‹ Cours de chimieChapitre 55 sur 633 · ASSIMILATION DE L’AZOTE PAR LE SOL ET LES PLANTES · texte numérisé non relu

ASSIMILATION DE L’AZOTE PAR LE SOL ET LES PLANTES

riences remarquablement conduites, établit, dès 1868, que si l’on opère sur le sol arable, non plus en partant de la graine ou de la plante mal venue, étiolée et sans vigueur, mais bien du végétal en pleine croissance, on constate, avec les légumineuses en particulier, que la quantité d’azote qu’elles fixent est très notablement supérieure à celle que leur fournissent le sol et les fumures, additionnée de 1 azote des nitrates et de l’ammoniaque apportés par les pluies. Il faut, par conséquent, d’après M. G. Ville, qu’une partie de l’azote libre de l’atmosphère soit fixée par la plante. D’après ce savant, le végétal ne deviendrait apte à fixer directement l’azote de l’air que lorsque, atteignant sa phase de pleine activité vitale, il s’est définitivement muni des organes nécessaires à cette fixation, ce qui expliquerait les résultats négatifs obtenus par Boussingault.

Ces observations remarquables de M. G. Ville ont été expliquées et précisées au point de vue du mécanisme de la fixation de l’azote par une découverte postérieure de M. Berthelot. Il a montré vers 188o que la terre arable exposée à l’air s’enrichit en azote emprunté à 1 air, soit que la terre fixe directement l’azote gazeux sous l’influence de la tension électrique de l’atmosphère, soit que cette fixation d’azote résulte de l’activité de certains ferments figurés, comme semble le démontrer, d’une part, l’arrêt de cette fixation d’azote si l’on vient à stériliser le sol par la chaleur ou les antiseptiques, de l’autre, la nature des composés azotés formés dans la terre, arable, amides et matières albuminoïdes, qui entrent dans la constitution des êtres vivants, des microbes et des spores en particulier.

D’après les expériences de M. Berthelot I1), la terre arable nue, placée sous cloche, ne recevant que de l’air pur qui circule lentement, fixe en deux mois sur une épaisseur de 18 centimètres un minimum de 178 à 95 kilogrammes d’azote par hectare. Ces quantités n’augmentent pas sensiblement si la terre, laissée à l’air sans abri, reçoit les pluies et les poussières atmosphériques. L’azote fixé dans ces dernières conditions peut même beaucoup diminuer. Ce gain grandit dans une forte proportion si la terre est ensemencée, et surtout cultivée en légumineuses. Avec le lupin et la luzerne, en particulier, le gain d’azote total (terre et plante) a varié sous cloche en deux mois, pour une épaisseur de 18 centimètres de terre, de 103 à 183 kilogrammes par hectare; il s’est élevé sous abri vitré à 755 kilogrammes. L’accroissement de l’azote n’a porté que pour une fraction sur la terre, une partie généralement plus considérable a été fixée par la plante, à peu près également (*)

(*) Voir son mémoire général clans les Ann. de chim. et de phys., 6° série, t. XIII, p. 5 à 120, et t. XIV, p. 475 à 505. — Voir aussi Bull. Soc. chim., 2' série, l. XLYIII, p- 684 et 688, t. L, p. 8; et 5° série, t. 11, p. 66, 648 et 652.

A. Gautier. — Chimie biologique.

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