PARTAGE DE L’ÉNERGIE EN CHALEUR, TRAVAIL ET STRUCTURE
tions par son état initial, l’énergie reste constante quels que soient les phénomènes qui s y passent et le cycle par lequel se sont succédé les phénomènes. De telle sorte, qu’à un moment quelconque, quelles que soient les transformations passagères produites dans ce système, l’énergie doit y rester constante si l’état final est identique à l’état initial ou si les pertes ont été exactement compensées par les gains.
11 s ensuit que tous ces actes essentiellement propres aux êtres vivants de désassimilation et de structure corrélative, d’où résulte le renouvellement incessant des tissus, aussi bien que ceux d’impression, de sensation, de pensée, etc., consistant en une série d’états transitoires, de formes passagères, de modes d’être qui laissent l’organisme matériel a\ant et après identique à lui-même, ne correspondent à aucune dépense de l’énergie totale du système. Que l’animal ait fonctionné, qu’il ait manilesté sa vie sous une forme ou sous une autre, qu’il ait ou non senti, pensé, voulu, s'il est revenu à son état initial, il aura développé et transformé pour une même consommation d’aliments et d’oxygène, la même quantité de' forces vives ou d’énergie sensible.
Ce principe fondamental de la dynamique rationnelle s’applique aussi bien aux actes essentiellement vitaux du travail cérébral, ou de la mise en jeu de la volonté, etc., qu’à ceux d’où dérivent les mouvements intimes produits chez l’être vivant par le fonctionnement des organes et des tissus. Tous ces phénomènes, qui après que le cycle a été parcouru et que 1 organisme est revenu à son point de départ, ne laissent de sensible que 1 oïdie de leui succession ou le souvenir de leur existence, n’ont aucun équivalent dynamique; c’est avec raison que Descartes les séparait des phénomènes de la mécanique mesurables par des masses et des vitesses. On pense métaphysiquement, a-t-il dit, mais on vit et l on agit physiquement. Nous nous sommes déjà étendu, à plusieurs reprises, sur la non-équivalence des phénomènes de pure forme avec ceux qui sont réductibles à des mesures de poids et de mouvements.
En somme, l’être animé ne consomme rien pour vivre, il rend intégralement, après avoir parcouru le cycle complet de son fonctionnement et être revenu à son état d’équilibre initial, la totalité de l’énergie dont il disposait, énergie mesurée, dans un temps donné, par celle des aliments consommés. On en retrouve intégralement l’équivalent dans la chaleur rayonnée par ranimai, le travail dynamique qu'il a accompli et la structure des principes immédiats nouveaux qu’il a produits ou organisés durant ce même temps. C’est ce que M. Berthelet a si bien
résumé par ces mots : L'entretien de la vie ne consomme aucune énergie qui lui soit propre.
ÉQUILIBRE ENTRE L’ALIMENTATION ET LA DÉSASSIMILATION