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ÉQUILIBRE ENTRE LES ÉCHANGES NUTRITIFS ET LA DÉSASSIMILATION GÉNÉRALE

Beaucoup d’auteurs ont essayé de se rendre compte de l’ensemble des échanges qui se passent chez l’animal vivant et de dresser le bilan des entrées et des sorties non-seulement de chaque élément simple, ruais aussi de chacun des principes immédiats qui constituent l’être tout entier, albuminoïdes, graisses, hydrates de carbone, eau et sels, pour en déduire les lois de leurs variations ou de leurs transformations et essayer d’établir la statique complète des actes de la vie.

Boussingault a tenté le premier, en 1839, d’aborder expérimentalement ce problème. Sa méthode consistait à nourrir un animal de façon à ce qu’il ne changeât pas de poids, et à doser complètement le carbone, l’hydrogène, l’oxygène et l’azote total de ses aliments d’une part, de ses excréments de l’autre. Les différences entre les premiers poids et les seconds donnent le carbone, l’hydrogène et l’azote rejetés par le poumon et la peau à l’état d’acide carbonique, d’eau et d’azote libre ou ammoniacal.

A cette première méthode, Ludwig, Reiset, Voit et Pettenkoffer, Stohmann et Henneberg, Ranke, etc. en ont substitué de plus directes ou de plus complètes, qui permettent de suivre, pour ainsi dire, le sort de chaque élément et presque de chaque principe immédiat, depuis son entrée jusqu’à sa sortie de l’économie. Les plus célèbres expériences faites dans cette voie sont celles de Pettenkoffer et Voit, dont nous avons donné le principe et décrit l’appareil principal à propos de la Respiration (p. 490). Leur méthode permet de dresser le tableau complet des recettes et des dépenses d’un même individu durant des jours et même des semaines. Voici comment ils opéraient :

1° Ils nourrissaient l’animal qui devait être mis en expérience de telle façon que son poids arrivât à rester autant que possible constant.

2° Ils constataient le poids de chaque matière alimentaire qui lui était fournie et dont on avait déterminé la composition en eau. sels et principes immédiats divers.

3° L’animal étant alors placé dans la chambre respiratoire, ils dosaient : (a). Le poids d’oxygène disparu de l’air qui avait traversé 1 appareil et servi à la respiration; (b). Les quantités d’acide carbonique et d’eau expirées et perspirées ; (c). La quantité d’hydrogène et d’hydrogène carbonés excrétés; (cl). Les quantités d urée, d’eau, de matières extractives et de sels fixes des urines; ( e ). Le poids des fèces et leur composition.

Ils pouvaient dresser alors le bilan des entrées et des sorties de chacun des éléments.

Pour simplifier les calculs Pettenkoffer et Voit avaient dressé d avance le tableau suivant de la composition des aliments et excréments, tableau que nous reproduisons à cause de l’importance pratique de plusieurs des données qu’il contient :

Composition centésimale moyenne de divers aliments et excrétions usuelles rapportée à 100 parties de ces substances.

ÉQUILIBRE ENTRE L’ALIMENTATION ET LA DÉSASSIMILATION. 805

ÉQUILIBRE ENTRE L’ALIMENTATION ET LA DÉSASSIMILATION

Un chien ayant été placé dans l’appareil de Pettenkofter et Voit, il y passa 5 jours successifs et consomma, pour tout aliment, 1 500 grammes de viande fraîche par 24 heures. Après le 3° jour on constata que ranimai ne perdait ni ne gagnait plus de poids et l’on mesura, à partir de ce moment, la totalité de ses excrétions de toute sorte. Le tableau suivant donne leur quantité moyenne pour 24 heures ainsi que la totalité des recettes faites par l’animal dans ce même temps :

Dépenses.

Urines 1075er0

Excréments 40,7

Acide carbonique excrété . . . 558,2

Eau expirée et perspirée . . . 554,8

Hydrogène protocarboné exhalé. 1 , 6

Hydrogène exhalé 1,4

Recettes.

Viande 1500“0

Oxygène (de l’air) inspiré . . 477,2

Le poids d’oxygène emprunté à Pair' (pour 100 grammes de cet élément passés à l’état d’acide carbonique excrété) fut, dans cette expérience, de 82 grammes; le reste de l’oxygène rejeté sous forme d’acide carbonique CO2, soit 18 grammes, provenait des aliments.

Le bilan de chaque élément s’établit comme il suit :

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