RECHERCHE ET DOSACE DE L’ALBUMINE
Recherche. — Pour la recherche de l’albumine ordinaire (mélange de sérine et de globuline du sang) on additionne l’urine du quart de son volume d’une solution saturée de sulfate de magnésie ou de son demi-volume de sulfate de soude saturé à 50° et l’on acidulé ensuite franchement par l’acide acétique : même avec des traces d’albumine (0sr,l par litre) une opalescence se produira dans ces conditions un peu avant l’ébullition.
Ce procédé est plus avantageux que celui qui consiste à verser dans l’urine de l’acide nitrique; des traces d’albumine échappent toujours dans ce cas, et l’on peut confondre avec un coagulum albumineux les petites quantités d’acide urique ou d’urates acides qui peuvent quelquefois se former.
Un bon procédé qualitatif est encore celui d’Esbach. On se sert d'une liqueur contenant par litre : Eau 900; Acicle picrique cristallisé 9 er,5; Acide acétique , à 1040 de densité, 100 centimètres cubes. On ajoute 1 à 2 centimètres cubes de cette liqueur à 2 ou 5 centimètres cubes d’urine et l’on chauffe modérément. Cette méthode est d’une grande sensibilité même à froid : elle indique l’albumine par un trouble là où l’acide nitrique employé avec précaution n'en décèle pas des traces.
Dosage. — Un procédé approximatif pour juger la quantité d’albumine consisterait suivant Riinneberg à appliquer la formule suivante :
où A indique le poids cherché d’albumine, en grammes et par litre, et D la densité de l’urine exprimée en grammes ou le poids par litre. On ne ferait ainsi qu’une erreur de 1/1000° sur la quantité totale. Nous ne don-
DOSAGE DE L’ALBUIIINE.
ions ce procédé que sous les plus expresses réserves. Voici des méhodes plus précises.
1 0 Pesées. — Pour l’albumine totale (sérine -+- globuline) le meilleur irocédé consiste à ajouter à 50 ou 100 centimètres cubes d’urine, uivant sa richesse en albumine, le quart de son volume d’une solution laturée de sulfate de magnésie, d’aciduler par l’acide acétique et de porer à l’ébullition. On laisse déposer et l’on recueille sur un liltre sans plis e précipité formé; on le lave successivement à l’eau, à l’alcool et à ’éther. Grâce à ces deux derniers agents, le coagulum se contracte si »ien en un caillot unique qu on peut l’enlever très exactement du papier vec une pince, le placer sur un verre de montre taré, le sécher à 110° t le peser sec.
2 Liqueurs titrées. — L’on peut aussi recourir aux méthodes par queurs titrées : mais elles sont moins sures que la précédente. La iqueur de Tanret est formée de :
Iodure de potassium 52Br2
Sublimé. 15 5
Eau distillée Q. S. pour faire 1 litre.
On mesure 10 centimètres cubes d’urine qu’on additionne de 2 centiîètres cubes d acide acétique. On prend d’autre part un compte-gouttes ormal donnant des gouttes de 5 centigrammes ou 20 gouttes au mtimètre cube, et 1 on verse peu à peu le réactif précédent dans les j centimètres cubes d urine qu on a prélevés ; lorsque le précipité ai se forme ne se redissout plus dans l’urine, on essaye sur une isiette de porcelaine une goutte du mélange avec une goutte d’une queur témoin consistant en une solution de sublimé au 100e. Si ute 1 albumine urinaire a été précipitée, le témoin donne avec le goutte du mélange un précipité d’iodurc rouge de mercure. On éduit alors 5 gouttes du nombre de celles qui ont été employées (ces ois gouttes correspondent à un excès de liqueur titrante nécessaire >ur que la réaction finale devienne sensible) et l’on calcule enfin la lantited albumine sachant que chaque goutte du réactif correspond à milligrammes d’albumine sèche.
Iom sépaier les divers albuminoïdes qui peuvent être dissous dans s urines, on peut s’y prendre de la façon suivante : à l’urine préalaementalcalisée par l’ammoniaque et filtrée pour séparer les phosphates, i ajoute du sulfate de magnésie en excès; ce sel précipite [a] la globule et les albumoses ( lieteroalbumoses ), tandis que [b] les albumines ,
’ d eu ter o- elproteroalbumoses ainsi que les peptones restent dans la '(ueur. On reprend le précipité [a] ; on le dissout dans le minimum eau, et l’on ajoute à la solution 12 volumes d’alcool à 95" centési-
LES URINES
maux; on recueille le précipité qui se forme et on le laisse 8 à 10 jours au contact de l’alcool absolu. On redissout alors dans l’eau et l’on filtre; la solution contient les albumoses ; les globulines au contraire restent insolubles. On traite de môme la solution [b] ; ou bien on peut en séparer complètement l’albumine par le sulfate d’ammoniaque en excès qui ne précipite pas les peptones.
Si l’on veut se borner à doser simplement et séparément l’albumine et la globuline, à l’urine préalablement alcalisée par l’ammoniaque et filtrée on ajoute son volume d’une solution saturée à 15° de sulfate d’ammoniaque qui précipite toutes les globulines. On jette sur un filtre et on lave avec parties égales de solution saturée de sulfate d’ammoniaque et d’eau. On pèse après avoir séché à 120°. On calcine enfin pour connaître le poids du sel resté sur le filtre. La différence des deux pesées donne le poids de la globuline. A son tour, l’albumine précipite des eaux mères lorsqu’on les chauffe à 100° après acidulation par l’acide acétique.
RECHERCHE DES PEPTONES
Une urine qui contient des peptones, si elle est neutre ou très faiblement alcaline, précipite par la chaleur. Ce précipité se dissout dans l’acide chlorhydrique très étendu. L’acide nitrique donne à froid dans ces liqueurs un précipité qui se redissout si l’on chauffe. L'acide picrique, le tanin, le sublimé, l’iodure double de potassium et de mercure, les acides phosphotungsti que et phosphomolvbdique précipitent ces urines.
La réaction du biuret y fait naître une couleur violette ; mais ce caractère n’a de valeur que si ces urines ont été, au préalable, débarrassées de leur mucus et des autres albuminoïdes. On peut, à cet effet, sc servir d’un procédé indiqué par Hoffmeister ( Zeitsch . f. phys. Cliem., 66). On ajoute 20 centimètres cubes d'une solution concentrée d acétate de sodium à 1 litre de l’urine qu’on examine, puis du perchlorure de fer jusqu’à coloration rouge sang. On neutralise la liqueur et on la maintient à l’ébullition tant qu’il se précipite du fer à 1 état d acétate basique. On filtre, et dans la partie claire, on recherche les peptones. On peut les précipiter par le réactif phosphotungstique après forte acidification par I1C1; on filtre aussitôt pour séparer le précipité, on le lave avec .une solution d’acide sulfurique à 5 pour 100, enfin on le décompose par l’hydrate de baryte et l’eau; en faisant bouillir et filtrant, les peptones passent dans la solution.
Mais, d’après Schmidt-Mülheim et Wassermann, cette réaction meme répétée ne réussirait pas toujours et laisserait des traces d albumine