, etc. Par lui la fibrine, la caséine, sont facilement peptonisées ; l’albumine plus lentement; la gélatine perd sa propriété de gélatiniser; le tissu élastique, les cartilages, la nucléine, sont digérés; tandis que la chitine, la substance cornée, la matière amyloïde, les fibrilles conectives ne sont pas atteintes. A leur tour, les peptones pancréatiques sont elles-mêmes transformées : l’on voit bientôt apparaître en assez grande abondance la leucine et la tyrosine, puis, même lorsqu’on se met à l’abri de tout processus pulréfactif, les acides glutamique et aspartique, le glycocolle dans le cas de la digestion de gélatine, etc.

La trypsine agit plus profondément que la pepsine sur les albuminoïdes; elle décompose les hémipeptones et en sépare de la leucine, de la tyrosine, de l’acide aspartique, de 1 ammoniaque et du protéine chromogène. Ce dernier corps est remarquable par la coulcui îougc violette qu’il prend sous 1 influence du chlore. Il paraît de nature albuminoïde. On a pu l’isoler à l’état de pureté. Stadelmann lui attribue la composition : C =01,02; 11 = 6,89; Az= 15,68; S u.6J, 0 = 15,71.

En même temps que les corps précédents (au moins dans le tube digestif et dans les digestions artificielles où l on ne s est pas nus à l'abri des ferments bactériens) , apparaissent des produits fécaloïdes . indols, scatols, phénols, acides gras volatils, collidine, acides butyiiquc et caproïquc, acide phénylpropionique, et divers gaz : hydrogène, aci e carbonique, azote, hydrogène protocarboné, gaz sulfhydrique, etc. : aïs

LA BILE

il nous paraît établi que ce sont là des épiphénomènes, des faits accessoires et nullement nécessaires. La digestion ou peptonisation pancréatique peut se produire à l’abri de tout germe ou ferment figuré, et arriver, même dans ce cas, jusqu’à la transformation des matières protéiques eu acides amidés.

Nous avons dit plus haut tout ce qui est nécessaire à propos de la digestion pancréatique des matières amylacées et des graisses.

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