BILE PATHOLOGIQUE ET CALCULS BILIAIRES
mie pathologique . — Les matériaux fixes de la bile augmentent dans les cas d’affections abdominales graves, dans les maladies du cœur où la circulation hépatique s’embarrasse, dans le choléra, la rétention biliaire, etc. Au contraire, la bile devient plus aqueuse dans les affections inflammatoires du poumon, l’hydropisie, le diabète, la tuberculose simple sans dégénérescence du foie.
Dans la fièvre typhoïde la bile est très appauvrie en sels biliaires et en matières colorantes, elle se charge de graisses, devient acide, contient de la leucine et de la tyrosine. Chez les tuberculeux, elle est aussi très riche en corps gras.
L’ictère l’enrichit très notablement en pigments. Scherer a trouvé chez un homme mort de cette aftection : Eau, 859; sels à acides biliaires, 78,9; pigments biliaires, 44,5; graisses, 8,8; sels, 8,0.
Dans 1 atrophie du foie, la néphrite, l’hydrotborax, on trouve souvent dans la bile une notable proportion de cholestérine cristallisée.
Dans la dégénérescence graisseuse du foie, la maladie de Bright, après 1 injection d eau dans le sang, dans quelques cas d’hypérémic hépatique, labile contient de l’albumine.
(*) Toutefois les expériences de Copeman et Winston ont établi que, in vitro , nombre de bactéries pullulent, aussi bien dans les milieux qui ont reçu de la bile que dans ceux qui n en ont pas reçu. D’après Limbourg, en présence de la bile certains produits de la putréfaction (acides arnidés, ammoniaque, ptomaïnes) seraient moins abondants ( Jourii . Physiol.,\. 2 15).
LA BILE
Dans la maladie de Bright, le choléra, après l’ablation des reins, dans l’urémie, l’urée s’accumule dans la bile.
Chez les diabétiques elle contient quelquefois beaucoup de glycose. Il suffit du reste d’injecter du sucre de canne dans les veines pour le voir apparaître dans la bile (Cl. Bernard).
Beaucoup de poisons sont éliminés par le foie et passent dans la bile : l’arsenic, l’antimoine, le cuivre, le mercure, le plomb. Les iodures, l’essence de térébenthine, injectés dans le sang se retrouvent dans la bile : il en est de même de la glycose, de l’indigotate de soude, etc.
Calculs biliaires. — Chez les malades où la bile séjourne trop longtemps dans la vésicule du fiel, dans la cirrhose, chez ceux qui sont sous le coup d’une nutrition ou d’un fonctionnement hépatique imparfaits, il peut se former des calculs ou se faire des sédiments et dépôts. Tantôt ils ne consistent qu’en un amas cristallin de cholestérine entremêlée de particules de matières colorantes et de mucine, tantôt ils sont formés par des parcelles de cholestérine non agglomérées, tantôt ce sont des
concrétions sablonneuses ou même des calculs. Ceux-ci peuvent après dessiccation être légers et presque incolores : ils sont alors très riches en cholestérine. Ou bien ces calculs sont durs et d’une teinte orangée brune ; dans ce cas ils sont riches en pigments (fig. 84). Nous avons dit (p. 582) comment on les reconnaît et comment on les analyse. Les calculs biliaires sont généralement expulsés avec les fécès.
Les calculs riches en cholestérine sont les plus communs. Ils se reconnaissent à leur densité inférieure à celle de l’eau, à leur couleur blanche, verdâtre, bleuâtre ou grise. Souvent ils sont transparents à l’état frais ; ils blanchissent à l’air. Quelques-uns sont cristallins, à surface rugueuse; la cholestérine s’y trouve sous forme de petits cristaux microscopiques, lamelleux, radiés, séparés quelquefois par des granulations pigmentaires de 0mm,001 à 0mm,005 de diamètre. D’autres sont blanchâtres, comme cireux, à texture amorphe, à cassure conchoïdale.
Leur centre ou noyau est, en général, riche en matières minérales formées surtout de sulfates et phosphates terreux.
Les calculs de cholestérine sont très solubles dans l’alcool et dans l’éther bouillants. Ils fondent sur la lame de platine, puis brûlent avec une flamme fuligineuse.
Voici deux analyses dues à Planta et Kckulé :