GÉNÉRALITÉS SUR LE REIN ET LES URINES NORMALES
glandes situées dans la cavité abdominale des deux côtés de la colonne vertébrale, à la hauteur de la première et de la deuxième vertèbre lom-
baires (lig. 87). De chacune de ces glandes part un canal excréteur, Y uretère , qui conduit le liquide urinaire dans la vessie.
Le poids de chaque rein est de 90 grammes en moyenne. Il est recouvert d’une enveloppe ou coque résistante formée d’un tissu conjonctif qui se continue jusqu’au hile, c’est-à-dire jusqu’au point par où les vaisseaux pénètrent et où vient s’implanter l’uretère évasé c. Cette coque protège le
l’une excentrique, épaisse, corticale a d’un ton brun rougeâtre, l’autre médullaire concentrique à la précédente, pâle, d'aspect grossièrement fibreux b. Chez l’homme, elle se termine du côté du
diamètre, auxquels l’on a donné le nom de corpuscules ou glomérules
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L’appareil sécréteur de 1 urine est formé chez les mammifères de deux
parenchyme rénal tout entier.
Celui-ci semble construit de deux substances,
Fig. 87. - — Coupe du rein.
les pointes, dirigées vers la partie centrale et vide de la glande.
hile du rein par 10 à 15 cônes b ( pyramides de Malpighi) , dont
appelée le bassinet , portent chacune 15 à 20 orifices, extrémités des canaux urinifères par où l’urine s’écoulant dans le bassinet, s’engage dans l'uretère et coule vers la vessie.
Fig. 88. — Corpuscules de Malpighi.
Lorsqu’on observe à la loupe avec soin la substance corticale, on voit qu’elle est parsemée de très nombreux petits points rougeâtres de 1 à 2 millimètres de
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de Malpighi, du nom du célèbre physiologiste qui les a découverts et décrits : ce sont les organes essentiels de la sécrétion rénale (fig. 88). Voici comment ils sont constitués : chacune des subdivisions de l’artère rénale rayonne du bile et pénètre profondément dans la partie corticale brune du rein, suivant une direction presque normale à la surface de l’organe. Elle émet sur son trajet des branches latérales qui se divisent en ramuscules; ceux-ci b s’enroulant bientôt sur eux-mêmes, forment une sorte de pelote ou de sphérule arrondie composée de vaisseaux capillaires d d’où émergent ensuite une ou deux veinules. Ce peloton nement s’entoure d’une coque ou capsule c ( capside de Bowmann), revêtue à sa partie interne d’un épithélium délicat, aplati, qui la sépare des vaisseaux. Cette capsule d (fig. 89) n’est elle-même que l’extrémité renforcée et dilatée du cul-de-sac d’un canal e (fig. 89), le canal ur inif ère , qui coiffe entièrement le pelotonnement des vaisseaux sanguins, de sorte que l’épithélium propre d (fig. 88) de ce vaisseau urinifère dilaté c ( même figure) s’applique sur le glomérule formé par l’enroulement des vaisseaux sanguins et continue ensuite à revêtir la lumière rétrécie du conduit excréteur du canal urinifère. Les glomérules de Malpighi d,d,d, sont régulièrement appendus, comme seraient des fruits sur leur branche, aux artérioles a qui parcourent la substance corticale (fig. 89).
Un millimètre cube du rein en renferme 5 à 6 ; un rein de cochon 500 000 environ.
Fig. 89. — Glomérules de Malpighi appendus aux artérioles de la substance corticale du rein. a, tronc artériel d’où partent les rameaux b destinés aux glomérules cc\ cl, capsule de Bowmann sur laquelle vient s’insérer le canalicule urinifère contourné.
