MATIÈRES MINÉRALES DES URINES
L’élimination maximum de l’acide sulfurique a lieu dans l’après-midi; elle diminue ensuite la nuit; le minimum se produit le matin.
Nous excrétons en 24 heures, par les urines, de lgr,5 à 2gr,5 d’acide sulfurique (SO3). Cette quantité augmente avec un régime azoté, par l’usage du soufre, des eaux sulfatées, des sulfures, sous l’influence de l’exercice musculaire. D’après Künckel, 60 à 70 pour 100 du soufre des aliments reparaissent dans les urines sous forme d’acide sulfurique; 50 à 40 pour 100 restent dans les fèces. L’oxydation des albuminoïdes de nos tissus en produisant de l’acide sulfurique tend à acidifier le sang qui deviendrait insuffisamment alcalin si les alcalis de l’alimentation végétale ne lui rendaient incessamment des carbonates aptes à saturer cet acide. De là chez les omnivores cette nécessité du régime mixte. Les carnivores arrivent au même résultat en produisant de l’ammoniaque aux dépens des corps protéiques : chez eux le sulfate d’ammoniaque devient, en effet, prépondérant dans les urines.
Acide phosphorique. — Nous excrétons par les urines, en 24 heures, de 2 grammes à 5gr,5 d’acide phosphorique (P205), en moyenne 2gr, 5. Mais sa quantité peut augmenter beaucoup, par exemple à la suite d’excès d’aliments animaux. Cette excrétion subit des variations horaires parallèles à celles de l’acide sulfurique; son minimum se produit le matin. On admet que les deux tiers (de 66 à 72 pour 100) de l’acide phosphorique se trouvent dans les urines à l’état de phosphates alcalins acides (PCDNalP avec très peu de PCUKIP) et qu’un tiers environ (28 à 54 pour 100) est uni à la chaux et à la magnésie dans la proportion de 67 environ pour 100 de phosphate magnésien contre 55 de phosphate de chaux P04GaH,2H20. Une faible partie y existe, chez les omnivores, à l’état de phosphates d’ammoniaque et de créatinine (’).
Environ 75 pour 100 de l’acide phosphorique et du phosphore ingérés avec les aliments se retrouvent dans les urines, le reste passe dans les fèces.
Une nourriture très animalisée, l’exercice musculaire, lés carbonates alcalins, le vin, la bière, les substances excitantes, augmentent son élimination. Elle diminue au contraire par une alimentation riche en •graisse ou en alcool. Le rapport de l’acide phosphorique à l’azote éliminé par les urines est de 18 : 100. Les jeunes enfants, les femmes enceintes, éliminent moins de phosphates. L’adulte rejette vers 50 ans le maximum d’acide phosphorique par ses urines.
La nuit on excrète par heure environ 1/9° de moins de phosphates que le jour. Le maximum de leur excrétion a lieu le soir, le minimum à midi. (*)
(*) En réalité ces phosphates sont unis aux acides carbonique, urique et hippurique à l’état de carbophosphate, urophosphate, etc.
LES URINES
Le travail musculaire accroîtrait les phosphates éliminés suivant Lehmann etMosler; il n’influerait pas sur leur élimination d’après Pettenkoffer et Voit, Byasson, North.
Il n’est nullement démontré, ni même admis aujourd’hui, que le travail cérébral élève la proportion totale des phosphates urinaires. Il semble que dans les cas où l’on a cru remarquer une augmentation dans l’élimination de ces sels elle serait duc à l’excès de l’alimentation.
Si l’on fait bouillir une urine neutre ou très faiblement acide, il s’v produit un précipité amorphe qu’on a confondu quelquefois avec de l’ albumine, mais qui se dissout dans quelques gouttes d’acide acétique: il est formé de phosphate calcique, CCBCalI^-^IPO.
Acide siliciquc. — Acide carbonique. — L Urine Contient environ 3 milligrammes d’acide silicique par litre.
Quand après avoir extrait par le vide tous les gaz des urines, on les acidifie par un acide libre, on en extrait encore l’acide carbonique qui était combiné à l’état de carbonates, ou de carbo-phosphates. Cet acide combiné est plus abondant dans l’urine des herbivores. Les urines riches en carbonates sont ou deviennent nuageuses.
Acides nitrique et nitreux. — Acide liyposulfureux. — Peroxyde
d’hydrogène. — Schonbein signala les deux acides nitrique et nitreux dans les urines normales et démontra : lu qu’ils proviennent de 1 alimentation et des eaux potables qui très souvent sont nitratées ; 2" que l’acide nitreux, quoiqu’il puisse se produire par réduction des nitrates, peut se trouver dans les urines les plus fraîches. Rôhmann a confirmé ces observations.
On a signalé une faible proportion d’acide hyposulfureux dans les urines de chat et de chien, et une trace de peroxyde d hydrogène dans l’urine normale fraîchement émise (Schônbein) .
Potasse et soude. — Ammoniaque. — Ces bases SOllt unies 3UX
acides précédents ; la potasse, surtout aux acides phospborique et sulfurique; la soude, au chlore à l’état de chlorure. Chez 1 homme en santé, on admet que la quantité calculée d’anhydride sodique totale Na'O des urines s’élève de 5 à 7 grammes par jour. La potasse K*0 varie de 2 à 4 grammes seulement. Du reste, ces rapports se modifient beaucoup d’un individu à l’autre suivant la teneur des aliments en sodium et potassium, et les conditions normales ou anormales des habitudes et de la santé.
A l’état ordinaire, l’urine contient, chez l’homme adulte et pai 24 heures, 0gr,6 d’ammoniaque à l’état de 'sels divers; cette quantité oscille de 0gr,3 à lgr,5. Elle s’enrichit en ammoniaque par le régime animal (0gr,88 par jour en moyenne). Nous avons dit que chez les carnivores qui ne reçoivent pas de sels de potasse ou de soude aptes a se