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CORPS SULFURÉS DES URINES

1 urine normale un ferment apte à saccharifier l’amidon, qu’il nomma nêphrozymase. Il le précipitait des urines à l’état impur par l’alcool. ^ °n Vintschgau et Corbelli admirent, d’après ses propriétés, qu’il est identique à la ptyaline. Holovotschiner a montré qu’il se conduit comme un mélange de ptyaline et de chymosine ou présure. L’urine bouillie perd toute propriété saccharifiante, tandis qu’à l’état frais et très légèrement acidulée puis portée à 40°, elle coagule bien le lait, celle de 8 heures du matin en 50 minutes, celle de 5 heures du soir

en 40; burine du milieu de l’après-midi n’agirait qu’après plusieurs heures.

L urine normale contient aussi de la pepsine. Pour la mettre en évidence, Sailli dispose dans l’urine quelques flocons de fibrine fraîche. Après une heure ou deux il les retire, les lave et les met en digestion à 40° avec de l’eau acidulée de 2 millièmes d’acide chlorhydrique : au bout de peu de temps cette fibrine est peptonisée. L’urine du matin est la plus riche en pepsine; puis vient celle émise avant le repas de midi;

enfin, celle qui précède le dernier repas. L’urine normale ne contient pas de trypsine.

Corps sulfurés organiques divers. — Outre les corps sulfurés minéraux et les acides sulfuriques conjugués, indoxylsulf uriques et sccitoxylsulfuriques dont nous avons parlé, l’urine contient encore plusieurs autres acides de même nature et des corps sulfurés neutres dont on va dire quelques mots.

Acide su Ifocyci nhydrique . — Gscheidlen, puis Munk ont pu extraire des urines normales près de 10 milligrammes de sulfocyanures à l’état de sel de plomb. Gscheidlen admet que les urines normales contiennent

0 milligrammes par litre de sulfocyanure de potassium. Pour le rechercher, on précipite les urines par la baryte, on filtre, on évapore, et l’on reprend le résidu par l’alcool. L’extrait alcoolique distillé est traité par

1 acétate de plomb qui précipite l’acide sulfocyanhydrique.

Cet acide provient, d’après mes expériences, du dédoublement initial des albuminoïdes.

Corps sulfures neutres des urines. — Lorsqu’on a décomposé les acides phénols-sulfuriques de l’urine en la faisant bouillir avec un acide minéral étendu, si l’on ajoute à la liqueur du chlorure de baryum fi qu on filtre, il n’y reste plus trace de sulfates ni d’acides sulfoconugues. L’on peut alors observer que l’urine contient encore du soufre ;ous forme de corps organiques : en effet, si l’on évapore et calcine • vec du nitrate de potasse l’extrait urinaire ainsi obtenu, le produit le cette calcination repris par l’eau acidulée précipite de nouveau très •ensiblement le chlorure de baryum. Salkowski estime à environ 16 ou 1 ' [)0ur 100> à rétat normal> le soufre neutre des urines (cystine, tau-

LES URINES

rinc, sulfocyanures, etc.). MM. Lépine et Flavard ont obtenu des résultats analogues (Rev. de rnéd. 1881, p. 27). Chez les chiens nourris de viande, le rapport du soufre neutre au soufre acide est : : 1 : 2 au lieu de 1 : 3 ou 1 : 4 que l’on a pour une alimentation moyenne.

Le soufre paraît se trouver dans ces corps organiques sulfurés neutres sous deux états : en effet, après qu’on a privé les urines de sulfates, on remarque qu’une partie du soufre s’oxyde facilement par l’eau de brome ou par un mélange de chlorate de potasse et d’acide chlorhydrique. Une autre ne s’oxyde ainsi que très difficilement, comme le ferait le soufre de la taurine. Cette seconde portion semble avoir le foie pour origine.

Matières extractives urinaires; — Ptomaïnes. — D après "Voit, le poids de carbone contenu dans les urines sous une autre forme que celle d’urée peut s’élever à près de 12 grammes par jour. On peut penser que ce chiffre doit être fortement réduit lorsque l’alimentation est normale et non excessive, mais il n’en est pas moins certain qu’une certaine quantité de substances organiques azotées filtrent par les reins sans passer à l’état d’urée ni de corps cristallisables tels que les acides urique, hippurique, ou la créatinine. On a donné à ces corps peu connus le nom de matières extractives.

Ces substances ont été examinées à deux reprises différentes dans mon laboratoire, en 1878 par M. G. Pouchet, en 1889 et 1890 par Mme El iacheff.

M. G. Pouchet sépare par les méthodes classiques tous les corps cristallisables des urines, (précipitation par BaOMPag, acétate de cuivre, alcool, acide oxalique, etc.); après séparation de tous les composés connus ainsi que des réactifs ajoutés, il obtient une masse sirupeuse, incristallisable, lluorescente en vert, colorée en brun rougeâtre clair, qui ne précipite que par le sous-acétate de plomb et les nitrates mercureux et mercurique. Cette substance répond à l’état brut à peu près à la formule d’une leucéine C"H*#-1AzO\ Elle est très vénéneuse et détermine, lorsqu’on l’injecte aux animaux, la paralysie et la mort.

Mme Eliacbeff a procédé autrement. Les urines normales sont soumises à la dialyse continue durant le froid de l’hiver et après addition de quelques gouttes d’acide cyanhydrique pour enrayer toute putréfaction. Quand il ne passe plus ni sel marin, ni urée, on sépare le produit non dialysable. 42 litres d’urine en ont fourni 5”r,8 soit 0° ,lo8 p<n litre. La liqueur évaporée laisse une masse vitreuse, dure, colorée en brun, très soluble dans l’eau, hygrométrique, acide. Le pouvoir réducteur de cet extrait est très prononcé. Le réactif de Bouchardat (IK.L) no trouble pas ses solutions. Elle réduit le chlorure de platine. Elle contient une trace de sels minéraux. L’analyse centésimale de cette substance a donné C = GO, 75; Il = 9,57; Az = 10,94; O = 12,54;

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