Au sortir du corpuscule de Malpighi, le tube urinifère forme de nombreux replis contournés e ( tubuli contorti), puis fait une anse (fig. 90) qui, après s’être dirigée vers le bassinet du rein, remonte vers la surface externe de l’organe ( Anse de Henle) , pour revenir ensuite définitivement vers sa partie centrale ( Tubes droits ou de Bellini), former les conduits excréteurs a (fig. 90). Les tubes contour -
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nés sont intérieurement revêtus d’un épithélium volumineux, comme boursouflé, granuleux et trouble, qui remplit presque leur canal. La branche de l’anse de Ilenle qui se dirige vers le bassinet ou petite branche hgf, n’a qu’un épithélium aplati; la grosse branche ou branche montante e qui remonte vers les glomérules, est tapissée d’un épithélium cubique épais, à gros noyaux, chargé de granulations. Les tubes de Bellini bba sont de simples conduits excréteurs,
Fonctionnement <ïu rein. — Le sang qui pénètre dans le rein se divise en deux courants artériels : l’un a (fig. 90) va aux glomérules de
Malpighi et passe à travers le pelotonnement des vaisseaux capillaires qui les constitue; l’autre se dirigeant vers la substance corticale, enveloppe de ses ramuscules les anses de Henlé et les canalicules rénaux.
La partie du sang qui a traversé le glomérule se réunit en un petit vaisseau efférent à structure artérielle, et va rejoindre les capillaires généraux qui entourent les tubes urinifères. Le vaisseau capillaire efférent du glomérule étant plus étroit que l’afférent, il en résulte que le sang subit dans les glomérules une pression plus forte que dans les capillaires ordinaires de la glande. Sous cette influence, la liqueur sanguine laisse transsuder à travers les parois des vaisseaux du glomérule, ses parties les plus facilement fîltrables et les plus abondantes, c’est-à-dire une portion de son eau, de ses sels et de ses autres principes crista 1 lisab les . Ces substances, une fois passées à l’extérieur des vaisseaux sanguins, baignent l’épithélium interne de son glomérule et s’engagent dans le conduit urinaire e qui continue la capsule de Bowmann (fig. 89 et 90) ; mais ce vaisseau est tapissé, avons-nous dit, dans toute la partie qui correspond aux canaux contournés et à l’anse de Ilenle, de cellules spéciales granuleuses, dont le protoplasma, divisé en fibrilles parallèles, possède l’aspect et les fonctions des protoplasmas glandulaires. C’est là que sont sécrétées l’urée, l’acide urique et les autres matières extractives de l’urine, (pie
Fig. 90. — Section verticale du rein.
a, tronc d’un tube collecteur; b, ses branches; c, ramification ; dcl, canal contourné; g, branche descendante; e, branche ascendante d’un tube de Ilenle; f, anse: h, point où le tube se continue avec le canalicule urinifère contourné de la substance corticale.
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l'eau qui a filtré clans les glomérules, dissout et emporte à son passage. Chez les oiseaux qui sécrètent des urines semi-solides, on voit les cristaux d’acide urique et d’urates engagés dans les cellules spéciales de l’anse de Ilenle ( Bowmann et von Witich). C’est un peu plus loin peut-être, que se résorberaient, à l’état normal, en même temps qu’une partie de l’eau, certains matériaux qui, tels que la sérine du plasma sanguin, peuvent filtrer en petite proportion à travers les capillaires du glomérule. En fait, le sang des veines rénales est plus pauvre en urée que celui des artères correspondantes.
Telle est la théorie de Bowmann et de R. Heidenhain. Je ne rapporte ici ni l’opinion de Ludwig qui fait jouer à la pression et à l’endosmose qui se passent dans les canalieules et les glomérules le rôle principal, presque physique suivant lui; ni celle de Iuiss, qui croyait que le plasma du sang filtrait simplement à travers les capillaires du glomérule et que la liqueur ainsi produite, était ensuite débarrassée de la partie utilisable de ses matériaux, les albuminoïdes et le sucre par exemple, grâce à l’action sélective et vitale des cellules épithéliales de l anse de Renie. Ces théories ne sont plus soutenables. 11 suffirait pour les repousser d’avance d’observer que le sang est alcalin et l’urine acide.
