AU + II'-O ( HR
== A OU + 1(11 = nOII + RU
Ainsi se seront reproduites dans la seconde 'phase les deux molécules RH, c'est-à-dire la totalité de la diastase primitive. En acceptant cette analogie des acides et des diastases, celles-ci seraient donc composées d’un radial R complexe, uni à un (ou plusieurs) atomes d’hydrogène II, et si la ressemblance de constitution et de mécanisme dans leur activité est réelle, l’hydratation définitive du corps AOB en AÜ11 et BOil devrait être précédée de la production des intermédiaires AR et RR.
Or, cette dernière démonstration a été donnée par A. Wurtz. Il prend de la fibrine de sang apte à être digérée par le ferment pepsinique du papaïa, trempe 20 minutes cette fibrine dans la solution de ce ferment, la lave alors à fond à l’eau distillée pour enlever tous les parties solubles et place cette fibrine ainsi impressionnée dans de l’eau pure à 40a. Le lendemain elle est presque totalement transformée en peptones. Il faut donc que ce dédoublement ait élé précédé de la phase AR+BR (si nous représentons par AOB la fibrine et par R le radical pepsinique de la papaïne), car l’eau suffit ensuite à l’hydratation :
ar + I10H = aOH + R IJ,
le ferment RII se reproduit donc dans cette seconde phase et la liqueur redevient propre à peptoniser une nouvelle proportion de fibrine pourvu qu’on éloigne les peptones formées.
J’ai donné ailleurs la preuve expérimentale définitive de la phase AR : Dans une solution aqueuse de pepsine je laisse séjourner 2 heures une floche de soie grège lavée aux acides. La soie s’unit au radical R du ferment; lorsqu’elle en a été chargée on peut la laver indéfiniment avec de l’eau pure sans l’enlever. Mais prenons cette soie pepsinée et laisons-la séjourner dans de l’eau acidulée à 5 pour 1 000 d’acide chlorhydrique, la matière primitive de la soie restera insoluble ou à peine modifiée, tandis que la pepsine se reproduit, passe dans la liqueur acide et donne une dissolution aqueuse, apte a dissoudre et peptoniser, en partie du moins, la fibrine l1).
Les diastases agissent donc à la façon des alcalis ou des acides ordinaires et doivent avoir une constitution analogue, c’est-à-dire qu un ou
(') La peptonisation est incomplète ainsi qu’on l’a dit (p. 172 et a;>0), et s arrête aux piopeptones, parce que la soie n’a pas la propriété de s'emparer de la pepsine parlai te la p nsi
active. ., 3
Si l'on évapore la liqueur dans le vide froid, la liqueur aqueuse active qu on extrait par c i acidulée de la soie pepsinifère, le résidu perd, lorsqu'il devient sec, scs propriétés ias a % siques. Il ne reste qu’une trace de matière organique azotée mêlée de beaucoup de pliospia de chaux et ammoniaco-magnésicns.
PHÉNOMÈNES D’HYDRATATION.
plusieurs atomes d’hydrogène doivent, dans ces molécules complexes, pouvoir être aisément remplacés par des métaux (on les précipite, en eflet, par les sels d’argent, de plomb, de cuivre, de mercure, etc.). Cet hydrogène est uni à un radical spécifique et d’autant plus faiblement uni, qu’elles sont plus complexes et plus diluées.
Suivant nous, les diastases exercent une action purement chimique ; les corps qui s’opposent au fonctionnement vital des cellules n’ont aucune action sur elles. Elles sont indifférentes à des doses fortes d acide arsénieux, de chloroforme, d’acide prussique, d’acide phénique, d’essence de moutarde, etc. Quant à l’action de la chaleur qui, de 50 à 80 degrés, suivant les cas, détruit leur activité, elle s’explique si l’on tient compte de l’extrême complication de ces corps et des états d’hydratation divers qui peuvent et doivent changer leur constitution, même sous l’influence de variations très faibles de température. On sait en effet que la chaleur modifie aisément la constitution des sels hydratés, les fonctions de certaines substances, telles que les aldéhydes et les bases complexes, qu’elle polymérise, résinifie ou modifie, et qu’elle agit surtout sur les propriétés des matières albuminoïdes dont sont principalement formés les ferments solubles.
Mais il est deux autres modes sous lesquels peuvent encore réagir les diastases. Elles semblent aptes, en quelques rares cas, cà déshydrater les molécules au lieu de les hydrater, et sur ce point nous allons revenir dans la leçon suivante. Elles peuvent aussi modifier isomériquement les corps, ou du moins se fixer sur certains principes immédiats, en quantité infiniment petite, impondérable, et changer dès lors toutes leurs aptitudes. C’est ainsi que nous paraissent agir beaucoup de venins : certains tissus les fixent pour ainsi dire et deviennent dès lors impropres à accomplir leurs fonctions élémentaires : oxydations, hydratations, fixation de substances diverses, teinture par les pigments colorés, etc.