‹ Cours de chimieChapitre 56 sur 633 · ASSIMILATION DE L’AZOTE PAR LE SOL ET LES PLANTES · texte numérisé non relu

ASSIMILATION DE L’AZOTE PAR LE SOL ET LES PLANTES

par la partie aérienne et par la partie souterraine. Si l’on remarque que l’azote tant ammoniacal que nitrique des eaux de pluie s’élève, d’après les dosages faits à Montsouris, à 15 kilogrammes par hectare et par an, et que l’azote de l’ammoniaque atmosphérique, absorbé par une surface d’acide sulfurique étendu exposée à l’air, monte au plus à 60 kilogrammes par hectare d’après les expériences de M. Schlœsing, il est difficile de se soustraire à cette conséquence que l’azote libre de l’air est absorbé par le sol ou par la plante directement ou indirectement.

Des observations fort intéressantes, dues à MM. Ilellriegel et Wilfarth, puis à M. Bréal , sont venues préciser encore le mécanisme de cette fixation d’azote, en particulier par les légumineuses. C’est bien par des microbes spécifiques que le sol s’enrichit surtout en azote fixe, comme l’avaient fait présumer déjà les expériences de stérilisation de M. Berthelot. Si sur un sol ainsi stérilisé par les antiseptiques ou par la chaleur on verse un peu d’une infusion faite à froid d’une terre végétale où ont poussé des pois, de la luzerne, du lupin, ce sol reprend bientôt son aptitude à fixer l’azote atmosphérique. Cette infusion contient, en effet, le microbe fixateur, et MM. Hellriegel et Wilfarth ont eu la bonne fortune de découvrir, adhérentes aux radicelles de ces végétaux, sous forme de nodosités visibles à l’œil nu, des colonies de ces bactéries qui, venues du sol, s’attachent à la plante souterraine, en deviennent les nourricières et lui passent incessamment l’azote qu’ils fixent et rendent assimilable.

Il paraît donc se faire entre la terre, les microbes et les racines de la plante une sorte de symbiose ou vie commune, en vertu de laquelle l’azote fixé par les microbes se transmet à la plante qui fournit ellemême à ces petits organismes les produits qui leur sont nécessaires, l’humus et les matières ternaires indispensables à leur développement. Nous avons établi, en effet, par une longue suite d’expériences, M. R. Drouin et moi, qu’un terrain artificiel et stérilisé mais ayant la composition de la meilleure terre végétale, n’absorbe pas d’azote atmosphérique tant qu’on ne lui fournit pas de matières carbonées ternaires, en particulier un peu d’acide humique, fût-il artificiellement produit par 1 action de l’acide chlorhydrique sur le sucre cristallisé. L’humus manquant, les microbes ne peuvent se développer et l’azote ne se fixe pas. Cette accumulation de l’azote dans le sol s’accentue au contraire, d’après nos observations, si l’on ajoute à l’humus des sels de fer, et elle devient très considérable dès qu’intervient la plante, en particulier les légumineuses, mais sans que celles-ci soient indispensables, car elle se fait déjà sous l’influence des algues et moisissures vertes qui partout couvrent ou envahissent la terre arable.

Les plantes concourent-elles à cette assimilation de l’azote par leur

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