Dans l’artère rénale, la pression sanguine est de 150 millimètres environ à 1 état normal. La vitesse de formation de l’urine augmente
avec cette pression : une plus grande masse de sang traversant alors les reins, l’eau et les principes solides sont plus vite éliminés, mais ceux-ci augmentent moins rapidement que l’eau et le volume total de 1 urine excrétée. Toutes les causes qui élèvent la pression sanguine (tension artérielle générale, dilatation des artères rénales, boissons abondantes, injections d eau dans les veines, etc.), augmentent le volume des urines.
Des substances très diverses agissent sur l’épithélium de canalieules contournés et des anses de Ilenle et accélèrent ou diminuent la sécrétion urinaire. Parmi les diurétiques, citons l’urée, l’acétate de soude, la scille. Chaque diurétique accélère l’élimination de telle ou telle substance. Les troubles de la circulation veineuse ou urinaire modifient aussi la natuie de la sécrétion. Si 1 on obture l’un des uretères,
1 urine éliminée pai le rein correspondant est plus concentrée, moins i u lie en potasse et en phosphates, mais aussi riche en chlorure sodique que celle du rein du côté qui ne porte pas de ligature (. Lépine et Aubert).
Les reins tendent à conserver au sang une composition normale constante : introduit-on dans l’organisme des sels divers, phosphates, carbonates sodiques, chlorures en excès, iodures, etc., ils passent rapi-
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dement dans les urines. La digestion éliminant de l’organisme une certaine quantité d’acide chlorhydrique et le sang tendant ainsi à devenir plus alcalin, une dose inverse de carbonate de soude tend à s éliminer par les reins; d’acides à l’état ordinaire, les urines deviennent neutres, quelquefois mêmes alcalines, après les repas. Pour une cause occasionnelle ou pathologique, la glycose dépasse-t-elle 0 millièmes du poids de sang, elle est aussitôt éliminée par la voie rénale. Il en est de même d’un grand nombre de substances toxiques : plomb, mercure, curare, etc. Les reins ne sont pas un filtre inerte, on le voit, mais un filtre sensitif où les extrémités nerveuses, sans cesse en éveil, du sympathique cervical et du pneumogastrique, jugent et choisissent.
Dreser a démontré que le liquide qui filtre par les glomérulcs de Malpighi est alcalin, tandis que celui qui passe à travers les canalicules et les anses de Ilenle est acide, observation qui confirme la théorie de Bowmann.
L’acidification du liquide dans les canalicules résulte de 1 action des cellules épithéliales qui revêtent ces conduits, et non d une simple diffusion. L’apparition de l’acidité paraît due à la présence de ferments qu’on peut extraire de la substance corticale du rein par les dissolvants appropriés et auxquels on a donné le nom d histozim.es. L’un d’eux s’obtient en broyant avec de la glycérine le rein Irais et lavé, filtrant et précipitant par l’alcool. Le ferment impur et soluble dans l’eau qu’on prépare par cette méthode, jouit de la propriété de dédoubler l’acide hippurique (que les solutions soient neutres ou alcalines) en acide benzoïque et en glycocolle; fait d autant plus remarquable qu’il est aujourd’hui démontré qu inversement c est dans le îein luimême que l’acide benzoïque introduit par les aliments dans le sang, s’unit au glycocolle pour former l’acide hippurique qu’on extrait des
urines. . . ,
Comme toutes les glandes, le rein est le siège d’une grande activité nutritive; on y trouve beaucoup de produits azotés de désassimilation : xanthine, hypoxanthine, taurine, créatine, tyrosine, leucine, inosite, cystine. Cette dernière substance n’existe guère que dans cet organe ( Cloetla ), et, dans quelques rares cas morbides, dans le foie et les urines. On ne rencontre qu’accidentellement, dans le rein es mammifères, de l’urée, de l’acide urique et des urates.
Le tissu rénal a une densité de 1,05; à l’état frais, il est toujours alcalin mais il devient rapidement acide à l’air. Il contient 82 à 84 pour d’eau, des graisses, beaucoup d’albumine et les corps extractifs ci- essus
nommés.
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